Une fièvre intermittente. j
a. Un engorgement des ovaires. ^Femmes,
i. Une maladie nerveuse compliquée, j Ces cinq malades, assis autour du réservoir magnétique, et ceints d’un des cordons en laine qui partent de la tige du réservoir, présentent les effets suivans :
La malade affectée d’une maladie nerveuse est contrainte, au bout de quatre minutes, de fermer les paupières, et il lui est, dès ce moment, impossible de les rouvrir; sa tête se penche sur sa poitrine, et une toux sèche se déclare.
La seconde éprouve des douleurs assez vives dans la partie malade ; mais'elle ne montre nul penchant au sommeil
Les veux fermés, et respirant diflicilement, le troisième suit tous les mouvemensque je lui imprime, sa tète s’incline tantôt à droite, tantôt à gauche , en avant et en arrière,selon que je le désire. Il sent une grande chaleur dans les oreilles, toutes les fois que j’approche une de mes mains vers cette partie malade ; quand je l’actionne à une distance de moins de quatre pouces , il se réveille en sursaut, et retombe
presque subitement dans son premier état, si je l’abandonne.
La quatrième personne, plongée dans un somnambulisme complet au bout de dix minutes, s’occupe de la santé des individus qui sont à ses côtés; elle indique à chacun les remèdes qu’elle voit propres à leur procurer un prompt et entier rétablissement. Semblable à un prophète qui veut faire reconnaître la vérité de sa mission , qui veut gagner la confiance de ses auditeurs, elle prend des moyens infaillibles pour les convaincre de la véracité de ce qu’elle leur dit. Celui-ci est tout étonné d’entendre une personne qu’il voit pour la première fois, lui faire l’histoire de sa maladie ; celui-là écoute avec attendrissement l’être qui lui montre toutes les parties du corps ou il a mal, et lui indique les moyens qui peuvent faire cesser ses souffrances; une troisième paraît tout interdite : elle croyait bien qu’on pouvait voirie mal d’un être souffrant, mais elle n’aurait jamais pu s’imaginer qu’une somnambule allait lui rappeler les petites particularités qui ont donné lieu à la maladie dont elle est atteinte. Pour moi, ce que j’admire le plus, c’est l’entier dévouement de ma somnambule, qui oublie ses propres maux, pour ne s’occuper que de celui des autres. A dessein de détourner sa charité, j’essaie plusieurs fois de l’occuper de ses douleurs ; ce à quoi je réussis en la magnétisant : mais chaque fois que je l’abandonne , sa bonté, plus forte que son mal, la ramène à ses actes de charité.
Son sommeil offre des intermittences d’action et
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de repos; on s’aperçoit de ces deux différens états en ce que, dans le premier, les muscles de sa figure s’animent et prennent l’expression de ce qu’elle va dire, et que, dans le second, sa bouche est ouverte, ses traits immobiles, et que mes paroles ne sont point entendues. Ces deux différens états se succèdent avec une grande rapidité. Mais un fait assez singulier, c’est qu’elle répond sur-le-champ à toutes les questions que je lui adresse, quand ces questions sont l’effet de ma propre pensée, et qu’au contraire, toutes les fois que ces questions me sont suggérées par une tierce personne de l’assemblée, non seulement je suis obligé de les répéter plusieurs fois, mais chaque fois que je les répète, j’ai pour toute réponse : Cela ne vient pas de vous , car je ne vous comprends pas. Elle finit par dormir très profondément,et une sueur très abondante a lieu quelques instans avant son réveil.
Le cinquième malade, affecté d’une maladie de poitrine, n’éprouve rien en apparence; il est froid et impassible ; son pouls varie cependant, et son corps est couvert d’une légère moiteur.
Tant d’effets si différens et si variés offrent à l’observateur un spectacle vraiment curieux. On manque d’yeux pour saisir chaque trait de ces étonnans phénomènes. Mais ce qui frappe le plus , et ce qui en effet mérite le plus d’attirer notre attention , c’est que, sortis de cet état de crise, tous les malades se trouvent bien.
Le phthysique se sent plus de force, la personne
fterveuée à moins Je mobilité , celle affectee dé la fièvre n’éprouve plus d’accès, et chaque fois qu elle se retire du réservoir, sa marche est plus assurée ; le sourd entend parfois; sa santé, altérée par le chagrin que lui cause sa surdité, s’améliore chaque jour, et il reprend de la gaîté. Les douleurs qui s’étaient manifestées dans les ovaires de la dernière malade, font place à un sentiment de bien-être, et tous en général éprouvent de l’appetit.
Nous ne donnons ici qu’une légère esquisse de ce qui se passe journellement dans nos séances magnétiques : c’est pourquoi nous croyons devoir avertir les personnes qui ne connaissent pas le Magnétisme, qu’elles doivent bien se garder de conclure de ce que nous venons de dire, qu’on peut sans crainte traiter plusieurs malades ensemble, que les résultats en seront toujours heureux; que le Magnétisme ne demande pas une surveillance très active ; qu’il est facile d’empêcher les mauvais effets qui peuvent se manifester dans la réunion de plusieurs malades; car elles seraient dans l’erreur, et nous les tiendrions fort heureuses si, dans les cas embarrassans qui se présenteraient, elles n’avaient à déplorer leur présomption et leur témérité. Dans plusieurs circonstances, des crises de rires immodérés, des toux, des convulsions et des attaques de nerfs deviennent contagieuses : il faut alors beaucoup de sang-froid, une grande habitude du Magnétisme, pour arrêter cette contagion, et, au besoin, avoir assez de connaissances pour discerner le sujet qui
cause ce mal, et pour lui donner les soins particuliers que Sa position demande.
Nous le répétons ici, parce que nulle considération ne peut nous engager à ne pas dire la vérité : quelque bonne volonté qu’on ait de faire le bien , cela ne suffit pas; il faut de plus une énergie morale très forte, beaucoup d’impassibilité et de grandes connaissances en Magnétisme. Nous craignons, et c’est l’expérience qui nous donne cette crainte, que M. Deleuze et les magnétiseurs qui ont recommandé le Magnétisme du mari à la femme, de sœur a sœur, etc., ne soient pas assez éclairés sur les inconvéniens qu’offre ce genre de traitement, quand les personnes qui l’emploient ignorent la force de l’agent dont elles se servent.
Le fait suivant semble venir à l’appui de ce que je viens de dire.
Je fus appelé le 7 mai pour donner mes soins à madame B. affectee d une maladie chronique. Persuadé que le Magnétisme lui ferait du bien, j’essayai ce moyen, et en effet elle éprouva quelque mieux. Comme elle était alors sur le point de partir pour la campagne, je lui fis observer que , le traitement devant être long, elle serait obligée, pour ne pas perdre l’impulsion favorable que j’avais commence de produire, de continuer de se faire magnétiser par quelqu’un de sa maison. A cet effet, elle jeta les yeux sur une femme qui lui était attachée,
et quelle aimait beaucoup. Cette personne vint assister aux séances que je donnais à samaîtresse. Elle ne savait nullement ce que c’était que le Magnétisme , n’en avait jamais entendu parler. D’abord elle examina attentivement les procédés que j’employais, afin de pouvoir me remplacer, et soulager ainsi la personne qui lui était chère. Pendant qu’elle fixait son attention sur nous, elle éprouva ellemême les effets du Magnétisme. Je ne m’occupais pourtant que de sa maîtresse, et ne songeais nullement à elle. D’abord elle n’en fit part à personne ; elle s effoiça de rester près de nous, et de vaincre le sommeil qui l’accablait. Pour ne pas y succomber, elle s’enfuit avec précipitation dans un appartement voisin. Nous ne sûmes pas ce que cela voulait dire, et je ne crus pas moi-même devoir y donner mon attention. Elle revint pourtant, quelques instans après , reprendre sa place auprès de nous. Je crus devoir alors m’occuper un peu d’elle ; je la vis chanceler, éviter mes regards , se lever de nouveau, et s’enfuir en criant. Je la suivis, et lui demandai ce qu’elle avait. « Je ne sais, me répondit- « elle, ce que j’ai ; mais je sais seulement que je et viens d’éprouver ce que de ma vie je n’ai senti. » Je voulus la calmer, car elle tremblait de tous ses membres ; mais, quoique ses yeux fussent exactement fermés, elle sentait mon action et me répétait : te Ne me touchez pas, je vous en prie ! Je vois vos « mains ; vous me faites du mal ! » Je dus céder à son désir fortement exprimé, quoiqu’à regret pour
tant : car j’étais persuadé que le Magnétisme la calmerait bientôt. Ayant achevé de magnétiser la maîtresse, je sortis. La première chose que je fis le lendemain en entrant, fut de m’informer de la santé de cette dame, qu’on me dit être fortement dérangée. Je demandai à la voir ; elle y consentit, et après quelques questions sur ce qu’elle éprouvait, je lui proposai de la magnétiser. Cette offre parut lui faire beaucoup de peine, elle refusa; mais , pressée par toutes nos sollicitations, elle finit par y consentir. En un instant elle fut plongée dans un profond sommeil. Interrogée sur la cause des désordres qui s étaient manifestés chez elle la veille , elle ne put me répondre de suite : «J’ai, dit-elle, beaucoup de « difficulté à parler : pour le moment, je me trouve « bien; je n’ai plus peur de vous; votre action me « soulage beaucoup. J’ai de la bile dans l’estomac , « il faut me donner quelque chose pour la faire éva- « cuer. » Elle s’ordonne de la tisane de chicorée très amère , très amère. Elle insiste très fort, disant que cela lui fera du bien; ensuite elle demande de l’eau des Carmes sur un morceau de sucre , et veut être éveillée. Comme presque tous les somnambules, sortie de cet état , elle ne se souvient pas d’avoir parlé; mais sur l’étonnement des personnes présentes , elle sembla en douter , car elle les pria avec instance de lui répéter ce qu’elle avait dit; mais il avait été convenu entre nous qu’on lui laisserait ignorer ce fait.
Elle passa la journée assez bien ; mais la nuit fut
mauvaise : (les spasmes se manifestèrent, et le froid aux pieds ne la quitta plus. Bien persuadé que le Magnétisme , cause malgré nous de tous ces accidens, la calmei’ait et ferait disparaître ces symptômes fâcheux, je le proposai ; mais je ne fus écouté ni de la malade, ni des personnes qui l’entouraient. Forcé de renoncer à ce moyen, je l’engageai a prendre quelques bains de pieds, et des bains entiers, à boire quelque tisane rafraîchissante et anti-spasmodique ; ce qu’elle fit; mais l’état de malaise où elle était ne fit qu’augmenter. On appela un autre médecin qui, reconnaissant que son état était entièrement neiveux, ne voulut pas accéder au désir quelle avait d’être saignée. Il la tranquillisa , lui ordonna une potion calmante, composée d’eau de laitue, de siiop de nymphéa et de diacode. Elle prit cette potion qui ne lui procura qu’un mi eux momentané, et j’apprends à l’instant que son état donne des inquiétudes.
Quelle peine ne dois-je pas éprouver, étant persuadé que mes soins pourraient la sauver, de voir qu’on les rejette bien loin. J’ai beau répondre de tout, on ne m’écoute pas. Puis-je leur en vouloir ? Non , sans doute , car ils ne sont nullement éclairés sur les effets du Magnétisme ; leur confiance dans la médecine doit être plus grande, et c’est pour eux un devoir de s’en servir. Le médecin qu’on préviendra, sans doute, de ce qui est arrivé , sera fort embarrassé, car les symptômes produits par cette action mixte rendront son diagnostique fort obscur , et pour comble de malheur, les remèdes de la méde-
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cine ordinaire n’agissent que faiblement sur les désordres causés par le Magnétisme.
Que de reproches n’est - on pas en droit de faire aux savans qui refusent d’éclairer le monde sur les avantages et les inconveniens de celte découverte ! Les médecins surtout sont coupables, et s’il arrive des accidens , ce qui ne peut pas manquer d’arriver, maintenant que le Magnétisme est employé partout, on peut et on a droit de les en rendre responsables.
Au moment où cet article est sous presse, j’ai le plaisir d’apprendre que cette personne est mieux ; mais ce que j’ai prédit est arrivé. Le médecin a porté un diagnostic faux sur cette maladie , quoiqu’il fpt institut de ce qui s était passe relativement au magnétisme , il n en assurait pas moins qu’elle mourrait 5 avant trois ou quatre jours, d’un anévrisme au coeur. Heureusement rien de fâcheux n’est arrivé; mais ce n’en est pas moins un exemple terrible de la puissance du magnétisme.
Suite de la Clinique magnétique de M. Dupotet
Madame P. de la D. lut prise tout à coup d’un accès de fièvre dans la matinée du 3o avril dernier; le frisson dura 2 heures au moins, et la fièvre 7 à 8 ; la nuit fut mauvaise, et le lendemain la malade était extrêmement abattue, et se croyait, pour la onzième ou douzième fois, sous le coup d’une fièvre intermittente qui ne se passait jamais qu’après un traite-
ment assez long, par le quinine : traitement qui laissait toujours après lui une grande sensibilité dans l’estomac et les intestins, et augmentait une disposition qu’avait la malade à une maladie mélancolique. Toutes ses fièvres antérieures avaient été accompagnées de délire et d’une prostration de forces.
Je fus mandé cette dernière fois pour essayer si, par le Magnétisme, je pourrais arrêter le développement de cette fâcheuse maladie, et faire cesser la disposition qu’avait madame P. à la contracter.
Je magnétisai la malade avec d’autant plus d’espoir de la guérir, que déjà, dans quatre essais, ma méthode avait été constamment suivie de succès.
Première séance. Elle ne présenta rien de remarquable , si ce n’est de la transpiration, qui, dans cette circonstance, était extraordinaire : car la malade transpirait difficilement. Cependant la fièvre, le frisson et un peu de délire arrivèrent comme à l’ordinaire.
Deuxième séance. La malade endormie assure que je lui fais du bien, et que je la guérirai sans quinine. Elle reconnaît les fâcheux effets que ce médicament a produit sur son estomac. La crainte d’en prendre encore lui cause une vive frayeur; elle me saisit les mains, m’engage avec de vives instances à ne pas l’abandonner, et à la magnétiser régulièrement pendant quelques jours. Elle pense que je couperai la fièvre au quatrième accès, et qu’elle n’aura besoin ensuite que de légers purgatifs. Je l’éveille : elle est
très calme, la fièvre a diminué, ainsi que la chaleur ; il survient de la moiteur à la peau, et la nuit se passe fort tranquillement. J’omets ici tout ce qui est étranger à sa maladie , ne voulant pas rapporter des phénomènes de lucidité extraordinaire qu’elle a présentés : j’aurai occasion d’en parler ailleurs.
Troisième séance . La malade a la fièvre : la journée est mauvaise; la nuit est accompagnée de co~ chemar; la langue est sèche, et le ventre un peu tendu et douloureux : je l’ai cependant magnétisée ; mais, étant très fatigué, je n’ai pu maîtriser son accès. Dans son somnambulisme, elle a fait connaître la cause de sa maladie; elle en porte le siège à la rate, et assure que depuis bien des années le sang n’y circule pas ; que c’est cette cause qui la rçnd malheureuse et qui lui donne les accès de tristesse qui la prennent plusieurs fois dans la journée.
Quatrième séance. C’est aujourd’hui que la fièvre doit arriver. Je la magnétise et l’endors 2 heures avant l’accès. La malade se trouve bien, et dit que si je la magnétise plusieurs fois dans la journée le succès sera plus certain, et que si j’empêche l’accès d’avoir lieu, elle n’en aura plus. Déjà elle se félicite du bonheur qu’elle éprouve d’échapper au traitement par le quinine, et se prescrit le régime qu’elle doit suivre jusqu’au mois de septembre prochain, époque de sa parfaite guérison.
Je la magnétise dans la journée et j’ai le plaisir de voir mes soins couronnés d’un entier succès. Point de fièvre; la malade se trouve bien. La langue
■ Jàstcfik.
est humide, la peau moite : elle peut se lever et rester plusieurs heures assise à la fenêtre. Elle prend un potage qui ne produit aucun mauvais effet; son étonnement est extrême, ainsi que celui des personnes qui l’entourent, et qui la connaissent depuis plusieurs années! Comment, sans drogues, guern une fièvre qui s’était présentée avec les memes symptômes qu’autrefois ? C’est une chose surprenante, miraculeuse! Leur foi ne va pas pourtant jusqu’à croire la cure complète. On veut attenche pour se prononcer qu’un second jour d accès soit passe Ce jour attendu et redouté arriva, et, au grand contentement de tout le monde , rien de s.mstre ne se manifesta ; au contraire, la malade sentit croître ses forces, etse vit dans une complété conva-
lescence. ^
Magnétisée depuis d’une manière assez régulière, j’ai pu, en suivant ses avis, vérifier combien les ressources du somnambulisme sont précieuses. Elle indiqua les divers changemens qui devaient survenir en elle , annonça le jour, l’heure et le moment que ces divers efiets auraient lieu, et sembla ne jamais perdre de vue l’agent qui opérait sa guérison. Son attention se dirigea principalement sur la rate, qu’elle assurait ne pas faire ses fonctions d une manière régulière, et être par cela même seule cause de tous les mal-aises qu’elle éprouvait. Ma main, dirigée vers cet organe, y déterminait de la douleur, et des déplacemens de gaz dont le bruit se faisait entendre à une assez grande distance, et appliquée a
plat sur cette meme partie, je sentais des mouvemens très prononcés. Plus elle y souffrait, plus elle paraissait satisfaite, et ne cessait, pendant toutes les séances, de m’exhorter à diriger toute mon attention vers ce but. C’est là, me disait-elle, que doit s’opérer un changement favorable, qui peut seul rétablir l’équilibre qui me rendra la santé.
Le traitement magnétique fut parfaitement secondé par la malade, qui dès-lors se défendit les côtelettes, les viandes noires et le vin jusqu’au mois de septembre. De jour en jour sa santé devint meilleure , elle reprit de la gaîté. Les choses les plus légères, qui auparavant lui étaient insupportables, comme le bruit et les moindres odeurs, tout cela est enduré à présent sans peine, et sans enti’aîner aucun inconvénient, et enfin sa mobilité nerveuse disparaît par degrés.
Maintenant guérira-t-elle ? La cause de tous ses accès de fievre, et le mal-aise général qui arrivait pour la moindre des choses, se passera-t-il sans retour ? Je l’espère; et, s’il en est ainsi, je serai parvenu à guérir une de ces maladies, qui font le désespoir des médecins les plus expérimentés, et pour lesquelles les plus sages conseillent les voyages, les eaux, les promenades, etc. , moyens qui ont paru jusqu’à ce jour bien lents et bien douteux.
Ce que je viens de dire doit engager les magnétiseurs à ne pas craindre de faire souffrir les malades dont les affections ne sont pas très avancées, surtout quand il n’y a pas destruction d’organes : car alors la
souffrance est un bien qui contribue puissamment à ramener l’équilibre.
Cette conclusion est très bien appuyée par les propres paroles d’une autre somnambule, qui me disait dans ses plus grandes souffrances : « Plus je « souffre, et plus je suis joyeuse, car à chaque crise « douloureuse, je fais un pas vers la santé. »
Il m’a fallu plusieurs exemples semblables pour surmonter l’aversion que j’avais à faire souffrir quelqu’un que je magnétisais; mais maintenant, loin de calmer les douleurs , je cherche à les faire naître ; trop heureux quand j’y parviens : car, dans ce cas, les malades sont presque certains de trouver, sinon la guérison, du moins un grand soulagement à leurs maux.
CORRESPONDANCE
A Monsieu r le Rédacteur du Journal le Propagateur du Magnétisme.
Monsieur,
L’application du Magnétisme animal à: la guérison desmaladies est une source si grande de bienfaits pour l’humanité, les effets de cet agent sont si surprenans et sa puissance si grande , qu’il semblerait qu’une fois son existence admise, il devrait devenir l’objet
des méditations de tous les hommes qui ont à coeur le soulagement de leurs semblables. Il n’en est pas ainsi cependant. Malgré la multiplicité des preuves, les milliers de témoins oculaires, la facilité qu’a chacun de voir et de se convaincre par lui-même, on est en général si léger, si exclusif, on a tant de préjugés au moment même où l’on croit en être exempt, que nombre de personnes traitent encore le Magnétisme de chimère, et ceux - mêmes qui ne peuvent en révoquer en doute l’existence, croient au-dessous d’eux de l’approfondir et de s’en occuper. Combien , d’un autre côté , n’est-elle pas respectable la vocation de ceux qui se consacrent à la recherche de la vérité et à l’application de leurs découvertes au bien de l’humanité !... Vous avez, Monsieur, voué votre existence à cette noble tâche. Non content de pratiquer le Magnétisme avec le plus grand succès, vous cherchez à en répandre la connaissance dans toutes les classes comme dans tous les pays. Vous ne négligez aucun moyen pour y parvenir , et vous ne croyez jamais la masse des preuves trop grande là où il y a tant de bien à faire et tant d’incrédules à persuader. C’est dans cette pensée, Monsieur,que je me permets de détailler dans cette lettre ce que, grâce à votre obligeance, j’ai été à même de voir et d’observer par moi-même.
Etranger à la France, j’ai quitté ma patrie dans l’intention de travailler par l’observation à mon perfectionnement intellectuel. La science du Magnétisme m’avait toujours vivement intéressé, j’avais lu
plusieurs ouvrages qui en traitaient; mais les faits qui y sont consignés me paraissaient tellement extraordinaires , nie semblaient tellement sortir de l’ordre de tous les systèmes adoptés jusqu’alors, que je reléguai ces objets dans la classe de ceux où nul témoignage n’est suffisant pour établir nos idées, qui ne peuvent être fixées que par une observation personnelle, calme et réfléchie, et malgré mon désir, je n’avais pu jusqu’ici en trouver l’occasion. Je dus à un ami commun l’avantage de faire votre connaissance. Pendant quelque temps je fus dans l’impossibilité d’en profiter. Enfin, un jour je me présentai chez vous, et, introduit dans votre salon, j’aperçus , entre plusieurs autres personnes, une femme assise dans un fauteuil, les yeux exactement fermés et la tête penchée sur son épaule. Cependant elle semblait jouir de la plénitude de ses facultés, et répondait avec une justesse parfaite aux questions que vous lui adressiez. Je ne me possédais pas de joie. C’est donc là, me disais-je, c’est là une somnambule ? Je la considérais avec autant d’étonnement que d’intérêt. Vous la consultiez sur l’état de plusieurs malades qui se trouvaient dans la chambre. Enfin, je vous priai de me mettre en rapport avec elle, .et j’insistai, malgré l’objection que vous me fîtes que je ne paraissais point malade. Avec l’apparence d’une santé parfaite , je suis , dès ma plus tendre enfance, attaqué d’un mal chronique qui a son siège dans le bas-ventre et les intestins, mal dont nul remède n’a pu jusqu’ici me soulager, et que, pour
cette raison , j’avais renoncé à traiter. Je n’en ai, durant mon séjour à Paris, fait mention à personne , et un instant auparavant, ne songeais point à consulter à cet égard. Pour établir le rapport, vous me fîtes asseoir à côté delà personne endormie, et placer une main sur ses genoux. A votre demande, si elle voyait quelque chose, la somnambule garda le silence5 mais, une minute après,elle commença à porter la main à la région au-dessous de l’estomac , comme si elle y eût éprouvé une vive douleur. Extrêmement frappé, je vous priai de continuer vos questions. Elle répondit, et petit à petit, à mesure que cette sensation pénétrait dans tous ses organes, elle commença à détailler tous les symptômes du mal que j’éprouve, avec autant d’exactitude que j’aurais pu le faire moi-même. Etonné de plus en plus, je désirai lui parler moi-même (car jusqu’alors elle n’avait répondu qu’à vous seul ) , et vous demandai si cela ne serait pas possible. Alors vous adressant à elle , vous lui dites avec énergie : « Ecoutez - le , écoutez - le, madame. » — Dans cet instant un mouvement convulsif, semblable à une commotion électrique, parut l’agiter, et elle commença à m’entendre et à me répondre parfaitement bien. Elle me répéta avec plus de détail encore tout ce qu’elle venait de vous dire, et, sur ma prière dé me donner son avis, elle me prescrivit divers rëmèdes ( que je mettais par écrit à mesure qu’elle parlait) , remèdes que je reconnus être parfaitement bons et particulièrement adaptés à ma situa-
tion. Je .lui demandai alors si elle pensait qu’il y avait long-temps que j’étais attaqué de cette maladie, Elle répondit que ce devait être depuis ma première enfance. Interrogée ensuite sur un autre symptôme, dont je suis pareillement affecté : ce Ah ! cc pour ceci, dit - elle , c’est bien plus récent ; cc cela ne doit dater que de deux à trois ans. — Il y a effectivement deux ans et demi. » Je sortis de cette séance émerveillé et ravi d’avoir été à même d’observer, de manière à écarter toute possibilité d’illusion, l’exercice d’une des facultés les plus étonnantes qui aient été accordées à l’homme.
Quelque temps après, je vous dus de pouvoir examiner encore une autre somnambule. — C’était mademoiselle ***, jeune personne de 16 ans, d’une famille distinguée, et aussi remarquable par les agrémens de son esprit que par sa charmante figure. Introduit par vous, je fus reçu de la manière la plus gracieuse. Magnétisée par vous, je la vis s’endormir et entrer en somnambulisme dans l’espace d’une minute. Consultée sur elle-même et sur deux personnes qui se trouvaient présentes, elle fixa le jour précis où elle se trouverait guérie de la maladie qu’elle éprouvait, et exprima sur l’état des autres une opinion aussi sage que lumineuse. Je n’ai jamais vu de physionomie plus intéressante que celle de cette jeune personne, plongée dans le sommeil magnétique. Il s’y peignait une sensibilité si profonde, une sympathie si vraie pour les maux sur lesquels elle était appelée à donner son avis.... Pour mieux l’observer,
Iim- 1iÉii<i^1«'«
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je me rapprochai en silence; et plaçai ma chaise assez près de la sienne. « Quelle est cette masse noire, vous demanda-t elle, qui se trouve près de moi?.... Est-ce quelqu’un de vos amis?.... —Oui.— Est-il malade ?.... — Je l’ignore. » Et après un instant de réflexion : « Oui, il l’est, il l’est beaucoup. » Et en disant ces mots, elle portait avec une expression de peine la main au-dessous de son estomac.... Voyant qu’elle commençait a s’en troubler et a s en occuper beaucoup, vous cherchâtes à la distraire et à détourner ses idées sur d’autres objets.
Je n’avais plus besoin de nouvelles observations pour être parfaitement convaincu. Je fus cependant encore singulièrement frappe d un phenomene bien commun pourtant, mais que, pour la première fois, il m’arrivait de voir par moi-même. Je souhaitais consulter au sujet d’une personne fort malade depuis long-temps et à laquelle je porte le plus vif interet. Voulant lui laisser ignorer cette démarche, j’en obtins une mèche de cheveux, sans lui direl usage que j’en voulais faire. Vous la présentâtes à la personne que j’avais déjà consultée pour moi-même, pendant qu’elle était plongée dans le sommeil magnétique. Après l’avoir tenue quelque temps et frottée entre ses mains, elle exposa avec une exactitude parfaite et de la manière la plus détaillée l’état physique et moral de la malade, et lui ordonna les remèdes les plus judicieux et le régime le plus convenable à sa situation.
Tels sont, Monsieur, les faits si intéressans dont
vous m’avez rendu témoin. Ces faits, je le sais , ne présentent rien de nouveau; chaque jour les voit se reproduire dans la pratique du Magnétisme; mais la connaissance en est encore si peu répandue, qu’il est toujours utile de les voir attester, surtout par des hommes etrangers a la science, et en ce genre les répétitions ne sont jamais superflues. Peut-être à ce titre jugerez-vous à propos de donner à cette lettre une place dans le journal respectable auquel vous concourez. Je m’en féliciterai du moins, en ce que cela m’offrira l’occasion de rendre à vos soins et à votre extreme obligeance le tribut de reconnaissance qui vous est dû.
J’ai l’honneur d’être,
Michel de YERMOLOFF,
Paris, i ef juin i8q8.
A M. le Rédacteur du journal le Pkofagatecjr du Magnétisme.
Monsieur,
Suivant la même carrière que vous, et professant les mêmes principes, me serait-il permis d’insérer dans votre journal quelques réflexions sur un point de doctrine professé hautement par des hommes dont le témoignage est aujourd’hui reçu comme un article de foi ? Je l’espère, Monsieur, et c’est l’amour
que je vous connais pour l’avancement du Magnétisme, qui me donne cet espoir.
Le monde est pour celui qui prêche la vérité, comme une assemblée d’hommes sourds ; les uns n’entendent pas réellement, et ceux-là sont excusables; les autres n’ont pas le temps d’entendre, parce qu’ils ne veulent pas s’en donner la peine, et en cela ils sont coupables; une troisième espèce , et qui selon le proverbe est la pire, ce sont ceux qui ne veulent pas entendre. Nos antagonistes surtout semblent faire partie de cette dernière classe. On a beau leur dire : Mais vous avez en vous les moyens de vous convaincre de la vérité de notre doctrine ! Toute machine organisée comme vous, comme nous, a en elle le principe qui produit tous les phénomènes magnétiques ! Agissez, et tenez-nous pour des imposteurs si vous ne réussissez pas : personne n’écoute. Il est vrai qu’on ne leur a pas toujours tenu ce langage : car, sans rappeler ici le système de Mesmer, qui faisait intervenir les corps célestes dans les effets qu’il produisait, sans parler des bonnes personnes qui reportent tout cela à Dieu , ou au Diable; sans mettre en scène les magnétiseurs spiritualistes qui, dans leurs extases, montent au ciel, conversent avec les anges, et reviennent chargés des vei'tus célestes; sans rappeler, dis-je, tout cela, ne voit-on pas de nos jours des magnétoscopes chercher le fluide dans des noisettes ! dire et écrire gravement de longs articles sur cette prétendue découverte, qui n’existe que dans leur cerveau ! « Eh !
« Messieurs, m’écriai-je, que vous a donc fait le c< Magnétisme pour le traiter ainsi? Etes-vous nés ce pour vous opposer aux progrès de cette science ? cc S’il n’en est pas ainsi, pourquoi donnez-vous donc cc ces rêveries qui doivent infailliblement produire cc cet effet? Que ne gardiez vous votre découverte cc dans votre portefeuille pour vous en amuser avec cc vos amis? Hommes, peu réfléchis, savez-vous ce cc qui arrivera : on essaiera de reproduire ce que cc vous dites avoir observé, et ce qui s’est manifesté a sous vos doigts complaisans, et comme l’obsercc vateur sévère ne sera pas satisfait s’il voit que ce cc sont des niaiseries, il se croira en droit de rejeter cc tout ce qu’on dit sur le fluide magnétique, parce cc qu’il aura été trompé une fois. »
Prémunissons donc, Monsieur, ceux qui veulent observer des faits, avertissons-les de ne pas aller les chercher dans des corps inanimés; là, ils ne rencontreront que des phénomènes physiques qui sont attribuables à toute autre cause qu’à l’agent magnétique, qui ne se manifeste que sur des êtres animés. 11 faut, pour le sentir, avoir un système nerveux bien organisé , et encore faut-il que ce système ne s’éloigne pas trop de notre échelle : car, dans ce cas, notre action ne peut plus être sentie. La pile galvanique porte le mouvement chez un être qui vient d’expirer; mais attendez, pour faire cette expérience, que le cadavre ait entièrement perdu les lois de la vie, vous ne pourrez plus réussir. Le fluide magnétique plus dense qu’aucun des autres fluides de la
nature , ne connaît encore rien qui l’isole ; il échappe à toute analyse : c’est en vain que vous prétendez le fixer, vous n’v réussirez jamais. M. Virey, dont ceux même qui font maintenant ces expériences se moquaient naguère, parce qu’il les engageait à mettre leur fluide en bouteilles, doit bien rire en apprenant qu’on le met dans des noisettes !
Mais nous aurons beau dire, nous aurons beau crier que le Magnétisme doit être étudié sur la nature vivante, que c’est là seulement qu’on peut reconnaître ses lois et sa manière d’agir, nous ne convertirons personne, nous ne redresserons aucune tête ; chacun ici-bas a sa marotte, et les magnétiseurs surtout, ont la leur. Jamais ils ne vous pardonnent d’avoir choqué leur manière de voir; ils chérissent leurs erreurs, et, loin de vouloir être désabusés, ils regardent comme leur plus grand ennemi celui qui vient leur dessiller les yeux. J’en connais qui croient auxrevenans, aux loups-garoux et qui évoquent les morts. Il s’en trouve d’autres qui se disent des puissances formidables : rien ne leur résiste; ils endorment tout le monde, et s’ils ne transportent pas des montagnes, ce n’est certainement pas faute de foi ; mais les incrédules sont en si grand nombre, qu’il s’en trouve toujours partout, ce qui fait que les expériences manquent; et alors ces incrédules sont pour ces magnétiseurs des réprouvés. J’ai le malheur d’être moi-même de cette classe; je ne vois partout dans les phénomènes magnétiques que le produit de la matière mise en action : mon magné-
tisme est du magnétisme animal purement et simplement, tandis que le leur est du magnétisme spirituel tout pur; ce qui me console, c’est qu’ils ne font pas plus de cures que moi; peut-être beaucoup moins , et que les effets qu’ils produisent sont de la même nature que les miens : je ne veux pas cependant leur oter le plaisir qu’ils ont a dire qu’il en est autrement.
\ous voyez, Monsieur, qu’eu réfléchissant sur cette divergence d’opinions, il faudrait être bien peu raisonnable pour ne pas pardonner aux individus qui nous considèrent le peu d’empressement qu’ils mettent à examiner cette science.
Je crois que vous rendrez un grand service au Magnétisme en réinsérant pas dans votre journal ces rêveries qui font reculer la science au lieu de la faire avancer.
Je suis, etc.
Paris, le 8 juin 1828.
Suite de la Correspondance .
Il y a un mois environ que je fus prié de consulter ma somnambule pour une jeune personne de Chàlons, affectée d’une maladie nerveuse, traitée infructueusement par les médecins de cette ville. La somnambule à qui je fis voir cette malade , reconnut tout de suite la maladie, et dit la cause qui l’avait fait naître. Elle ajouta qu’il n était pas au pouvoir de la médecine de la guérir; mais que le
Magnétisme appliqué d’une manière régulière et suivie lui rendrait la santé. Elle m’engagea à la magnétiser moi-même, afin de donner une impulsion favorable , et pour enseigner à la sœur de la malade les procédés qu’elle devait employer. Bientôt elle s’endormit sous mes passes, mais d’un sommeil léger, qui suffisait cependant pour la calmer; et pour lui donner beaucoup d’espoir sur sa guérison. Je donnai les instructions convenables pour traiter ce genre de maladie, assurant que, si elles étaient bien suivies , cette affection diminuerait graduellement, et que d’heureux effets ne tarderaient pas à se manifester.
Je ne voulus pas produire entièrement le somnambulisme , chose qui m’eût été très facile , parce que je craignis qu’il ne lui dévînt plus nuisible que salutaire ; car il m’est arrivé plusieurs fois de développer cette faculté chez des personnes qui partaient sous une instruction suffisante pour pouvoir conduire à bien cette crise, et alors il en est toujours résulté de fâcheux effets. Ceux qui dirigent les malades tombés dans cet état, s’abandonnant bientôt dans le vaste champ des expériences , oublient le but qu’ils s’étaient proposé, et perdent le temps où il était nécessaire d’agir. La somnambule, détournée du sentier que la nature lui avait assigne, perd sa lucidité, se trouve par la hors d’état de s’ordonner les remèdes nécessaires à sa guérison ; et ce qui est plus malheureux encore, c’est qu’alors sa maladie est beaucoup plus difficile à guérir par les
moyens de la médecine ordinaire. Outre ces considérations, qui sans doute étaient plus que suffisantes pour me déterminer, fai dû penser aussi que le genre de maladie qu’il s’agissait de traiter présente ordinairement des phénomènes effrayans (c’est une catalepsie ) , dont on ne peut se rendre maître que lorsqu’on possède de grandes connaissances acquises par la pratique. Malgré toutes ces précautions, j’espère guérir cette affection par les seuls moyens que j’ai indiqués.
Yoici la première lettre de la personne chargée de ce traitement.
Châlons, le 2 juin 1828.
Monsieur,
L’époque désignée par la somnambule étant arrivée, et désirant suivre ses avis en tout point, je viens vous prier de l’interroger de nouveau , afin de savoir si je la magnétise bien , et si je dois continuer.
Le lendemain de notre arrivée je la magnétisai à neuf heures et à cinq, et régulièrement tous les jours à la meme heure. Au bout de quinze jouis , elle s’est endormie plusieurs fois i 5 ou 20 minutes. La dernière fois elle a éprouvé des mouvemens nerveux à la tête, qui m’ont effrayée., et dont elle n’a nulle connaissance. Elle îi^e dit tous les jours que sa tête est encore plus faible qu avant notie vovage ; elle a toujours de fortes ci'ises, et ne man—
que jamais d’en avoir une toutes les nuits au moment du sommeil, et souvent même à son réveil. Ne serait-
11 pas possible de les faire disparaître?
A mon avis, elle est mieux, un peu moins triste, elle sort et parle davantage. Les bourrelets qu’elle avait sous les paupières ont disparu au bout de
12 jours. Elle a moins froid ; souvent elle est en moiteur, et les pieds ne sont pas froids comme d’habitude.
Dans votre réponse vous aurez la bonté de me dire s’il est utile de poser les sangsues, et si la guérison est éloignée, etc., etc.
Je suis, etc.
Nouvelle Consultation.
Le 6 juin.
La somnambule dit que la malade est mieux , et qu’il faut continuer de la magnétiser surtout au moment des attaques ; qu’elle guérira, mais moins promptement que si je l’eusse magnétisée moimême ; que, dans ce cas, il n’eût fallu que deux mois, et qu’avec les soins d’un autre, elle ne peut préciser l’époque de son rétablissement.
Dupotet.
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