DIAGNOSTIC CLINIQUE
En présence d’un petit malade chez lequel on constate une lésion du fond d'œil ayant entraîné une diminution plus ou moins grande de l'acuité visuelle et quelques-uns des symptômes que nous venons de passer rapidement en revue, le diagnostic de gliome de la rétine a bien des chances d’être exact. Quelques affections peuvent cependant prêter à confusion : nous allons rappeler les principales.
C'est avec le sarcome de la choroïde que le gliome pourrait être le plus facilement confondu. Le sarcome entraîne en effet des accidents glaucomateux accompagnés d’un décollement précoce de la rétine. Mais, dans ce cas, le décollement est souvent total et la rétine conserve l’aspect habituel qu’elle a dans le décollement simple. C'est derrière cette rétine décollée et intacte que se développe le sarcome. Dans le gliome, au contraire, la rétine est en partie dégénérée. La tumeur se développe en une masse irrégulière, cotonneuse, mal limitée; à côté, le décollement se produit, secondaire, qui vient recouvrir plus où moins la tumeur. Le diagnostic, quelquefois difficile, n'a qu'une importance théorique : pratiquement, dans les deux cas, c’est une large opération qui s'impose.
La rétinité brightique, rare d'ailleurs chez le jeune enfant, sera facilement reconnue à ses signes urinaires, ses hémorragies péripapillaires et ses lésions maculaires.
Les tubercules miliaires de la choroïde soulèvent une rétine intacte. Le plus souvent l'affection tuberculeuse est déjà très avancée quand apparaissent les troubles oculaires
Les pseudo-gliomes, affections dans lesquelles apparaît le
De
reflet de l'œil de chat, peuvent, au premier abord, en imposer pour un gliome. Ce sont : l'hyalitis suppurée chez les enfants ‘atteints de méningite cérébro-spinale, les choroïdites métastatiques au cours d’une affection fébrile générale, l’organisation fibreuse du vitré, les affections bacillaires et le décollement simple de la rétine. Le plus souvent, le diagnostic se fera assez facilement, surtout si on se guide sur l’état de tension du globe. En cas de gliome, en effet, l’œil est glaucomateux ou tend au glaucome; dans le cas de pseudo-gliome, l’œil est hypotone ou tend à la phtisie.
Nous avons vu que le sarcome entraînait, lui aussi, de l’hypertension. Les cysticerques de la rétine agissent de même, mais leur rareté est extrême.
Lafond À