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d'une longue stagnation, de la privation d'air, etc. ; mais lorsque la citerne est construite d'après de bons procédés, on n'a pas à craindre ce défaut , et l'eau des citernes est alors une des plus salutaires qu'on puisse boire.
Dans nos climats, il tombe annuellement de 40 à 60 centimètres d'eau de pluie, ou en d'autres termes, sur un terrain horizontal d'une étendue quelconque, ne laissant pas écouler, filtrer ou évaporer les eaux pluviales, la réunion de toutes celles d'une année entière s'élèverait de 40 à 60 centimètres de hauteur. Nous prendrons ici le terme moyen de 5o centimètres ou 18 pouces : d'après cette donnée il est facile de calculer quel sera le volume d'eau qu'on pourra recueillir sur une toiture d'une étendue mesurée • on prendra la moitié de la surface horizontale qui couvre ce toit exprimée en mètres carrés, et l'on aura le nombre de mètres cubes d'eaux pluviales sur lesquelles on peut compter chaque année. Comme le mètre cube contient mille litres, on en conclura la quantité de litres d'eau disponibles.
Comme les toits sont souvent recouverts de tuiles qui absorbent en partie l'eau qu'elles reçoivent, pour la rendre peu après à l'évaporation, il faut alors diminuer un peu le résultat du calcul précédent : les toitures couvertes en ardoises n'ont pas cet inconvénient à un aussi haut degré; au reste, il suffit dans ce calcul d'une approximation, puisque la quantité annuelle d'eaux pluviales n'est constante qu'en prenant la moyenne d'une suite d'années, et que pour chaque an on trouve des différences, tantôt en plus, tantôt en moins.
On reçoit les eaux tombées sur la toiture dans des gouttières qui rèpnent tout à l'eptour et les conduisent dans la citerne. Il est peu de maisons qui ne retirent une grande utilité de ce genre de construction. Il ne faut au plus que 8 à 10 litres d'eau par jour pour les besoins d'un homme, et il est aisé d'en conclure combien de personnes pourront être alimentées par cette source aérienne. Si le toit couvre 100 mètres carrés de surface horizontale on pourra y recueillir 5o mètres cubes, ou 5o mille litres d'eaux pluviales; ce qui produit i5y litres par jour et suffit à la consommation de dix-sept personnes au moins,
Voici le calcul en ancienne mesure : en supposant qu'il tombe
18 pouces d'eau par an, on aurait 2,160 pieds cubes d'eau pour une toiture de 4° toises carrées en projection horizontale, ce qui répond à 75,600 pintes, à raison de 55 pintes par pied cube ; on pourrait donc disposer d'environ 200 pintes par jour, ce qui servirait à la consommation de vingt a vingt-cinq personnes.
On varie beaucoup la construction des citernes ; nous donnerons ici les bases principales qui doivent diriger dans l'établissement de ces bàlimens. Il importe d'abord qu'ils soient souterrains pour que les rigueurs de l'hiver ne puissent pénétrer dans l'enceinte et y geler l'eau, ce qui causerait des dégâts; en outre, la chaleur de l'été ne pouvant s'y faire sentir, on a moins à craindre que les variations de température ne causent la corruption de l'eau.
Le sol doit être d'abord creusé, puis affermi, battu, sablé et glaise; on pave ou on dalle à moitié de chaux et ciment pour s'opposer à toute filtration d'eau. Les murs sont ensuite élevés et voûtés, en calculant d'avance l'étendue de l'enceinte sur la masse d'eau disponible dans le lieu où l'on opère , et rejetant tous les matériaux susceptibles d'être dissous par l'eau. La pierre de taille jointe à chaux et ciment est d'un très-bon usage ; on peut aussi employer les enduits de chaux hydraulique , ou mieux encore de mastic bitumineux. Lorsqu'on a rendu la citerne imperméable à l'eau on englaise les murs par dehors, puis on bat la terre qui recouvre le tout.
Il est fortutiledese ménageries moyens de descendre commodément dans la citerne pour l'inspecter, d'y donner de l'air pour éviter que l'eau ne se corrompe, de faire précéder le réservoir principal d'un citemeau, petite chambre dont le fond est sablé et battu, où les eaux arrivent, s'épurent et se filtrent avant d'entrer dans la citerne. Les matières végétales et animales entraînées par la pluie se déposent dans le citerneau; l'eau est plus pure, plus propre et moins sujette à se corrompre.
Pour se procurer l'eau de la citerne il est nécessaire d'élever cette eau à la manière de celle qu'on tire d'un puits; il convient donc de donner à la citerne plus de surface et moins de profondeur. Cependant , lorsque la maison d'habitation est située au pied d'une colline, il est préférable d'enterrer la citerne sur le flanc du coteau, et un peu
6o plus haut que le rez-de-chaussée afin d'y pouvoir amener l'eau par des tuyaux en suivant la pente naturelle. Alors il est moins dispendieux de donner à la citerne plus d'élévation que de base.
ARTICLE VIII
Bergeries et parcs.
C'est dans les bergeries qu'on tient pendant l'hiver les troupeaux renfermés. Comme la toison des brebis les abrite contre les rigueurs du froid, la bergerie ne doit être disposée que pour les garantir de l'humidité. Le bâtiment sera donc aussi vaste que possible, très-aéré, construit sur un sol sec : on le maintiendra propre en donnant issue aux fumiers. Il convient que le plancher soit élevé , par rapport au sol extérieur; des fenêtres doivent permettre d'y changer l'air ou de le maintenir tempéré. En général, il faut, quand on entre dans une bergerie , qu'on n'éprouve ni froid , ni chaud , et qu'on n'ait pas l'odorat saisi par le gaz ammoniacal. Dans les pays chauds, de simples hangars suffisent et même les brebis pourraient y parquer toute l'année, sans les soins qu'exigent les agneaux et leurs mères; la pluie et la neiçe leur sont souvent funestes.
Dans beaucoup de fermes , il n'y a que des râteliers sans auge; une partie des herbages tombe sur la litière et est foulée par les pieds des animaux. Il est donc utile de placer des mangeoires sous les râteliers : les foins, les graines, les petites feuilles y tombent et ne sont pas perdus; ce sont précisément les parties les plus délicates du fourrage , celles que les animaux préfèrent. Les râteliers sont des barreaux de bois maintenus en haut par une traverse horizontale parallèle à la muraille , et implantés en bas dans la mangeoire; ils sont inclinés, de manière que le râtelier soit plus large en haut qu'en bas. La mangeoire est un canal en bois large de 2 décimètres (1 pied), plus ou moins.
L'étendue de la bergerie doit être proportionnée au troupeau : en donnant un peu moins d'un mètre carré pour une brebis et son agneau (8 pieds carrés), et seulement un demi-mètre pour les moutons, et un
peu plus pour les béliers, les animaux sont très à l'aise. Le berger doit coucher dans l'enceinte, ou du moins sa chambre doit communiquer avec la bergerie , pour être averti, durant la nuit , de tous les mouvemens extraordinaires qui pourraient survenir dans le troupeau.
Durant l'été, la bergerie reste vide, les bestiaux couchent dans les champs ; réunis dans une étendue de terre qu'on a laissée en jachère, ils forment ce qu'on appelle un parc ; l'enceinte est close par des barrières portatives en forme de claie à jour; des mangeoires y sont établies, et la maison du berger y est traînée sur des roulettes. Ces parcs se tiennent sur les terrains qui ont besoin de fumier , et les excrétions des animaux sont un des engrais les plus profitables.
Une remarque fort importante, et qui a été faite depuis peu d'années, c'est que le bouc a la propriété d'assainir les écuries, les bouveries et bergeries. Un seul de ces animaux éloigne la contagion des plus vastes établissemens. En Allemagne, on fait aujourd'hui un grand usage de ce mode d'assainissement simple et peu dispendieux.
On sait que le loup est l'ennemi le plus à craindre pour les bêtes à laine : afin d'éloigner ces animaux carnassiers, M. Tessier a fait élever auprès des claies une lanterne au bout d'un bâton; cette lanterne est de fer-blanc, haute de 10 pouces sur G de large; elle a 4 verres de couleur différente pour étonner davantage le loup. La lampe qu'on y met peut servir à éclairer le berger pendant la nuit. Elle consume seulement pour 8 centimes d'huile par jour.
ARTICLE IX
É table s.
Ce qui a été dit aux articles Ecuries et Bergeries rend superflus tous les détails de construction et de salubrité; car une étable n'est qu'une sorte d'écurie. Seulement nous dirons que la largeur de l'enceinte doit être de 4 mètres à 4 mètres et demi (12 à i3 pieds); et la longueur, proportionnée au nombre des bètes, doit laisser, pour l'espace réservé à chaque bœuf, un mètre un tiers (ou 4 pieds) ; il faut 1 pied de plus pour les vaches; ainsi pour 12 vaches il faut que l'élable ait 10 à 12
mètres sur 8 (3o à 36 pieds sur 24) ; quand on veut que les bètes soient disposées sur 2 rangs, il importe, pour l'économie du fourrage, d'y placer les mêmes systèmes de râtelier et de mangeoires que dans les écuries (V. ce mot).
ARTICLE X
Toits à porcs.
L'opinion dans laquelle on paraît être généralement que le cochon aime naturellement la malpropreté, pourrait être regardée comme la raison qui leur fait donner des cloaques pour logement , si ce pernicieux usage n'était général pour tous nos animaux domestiques; mais le cochon, comme les autres, a besoin d'un logement sain et aéré, et toutes les fois qu'il le peut, cet animal s'écarte pour se vider; il est d'ailleurs hors de doute que les ordures dans lesquelles on le fait croupir ne soient une cause première et principale des maladies auxquelles il est sujet.
En général, on se contente dans nos métairies d'une loge pour les cochons d'élèves que l'on achète à 3 ou 4 mois, et que l'on revend à i5 ou 18 ; et, dans nos maisons de campagne, de loges-toits pour les cochons à l'engrais; mais quand on veut avoir des verrats et des truies portières, il faut que le logement de tous ces animaux soit distinct et absolument séparé. Du reste , leur construction repose absolument sur les mêmes principes.
Les loges des cochons à l'engrais doivent avoir au moins 6 pieds de longueur sur 3 de largeur ; celles des verrats et des truies pleines , 8 pieds sur 4; celles des cochonnets doivent être proportionnées au nombre et à l'espèce qu'on élève.
Les loges doivent toutes avoir de 5 à 6 pieds de hauteur. Le dessus peut être employé à divers usages, et sert communément de poulaillers dans nos métairies.
Pour que les toits soient bien conditionnés, il faut qu'ils soient revêtus dans leur pourtour de planches ou douves, afin que les cochons ne se frottent point contre les murs ; s'ils sont assez spacieux, on remplace avantageusement cette précaution par un frottoir ou pièce de chêne de
3 à 4° d'équarrissage, placée perpendiculairement au milieu. Les auges ou baquets doivent être en pierre, et saillans en dehors et en dedans des murs, afin que les cochons puissent manger commodément et qu'il soit facile de leur donner leur buvée sans entrer dans le toit.
ARTICLE XL
Poulaillers.
C'est dans le poulailler que se retirent les poules pendant la nuit, et où elles pondent et couvent leurs œufs; ce lieu doit être planchéié; car le sol de la terre est malsain pour les poules; les murailles doivent être crépies de tous côtés ; la meilleure exposition est au levant, près d'un four ou d'une cuisine , parce qu'on prétend que la fumée est trèsfavorable à la volaille.
Un poulailler doit renfermer, i°. une ou plusieurs loges basses pour les oies et les canards d'élèves; 2°. une chambre à mue; 5°. une chambre à épinettes; 4°* Ie poulailler proprement dit. Dans les grandes exploitations, on y joint le logement de la fille de cour.
La chambre à mue doit être chaude et obscure ; on ne lui donne qu'une petite fenêtre garnie de bons volets.
Les épinettes, appelées aussi galères, sont trop connues pour avoir besoin d'en faire la description. Souvent on préfère celles à deux rangs, comme contenant plus de volaille, sans inconvénient. Leur largeur doit être de 6 à 7 pouces; leur hauteur de \[\ à i5, et leur profondeur de 9 à 10; on doit ménager une ouverture au fond de chaque case, au-dessous de la queue de l'animal, afin que ses ordures ne séjournent pas dans les épinettes. Elles seront supportées par de bons et solides tréteaux.
Dans le poulailler proprement dit, on doit observer de placer les juchoirs en avant des murs , afin de pouvoir circuler derrière, et que les poules puissent être dans leurs nids , sans être effarouchées par le vol de celles qui s'élancent sur ces juchoirs. Ces nids seront en osier, semblables à ceux des colombiers , et on les nettoiera encore plus souvent.
Les juchoirs sont faits de chevrons dont les angles supérieurs seront arrondis; ils seront élevés sur des chevalets à la fois isolés et mobiles, afin que l'on puisse les porter dehors pour les nettoyer. On les placera à 2 pieds des nids, et les autres rangs, si on en admet plusieurs, à i pied les uns des autres.
ARTICLE XIT.
Colombier.
Les colombiers sont des espèces de pavillons ronds ou carrés , qui ont des boulines ou des trous dans toute leur hauteur, pour les pigeons qu'on y élève; ces boulines ne sont autre chose que de petits trous qui servent de nids aux pigeons, et qui entourent intérieurement les murs du colombier. Les uns sont ronds et les autres carrés; les premiers se font par le moyen de deux faîtières mises l'une sur l'autre ; les seconds, avec des pots de terre faits exprès. Leur grandeur se proportionne à celle de deux pigeons, qui doivent, mâle et femelle, s'y tenir debout. Le premier rang des nids, par le bas, doit toujours être élevé de terre de 4 pieds , et quelquefois plus ; on élève le plancher de 6 à 7 pieds au-devant de chaque nid; il est nécessaire qu'il y ait une petite pierre plate , qui sorte du mur de 5 ou 4 doigts, pour reposer les pigeons, lorsqu'ils entrent ou sortent de leurs nids, ou lorsque le mauvais temps les oblige de rester au colombier. Pour éviter la dépense de ces nids, il y a des gens qui leur substituent des paniers d'osier qu'ils attachent à la muraille, et dans lesquels les pigeons font leurs petits; mais ces nids ne sont point estimés par ceux qui en connaissent les désagrémens, par la malpropreté qui s'y attache, la pouriture à laquelle ils sont exposés, les vers qui s'y engendrent, etc.
De toutes les figures qu'on peut donner à un colombier, la ronde est préférable toutes les fois que quelque condition de symétrie , ou quelques sujétions d'un bâtiment ne déterminent pas une autre figure, parce qu'elle est plus commode. Quoi qu'il en soit cependant de cette figure , son plancher et sa couverture doivent être bien
joints, de manière que ni les vents ni les rats n'y puissent passer. Ses fondemens doivent être bons, son aire bien battue et cimentée, parce que la fiente de pigeon mine les fondemens ; il est aussi important de l'enduire de bon mortier , et de les bien blanchir extérieurement et intérieurement : la blancheur plait aux pigeons , et les attire même au colombier.
Enfin, autour de ces bàtimens et au-devant de la fenêtre, il est nécessaire qu'il y ait des entablemens de pierre ou dais , qui aient une coudée de saillie, et où les pigeons puissent rouer , se reposer, et prendre leur vol pour aller aux champs; à la fenêtre par où entrent et sortent les pigeons , on met quelquefois une coulisse un peu plus haute et plus large que la fenêtre; on la garnit de fer-blanc, bien attaché contre le mur, pour en interdire l'approche aux rats. Il faut que celte coulisse se hausse soir et matin, par le moyen d'un cordeau passé dans une poulie , qu'on attache au-dessus de la fenêtre , et qui tombe au bas du bâtiment ; cela fait une sujétion
qui est bien rachetée par la sûreté où l'on tient ainsi les pigeons.
Les fenêtres d'un colombier doivent être exposées au midi, et la porte
doit regarder celle de la maison, afin de voir ceux qui y entrent et
qui en sortent.
Dans le milieu du colombier on place ordinairement une échelle
portée sur un axe, et roulant ainsi au pourtour intérieur, ce qui
facilite le choix des pigeons que l'on veut prendre.
Il faut avoir soin de ne pas laisser séjourner dans le colombier
la fiente de pigeon qu'on nomme colombine , parce qu'elle serait
une cause d'infection ; cette fiente est un des fumiers les plus actifs;
elle entre pour beaucoup dans la formation de la terre à oranger.
ARTICLE XIII
Orangeries, serres chaudes et tempérées.
Notre climat est trop froid , dans les saisons rigoureuses, pour les orangers: on les place alors dans des bàtimens fermés, afin de les préserver de la gelée. La grandeur d'une orangerie doit être propor-