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CHAPITRE QUATORZIÈME

Le traité de Westphalie.

Quelque temps avant la conclusion de la paix, le D' Marx Otto, plénipotentiaire de la ville de Strasbourg, invita les luthériens de Haguenau à lui envoyer leurs réclamations : il voulait intervenir en leur nom et les faire insérer dans Y Instrumentîim pacis. Ils n'étaient qu'une douzaine et, pour la plupart, de petites gens. La dame de Fleckenstein, Anne Sibylle, crut devoir répondre à leur place, mais sa lettre ne reçut aucune suite.

A défaut de mention spéciale, les amis des protestants de Haguenau se rejetèrent sur les stipulations

1) Die begehrte Attestation soll Ihm h. g^ubernatori, Indem Ihm hierin des Exercitii halben, zuviel zugelegt wUrde, in probanti forma "widerfahrt, In dem er wohl einen mehrers meritirt.

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les peintres à leur tour sont libres de l'emporter dans leur expédition nocturne, de l'abandonner entre les mains de la police. Aux critiques de Herrmann, les pamphlétaires du XVII^ siècle pouvaient encore répondre : Ils n'ont pas eu la robe, vous ne pouv^ez donc affirmer ce qu'ils eussent fait, s'ils l'avaient eu. Rôhrich a renoncé au bénéfice de cette pauvre réponse ; mais il n'en maintient pas moins leurs perfides insinuations. Il compte sur les préventions que la haine du jésuite soulève dans le cercle ordinaire de ses lecteurs ; il oublie qu'aux yeux de l'histoire impartiale des calomnies de ce genre ne sont pas moins repréhensibles que l'acte grossier qu'il entend flétrir.

L'assemblée de Francfort, chargée de continuer l'œuvre que la diète de Ratisbonne n'avait pu terminer, se réunit dès l'année 1654. Les luthériens de Haguenau s'empressèrent de s'y faire représenter par un maître d'école de Francfort, Laurent Erhart, leur compatriote. Celui-ci remit en leur nom un mémoire historique dans lequel ils réclamaient:

i) La nef des Franciscains, isolée du chœur;

2) Une école latine et une école allemande ;

3) Trois presbytères (ils n'en avaient demandé que deux jusque-là) ;

4) 1 100 fl. de rentes annuelles, salvo calculo^ pour traitements, administrés par une commission exclusivement luthérienne ;

5) La nomination de quatre stettmeisters, de deux maréchaux et de trois sénateurs, choisis sur une liste présentée par eux ;

6) L'admissibiHté des évangcliques à toutes les charges ;

7) L'égalité des votes catholiques et luthériens dans les questions qui concernaient la religion, communionem magistratns et juris civitatis ;

8) L'admission des luthériens à la bourgeoisie:

9) L'insertion de ces droits dans les articles que la bourgeoisie doit jurer tous les ans ;

cipe »). Ils continuèrent néanmoins à réclamer la restitution < et je crains, disait Meel, qu'avec l'aide de la Suède, de Cromwell et d'autres, ils ne remuent en France ciel et terre. Si ces Messieurs (de Haguenau) étaient encore disposés à négocier à Tamiable et voulaient envoyer ici quelqu'un dans ce but, je suis persuadé qu'avec les offres faites dans le temps on réussirait sans grande difficulté . . • Le Gottesheim qui fait une cour assidue aux députés de la Confession, a beaucoup rabattu de ses prétentions . . . » .

Pendant que les diplomates s'agitaient au dehors avec la confiance < que les Français ne se brouilleraient point avec les protestants pour si peu de chose». Strasbourg ameuta contre Haguenau les autres villes de TAlsace. Dans une réunion particulière et extra-légale, elles rédigèrent (21 avril) une protestation, où elles s'attachent à distinguer entre le droit de protection que la France a sur elles, et le droit de souveraineté qu'elle peut revendiquer sur les villages de la Landvogtei. En conséquence la diète est suppliée de prendre la défense de leur immédiateté et de s'opposer à toute interprétation abusive des traités.

La protestation fut mal accueillie par les députés catholiques et impériaux de Francfort, comme un factum dicté par une intempestive légèreté ou par l'ignorance de ce qui s'était passé 2). Elle accusait en effet ces graves personnages ou d'avoir sacrifié l'immédiateté des villes impériales ou de ne pas comprendre qu'ils la compromettaient indirectement. Cette dépendance immédiate de l'Empire qu'elle prétendait sauvegarder n'avait

i) Ob nit Ihre konig. Maj. in craiït des specialiter pactirten § ut tamen rez obligatus, so wohl Ilagenau als andere stiltt bei der catholischen religion manuteniren werden, wie dieselbe underm haus Oesterreich erhalten worden, das uti possidetis diirfte sich bei der Stat Colmar weit anders finden aïs jetzunder, und vermuthlich auch in andern stïtten..., écrit Meel le 18 mars.

2) Welchen ohnzweiflich aus Uebereilung und Unbedachtsamkeit oder wohl gar aus unwissenheit dessen was dièses ort vorgangen. (Meel, lettre du 28 avril).

de Haguenau, qui avait à diriger la délibération de la diète. Il avait accepté avec empressement l'intervention de la France et y avait adhéré de tout cœur dans la Conclusio CathoUcorUm, qui était son œuvre. Mais dès le début il craignait, on Ta vu, que le roi ne reculât sous la pression de la Suède, de l'Angleterre et des protestants de l'Allemagne. Ces craintes étaient entretenues par les vantardises des députés luthériens, qui ne cessaient d'annoncer autour de lui le succès prochain de leurs efforts diplomatiques. D'un autre côté, tout en maintenant que \ obligation reconnue à la France n'impliquait aucun danger pour les villes impériales, il n'était pas complètement rassuré sur les corollaires que Ton pourrait tirer de ce principe »]. < Arrangez-vous à Tamiable, si c'est possible». Tel est le conseil sur lequel il revient dans toutes ses lettres.

Pendant longtemps ce conseil ne trouva point d'écho^ ou, pour mieux dire, ne servit qu'à inciuictcr les autorités de Haguenau. Filles s'en préoccupaient sans cesse, délibéraient, discutaient, mais ne savaient que répondre et ne répondaient pas. Encore au mois de septembre le prince d'Harcourt, consulté sur ce point, leur écrivit qu'ayant à régler ses sentiments sur ceux de Sa Majesté, il les fera connaître au sénat i\b^ qu'il connaîtra ces derniers. Knfm désireux d'en finir, pressés par les députés luthériens et par l'empereur lui-même que l'électeur de Saxe fatiguait de ses réclamations, Meel et son collègue du directoire, Philippe de Vorburg, citèrent les deux parties à paraître, le 27 novembre, en conférence particulière devant une commission impériale.

Dès lors le silence n'était plus de saison. Le magistrat qui avait cru parer le coup et fiui y avait réussi pendant plusieurs mois à l'aide de la France, voyait

1) 24 août. Wan die mUchtige Cronen liand mit anschlagen, ist es nicht allemahl ohne {^efahr : libertas et immedietas seint auch importtr» liche Cleinodien.

Le Protesta Dtisme S2

Composée des stettmeister Carius et Freysinger, ainsi que du syndic Barth, la députation de la ville arriva à Francfort le samedi 25 novembre. Les deux journées suivantes furent employées à prendre langue et à préparer le terrain, d'abord chez les anciens amis et conseils de Haguenau, Volmar et Meel, puis chez de Cron, le président de la commission impériale. La première conférence eut lieu le 28 chez de Wolckenstein, le collègue de Cron. Dans l'antichambre nos députés rencontrèrent les représentants de la partie adverse, les deux bourgeois Hans et George StrohI, le vieux maître d'école Erhard et le poète Moschenross, conseiller du comte de Hanau. Celui-ci les reçut le chapeau sur la tête et leur déclara avec désinvolture que si cela dépendait de lui l'affaire serait réglée en cinq ou six jours. Cron ouvrit la séance par quelques paroles appropriées à la circonstance, Barth y répondit de vive voix, Moschenross lut son petit compliment, dans lequel il rapportait qu'à la demande des bourgeois luthériens le comte de Hanau l'avait chargé de leur prêter son concours, mais, ajoutait-il modestement, il ne devait être pour eux qu'un médiocre auxiliaire, e/nc/i geringcn assistants. Il disait plus vrai qu'il ne pensait. Quand on voulut passer à la discussion, il demanda cju'elle fut remise au lendemain : il n'était pas au courant de la question 2).

La remise lui fut accordée. Elle dut même être prolongée, à cause d'une absence qu'il eut à faire pour le service de son maître. Les deux StrohI, vinrent au logement des députés leur faire part de ce nouveau délai. Ceux-ci en profitèrent pour les engager à la

von selbsten daH Concliisutn dahin gemacht eini^e Execution ohn^ kënîgl ordre nicht vorgehen zu lassen. Und h«t sich dise intervention von den Confessionihten verursacht, soweit an die hand gegebcn, doch nicht ohne vorwissen kays. gpheimer Riith, nur zj dem EtiJ damit die sachen auf die prorogata Comitia gebracht, und satabt dem jure ad/ocatitio noch in terminis indecisivis t>teht, auf einmahl erôrtert und in einen richtigen Stand gebracht w^rden mcichte.

I) Seye in der sach nicht informiert.

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sens à leurs commettants. Et le i" décembre, le jour même où Moschenross présentait la première édition de ses revendications, le sénat et la bourgeoisie de Haguenau votaient une nouvelle Instruction^ qui accordait un subside de 2000 fl. pour l'acquisition du Fleckensteinerhof et un capital de 2000 fl. pour les traitements désirés.

La dotation n'était pas riche. Mais il fallait tenir compte des besoins réels de la poignée de luthériens qui restait à Haguenau et des ressources financières de la ville. Les premiers n'avaient que faire de trois pasteurs et d'une école latine avec recteur, proviseur et alphabétaire. Pour plus de deux cents familles catholiques on ne payait que 200 fl. au curé et 30 fl. au directeur de l'école allemande, la moitié de cette somme paraissait suffisante pour le pasteur et le magister de quinze familles luthériennes. D'un autre côté la ville ruinée par la guerre de Trente ans, n'était pas au terme de ses misères. Depuis 1650 elle avait été condamnée à payer une cinquantaine de mille florins de Satisfactionsgelder et de contributions de guerre »j. Les subsides votés n'étaient point d'ailleurs un dernier mot, un ncc plus ultra ; ils ne formaient qu'une base sérieuse de négociations, sur laquelle pouvaient et devaient s'étayer ensuite des concessions ultérieures.

Dès le 6, peu d'heures après l'arrivée du message, commencèrent de nouvelles concessions. Sur les instances des commissaires et pour prouver leurs dispositions conciliatrices, les députés portèrent à 3500 fl. le capital destiné aux traitements, ce qui assurait une allocation da 150 fl. (i2()i) m.) i)our le pasteur et de 25 fl. (200 m.v pour le maître d'école. De leur côté leurs adversaires

1) 16.000 fl. pour 100 mois romains, 13.000 fl. à Pévéque de Munbter, etc., etc. Pendant leur séjour à Francfort, en dehors de leurs conférences avec la commission impériale, nos députés avaient à courir de tous côtés, chez KiMsinger, chez les ambassadeurs de Munster, etc.^ a6n d'obtenir det» délais ou des adoucissements pour le règlement d» leurs arrérages.

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