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téoses. Si, en effet, après avoir précipité dans les urines qui présentaient la réaction plus haut décrite, la globuline par le sulfate de magnésie, la sérine par la chaleur, la caséine par l’acide chlorhydrique, on les traite par le sel marin à saturation, puis après filtration, par l'acide acétique, et enfin par le sulfate d’ammoniaque, on constate qu'elles se troublent à nouveau.
Bénédict Teissier n'eut pas le temps d'établir la valeur clinique de la réaction qui doit porter son nom. Le P' J. Teissier, poursuivant ses recherches « avec un soin pieux », l’a, depuis, assez souvent rencontrée: 1l a pu retrouver ou reconstituer les observalions de dix-sept brightiques, dans les urines desquels 1l a trouvé des albumoses, associées à d’autres protéiques. Il insiste particulièrement sur ce caractère de l’association, pour bien distinguer ces cas de l’albumosurie pure, dite de Bence-Jones, « laquelle a sa signification bien spéciale, avec sa thermolabilité remarquable (Hugounenq) et sa valeur clinique rigoureusement définie {syphilis, Bertoye, Hugouneng ; lésions osseuses de la cage thoracique, Senator). — Parmi les dix-sept malades en question, il en est trois qui n'ont pas été suivis ; les quatorze qui restent sont tous morts de trois à six mois après le moment où la présence des albumoses dans leurs urines avait été établies (5 cas d’urémie à forme éclamptique, 2 cas d'œdème aigu du poumon, 3 cas d'endo-péricardite, 2 cas de dyspnée toxique, 1 de syncope bulbaire, 1 de défaillance myocardique).
Avec le P' Maragliano, de Gênes, ses élèves Ascoli et Figari, qui font des lésions rénales du mal de Bright
la conséquence d'actions néphro-toxiques dues aux poisons endo-cellulaires provenant d’une viciation primitive dans les échanges protoplasmiques, le P' Teissier admet que les albumoses, extrêmement toxiques, sont susceptibles de déterminer de graves manifestations inflammatoires sur les séreuses, la rétine, etc. (rétinites azotémiques de Widal, Moraxet André Weil, à forme stellaire). Pour lui, « la constatation des accidents si graves qui accompagnent l’albumosurie, dans le cours des néphrites chroniques, rend compte de certains faits d'urémie rapidement mortels et survenus chez des sujets dont la perméabilité rénale était normale et toutes les éliminations à un taux physiologique... On comprend dès lors tout l'intérêt qui s’attache à la mise en évidence d’albumoses dans les urines, chez les brightiques, puisque, sans elles, le pronostic, dans bien des cas, se fût facilement égaré, et des présomptions favorables émises sur l'avenir, alors que l’issue fatale était au contraire des plus prochaines ».
La recherche des albumoses urinaires, à l’aide de la réaction de Bénédict Teissier, confirmée le cas échéant par l'analyse chimique, doit donc être systématiquement pratiquée toutes les fois qu'on est appelé à formuler un pronostic sur l’évolution d’une néphrite chronique.
C. PROPRIÉTÉS BIOLOGIQUES DE L'URINE. — 1° Toxicité. La toxicité de l’urine, « en rapport direct avec la quantité de substances toxiques éliminées par le rein », diminue lorsque celui-ci devient insuffisant, et d'autant plus qu’il l’est davantage. La méthode du Pr Bouchard, basée sur la recherche du coefficient
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urotoxique, donnerait sur l’état des fonctions rénales de précieuses indications, si cette toxicité urinaire n’était elle-même, à l’état normal, fonction du nombre et de la nature des substances toxiques contenues dans le sang, en même temps que de leur élimination. Elle demanderait, pour être scienüifiquement applicable, qu’on établisse le rapport entre la toxicité du sérum sanguin et celle de l’urine ; 1l faudrait en outre être sûr que, dans les cas très graves d'insuffisance rénale, il existe un rapport inverse de proportionnalité entre la toxicité du sérum et celle de l'urine. Tarmier et Chambrelent !, Bar et Rénon, l'ont rencontré chez des éclamptiques. Mais Léon Bernard, après avoir examiné vingt et un malades, n’a trouvé qu’une fois le sérum hypertoxique, la toxicité de l'urine étant diminuée. En outre Roger * a pu démontrer que la toxicité du sérum n'était pas la même que celle du sang, et mis en lumière la complexité et l'instabilité de la composition des sérums. L'étude comparée de la toxicité du sérum et de l'urine, d’une technique d’ailleurs très difficile, ne peut donc fournir des renseignements sur la valeur fonctionnelle des reins.
2 Éléments fiqurés. — I. Cylindres. — La valeur séméiologique des cylindres urinaires, suivant leur constitution et leur aspect (épithéliaux, granuleux, hyalins), a été très fréquemmeut étudiée (Senator, Grainger, Stewart, Bartels, Labadie-Lagrave, Lecorché et Talamon). Leurs caractères peuvent évidemment renseigner sur le degré d’acuité des phénomènes