TROISIÈME STROPHE
S’adressant maintenant à la nation entière qui, dans toutes ses parties, souffre de cette dévastation générale, le prophète l'invite à un deuil solennel motivé et par ses propres maux et par les conséquences résultant de cette affreuse disette pour le culte du temple qui se trouve forcément interrompu, v. 8-10. — V. 8. V2N impér. fém. Qal de D?N jurer, faire serment, exécrer, faire des imprécations. [ei seulement dans le sens du syriaque ela, jeter des cris, se lamenter. Le féminin, la nation se présentant sous l’image d’une vierge, c’est la 2) 2 ou la PNY n?in2 dont parlent si souvent les prophètes; son deuil doit être comparable à celui que mêne une nn sur la mort de son époux; AAN2 est le mot propre pour désigner une vierge. Rac. inus. na, arabe batala, séparer, rapproché de l’héb. 772; c’est donc une fille séparée de toute relation avec l’homme. Gen. XXIV, 16, virgo illibata, image de la chasteté et de la parfaite pureté. Il peut sembler, au premier abord, que la mention faite dans ce verset du mari de cette vierge nous oblige à donner ici, par exception, à nana un sens . plus large que celui qu'il a incontestablement partout ailleurs. Plusieurs exégêtes sont, en effet, de cet avis, mais nous croyons que c’est à tort. Quelques exemples tirés des auteurs grecs et latins où le mot vierge est appliqué à de jeunes femmes nouvellement mariées (Virgile, Égl. 6. AT; Georg. IV. 458. Voir Credner, 0. c. p. 115) ne suffisent pas pour expliquer cette
unique exception, surtout de la part de l’un des poètes les plus corrects et, comme nous dirions aujourd’hui, les plus classiques de la littérature hébraïque. Cette exception n'existe pas, et nina a ici le sens qu'il à toujours, celui de virgo illibata, de vierge dans le sens absolu de ce mot. Et pourtant cette vierge avait un mari; 5ya mot souvent employé pour désigner l’époux d’une femme, Deut. XXIV, 4; Prov. XII, 4. etc. Le verbe, 7ÿ2 signifie prendre femme, Deut. XXI, 13; XXIV, 1, et la 102 est une femme mariée, Es. LXIT, 4; Gen. XX, 3. Mais chez les Hébreux, comme, en général, chez les autres peuples orientaux, ce qui constituait le mariage, c’étaient bien plus les fiançailles que le fait de la cohabitation. Un homme fiancé demande qu’on lui donne celle qu'il nomme déjà sa femme 7ËN Gen. XXIX, 2, et qui, légalement, est si bien considérée comme telle que, dans le cas de faute commise du consentement de celle-ci du temps de ses fiançailles, elle est traitée absolument comme une femme mariée qui aurait commis la même faute, Deut. XXII, 22-24. Il s’agit donc, dans ce passage, d’une vierge fiancée dès sa jeunesse à un homme que la mort lui a ravi avant la consommation du mariage, cause d’un deuil tout particulièrement sensible et éclatant, qui correspond bien à ce que demande ici le prophète. AVMAT part. pass. fém. état constr. de WT ceindre. PŸ étoffe grossière faite de poil de chameau ou de chèvre, dont on faisait en particulier le vêtement de deuil; c'était une simple robe de couleur sombre, sans manches, en forme de sac, que, dans cette circonstance, on portait comme unique vêtement sur la peau, 2 Rois VI, 30; Job XVI, 15 etc. Dans d’autres cas,
le sac se portait sur le vêtement de dessous, la PJ zuru, la tunique, Jonas III, 6. Le sac était fixé au corps par une ceinture, ce que désigne le verbe WT ceindre. La racine de ce mot est incertaine. Gesenius indique le verbe inusité PPÙ = PPT Zier solidement, serrer, presser, puis fütrer, clarifier, ce qu’on faisait en pressant l’objet dans une étoffe grossière. L’étymologie donnée par Meier nous paraît préférable, PÙ se rapprocherait de 40, compacte, serré, épais. Rac. 720 fresser, faire un tissu, tisser. PU serait alors, comme nous l’avons dit, un fissu grossier. Ceinte d’un sac, comme en latin, l’adjectif participial ou nominal régit le génitif ou l'ablatif, on dit: D°2? N°9 Jér. VI, 11, plenus dierum, et M2" N?, Er. XX VIIL 12, plenus sapientia, Deut, XXXIV, 9. — De maître, seigneur, rac. ?)2 dominer, posséder, se marier, uxorem duæit. Gesenius compare ce nom au sanscrit päla, auquel il donne le sens de seigneur, dominus ; d’après Meier, 1l signifie garde, veilleur, c’est pourquoi il préfère une autre rac. sanscrite, bala — valor, validus. — 2y3 jeunesse, idée abstraite que l’hébreu aime à exprimer par un nom pluriel. Comp. DY3PT de 77; M2122 de 172. Ce °ya était donc l’époux auquel elle était promise dès sa Jeunesse.
9, — MA 3° parf. Hophal de N°3 couper, retrancher. MSA don, tribu, offrande. La racine F34 n’existe pas en hébreu, mais en arabe elle signifie donner, faire présent, sens dont se rapproche l’hébreu "32, partager, distribuer, faire part. D’après l'ordonnance mosaïque, la "Ja se composait ordinairement des produits du règne
végétal, fleur de farine, pain, gâteaux, toujours assaisonnés de sel, signe de l'alliance de Dieu, huile, encens; c’est le sacrifice non sanglant, ce dernier étant désigné par le nom de F2T Ps. XL, 7. Une autre offrande qui accompagnait souvent la 7122 était la libation, 4103 Rac. 4102 verser, répandre, qui se trouve ici avec la conjonction | au lieu de 1 parce qu’elle précède immédiatement la syllabe tonique. Si, en dehors du culte régulier, nous voyons parfois la Zibation faite avec de l'huile, Genèse .XXX V, 14, ou avec de l’eau, 1 Sam. VII, 6; 2 Samuel XXIIT, 16, c’est avec du vin qu'elle devait se faire d’après les prescriptions de la loi, Nomb. XV, 1-12.
La farine, le vin et l'huile manquant par suite de l'invasion des sauterelles et de la grande sécheresse qui se fit sentir cette même année, il n’était plus possible d'accomplir dans le-temple le service complet qu’exigeait la loi. Le sacrifice sanglant offert deux fois par jour ne paraît pas avoir été suspendu, mais la M2 et le 701, qui devaient les accompagner, Ex. XXIX, 38-42, n’étant plus possibles, le culte n’était qu'imparfaitement célébré. C'était donc, pour les prêtres, un grand sujet de tristesse et, pour le peuple, le signe d’une calamité incomparable, puisqu’en le mettant dans l'impossibilité de remplir les prescriptions de la loi, l'Éternel semblait vouloir abandonner son temple et se séparer de son peuple. — 172N Les prêtres sont en deuil, Litt. sont languissants, abattus. IN donner des marques d’affliction, d'abattement, mener deuil (ce verbe est plutôt considéré comme intransitif, c’est-à-dire comme verbe med. e = ?2N, être en deuil). L’expression de la détresse des prètres ressemble à celle de la nation, v. 10. D°2n2n Les
prêtres. La racine exacte de ce nom est incertaine, arabe kahana, prédire, présager. Nous trouvons seulement la forme Piel d’un verbe 712 avec le sens d'exercer la prétrise, Deut. X, 6; Exode XXXI, 10. MU Part. Piel état constr. plur. de NŸ qui n’existe qu’au Piel, NW servir, prêter son ministère. Quand 1l s’agit comme 1c1 de prêtres, NV est synonyme de 712. — Il est à remarquer que toutes Les fois que Joël fait mention des prêtres, ici, V. 13 et II, 17, il fait précéder le nom de l’article; chez un écrivain aussi correct, il faut y voir une intention qui ne peut être que celle d’honorer ces serviteurs de l'Éternel.
10. — Ce distique est un remarquable spécimen du vers hébreu: tout y est disposé pour l'effet avec la plus grande simplicité. La phrase se cadence comme un vers français; pas un mot de trop. Cinq petits groupes composés chacun de deux mots placés dans le même ordre, un nom et un verbe toujours au même temps; chacun de ces groupes formant par lui-même un tableau complet et ceux-c1 dans leur ensemble présentant une seule et même idée avec une variété d'expressions des plus poétiques dont, à la lecture, l'effet est augmenté par une douce assonance. Entrant dans le détail de la cause de l’état de choses qu’il vient de rappeler, Joël dépeint sommairement ia situation où se trouve présentement la contrée.
770 Parfait Pual de 77% agir violemment, dévaster. — "1, la racine N7Ÿ ne se trouve pas en hébreu, mais en arabe elle signifie étendre ; NTŸ rappelle done une étendue de terrain, une terre vaste et libre, d’une manière générale /a campagne, qui peut être en partie cultivée, propre
à la culture, ou susceptible de végétation naturelle, mais qui diffère de ce que désigne 1c1 le mot qui fait parallèle, AIN, lequel est proprement {a terre labourable, qu’on cultive et qui produit. La racime ÊTN veut dire étre rouge, rubuit. Le nom "ATX rappelle donc une matière rouge, une terre de nuance rougeätre telle qu'est généralement celle de Palestine. — n?2N :; le sol, comparé à un être sensible, est en deuil, l'aspect de la végétation révéle son état de souffrance. Imité par Ésaie XXIV, 7, la terre en deuil XXXIIL, 9. 2 doit se rendre ici par ‘car, il à pour but d'indiquer la raison du deuil du sol: c’est parce que les trois principales productions alimentaires du pays (Deut. VII, 18) manquent par suite de l'invasion des sauterelles et de la grande sécheresse. 137 blé, /rumentum, toute espèce de grains propres à l'alimentation. La racine n’existe ni en hébreu, ni dans aucun autre dialecte sémitique. Elle est, d’ailleurs, très incertaine. On à supposé que le 3 n’appartenait pas à la racine et on à rapporté le mot à un verbe #47 qui sionifie couvrir, multiplier, mais la forme construite du nom, }17, permet de supposer que le 3 doit être radical. — 0925 Hiphil de Ÿ2° se sécher, devenir sec, avec l’idée d’un desséchement complet. 2 rappelle bien quelque chose de semblable, mais pas avec la même intensité. Il y à entre ces deux verbes la nuance qui existe entre tarir et se dessècher, voir Genèse VIII, 13, 14; Ésaïe XIX, 5. UIVA le vin nouveau, rac. UV occuper, posséder, s'emparer de, c’est le vin ayant subi un certain degré de fermentation qui lui confère «la force enivrante qui s'empare du cerveau», voy. Os. IV, 11. Le DIVA diffère du O0), v. 5, en ce que celui-ci est le moût
proprement dit, le jus fraîchement exprimé de la grappe, et n'ayant subi aucune fermentation. On trouve pourtant Es. LXV, 8, CP pour désigner le jus encore dans la grappe, mais c’est là une acception poétique unique qui est sans importance. DEN Pülal de PEN: réduplication de la troisième radicale; le part. passif Qal de cette racine se trouve Ez. XVI, 30; partout ailleurs sous la forme Palal, se flétrir, languir, sécher de langueur= 72. — VIS? huile, racine VS resplendir, briller, de là 47, l'huile fraîche, brillante comme de l’or, Zach. IV, 12, l'huile verte, comme elle est aussi appelée, Ps. XCIT, 11, parce qu’elle est extraite du fruit non entiërement mur, qu'on cueille soigneusement à la main ou à l’aide d’un roseau. (Sur l’olivier, voir Munck, Palestine, p. 24.) L'expression générique pour huile est TAŸ qui désigne un liquide gras, comme l’indique la racine T£Ÿ étre gras. — Ces trois expressions 737, BYVN et 1%) doivent se prendre dans un sens métonymique, le contenant pour le contenu; ce n’est pas le blé comme grain, mais la moisson qui est dévastée par les sauterelles et la sécheresse; de même, puisque le moût, l’O’0) même manque v. 5, il ne saurait y avoir de LŸV A, le vin nouvellement fermenté; de même encore l’V1$? c’est-à-dire l'olivier, est languissant.
Deux classes d’hommes doivent se montrer particulièrement sensibles à cette épreuve générale: les laboureurs et les vignerons, qui représentent le travail le plus important de l’agriculture du pays. 227 Hiphil, rac. #2 fre honteux, confus, comme l’est un homme désappointé par la ruine de ses espérances ou de ses projets, Jér. Il, 26. Il est probable que la forme défec-
tive est employée ici pour le distinguer de l’'Hiphil *2°21n de Ÿ2” v. 10. 12. Grammaticalement, ce peut être la 3° plur. Prét. de l’Hiphil. Jér. If, 26, ou la 2° plur. impér. Les LXX, la Vulgate et certains traducteurs modernes prennent le mot comme étant un parfait, mais 1l vaut mieux y voir un impératif, de même qu’au verset 5, autrement le prophète redirait ce qu’il a déjà rappelé dans les versets précédents, ce qui ne saurait convenir à un Style si soigné.
11. — OV Zaboureurs, rac. VX inusitée en hébreu, mais qui, en arabe, signifie jouir, creuser, surtout la terre. 10" voy. v. 5. D’292 vignerons, le sing. 22 ne se trouve pas en hébreu, non plus que la racine 729, mais le substantif 72 signifie un lieu planté d’arbres utiles et cultivés, tels que l'olivier, Juges XV, 5, et la vigne; la racine correspondante arabe désigne une nature noble, généreuse, fertile, qu'il s’agisse de l’homme ou des choses. — Au point de vue légal et des mœurs orientales, le deuil auquel sont exhortés de prendre part Les laboureurs et les vignerons, est surtout un deuil qui se traduit par des signes extérieurs et des démonstrations symboliques inséparables d’un deuil public et national, comme devait être celui qui était exigé dans la circonstance présente, voir v. 13 et 14.
La récolte des deux produits du sol les plus indispensables aux hommes et aux animaux est perdue pour cette année. EM froment, probablement pour "93". La racine DAFT qui signifie embauwmer un cadavre, Gen. L, 2, mürir, des fruits, Cant. Il, 13, est étrangère à ce nom qui semble plutôt devoir être rapproché de l'arabe
hanata, être rouge. nn est le froment proprement dit, soit en grains, soit encore en herbe, Ex. IX, 32. MYPD orge, de la rac. YŸ se hérisser, être hérissé, horruit, d’où hordeum, orge, la plante dont l’épi est hérissé. L’orge était très cultivée en Palestine et d’un grand usage pour la nourriture du bétail et aussi pour celle des classes pauvres, Ruth IIT, 17; 2 Rois IV, 32; Jean VI, 9. 13. Cette espèce de blé n’était employée pour les sacrifices que dans un seul cas, celui du gâteau de jalousie Nomb. V, 15. — TEN s’égarer, se perdre, périr, des hommes et des choses. V’£? moisson, rac. Xÿ trancher, couper, Spécialement le blé, de là, moissonner. Xp désigne là moisson des blés exclusivement. Il s’agit 1c1 du froment et de l’orge non encore moissonnés, ce qu’indique en particulier l’emploi de ces deux noms au singulier et le fait que les blés avaient été dévorés en herbe par les sauterelles ou avaient avorté par suite de la sécheresse. Une cruelle famine générale était donc imminente et à cela s’ajoutait la perspective d’une ruine matérielle non moins inévitable. Les deux céréales de Palestine, d’une qualité supérieure, étaient de la part des Phéniciens, surtout depuis le temps de Salomon, l’objet d’un commerce considérable, 1072 XXVII, 17; Actes XII, 20; aussi trouve-t-on sur certaines médailles de l’époque araméenne une gerbe de blé, symbole d’une des productions principales du pays. — #11 voy. v. 10.
12. — La vigne, le fiquier, voy. v. 7. MÜ2MN et AoPEN, voy. v. 10. 29 grenadier, en hébreu nom de l’arbre et du fruit tout ensemble, arbre autrefois très commun eñ Palestine, où on le trouvait à l’état sauvage
et cultivé dans les jardins, Cant. IV, 13; du jus de son fruit, on faisait une boisson, Cant. VIII, 2. 928 et 72n palmier. Rac. probable, mais inusitée T2N, dont le sens serait éfre élevé, comme l'indique le nom VEN sommet et celui de *VAN Amoréen, homme des hauteurs, montagnard. Judæa vero inclyta est vel magis palmis. Plineus, H. N. 13, 6. C’est surtout autour de Jéricho que croissaient les plus beaux palmiers, aussi l’appelait-on la ville des palmiers, Deut. XXXIV, 3. Les dattes, fruit de cet arbre, sont un précieux aliment pour les Orientaux et celles de la Palestine étaient tout particulièrement estimées. Strabon (L. XVI, c. 41) dit qu'elles étaient préférables à celles de Babylone et de la Thébaïde. Aussi trouvons-nous sur des médailles des princes asmonéens le palmier comme un emblème de la Judée, reproduit sur des monnaies romaines avec la légende : Judæa capta. Aujourd’hui, le palmier est rare en Judée, de même que le grenadier. Dans notre texte le nom V2A est précédé de DA aussi, même ; cette particularité ne se rapporte qu'au nom qu’elle précède immédiatement pour le signaler entre ceux qui sont énumérés. Tous les arbres sont atteints, même le palmier, si robuste, dont les branches et l'écorce offrent tant de résistance. (Voir Credner, op. cit. p. 139.) — MER pommier, nom de l’arbre et du fruit. Rac. "23 souffler, exhaler une odeur, Cant. VII, 8. Tous les arbres des champs, la totalité, sans distinction, omnia ligna, vel infructuosa, vel fructifera, comme dit Jérôme sur ce passage. — D ne peut se rendre ici par car, puisque, dans ce cas, cette conjonction servirait à marquer la cause de ce qui vient d’être énoncé, ce qui n’est pas
admissible. Placée comme elle l’est en tête d’une nouvelle proposition, cette particule a le sens d’une exclamation affirmative que nous ne pouvons mieux rendre que par oui! És. XV, 1, XXXII, 13, Joël II, 1: — ®727 Hiphil de #2, comme au verset 11. L'idée que veut exprimer le prophète est évidemment celle de cessation, de disparition de toute joie parmi le peuple. Ce sens ne peut être rendu par #2 qu’à l’aide d’une métaphore, qui, pour ce verbe, n’est point étrangère au style biblique. Ainsi Osée XII, 15: Sa source tarira, Ÿi2? littéralement pudefaciet fons ejus, sa source deviendra honteuse, confuse, métaphore dont le verbe suivant, faisant parallèle, donne le vrai sens: sa fontaine, V1 séchera. Par ce sens figuré, ia se rapproche donc de 2” surtout à l'Hiphil, où ®”25 et W°27 semblent se confondre pour la forme et pour le sens — TWŸ joie, rac. UD se réjouir, voir l’explication, v. 16. — Les enfants des hommes = la totalité des habitants du pays. — L'épreuve dont soufre le pays a eu deux causes ostensibles: l'invasion des sauterelles et la sécheresse. Ces causes ont-elles agi simultanément, ou l’une après l’autre? Le texte parait être bien plutôt en faveur de la première alternative que de la seconde et on ne prouverait pas le contraire en supposant que le prophète a parlé dans les versets 5-8 exclusivement du fléau des sauterelles, tandis que dans les versets 9-12, il ne serait question que de celui de Ia sécheresse, car cette seconde strophe n’est évidemment qu’une exposition plus détaillée des effets résultant d’un fléau qui, le plus souvent, agit sous cette double forme.