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se. La volonté n'est pas libre de choisir entre les eux cavaliers. Elle ne peut résister à l’éperon qui aiguilonne, n’y a de lutte possible et réelle qu’endb Les deux cavaliers, Dieu et le Diable, qui se disputent à possession momentanée du eoursier. Ainsi se trouve liste la parole du Psalmiste: Je suis devenu comme ne hôte de somme,—Que le chrétien sache done que jeune pourvoit À rien d’une manière accidentelle. T1 mévoit, propose et agit d'après les décrets de sa volonté Éternelle et immuable, Voilà le coup de foudre qui rélit à néant tout libre arbitre. Voilà pourquoi tout ce jui arrive, n'arrive que par suite des décrets irrévocables de Dieu. Voilà pourquoi notre conduite est réglée Qu Li nécessité et non par le libre arbitre. Dieu est ‘auteur de ce qui est mauvais, comme de ce qui est on, en nous, Et comme il peut rendre heureux ceux Qui ne le méritent pas, il peut aussi en réprouver quine méritent pas ce triste sort. ??
Voilà une des ineffabilités qu’on lit dans ce pamphlet,
Ces quelques citations suffisent à montrer que Luther he pouvait supporter l’idée même d’une sujétion quelconque, Nous avions raison de dire que l'autorité était son cauchemar,
Martin Luther a été la plus grande personnification humaine du non serriam de Satan.
Cet homme peut-il jamais avoir été choisi de Dieu pour réformer son Eglise?
>, Inconséquence et manque de sincérité de Luther.
La vie de Luther est une suite non interrompue di
conséquences, Les contradictions les plus étonnantes pu lulent dans ses enseignements comme dans sa conduite
Il termina, dit Alzog, sa carrière de réformateur con me il Pavait commencée, exhalant sa haine contre Pape et émettant des contradictions visiblement parer tes du radotage, comme celle-ci: fe pape est Te pi saint et le plus diabolique des pères.”
Nous avons déjà vu ses idées absolument contradich toires à propos de la ville éternelle et de Pautorité pick pale. Montrons encore quelques-unes de ses positions} antipodales.
Le 3 de Mars 1519 il cerivaits Près-Saint Père, pit firme devant Dieu et ses créatures qu'il ne n'est jar] venu à la pensée, et que je n'ai nullement l'intention faire aucune chose qui pourrait porter préjudice if l'autorité de l'Eglise Romaine, ou à celle de Votre Sa teté. Plus que cela, je confesse que cette autorité est an dessus de tout autre pouvoir; et que rien dans le ciel sur la terre ne peut avoir le pas sur elle, Jésus-Christ le Seigneur de tous, étant seul excepté. 7 (1) |
Neuf jours plus tard, le 12 du méme mois, il écrivait] à Spalatin: {Je vous dis, tout bas, que je ne sais, ei vérité, si le Pape est l'antéchrist en personne où son api tres.?? (2)
Dix ans après—c’était le Ter d'Octobre 1529411 se res contra avee Zwingle, sur la demande du Landgrave Phi: lippe. Ce dernier était désireux de réconcilier enseni-
(1) Latin Document in Audin'’s Life of Luther, vol I p. 4% (2) De Wette I, 239
hi le: deux réformateurs qui se chamaillaient plus que econvenance. Luther fit alors la remarquable confesion qui suit: “Nous devons reconnaître que dans la pabutée <e trouvent les vérités du salut, dont nous avons hérité. Nous reconnaissons, de plus, que dans la pa- “uté nous trouvons la véritable Ecriture, le véritable Baptne, le véritable Sacrement de l'autel, les véritables clefs pour la rémission des péchés, la véritable prédication, le véritable catéchisme qui contient la prière du Fooneur, les dix commandements et les articles de foi. Je déchire que dans la papauté nous trouvons le véritaie Christinnisme.? (1)—Neuf mois plus tard, le 6 de Juillet 1950, il écrivait, dans un commentaire sur le paume 2, dédié à PArchevêque de Mentz: ‘Je vous prie, Monseigneur, d’être sur vos gardes. N’allez pas vous Inaginer que vous traitez avec des hommes lorsque vous vous mettez en relations avec le pape et les siens. Vous traitez avec de véritables démons.//(2)—Et le hiéme jour, de lai même place, 1 faisait écrire au légat du pape par son ami Mélanchton: “Nous ne professons aucun dogme qui diffère des doctrines de l'Eglise Ronaine, Nous somimes prêts à obéir à l’Eglise, si, selon li clémence qu'elle à toujours montrée dans tous les ichips et vis-à-vis de tous Iles peuples, elle veut bien ienmerles veux sur quelques points de peu d’importince, auxquels 11 n’est pas en notre pouvoir, malgré notre désir, de rémédier, et nous pardonner ces détails. Nous honorons, avec tout le respect possible, le Pape [1 Op. Luth. Germ fol. 408, 409.
|2| Sammliche Werke, 55, 167 et 168.
de Rome et toute la constitution de l'Eglise, si le Pay veut bien ne pas nous rejeter. Nous somines détestil en Allemagne précisément parce que nous défendon avec la plus grande constance les doctrines de lPEglis Romaine. Nous ferons preuve de notre attachement Jésus-Christ et à l Eglise de Rome jusqu’à notre der nier soupir, lors même que vous refuseriez de nous rece. voir en grâce.” (1)
Cinq semaines après cette date, le même Mélancliton appelait le pape “T'Antéchrist.?? (2)
Evidemment le disciple était digne du maître. [Li défaut de sincérité de ces deux hommes se révèle, on nk peut plus clairement, dans les paroles suivantes, que Lu-l ther écrivait à Mélanchton: Si nous pouvons, une born b fois, échapper à la violence et obtenir la paix, nous cor! rigerons alors nos intrigues et nos fautes. (3
En faut-il davantage?
Pensez-vous que Luther croyait lui-même ce qu’il en- À seignait?—Pas du tout. Antonius Musa se plaignait à lui, un jour, de ce qu’il ne pouvait ajouter foi à ce qu'il prêchait aux autres. Luther lui répondit: ‘Je rends! grâces à Dieu de ce que cela arrive à d’autres qu'à moi. | Je croyais être le seul à éprouver ces sortes de senti | ments.” (4)
Luther était aussi inconséquent dans sa conduite que dans ses enseignements. [1 Pa montré surtout dans le
(1) Corp. Reform, 2, 160. 171.
(2) Corp. Reform, 2, 254.
(3) De Wette, 4, 156.
(4) Matthesius, Hist. 139.
be
fait de son mariage, Car Luther, bien que moine lié par des vœux solennels, bien qu’ordonné prêtre, Luther finit par se marier, après avoir maintes et maintes fois déclaré qu'il ne ferait jamais ce mauvais pas.
Lorsqu'il vit qu'un certain nombre de moines, entrainés avec Jui dans sa chute, mirent en pratique la doctrine qu'il avait enseignée dans son livre sur les ‘‘Vœux monastiques,”” et violèrent leurs vœux de chasteté, 1l éerivit à Spalatin: “Nos gens de Wittemberg vont finir par donner une femme à tous les moines, mais ils ne réussiront pas avec moi? (1)
Dans une autre occasion ilavait dit: “On ne peut attendre rien de bon des ministres de l'Eglise mariés. Ils sont méprisés et rejetés. Tls sont une véritable malédiction, Pobjet des railleries de tout le monde.” (2)
Mais le 15 de Juin 1525, il écrivait à Ruhel: ‘‘Pour rendre les paysans, déjà si stupides et si furieux, encore plus furieux et plus stupides, je me suis marié.”
Le mariage avait été célébré deux jours auparavant, le 15 Juin 1525. Ce fut un évènement si inattendu que les anis de Luther ne purent revenir de leur surprise et de leur fmpression de dégout, Luther, pour défendre sa démarche, eut l'audace de blasphêmer en déclarant avoir tout simplement obéi à l'inspiration divine: ‘‘Le Seigneur n'asouduinement, et d’une manière miraculeuse, poussé me marier avec la Sœur Catherine Bora.”” (3)
F parle en véritable impie, dans une lettre adressée à Kocppe, le jeune homme qui avait aidé Catherine à déser-
[1] De Wette, 2. 40.
[2] Doellinger's Reformation I, 288.
13] De Wette, 3, 1.
ter son couvent: ‘Vous pouvez bien déviner ce uk nest arrivé, Je me suis embarassé dans les chever:k d'une jeune fille, Cest un vrai miracle. Dieu doit 4 voir boudé en me voyant, Embrassez votre Audie. "Th
L'impie Voltaire ne pouvait mieux insulter Jési Christ.
[l continue: “Venez au diner des noces, afin que 1
femme puisse vous dire st je suis capable de faire un bei] mari!”
Seckendorf s'irrita de ce que Pon avait publié cts te lettre dans la collection des œuvres de Luther.
Ce n’était, dit-il, qu'un badinage, eut bien micax valu laisser cette lettre de côté,
Représenter Dieu bondant À propos du mariage sacre léve d'un moine avec une rehgeuse!t Cest à, il faut Pa vouer, une manière de badiner bien déplacée, dans bouche d'un homme qui se donne comme jaspiré del Dieu pour réformer son Eglise,
Luther ne tarda pas à ressentir la profondeur et l'E tendue de son sacrilége. Trois jours après son mariasr, il écrivait À Spalatin: ÉPar ce mariage, je me suis rer l du assez vile et assez méprisable pour faire rire Les dre mons, et faire pleurer les anges. ”—(Thidem).
Ici Luther ne badine plus. Il est très-sérieux. Il dit À une grande vérité, |
Juste Jonas, son ami, écrivait À Spalatin: Ma lettre va À vous apprendre une merveille, Notre Luther s'est mari! avec Catherine Bora. Hier j'étais présent au mariage, ct je n'ai pu retenir mes larmes à la vue de ce spectacle.
[1] Altona, II, 905.
fou conne est dans la crainte et la tristesse. Je ne sais que Dieu nous réserve. 77 (1)
Érasne, toujours prêt à la raillerie, se contenta d’6rire: L'on considérait Luther comme le héros d’une raoédiesmais, pour ma part, je vois plutôt en lui le héros Dune comédie qui a fini comme toute autre comédie, par iomartige, (2)
Ceci nous donne la clef de tout le movement,
En regle générale, Jorsqu'un prêtre se révolte contre l'autorité de l'Église, une première rebellion s'est déjà o-
perce on lutieelle de la sensualité insuffisamment contrô- Le. attaque le Pape afin de se soustraire à son autote et prendre une fenune, ITen a été ainsi de Chiniquy, not dernièrement à Montréal avec les Signes de Pimpéhiteuce finale, Pen a été ainsi de Lovson Hyacinthe, a qui aucune personne respectable de Paris n’oserait donner Ja main.
en a été ainsi de Luther. Ilse révolta contre les indluences d'abord, puis contre le Pape, enfin contre ses Veux. EU prit une femme, Voilà pourquoi il s'est fait rioenateur, Niln'avait jamais fuit une profession reliciouses SIT n'avait jamais été ordonné prêtre; s'il cut demeuré laifque, il aurait pu contracter un mariage itinie sans faire aucun tapage; et son nom n'aurait jouais été connu comme celui d'un réformateur de l'Eulise,
Le feu de Phvimen a toujours brûlé chez lui. Des son colance 1lehantaits STlnv a rien de plus doux sur la terre que Pamour d'une femme.”
tint encore jeune moine, il semblait jeter trop souvent ce troplongtemps les veux sur une jeune fille pour la- Quelle était épris d'amour, comme il l'avoua lui-même
1) Luther Leben, von G. Pfizer, p. 585.
2) Alzog's History
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à son jeune ami Spalatin: ‘Frère, vous ne sauriez Jamais comprendre combien cette jeune fille à pris possession de mon cœur. Je crois véritablement que je ne seri jamais heureux tant que je ne possèderai pas une Jeune fille comme celle-là.”??
Ces paroles sont rapportées dans un sermon préché par un ministre Luthérien, Wolfgang Agricola, et inprimé par le seconde fois à Ingodstadt en 1580,
Dans maintes occasions il exprime son admiration et son amour pour les femmes de la Saxe, le vin du Rhin et la bierre d’Embeck.
Mais, l’on dira peut-être, pourquoi a-t-l retardé longtemps à se marier?— D'abord, parce qu'il avait peur du mépris du peuple. [n'ignorait pas que le peupie montrait du doigt les moines mariés. Il avait peur d’'Erasme, qui s'était moqué publiquement de Carlstadt, Il avait peur de Shurff qui avait écrit: Si ce moine fnit jamais par se marier, le monde entier et le diable feront entendre un grand éelat de rire,
Il'avait peur, par-dessus tout, de tomber dans la disgrâce du Prince Electeur Frédéric, qui, dans une lettre à l’Archevêque de Mentz, avait déciaré que le mariage des prêtres et des moines était à ses veux un concubinage deguisé,
Mais, à la nouvelle de la mort de Frédérie, il s'enhardit tout-à-coup. Il quitta Sechourg où il s'était retiré depuis quelque temps, et revint à Wittemberg, ‘Je pars,” éerivait-il à son ami Ruhel. {Je désire épouser ma petite Catherine avant que je meurre.”? (1)
[1] Opera Lutheri, I, SS7.
Peu après il écrivait à Wenceslas: ‘Jai envoyé tous es scrupules et ma crainte du scandale au diable. Vive e Seigneur! Je jouis de ma petite Catherine. J’appariens à Bora. C’est tout ce que je veux. Je suis mainenant mort au monde.??
Voilà la grande comédie de la vie de Luther terminée. ous n'avons plus qu’à descendre le rideau.
\'allez pas croire, cependant, que Luther est heureux près avoir atteint le but de toutes ses révoltes.
Les illusions de la passion ne tardent pas à s’effacer.
La réalité se place bien vite devant les yeux de l'illu- Sionne,
Apres le erime vient le remord,
Entendez-le gémir derrière le rideau. C’est à faire pitiét—®Mon mariage a fait rire les démons et a fait pleurer les anges, ?? |
“Quelle peine d’esprit et quelle contrainte mentale ne dois-je pas endurer pour réconcilier ma conscience avec l'idée que moi, seul, ai levé l’étendard de la révolte contre le Pape! Seul, je Pai proclamé l’antéchrist! Seul, J'ai déclaré les évêques être les apôtres de l’antéchrist! Combien de fois n’ai-je pas entendu un reproche sanglant surgir au fond de mon cœur et me dire en termes non équivoques: Es-tu le seul qui sois sage? Tous les autres se sont-ils trompés, et sont-ils demeurés dans l’erreur pendant un intervalle de temps aussi long? Que dirais-tu si tu te trouvais toi-même en dehors de la vérible voie, et si tu entraînais avec toi, dans tes égarements,
tnt des milliers d’âmes qui seraient damnées pour toujours?” (1)
[1] De Wette 2, 107.
Il S’efforçait de chasser ces idées moroses; mais el revenaient sans cesse à son esprit, malgré lui. Jusque dans sa vieillesse, une voix intérieure, qu'il éroyait ètr celle du démon, persista à lui faire ee reproche: “Act été appelé à prêcher l'Evangile d’une manière tell, qu'aucun évêque et aucun saint, durant tous les sicels passés, n'a osé le faire? (1)
“Pai enseigné l'erreur!” s'éeria-tl un jour. "Fa détruit la paix dans l'Eglise! J'ai causé du scandale « des dissentions par mes doctrines! Je ne puis le nier j éprouve souvent des alarmes à ce sujet.77 (2)
Un certain prédicand Tui disait, dans une confidence, que le diable Pavait tenté de se tuer avec un coute ‘Bien souvent, répondit Luther, la même chose m'est arrivée. Ni je prends un couteau dans mes mains, non esprit devient obsédé de tant de mauvaises pensées qu'il n'est impossible de prier, et je me hâte de sortir de l'apr partement où Je me trouve, afin d'échapper à la tenta tion.” (3)
Maintes et maintes fois il désira n'être jamais né, ct n'avoir jamais paru dans le monde avec ses livres. (4)
I écrivait à Mélanchton: ‘Je suis ballotté en tous sens par la tempête et les Hots agités du désespoir et du blasphême.”? (5)
Il cherchait à étouffer les reproches de sa conscience tantôt dans d’abondantes libations, tantôt dans les diver-
(1) Sammtliche Werke, 59, 286.
(2) Ibidem, 49, 226.
(3) Ibiden, 60, 61.
(4) De Wette, 5, 158.
(5) De Wette, 3, 198.
tissements et les plaisirs, tantôt dans de violents excès de rage. (1)
[1 devenait parfois tellement hors de lui-même qu’il avouait avoir perdu tout contrôle sur lui-même, ne sachant plus par quel esprit il était poussé: compos mel non sum; rapior nescio quo spiritu. (2)
Le pauvre homme! S'il eût fait un bon examen de conscience, il aurait bien vite reconnu qu’il était à la merci de l'esprit de Satan, son maître en révolte.
Voilà ce qu'était Martin Luther, tel que nous le font connaître ses propres paroles.
Voulez-vous savoir ce qu’en pensaient ses contemporains et co-réformateurs? |
Awingle l'appelait un imposteur, assez osé pour chansur ct rechanger les saintes Ecritures. En le voyant au inilivu des siens, écrivait-il, on le croirait au centre d'une armée de démons.”
Érasme disait: “Luther écrit parfois comme un apôtre; parfois il parle comme un fou.” (3) Il dépeint le Réformateur comme un loup ravageant la vigne du “eIUTeur,
Calvin écrivait: “Luther est certainement un homme vicieux, Plaise à Dieu qu'il prenne un peu plus de soin pour mettre un frein à l'intempérance qui bouillonne dans toutes les parties de son âme!’—Il disait, de plus, aux disciples de Luther: ‘Votre secte n’est rien autre chose qu’une étable de pourceaux puants.”?
(1) De Wette, 3, 198, (2) De Wette, 1, 555.
(3) Azog's History.