Presse médicale, 1895, p
LaprUrRe
néphritiques : on connaît bien la différence qui sépare, à ce point de vue, les cylindres granuleux, colloïdes ou épithéliaux. On sait malheureusement d’autre part qu'il existe des néphrites parcellaires, susceptibles de s'accompagner de cylindrurie, sans que l’ensemble du. parenchyme glandulaire soit lui-même touché. L'étude des cylindres urinaires n’a de signification que si on est certain que les lésions inflammatoires sont généralisées ; l’activité fonctionnelle de la glande, que les autres procédés d'exploration permettent d'étudier, est alors très diminuée. C’est dans ce cas seulement que la cylindrurie peut apporter une donnée nouvelle au problème à résoudre.
IT. Hémaluries. — Les hématuries, lorsqu'elles surviennent chez des brightiques, constituent une complication grave de leur affection. Comme l’ont montré Albarran ! et Pousson ?, elles ont en effet tendance à se répéter et affaiblissent beaucoup le malade en l’anémiant. Lorsqu'’elles deviennent abondantes et fréquentes, elles peuvent constituer une indication à l'intervention chirurgicale (néphrotomie, néphrolyse, décapsulation, etc.). Celle-ci n’est pas toujours efficace. Le P' Teissier a fréquemment observé la disparition des hématuries microscopiques, aecompagnées de cylindrurie, chez des brightiques sérieusement atteints, sous l’inflnence du sérum de veine rénale de la chèvre. Le pronostic des hématuries néphritiques
4. Albarran, Maladies des organes génito-urinaires, mai 1898, et ibid., Presse médicale, 15 oct. 1904.
2, Pousson, Folia urologica, oct. 1907.
RS
doit donc être réservé : il n’est pas fatalement très mauvais.
D. PRocÉDÉs cRYoscopiQuEs. — L'examen cryoscopique des urines a été l'objet de très nombreux travaux et de discussions passionnées. Après une fortune rapide et brillante, il semble de plus en plus tomber en discrédit, à tort, croyons-nous : il peut en effet donner facilement des renseignements précis sur la valeur fonctionnelle des reins. Ces renseignements sont d’un ordre analogue à ceux que fournit l'analyse de l’urine : comme eux, ils n’ont de portée véritable que si plusieurs examens les montrent corcordants; et leur appréciation doit en outre faire entrer en ligne de compte le facteur régime alimentaire. Trois procédés ont été successivement proposés. Ce sont :
1° Le procédé de Koranyi, qui étudie le point de congélation A de l'urine et sa richesse en chlorure de sodium ;
2° Le procédé de Claude et Balthazard, qui tient compte, en plus, du volume de l'urine émise en vingtquatre heures, et du poids du sujet considéré ;
3° Le procédé de Léon Bernard, qui compare le point de congélation de l'urine à celui du sang.
Nous laissons à dessein de côté les méthodes qui utilisent, en outre, l'élimination provoquée du chlorure de sodium (Claude et Mauté), ou la chlorurie alimentaire spontanée (Teissier). Comme les précédentes, à l'exception de la troisième, elles sont basées sur l'ingénieuse, mais hypothétique théorie de la sécrétion rénale émise par Koranyi.