M. Claisse, La clinique, 20 mai
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rence lyphoïde, avaient quelque chose de peu rassurant », et il disait à ce propos : « Une tuberculose pulmonaire germe sous cette fièvre d'emprunt, bientôt elle éclatera ». Il citait des faits pareils, observés par Leudet, Hérard et Cornil, Pidoux, et connus, disait-il, de tous les cliniciens. Rilliez et Barthez étaient des observateurs trop clairvoyants pour méconnaître ces faits. « Le début de la tuberculisation, disaient-ils, peut être fébrile simple ou fébrile typhoïde et, dans ces cas. il n’annonce pas toujours que la tuberculisation devra être généralysée » (1).
En 1882, M. le professeur Landouzy individualisait la typho-bacillose. Dans plusieurs de ses cliniques de la Charité, 1884-1885, il insistait de nouveau sur cette forme de la tuberculose et en citail de nombreuses observations et il montrait déjà que « dans cette fièvre tuberculeuse aigué, le malade est un typhique par son masque, sa prostration ; l'absence dé localisation ne permet pas de faire un diagnostic certain ; les poumons ne disent rien, les centres nerveux peu de chose, si bien que le malade succombant, on se demande s’ilest mort de granulie ou de fièvre typhoïde, tandis que l’autopsie vient dévoiler les caractères infectieux du mal dans la rate, le poumon, l’intestin, et dans ce dernier, cependant, aucune trace de fièvre typhoïde. Mais, poursuivez avec soin la
1, Professeur Hutinel, Revue de latuberculose, janvier, 1910.
BE 14 — nécropsie et vous découvrirez au sommet du poumon 3, 4, 5, 6 très fines granulations tuberculeuses indéniables, peut-être aussi dans le rein et dans l'encéphale, et vous reconnaîlrez alors qu'il s’agit d'une certaine forme de granulie avec phénomènes typhiques sans lésions typhoïdiques, c’està-dire d’une fièvre infectieuse tuberculeuse aiguë.
Ces cas ne sont pas exceptionnels et, s'ils ne sont pas aussi répandus dans la science qu'ils devraient l'être, c’est que la signature du mal est petite, partant, le diagnostic difficile (1).
Ces malades sont donc mis à mal par un typhus qui, pour emprunter à la dothiénentérie, son appareil symptomatique, n'est pas la fièvre typhoïde, ce sont de faux dothiénentériques, démasqués par l'anatomie pathologique.
De 1882 à 1891, le professeur Landouzy a consacré plusieurs cliniques à cette question, il décrivait les principales formes cliniques de la typhobacillose ; il en fixait le diagnostic, il montrait ses différences d'évolution et insistait sur l’évoluton habituelle en deux temps, phase aiguë et phase chronique, séparées par une rémission plus où moins longue. Il précisait la place de la typhobacillose parmi les tuberculoses aiguës, la séparant de la granulie d'Empis, cliniquement si polymorphe et toujours mortelle, anatomiquement caractérisée par une éruption généralisée et
conflenie de granulations.
: 1. Professeur Landouzy, Gazette des Hopitaux, 1886.
Dans les expériences de Yersin (1888), il voyait la reproduction expérimentale du type qu’il avait individualisé chez l'homme ; il en indiquait la pathogénie : septicémie bacillaire généralisée tuant le malade par toxémie et non par localisation de tubercules ou de granulations.
(1) « Voici vingt-six ans que dans ses Cliniques de la Charité, le professeur Landouzy a créé le mot et expliqué la chose, mais ce n’est que depuis peu d'années que sa doctrine est universellement admise.
Elle à trouvé contre elle de nombreux adversaires : d’abord toute la masse des néophobes, qui n'aiment pas à changer leurs habitudes et qui n’admettaient pas quon pût ajouler quelque chose à l’œuvre de Laënnec.
C'était aussi la race des tuberculophobes, race encore prospère aujourdhui, qui, par crainte d’effrayer le malade ou son entourage, évite soigneusement de parler de tuberculose. J'ai eu déjà l’occasion de vous montrer ce que cette mentalité a de dangereux, de vous prouver que, si elle était admissible à une époque où ja tuberculose était connue seulement dans ses formes ulcéreuses à évolution fatale, elle est inexcusable à l'heure actuelle où l’on connaît des bacilloses éminem- ment curables, où l’on sait les dépister plus lôt et les traiter dans de bonnes conditions de succès.