ARS NES
heures après, la malade succombait et à l'autopsie nous trouvions : de lésions dothiénentériques point ; une rate grosse, diffluente ; autour de la sylvienne droite, trois granulations tuberculeuses du volume de petites têtes d’épingle ; au sommet du poumon droit, quatre granulations tuberculeuses jeunes, grises, transparentes ; et c'était tout !... Ma malade, en dépit de son air typhoïde, était bel et bien morte de fièvre infectieuse tuberculeuse aiguë, qui l’avait tuée par véritable empoisonnement, par véritable toxémie tuberculeuse, comme on meurt dans la fièvre puerpérale, dans la scarlatine. ou dans la variole
sans localisation.
OBSERVATION VI.— (Landouzy, Gaz. des H6p., 1886). — Le second cas que je vous rapporterai est celui d'une jeune fille de dix-huit ans, entrée avec le diagnostic, porté par un médecin de la ville, de fièvre continue. Les taches rosées firent complètement défaut et, cinq jours après son entrée, la malade succombait aussi. A l’autopsie : rate grosse, un peu d’entérite, pas de lésions typhoïdiques, cinq granulations tuberculeuses au sommet du poumon droit et rien de plus que les caractères d’une infection générale. La malade était morte typhique tuber:culeuse et non typhoïdique.
Dans ces cas, à l’autopsie, pas de lésions dothiénentériques: les plaques de Peyer sont indemnes. On ne trouve que les lésions congestives et dégénératives des grandes septicémies, congestion pulmonaire, foie gros et congestionné, rate très augmentée, rein congestionné gros et gras, cœur,
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dilaté. On ne note que de très rares agglutinations ; d
2° Apparition en pleine période aiguë d’une localisation grave (le plus souvent méningite). Les symptômes de . cette localisation tuberculeuse éclatent brusquement au milieu des symptômes de la phase aiguë typho-bacillaire et viennent en précipiter le dénouement.
L'observation I, page 10, en cite un frappant exemple. ,
EvoLUTION EN DEUX TEMPS
1° Premier temps ou période aiguë. — L'’individu est bacillisé mais non tuberculeux ; les granulations font souvent défaut ou si elles existent, c’est à l’état de granulome isolé, insuffisant pour créer une symptomatologie locale.
2° Deuxième temps : rémission. — Après la phase aiguë, la bacillose reste latente, des mois, 4, années ; puis elle s’éveille de nouveau. Que se passe-t-il pendant cette période de rémission ; ettout d’abord, étudions la convalescence.
Cette convalescence est souvent pénible et « pour apyrétique que soit le malade, l'appétit n’est pas ce qu’il se montre d'ordinaire dans les convalescences de dothiénentérie franche. La jeune femme mange du bout des lèvres, les forces reviennent lentement, l'appétit languit, le malade garde
Sd
petite mine et ne prend pas d’embonpoint » (obs. Landouzy, 1891.) :
Tantôt la rémission est courte ou même existe à peine. « Souvent, dit Landouzy, la bacillose aboutit à la tuberculose pulmonaire dès le début
de la convalescence ; on voit alors se démasquer
une pleurésie, une bronchite du sommet, des poussées congestives sur le poumon, et ultérieurement l’évolution d’une tuberculose chronique. »
Tantôt et plus souvent la rémission est plus
longue. « Les malades rentrent dans le service quelques mois après avec une localisation tuberculeuse don les signes sont si accusés que le doute n’est plus possible, » Cette évolution en deux temps est presque la règle ; et chacun des organes peut être frappé secondairement par la tuberculose, en voiei des exemples :
LOGALISATIONS MÉNINGÉES TARDIVES DE LA
TY PHOBACILLOSE
OBSERVATION VII. — (Professeur Landouzy et Gougerot, P. M.,22 août 1908). —Nulle observation n'est plus démonstrative que celle d’un enfant de sept ans, fils d’un de nos confrères, que je traitais pour un état muqueux qui, dans ses débuts aussi bien que dans son évolution, se dénonçait comme fièvre typhoïde. Les antécédents de la famille et de l'enfant étaient bons ; le cortège symptomatique (si on excepte que jamais l'enfant ne présenta
ni catarrhe ni taches rosées lenticulaïres) semblait si bien
De, CUS celui d’une fièvre typhoïde de moyenne intensité qu'on avait vraiment mauvaise grâce à établir un diagnostic différentiel au diagnostic si simple, si évident en apparence de fièvre typhoïde ; je faisais pourtant quelques difficultés et quelques objections. Je ne pouvais m’em. pêcher de laisser voir au père que l’absence de taches rosées me causait un gros ennui. Au quatrième septénaire la fièvre tombait, l’enfant entrait en convalescence ; quelques semaines plus tard (août), parents et convalescent partaïent pour la campagne. L’ex-typhique en revenait bien portant, moins gras pourtant que le sont d'ordinaire les enfants qui viennent d’avoir une dothiénentérie. Le commencement de l'hiver se passe sans encombre, puis, un matin, l'enfant est pris de malaïisé; de céphalalgie, de vomissements, de fièvre, de convulsions, quelques jours après il était emporté par-une méningite
tuberculeuse.
OBSERVATION VIL. — (Professeur Landouzy). —Un enfant de sept ans, sans antécédents morbides, est atteint d'une maladie aiguë de moyenne intensité, sauf l'absence de catarrhe et de taches rosées. Au quatrième septénaire l'enfant entre en convalescence et on l'emmène à la campagne ; il en revient bien portant, moins joufflu et moins
® >, vaillant pourtant que ne le sont d'ordinaire les enfants qui viennent d'avoir une dothiénentérie. L'hiver 5e passe sans encombre ; puis, un beau matin, l'enfant est pris de malaise, de céphalée, de vomissements, de fièvre, de convulsions ; en quelques jours, il est emporté par une
méningite tuberculeuse.
as OBSERVATION IX. — (Professeur Landouzy). —
Même drame, en deux actes,chez une fillette qui fait, à huit ans,une fièvre typhoïde ( ?)légère, sans taches rosées, sans catarrhe intestinal ; sept semaines après, première bronchite sévère, tenace, fébrile, du sommet droit ; deux ans après, série de bronchites fébriles, et mort, l'année sui-
vante, à douze ans, de méningite tuberculeuse.
OBSERVATION X. —(Weilet Mouriquand, ?P. M., 27 nov. 1909.) — Un enfant de dix-huit mois se présente à nous, le r0 juillet 1903, avec des signes d'affection diges- * tive aiguë, de la diarrhée, quelques ‘vomissements, une température de 3905 à 4o degrés qui dure six jours, des taches rosées. On songe à une dothiénentérie, mais la convalescence n’est pas franche, l'enfant maigrit beaucoup, ne retrouve pas son appétit. En août, malgré une détente relative, il présente, à diverses reprises, des troubles digestifs. ae |
Le 10 septembre apparaissent quelques vomissements longtemps après les repas. Après un état de tristesse marqué qui dure trois jours, l'enfant fait, du 16 au 17 septembre, des crises convulsives suivies de coma. Le 18 septembre, les signes de méningite tuberculeuse sont au complet. Le 24, il fait une paralysie du bras gauche. Îl
meurt deux jours après.
Cet enfant fut donc atteint le 10 juillet d’une infection à allure dothiénentérique (à laquelle manquaient pourtant les taches rosées). Le 17 septembre, les symptômes de méningite typique apparaissent. Localisation reliée d’ailleurs à l’in-
fection aiguë primitive par une série d'incidents de même nature et par une courbe thermique irrégulière sur laquelle nous reviendrons. Plus de deux mois s'étaient donc écoulés entre la manifestalion typhobacillaire et la localisation méningée.
Nous pouvons citer d’autres exemples de localisations bacillaires méningées tardives précédées par une phase de typho-bacillose.
OBSERVATION XL. — (Weil et Mouriquand, P. M., 27 nov. 1907). — . Tel est celui d'un enfant de dix ans, “entré à la Clinique le 10 mai 1904, qui présente un état typhique remontant à quinze jours environ. Cet état attire ‘immédiatement notre attention. La température est de 4o degrés ; l'enfant se plaint de céphalée vague, de doueurs subaiguës dans l'abdomen. Le ventre est normal, un peu douloureux à la pression. Il n'existe pas de taches rosées, la rate n’est pas sensiblement hypertrophiée. On pense à la dothiénentérie. Ce diagnostic n’est pas confirmé par le séro-diagnostic, qui est franchement négatif. A partir du 24 mai, la température se met à faire de grandes oscillations, la céphalée s’exagère et se localise aux + tempes. Un peu de somnolence apparaît le 28 mai. Le 29, l'enfant fait sa première crise ‘convulsive : les signes de méningite sont très nets. L’auptosie confirme ce dia-
gnostic.
Cette malade est morte de méningite tuberculeuse un mois après le début d’une infection à allure typhoïde. C’est progressivement, et par des
nuances cliniques, qu ’elle est ae de la typhobacillose à l’arachnitis.- Autres exemples :
OBSERVATION XIL.— (Weil et Mouriquand, P. M., 1909). — Une fillette de huit ans se présente, le 25 février 1899 à notre examen.
Elle n’a pas d’antécédents pathologiques.
Depuis huit jours, elle présente une lassitude générale et des maux de tête fréquents qui l’obligent à s’aliter.
Elle a vomi trois fois et se plaint de douleurs dans le ventre. La température oscille entre 39 degrés. Pas de signes méningés. Pensant à une fièvre typhoïde, nous recherèhons avec soin les taches rosées qui sont absentes. La rate, un peu grosse, déborde les fausses côtes. La diarrhée alterne avec la constipation. On perçoit quelques râles sibilants dans les poumons. A notre étonnement, le séro-diagnostic typhique est négatif. Le 2 mars, les oscillations thermiques s’accentuent. La COpRÇAUGE s’est installée.
Le 25, l'enfant est somnolente, la température est à 388. Le 26, les signes de méningite sont très nets (raideur de la nuque, céphalée, Kernig, constipation). La malade meurt le 28. L'autopsie montre un exsudat fibrineux à à la base du cerveau, un semis de granulations le long des ge
vViennes, des adénopathies trachéo-bronchiques anciennes;
pas de lésions typhiques de l'intestin.
« L’infection typhobacillaire avait précédé d’un mois la localisation méningée. |
Nous avons observé le cas suivant avec une.
attention toute particulière :
mo.
OBSERVATION XIII.— (Weill et Mouriquand, P.M. i: 1909). — Une fillette de onze ans entre à la Clinique, le 28 janvier 1906, pour une pyrexie dont le début remonte au 14.
On constate de la constipation, une douleur abdominale diffuse à la pression, quelques taches rosées lenticulaires douteuses et une rate débordant légèrement le rebord des fausses côtes ; aux poumons, quelques signes de bronchite diffuse. Le diagnostic de dothiénentérie s’impose. Avant de baigner l'enfant, nous faisons son séro-diagnostic qui est absolument négatif. Nous songeons alors — instruits par nos cas antérieurs — à la typhobacillose. La séro- ‘réaction d'Arloing et P. Courmont est négative. La recherche du bacille de Koch dans le sang ne permet pas de l’isoler. La nature bacillaire de l’affection étant improbable, nous pensons à la para-typhoïde; le séro-diagnostic paratyphique (Gaërtner, Brion) est également négatif (Ch. Lesieur). Cependant, le 3 février, la température fait de grandes oscillations et nous cherchons en vain un foyer purulent capable de les expliquer. Ce qui frappe. c’est que l'enfant supporte à ce point sa fièvre qu'il est devenu gai et demande même à manger. Mais l’état général est profondément atteint ; sous nos yeux, l'enfant « fond » littéralement.
Le 20 février, malgré une alimentation assez substantielle il est squelettique.
Le 25, la scène change : les signes de méningite apparaissent et enlèvent l'enfant. On trouve, à l’autopsie, ie granulations méningées et des ulcérations intestinales transversales, tuberculeuses, ne présentant à aucun degré l'aspect des ulcérations typhiques.
J. Huard 3
ere OBSERVATION XIV(Résumée).— Thèse de Macheras.
:— Localisation sur les méninges six "semaines après le début de l'infection. — P... Marie-Rose, huit ans, entre
le 25 février 1899 dans le service du professeur Weill.
Père bien portant. Rougeole à trois ans. Très fatiguée depuis huit jours: maux de tête ; trois vomissements. Actuellement, enfant chétive, ventre souple, rate un peu grosse, foie n’est pas hypertrophié. Pas de taches rosées.
Au poumon la sonorité est normale ; à l’auscultation, quelques râles sibilants vers la base. Température 39ot.
2 mars. — Deux selles diarrhéiques et un vomissement. Pouls à oscillations. ; 2 8 mars. — Aux poumons, rien de net à l'auscultation. Toujours pas de taches rosées. Séro-diagnostic typhique négatif. Pas de Kernig, pas de raideur de la nuque.
25 mars. — Enfant somnolente, se plaint d'un grand mal de tête. Température 38°8 ce matin.
26 mars. — La malade a eu trois vomissements, la
respiration devient irrégulière. Le signe de Kernig est
assez accusé. Raideur de la nuque, Cheyne-Stokes.
28 mars. — Cris méningitiques, la malade meurt dans la soirée. .
Autopsie. — On remarque un exsudat fibrineux à la base du cerveau, un semis de granulations sur les vaisseaux de la pie-mère.
Adénopathie trachéo-bronchique. Rien aux poumons
ni à l'intestin.
date à di à