CHAPITRE III
Ce court chapitre, que nos versions ajoutent quelquefois au précédent (dont 1l forme ainsi les versets 28-32), transporte les auditeurs du prophète à une époque ou les bénédictions spirituelles les plus abondantes et les plus précieuses seront accordées à chaque enfant d'Israël sans distinction de classe, n1 d'âge : tous auront part à cette effusion de l'Esprit. — Nous croyons qu'il serait plus exact de le réunir au chapitre IV, avec lequel 1l est relié logiquement. — On à élevé des doutes sur la portée eschatologique de ce chapitre. On à cru que, reporter les promesses de ce chapitre aux derniers temps, ce serait faire du livre une série de fragments inachevés , isolés les uns des autres ; la scène changerait trop complètement, et il n’existerait plus d'ordre logique dans la pensée du livre, etc. Nous ne croyons pas que les objections que l’on à élevées à ce sujet soient fondées. En effet, l’ordre logique n’est absolument pas dérangé : dans le chapitre précédent le prophète à parlé de cette pluie matérielle si bienfaisante que Dieu enverrait à son peuple, en réponse aux sentiments d’humiliation et de repentance qu'il vient de faire paraître. Le pays aimé de l'Éternel va renaître, après avoir été dévasté par le fléau des sauterelles et par la sécheresse. Mais la bénédiction temporelle n’est qu’une faible partie des grâces que le Seigneur tient en réserve pour son peuple. À une époque que le prophète ne se représente pas exactement, sans doute,
Dieu enverra sur son peuple une autre pluie de nature toute spirituelle et qui mettra le comble à ses grâces, cette pluie de l'esprit qui sera donné, non pas à quelques élus, mais à tous les membres du peuple d'Israël. Ainsi, cette promesse qui est pour un avenir tout à fait indéterminé aux yeux du prophète, mais qui n’en est pas moins fortifiante et précieuse pour le peuple au moment où elle lui est faite, cette promesse a été préparée par les promesses précédentes ; elle en est le couronnement. Nous pensons donc que le sens eschatologique de ces chapitre IIT et IV ne saurait être mis en doute un seul instant; ces chapitres, dont les deux premiers n’ont été que l’occasion, le prélude, forment la parte essentielle de l’oracle de Joël et doivent conserver à nos yeux leur haute et profonde portée.