‹ Le Pronostic des Néphrites Chroniques et le LaboratoireChapitre 7 sur 33 · ARS NUE · texte numérisé non relu

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bénignes. Il semble même d'après MM. Mosny et Moutier!, que, tout au moins en ce qui concerne les localisations rénales de la syphilis, l'affection puisse être d'autant plus grave que le malade élimine moins d’albumine. Ceci est loin, d’ailleurs, d’être prouvé.

La nature de l’albumine excrétée a une tout autre signification. Tous les brightiques n’en éliminent pas la même variété ; bien plus, un même malade, pris à des périodes différentes de son évolution, n’exerète pas toujours les mêmes protéiques. Or, on peut, de leur nature, tirer de très intéressantes conclusions au sujet de l’évolution probable de l'affection. L'étude doit porter sur les caractères physiques et sur les réactions chimiques de l’albumine. |

19 Caractères physiques. — Il y a peu de chose à dire des caractères physiques de l’albumine. La nonrétractité du coagulum albumineux, à laquelle Bouchard. avait attaché une grande importance, et qu'il regardait comme le signe pathognomonique d’une albuminurie dyscrasique, tient le plus souvent non à la qualité, mais à la quantité de l’albumine. Dans un certain nombre de cas, elle est causée par la composition chimique spéciale du milieu où se fait la coagulation, par la proportion des éléments constituants de l'urine, comme l'ont montré Cazeneuve et Lépine : 1l suffit souvent d'ajouter un peu de sel ou d’acide pour obtenir à volonté la rétraction ou la non-rétraction du coagulum. Ce caractère n’a donc pas la valeur pronostique qu'on à voulu lui donner.

4. Archives de médec. expérim. et d'anat. path., octobre 1911, p. 516.

Certains détails de la précipitation de l’albumine, quand on traite l’urine par le procédé de Heller-Gübler, peuvent toutefois fournir quelques indications. Ainsi, lorsqu'on voit se former au-dessus du disque d’albumine, un disque net et épais d'acide urique, on peut affirmer le caractère relativement bénin de l’albuminurie. Le fait ne s’observe guère en effet que dans trois circonstances : dans les albuminuries des maladies fébriles, dans les albuminuries cardiaques, dans les albuminuries goutteuses. Les urines sont, en même temps, très denses, et. fortement colorées : la lésion rénale n’est que superficielle et peu étendue.

Dans d’autres cas, au contraire, et ceci s’observe avec des urines pâles et d’une faible densité, l'acide nitrique donne immédiatement un précipité épais, d’un blanc mat, surmontant un disque violet plus ou moins marqué d'indican. Ces caractères impliquent d'emblée un pronostic réservé, car ils ne se rencontrent que chez les malades porteurs d’une lésion grave du rein : l'abondance de l’indican indique une altération marquée de l'état général.

D'autres urines, celles-ci encore pâles et peu denses, donnent, avec l'acide nitrique, un disque mince d’albumine, et, au-dessous, un disque ou un cercle rose d'uro-hématine. Le pronostic, iei, est variable, car ce précipité s'observe aussi bien dans l’albuminurie du mal de Bright vrai, que dans celle des artério-scléreux ou des adolescents anémiques et névropathes.

L'aspect sale et louche du précipité d’albumine obtenu, chez les brightiques, à la période terminale de

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leur évolution, est aussi bien connue. Ces données classiques ne nous retiendront pas plus longtemps.

2 Caractères chimiques. — I. Albumine acélosoluble. — Le précipité d’albumine obtenu par coagulation sous l'influence de la chaleur est, dans certain cas, susceptible de se se dissoudre par addition d’une goutte d'acide acétique (Patein). On dit alors qu'il est acéto-soluble. Pour Patein, qui l’a le premier décrite !; pour Brault, Michel Yvon?, et pour Castaigne luimême ?, cetle propriété est seulement fonction de la composition du milieu urinaire, et, plus spécialement, de sa faible teneur en chlorures. Cependant, Bar, Achard, Weil‘, Combemale et Desoil*, le professeur Teissier et ses élèves ont relaté des cas qui tendent bien à faire de l’acéto-solubilité un phénomène ayant le plus souvent sa signification particulière. Ils ont pu le rencontrer chez des brightiques dont les urines étaient pauvres en chlorures, et jamais l'addition de sel n’a empêché la réaction de se reproduire. M. Teissier est arrivé à conclure de ses observations que l'albumine acéto-soluble était vraisemblablement éliminée par le rein aux dépens de matières albuminoïdes à poids moléculaire abaissé 7 : celles-ci résulteraient de la transformation, faite dans de mauvaises conditions, par un foie insuffisant, des protéiques ingérés. Il en

. Académie des sciences, 1899.

Manuel clinique de l'analyse des urines, 1904, p. 225. Manuel des maladies du rein, Masson, 1906.

. Soc. de Biologie, 1897.

. Arch. prov. de méd., 1899.

Vandeuvre, Thèse de Lyon, 1905-06.

Province médicale, janv. 1906.

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