Bien
Pendant toute cette séance, la malade a été très calme.
Le magnétiseur : Eveillez-vous ! éveillez-vous !
11 est 9 heures. ( Séance 1 h. 5 m.)
Cinquième séance, 21 janvier.
( Il est 7heures 20minutes.)
Le pouls est fréquent et intermittent. La malade est endormie tout de suite.
Des mouvemens convulsifs se manifestent à la mâchoire, et cessent à l’instant où le magnétiseur le veut.
D. Comment vous trouvez-vous?
R. Pas assez endormie.
D. Est-ce que je vous endors ?
R. Oui; mais moins.
D. Comment vous trouvez-vous?
R. (En soupirant.) Bien. Il y « quelque chose qui m’éclaire et qui me gène.
Le magnétiseur s’éloigne pour éteindre le feu.
La malade. Eh bien! vous n’êtes donc plus là?
D. Me sentez-vous bien actuellement?
R. (En soupirant.) Oui.
Le magnétiseur. Travaillez au moins aujourd’hui à chercher la cause de votre maladie.
La malade. Oui.
D. Eh bien! vous occupez-vous de votre maladie?
R. Oui. C’est toujours la même chose ; c’est toujours dans l’estomac.
Le magnétiseur. Tâchez de bien découvrir... Que découvrez-vous?
R. Vous savez bien, ma petite chose, ma petite toile ! elle se lève un peu.
D. Qu’est-ce que cela va amener?
R. Rien ne se passe là; mais il y a quelque chose plus haut.
D. Tâchez de nous montrer la place.
R■ Mes mains sont trop lourdes.
On les magnétise ; elle les porte alors sur le sternum et le médiastin, et dit : 11 y a là un peu d’inflammation, une place rouge; c’est pour cela qu’il me faut beaucoup de lait. Je vois que c’est cette
inflammation qui m’a irrité l’estomac. Toutes les potions que l’on m’a données ne m’ont fait que du mal. Je me rappelle qu’au commencement de ma maladie j’avais bien mal à l’estomac. Le café, les bonbons, le thé, tout cela est très mauvais pour moi.
D. Cependant vous mangez du sucre?
R. (En riant.)C’est vrai. Ah ! j’aime bien les bonbons ! J’ai été bien tourmentée ce soir; mais bien tourmentée par mon frère... Il ne me faut presque rien pour tourmenter tous mes nerfs...
D . Vous ne pouvez donc pas ôter les mains de sur votre poitrine ?
R. Non; magnétisez-les, et je les ôterai.
On les magnétise, et elle les place ailleurs.
La malade. Il me faudrait des groseilles.
D . Si l’on vous donnait du sirop de groseilles?
R. Non ; cela ne me vaudrait rien.
JJ. De la limonade?
R. Non ; cela est trop acide.
JD. Eh bien ! guérirez-vous?
R. Oh ! oui, dans quelques jours....
Le magnétiseur. Il ne faut pas que votre mal re^ vienne. Dites-nous donc bien tout ce qu’il faut faire pour vous guérir.
R. Ah! d’abord du lait. Nous avons dit hier du lait d’amandes; mais il ne faudrait pas y mettre du sucre. Ah ! le sucre m’est très mauvais.
Il me faut beaucoup de lait... des bains. Les sangsues m’ont été très bonnes ! il m’en faudra au printemps : cela me fera du bien.
I). v Est*ce que vous aimez les sangsues?
JR. Oui, je les aime assez. Pas à présent. On m’en a assez mis ! Mais au printemps il mVn faudra poser. Il me faut du lait; beaucoup de lait; pas de viande; pas de côtelettes. Ali ! cependant, je les aime bien, les côtelettes ! 11 me faut un régime très doux. Le Magnétisme me guérira. Ali ! j’v vois bien! Le Magnétisme est très bon; je le vois maintenant; j’en parlerai a tout le monde.
D. Pouvez-vous définir le Magnétisme?
R. Dame! cela me fait du bien. Sous vos mains, je sens de la chaleur; cela détend mes nerfs.
D Serez-vous bien demain?
R . Demain ma petite place rouge me fera mal un peu après avoir dîné.
T ). Si vous ne prenez que du lait.
R . C’est égal; cela me fera mal. 11 faudrait que je mangeasse bien peu.
D . Voyez-vous si votre sommeil se développera?
R. Eh bien ! est-ce que vous m’endormirez davantage ?
D. Comment vous trouvez-vous?
R. Oh ! bien enfermée !
D . Voyez-vous quelque chose de plus?
R. Non. Tout ce que j’ai vu, est toute ma maladie.
D . Et dans le ventre, voyez-vous quelque chose?
R. Oh! on se trompait quand on croyait que j’y avais quelque chose de mauvais.
D. Qu’avez-vous donc à l’estomac?
R. Des petites places rouges, pas trop foncées *
( io 9 )
c’est plutôt rose que rouge. C’était plus malade que maintenant. J’ai bu de l’eau d’orge : elle n’était pas mauvaise ; mais cela ne vaut pas le lait d’arhandes.
D. Sans sucre?
R. Oh ! oui, sans sucre... C’est dommage !
D. Vous faut-il de la glace?
R. Non; cela ne nie vaut rien : cela donne de la force, et je n’en ai pas besoin aujourd’hui. Depuis 2 heures j’ai été très bien; il y a au moins six mois que je n’ai été aussi bien.
D. Vous croyez donc que dans quelques jours vous serez bien ?
R. Oui; cependant à la fin du mois je serai encore malade, mais ce ne sera que des crises roi des ; ce ne sera pas des attaques de nerfs: le mal ne se fera pas ressentir dans la tête.
D . Croyez-vous que vous pourriez trouver la maladie d’une autre personne?
R. Ah ! je ne vois pas cela; peut-être que si c’était une maladie semblable à la mienne... mais je ne crois pas.
Le magnétiseur. Vous aurez mal au cou d’avoir la tête penchée.
La malade. Llle est donc penchée?
Le magnétiseur. Voyez-vous bien ce que je vous fais sur vos petites places rouges? Sentez-vous que je magnétise votre estomac?
R Oui, je le sens; cela me fait du bien. Celte place est moins chaude et moins sèche. Voilà ma
petite toile qui ne remue plus du tout. Elle est bien, très bien comme il faut qu’elle soit.
D. Vous n’avez donc plus besoin de sangsues?
R. Mais vous ne me magnétiserez pas toujours.
D . Mais, sans vous magnétiser, je crois que vous n’aurez plus besoin de sangsues?
R . C’est vrai; avec du lait, je n’aurai plus besoin de sangsues.
Des mouvemens convulsifs ont lipu, et cessent à l’instant.
D . Qu’avez vous eu là?
R. Ce sont les nerfs de la poitrine qui se sont roidis: mais vous les avez remis. Cependant ils ne sont pas encore bien. (On magnétise.)
D. Demain serez-vous bien?
R. J’aurai encore quelques petits sommeils; mais cela ne sera rien.
Chaque fois que le Magnétiseur s’éloigne, la malade l’appelle. Sa mère l’interroge; elle ne répond pas. Le magnétiseur pose une main sur les yeux de la malade, et de l’autre prend la main de la mère, et sert ainsi de conducteur. La mère parle à sa fille. —Qui est-ce qui me parle, dit la malade? j’entends une voix ! Lamère t continue de l’interroger. La fille la reconnaît. On la met en rapport avec moi {lepère). Eh quoi! dit la malade en riant, mais toute ma famille est donc là?
On procède à son réveil, comme les autres fois.
8 heures et demie. (Séance i h. 10 m.)
22 janvier au matin.
La malade a bien dormi. A 5 heures, elle s’est plaint du mal d’estomac, a eu une légère somnolence ; cela excepté, elle a passé une bonne journée.
Sixième Séance.
( Il est 7 heures 87 minutes du soir. )
La malade déclare qu’elle estbien éveillée ; qu’elle n a pas envie de dormir; mais, comme aux séances précédentes, elle s’est endormie presqu’à l’instant.
Des mouvemens convulsifs ont lieu dans la mâchoire et dans les muscles de la face ; ils cessent tout a coup loisque le magnétiseur y dirige ses doigts.
D. Comment vous trouvez-vous?
R. Mais bien.
D. Dormez-vous bien ?
R. Pas encore.
D. Combien de temps voulez-vous dormir ?
R. Ce que vous voudrez.
D. Combien pour vous faire du bien ?
R. Trois quarts d’heure.
D. Et vos petites plaques rouges ?
R- Ah î ces petites plaques rouges? 11 v en a encore.
D. Où sont-elles?
R. Attendez; il y en a dans mon gosier.
Le magnétiseur. Cherchez bien dans votre gosier.
La malade. Il y en a dans mon gosier; mais elle ne
sont pas plus rouges que les autres, il y en a plusieurs... J’ai les amigdales gonflées. C’est encore de l’irritation.
Le magnétiseur. Vous n’avez pas vu cela hier?
R. Non, je ne l’avais pas vu : le sang s’y portait quand j’étais malade; il s’y porte moins depuis que vous me magnétisez.
D . Ne voyez-vous pas autre chose?
R . Non; mais ma petite peau n’est pas aussi bien qu’hier.
On magnétise l’endroit indiqué.
D. Comment vous trouvez-vous?
R. A présent, je ne peux plus remuer. J’aime mieux.-. Ah ! pour mon gosier, il faut que je me gargarise avec de l’eau miélée.
D. Cela s’en ira-t-il?
R. Oui, avant mon estomac... Ah ! il n’y a rien dans ma tête : elle est très bien. J’avais si peur !
D • Vous examinez-vous bien partout?
R . Oui.
D. Comment se fait-il que vous voyez dans votre corps?
R. Ah! je n’en sais rien; ce n’est pas toujours par les yeux. Je ne sais même pas comment j’y vois ; mais ce qui est bien sur, c’est que j’y vois très bien. C’est bien drôle de voir dans son estomac , sans voir par les yeux! Oh! que l’on est bien dans cet état! Mettez Vos mains plus haut, sur mes petites taches, où je vous ai montré hier ; cela me ferait du bien.
D. Est-ce là.
( iâ3 )
R. Oui; cela me fait du bien. Ah ! beaucoup de bien !
B. Voyez-voussices taches ont changé decouleur?
R * Ah ! oui. Elles devaient être bien plus rouges il y a un mois, quand je ne dormais pas. J’irai bien demain ; j’irai encore mieux l’autre demain, et après tout-à-fait bien.
D . Faudra-t-il continuer tout votre régime?
R . Oh ! oui ! bien long-temps. .. toujours le même; car je suis très facile à irriter.
D . Vous n’entendez personne ici ?
R. Ah! vous me dites toujours ça; mais il n’y a personne ici..*! Comment ! vraiment, il y à du monde! Mais, qui donc? Le magnétiseur s’éloigne.
La malade. Est-ce que vous n’êtes plus ici?
Le magnétiseur. Ecoutez votre oncle qui vous parle.
R. Personne ne m’a parlé !
(On soulève une paupière de la malade et l’on ne parvient pas à voir la prunelle.)
La malade. Mes petites taches resteront jusqu’au printemps. Il faut mettre beaucoup de lait sur ces petites taches.
Le magnétiseur. Et du lait d’amandes sans sucre?
R. Ah! bien oui, du sucre !... ne m’en parlez donc plus : cela me fait mal au cœur. Il me restait des bonbons, je les ai goûtés ce matin pour la dernière fois.
Le magnétiseur prend la main de l’oncle de la malade et le met en rapport avec elle
Tl
ZX Est-ce que vous n’entendez pas qu’on vous parle ? IN’entendez-vous pasM. F.? Entendez-vous ?
R. J’entends du bruit.
Le magnétiseur. Mais vous ne lui x répondez pas.
La malade. C’est vous qu’il faut.... que vous me disiez de répondre.
Le magnétiseur. Et répondez. La somnambule s’écrie : Tiens ! tu es là, toi ! Je ne t’entends pas trop bien. Elle montre de l’impatience; on craint que cela lui fasse du mal.
D. Est ce que cela vous fatigue?
R. (Avec humeur.) Eh bien ! oui; parce que je n’entends pas tout-à-fait, et cela m’ennuie.
D. Vous n’entendiez donc pas qu’on vous parlait?
R. Est-ce qu’on m’a parlé? Je ne sais pas seulement qu’on me parlait. Eli bien ! voilà que vous vous dérangez.
Le magnétiseur. Vous vous apercevez donc que je vous quitte?
La malade. Eli bien, oui ! Où êtes-vous donc? je ne vous vois pas. Voyons, venez donc... venez vous asseoir où vous étiez... Pourquoi vous promener ainsi? Cela m’ennuie.
Le magnétiseur revenant. Tenez, me voilà près de vous. ]N’entendez-vouspas qu’on parle ici?
R. Je n’entends que vous. Oh! vous parlez bien vous !
\ Le magnétiseur rit beaucoup.
La somnambule. Vous êtes content de ce que je vous ai dit cela. Vous riez.
D. Voulez-vous que je vous fasse parler à qüelqu’un ?
La somnambule prend de l’humeur, et prétend qu’on lui parle de gens qui ne sont pas là* qu’il n’y a personne, etc., etc.; que sa tante, dont on lui parle, n’est pas là. On renonce donc de la mettre en rapport avec sa tante et avec les autres personnes de la société, à cause de la grande difficulté qu’on éprouve à faire ce genre d’épreuves.
Le magnétiseur. Dites-nous comment vous vous trouvez; dans quelle position vous croyez être?
R . Je suis enfermée dans une petite chose.
D. Qu’est-ce que c’est que cette petite chose?
R. Je ne sais pas ; mais je sais que je suis joliment enfermée !
D. Si je vous laissais là?
R . Ce serait beau de votre part!
D. Croyez-vous que cela vous ferait mal?
R . Oui ; très mal.
Le magnétiseur. Mais vous finiriez par vous réveiller toute seule.
La somnambule. Sans doute; mais je serais très mal à mon aise, et j’aime beaucoup mieux qu’oti m’éveille.
Le magnétiseur s’éloigne.
La somnambule. Vous riez ! Tenez ici; venez tout de suite.
Le magnétiseur. Vous me voyez donc?
R. Je ne vous vois pas; je ne sais pas:., mais je vous sens.
D. Dites-nous l’heure qu’il est?
R Est-ce qu’il est 8 heures ?
Le magnétiseur. Voyons, regardez bien la pendule.
On examine avec attention les yeux de la somnambule. Ses longs sourcils sont croisés. Elle dit : Il est 8 heures et 5 minutes avec. (A la pendule, il est 8 heures 4 minutes).
D . Est-ce que vous voyez la petite aiguille sur 8 heures et la grande sur les minutes?
l\. Je ne sais pas comment vous appelez cela : je ne vois pas, mais je sens.
Le magnétiseur explique la position où se trouve le globe de l’oeil de la somnambule , et fait voir que la prunelle est tournée dans le grand angle de l’oeil. Il offre de lui ouvrir les yeux pour nous en assurer par nous-mêmes.
Comme les assistans ne désirent pas de faire cette expérience, on laisse la malade.
D. Regardez dans votre gosier. Voyez-vous bien ce qu’il faut y faire ?
R. Gargariser avec de l’eau miellée , cela suffira. Ce n’est ri en, cela s’en ira. Pour mon estomac, il n’y a que mon régime, et les bains 2 ou 5 par semaine.
Le Mag . Combien de temps y resterez-vous?
F. Une heure.
/Jé Doivent-ils être froids, ou très chauds?
R. Pas trop chauds.
D. Votre estomac, vous le voyez bien?
R. Oui.
■nü
D- Est-il vide maintenant?
R. Oui, la digestion est faite.
D. Quelle forme a-t-il votre estomac?
/?. Ecoutez : je vois par tout mon corps, je vois mon mal, et ne vois tout le reste qu’en masse.
D. Voyez-vous si cette rougeur dont vous avez parlé pénètre profondém eut
R. Oui; mais depuis deux mois , cela va mieux. Les sangsues m’ont fait du bien ; le sirop diacode m’était très mauvais.
£?. Quelle était la cause du mouvement de vos nerfs?
R. C’était cette petite toile qui se roidissait; ce malaise-là engourdissait mes autres nerfs; après cela, ça m’endormait... Le sang se portait à mes yeux ; mes yeux remuaient beaucoup; c’était très chaud.
D. Et maintenant?
R. Maintenant mon sang circule bien. 11 est clair et rose.
D. Qu’est-ce qui l’empêchait de circuler? pourquoi était-il noir?
R. J’en avais trop... et puis de manger de la viande.... Et puis il faut que je vous avoue que j’aimais beaucoup le vin sucré (Elle rit beaucoup). Cela était très mauvais pour moi. 11 y a long-temps que je n’en prends plus.
Le Ma g. Et votre ventre?
R. Preuve qu’il n’y a plus de mal, c’est que je ne le vois plus.
Nous restons tous étonnés de cette réponse* H sem-
blerait ci après cela que cet état de somnambulisme, du moins de celle-ci, n’est que la faculté de découvrir le siège du mal, et de voir les remèdes qui peuvent nous en délivrer.
D. Et votre estomac, vous l’avez bien vu?
% H. Ali ! j’avais vu mon mal tout de suite, sans que vous me le disiez.—Mais parlez moi donc, vous avez toujours des gens à qui vous parlez.
D. Est-ce qu’il y a quelque chose dans votre tête?
H. Cela me faisait déraisonner parfois ; mais maintenant elle va très bien ma tête (le magnétiseur rit ).
La Soin. Cela vous fait rire! Vous êtes content, n’est-ce pas, de ce que je vais bien? Quand vous aurez mal à latete, faites-vous magnétiser.
Le Mag. Certainement je me ferai magnétiser ; mais tout le monde n’y croit pas au Magnétisme. Il faudra donner des convulsions aux incrédules,n’estce pas?
La Som. Maintenant cela m’impatiente! je les laisserai tranquilles dans leur bêtise.
D. Yous vous trouvez donc bien quand vous dormez?
R. Est-ce que je dors?
D. Comment vous trouvez-vous ?
R • Toujours bien enfermée, très bien.
D. Pourriez vous nous donner une définition exacte de votre état?
R. C est bien embarrassant de dire cela! Je ne sens rien, je ne sais pas comment je suis.
T). Le Ma g. Voyez, : regardez la peudule, et dites-nous l’heure qu’il est ( U est huit heures 20 minutes).
La Soin. Il est huit heures un quart (ou ne lui répond pas). Est-ce que je ne dis pas bien ?
Le Mag. Il est quelque chose de plus.
La Soin. H y a peut-être 4 ou 5 minutes avec.
D, Est-ce que vous voyez la pendule?
La Som. Mon Dieu! non, je ne la vois pas.
D. Comment faites-vous donc pour savoir l’heure qu’il est?
R. Je ne pourrais pas vous l’expliquer. Et vous, ne pourriez-vous pas me le dire?
Le Mag. Non, sans doute.
La Som. Hé bien! nous sommes aussi savans l’un que l’autre.
Le magnétiseur lui ouvre les y eux, pour faire voir la position duglobe de l’oeil. La somnambule éprouve un mouvement spasmodique et une crispation dans la face. Le magnétiseur lui pose les mains sur la tête, et tout se passe.
D . Qu’est-ce que je vous fais?
R. Tou^ avez apaisé mes douleurs de mâchoire, vous avez bien fait.
D. Quand je vous magnétise, qu’est-ce que cela vous fait?
R. Cela me fait du bien, c’est excellent.
D. Serez-vous long-temps malade?
R. Dans trois jours je serai tout-à-fait bien. Je vais être bien heureuse!
Le Mag. Cependant vous avez été malade aujourd’hui.
R. C’est parce que je me suis mise à genoux.
Le Mag. II faudra prier le bon Dieu debout.
La Somn. (riaqt). Eh! je ne le priais pas dans ce moment-la ; c’était pour voir à la fenêtre.
D. Serez-vous toujours malade au commencement des mois?
R. Oui, mais vous viendrez pour me faire passer le mal.
Le Mag. Oh! nous nous arrangerons pour que vous ne soyez plus jamais malade.
La Som. Oh jamais! vous seriez bien habile, si c’était pour toujours
Le Mag. Je ne parle que de vos nerfs, nous les guérirons pour toujours.
La Som. Ah ! mes nerfs sont bien délicats.
On la pie vi eut qu on va la revedler, et l’on y procède comme dans les séances précédentes.
Désirant que le traitement de cette inalade fût comme une Instruction prciticju& pour les personnes qui, peu au fait du Magnétisme, veulent néanmoins essayer ce genre de guérison, nous avons donné presque en entier toutes les questions et les réponses faites dans lès 6 premières séances. On nous a trouvés peut-être trop exacts; nous confessons, il est vrai, qu il nous était possible d’abréger ce que nous
ayons rapporté ; mais en agissant ainsi, nous n’aurions pas rempli le but que nous nous sommes proposé, celui de prévenir le trop grand nombre d’inconvéniens qui résultent d’une foule de questions inutiles, déplacées ou nuisibles, que font les personnes qui s’occupent de Magnétisme.
Les précautions que nous avons prises pour mettre une personne en rapport avec la somnambule , les demandes réitérées que nous lui avons faites, pour savoir si celte communication ne lui nuisait pas; la circonspection que nous avons apportée à ne faire aucune expérience inutile : le soin que nous avons pris d’éloigner d’elle son frère , dont la présence la chagrinait; tout cela, nous en sommes convaincus , instruit et persuade mieux que les plus beaux raisonnemens du monde. « Comment se sont <c ouverts vos yeux, disaient les Juifs incrédules à cc l’aveugle-né?— Cet homme, répondit-il, que l’on cc appelle Jésus, a fait de la boue avec de la salive, <c il m’en a mis sur les yeux, et m’a dit : va te laver a au réservoir de Siloé : j’y suis ailé, je me suis lavé, « et je vois. » Voilà le seul langage qui convienne à ceux qui rapportent des faits ou des cures extraordinaires.
Cependant comme ces détails pourraient fatiguer le lecteur, et que d’ailleurs nous pensons en avoir dit assez pour l’instruction de ceux qui traitent des somnambules, dans les séances suivantes nous nous contenterons de rapporter les demandes et les réponses qui auront trait à la maladie de mademoi-
selle P. , ou qui présenteront quelque chose de nouveau et de curieux.
2 3 au matin .
La somnambule s’est très bien trouvée toute la matinée, jusqu a 1 heure où elle est arrivée a la séance chez M. Dupotet, accompagnée de son oncle et de plusieurs autres personnes.