‹ Le Pronostic des Néphrites Chroniques et le LaboratoireChapitre 24 sur 33 · APE · texte numérisé non relu

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ne saurait tolérer longtemps des doses d'urée supérieures à #4 gr. par litre de sang ( Widal et Javal). Ce n'est que dans des cas absolument exceptionnels, etaux dernières périodes de l’urémie, qu'on a pu noter des rétentions plus fortes (5 gr. 85, von Jaksch; 7 gr. 60, Widal et Abrami).

M. Widal croit pouvoir baser sur le taux de cette rétention uréique un pronostic, au moins approximaüf, de la durée du Mal de Bright. Lorsque le taux de l’urée oscille dans le sérum entre Ogr.50 et 1 gramme, le pronostic n'est pas mauvais : il s’agit souvent de simples poussées de rétention azotée, susceptibles de disparaître au bout de quelques temps, surtout chez les malades soumis à la diète azotée relative. Même lorsque l’azotémie se maintient pendant plusieurs mois à des taux peu élevés, les lésions rénales sont en général bien compensées, et l'auto-intoxication supportée. Lorsque la quantité d’azote relenue dans le sang dépasse 1 gramme, le pronostic devient plus sombre : il est rare que les sujets chez lesquels on constate une rétention uréique de 1 à 2 grammes vivent plus d’une année. L'évolution est plus rapide chez ceux dont l’azotémie oscille entre 2 et 3 grammes ; c’est alors une question de mois ou de semaines. Les chiffres supérieurs à 3 grammes ne s observent qu'aux périodes ultimes de la maladie et leur constatation doit faire craindre la mort dans un délai très court.

Telles sont les données cliniques, bien établies, semble-t1l, à l'heure actuelle. Leur interprétation est difficile : la toxicité de l’urée est faible, et ce n’est vraisemblablement pas à sa rétention que sont dus les

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accidents si graves qui l’accompagnent. L'’urée n’est qu'une sorte de témoin, indiquant la présence dans l'organisme de composés organiques mal connus et peut-être mal définis, qui, eux, sont autrement dangereux.

2° La chlorurémie des brightiques. — Le dosage des chlorures dans le sérum sanguin ne permet pas d’en apprécier la rétention : on sait bien, en effet, que les chlorures s'accumulent dans les tissus bien plus que dans le sang (Widal). L'hyperchlorurémie, lorsqu'elle existe, n’est que transitoire; elle n’a aucune signification pronostique.

3° L'hypoalbuminose du sérum des brightiques. — Les travaux de Lœper!, ceux de Chiray*, confirmés par les recherches de MM. Cade et Morel?, ont montré que, chez les brightiques œdémateux, par rétention chlorurée, la quantité totale des albumines renfermées dans le sérum sanguin était très diminuée. Elle serait, au contraire, augmentée chez les cardiaques asystoliques, ou tout au moins normale. Chez un sujet sain, la teneur, en albumine, du sérum varie, d’après les auteurs, entre 75 grammes et 90 grammes par litre (Reiss, Oppenheimer, Strauss). Elle ne serait souvent que de 50 gr., 60 gr., parfois même beaucoup moins, chez les brightiques en état de rétention chlorurée, et serait d'autant plus faible que l'hydrémie serait plus marquée. Les travaux récents de Strauss, en Allemagne, ceux

1. Thèse de Paris, 1903, et Journal de Physiologie el de Pathologie générale, 1903, V, p. 79.

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