LOCALISATION SUR LA PÉRITOMIE
Si dans la première et la seconde enfance, l’infection tuberculeuse aiguë fait iardivement et plus volontiers ses localisations sur les méninges, elle
frappe aussi avec quelque prédilection la séreuse
péritonéale.
Les deux exemples suivants préciseront les modalités de cette localisation :
OBSERVATION XVI. — Une enfant de six ans entre à la clinique, le 10 juillet 1909, avec de la céphalée, des douleurs abdominales, de la diarrhée, un facies prostré, une langue saburrale, avec piqueté sur les bords, d'aspect typhique remontant à dix jours environ.
Le ventre est normal, peu tendu. Iln'ya pas de gargouillement dans les fosses iliaques, pas d'hypertrophie splénique certaine. A l'entrée, on ne distingue pas de aches rosées; le lendemain trois taches apparaissent sur la paroi abdominale, mais ne sont pas absolument typiques
La température se maintient autour de 39 degrés. Le 11,
4x Due la malade a eu 4 selles. Le 13, l'hypertrophie splénique est notamment constatée. On pense à la fièvre typhoïde. Mais la séro-réaction de Widal est absolument négative. Depuis le 13 jusqu’au 1* août, l'état reste à peu près le même, à cela près que la température fait de grandes oscillations.
1 août. — La température tend à baisser aux environs de 38 degrés. La malade commence à présenter un léger ballonnement du ventre.
3 août. — L’abdomen est nettement ballonné, la partie sous-ombilicale est très sensible à la pression et se défend à la palpation,
6 août.— La péritonite tuberculeuse est certaine (gâteaux péritonéaux). Le diagnostic est confirmé par M. Nové-
Josserand.
La localisation péritonéale s'était donc faite un mois après le début des signes de l'infection aiguë. Pendant un mois, aucun symptôme n'avait fait prévoir sa possibilité. Seul le séro-diagnostic avait permis d'éliminer la dothiénentérie qui restait pourtant l'affection « probable » en raison des symptômes cliniques, jusqu’au jour où la localisation abdominale est venue mettre son estampille à la nature de l'infection aiguë.
Les mêmes incertitudes diagnostiques se sont présentées à nous dans un autre cas, en tout point
identique :
OBSERVATION XVIL.—(Weill et Mouriquand, P.M.,
1909.) — Chez un enfant de neuf ans, que nous vimes
de fa
quinze jours après le début de son affection, nous rele vâmes de la céphalée, des épistaxis, des vomissements, de la diarrhée, avec forte fièvre (39°7, 4o degrés), une langue saburrale,un état typhique,tous symptômes parlant en faveur de la dothiénentérie.
Cependant les taches rosées et la splénomégalie manquaient. Le séro-diagnostic typhique était négatif; trois semaines après le début, la température devint oscillante, allant de 35°7 à 40°2, laissant à l'enfant un état relativement satisfaisant.
Au bout d’un mois et demi, apparureut les symptômes
typiques d’une péritonite tuberculeuse.
Si nous en croyons nos statistiques, la typhobacillose affecte plus volontiers les localisations méningées tardives dans les premières années, puis viennent les localisations péritonéales ; ce n’est, d'après la majorité de nos cas, qu’à un âge plus avancé, que se font les localisations pleurales isolées.