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Il faut avouer que les saints apôtres de la réformation avaient un langage à eux, un langage tout-à-fait choisi!
Zasius écrivait à Amerbach: “Luther, dans son in: pudence, convertit toutes les Ecritures, depuis la pren. re page de la Génèse jusqu’à la dernière Higne du Non veau Testament, en menaces et en imprécations contre les papes, les évêques et les prêtres, comme st Dieu ti vait eu rien autre chose à faire, durant tous les siteles qu’à tonner contre les prêtres. L'esprit de Luther enger: dre les inimitiés, le vacarme, le tumulte, 1es dissentions les sectes, la haine et le meurtre. (1)
Le Comte Hover de Mansfield écrivait, en 1522, à Urich de Helfenstein: Jai demeuré tout le temps, con me j'étais à Worms, un bon Tuthérien. Mais je «ui venu à la convietion que Luther est un gredin, aus bon buveur que pas un dans Mansfield. Il fait ses de lices d’être en la société de jolies femmes, à part le temps où 1l s'amuse à jouer sur sa flûte. Sa conduit est tout à-fait inconvenante. Je le crois perdu à tot jamais. 7? (2)
Thomas Munzer, un des premiers disciples de Luther finit par aceuser publiquement son maître d’avoir ‘con fessé le christianisme avec nne foi déguisée." I Par pelle “un archidiable assez dépourvu de bon sens pour trouver en Dieu lui-même la cause du mal.” (3)
Henri VIII d'Angleterre écrivait à Luther: ‘Je nié tonne de voir que vous osez lever les veux vers le ciel, ou les porter sur un honnôte homme sur la terre! Vous,
(1) Rideggr, Zasii Epist. 72. Ulmae, 744.
(2) Alzog IIT, 181, note 2.
(3) Stang, Life of Luther, p. 51.
un moine Augustinien, que les suggestions du démon, les tentations de la chair, et le vide de votre intelligence out jeté, en dépit de tout sentiment d'honneur ou de honte, dans les embrassements sacriléges d’une vierge consacrée au Seigneur!. .. Abomination! Au lieu de vous humilier sous le poids de votre honte, au lieu de réparer vos scandales, et de demander le pardon de vos fuites, vous avez P'effronterie de tirer gloire de vos crimes. Vous portez la tête haute, et allez jusqu’à inviter les autres moines À imiter votre conduite infâme!?
HENRI VIIT.
Lorsque le roi d'Angleterre écrivait ce qui précède, il ctut bon catholique.
Malheureusement un changement se fit, un peu plus tard, dans son cœur, Ce changement détruisit d’abord ki paix domestique. I troubla ensuite la paix dans PEvise,
Une femme était au fond de tout cela.
Depuis dix-sept ans Henri était uni en mariage à une priicesse espagnole du nom de Catherine. Durant dixseptans 1l avait vécu heureux et en bonne intelligence avec la reine, son épouse, qui lui donna plusieurs enfunits,
Cette même Catherine avait été, à une époque antéricure, flancée au frère de Henri, Arthur, que la mort cmiporta peu après, probablement avant la consommation du mariage. Alors, sur la demande du père, le pape Jule TEaccorda une dispense pour la fiancer à Henri, Quelques années plus tard, Henri monta sur le trône d'Angleterre laissé vacant par suite de la mort de son
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père, et fit célébrer son mariage avec toute la solennit possible. Ilavait alors dix-huit ans. Ile déelara tout fait enchanté de son épouse, bien qu’elle était plus à que lui de six ans. Du reste, la reine était une femme complie, très-aimable, appartenait au sang le plus nobie de l’Europe, et était alliée aux plus puissantes dyrastis de l’époque. Elle était une reine dont l'Angleterre avait le droit d’être fière, Elle aimait éperdument son mart.
Tout alla bien pendant dix-sept ans. Mais voilt que tout-à-coup Henri s'aperçoit que son épouse vielilit un peu plus vite que lui. Il reçoit cette révélation à travers des yeux fascinés par la beauté d’une jeune fille de hi cour, nommée Anne Bolevn. Bientôt ce n’est plus un secret pour personne que le roi est fou d'amour pour elle
Il veut à tout prix en faire sa femme, Il commence par émettre des scrupules sur la légitimité de son mariage avec Catherine. Il supplie le pape de déclarer son mari ge nul, de lui permettre de congédier sa femme, et de con: tracter une nouvelle alliance. Après les prières, viennent des offres. Après les offres viennent les menaces. Le pr pe Clément résiste à tout cela. St, Grégoire-le-Grand, S'il eut été alors sur le trône pontifical, aurait résisté de mit me, Nt. Pierre lui-même, s’il avait été Ià, aurait réfusc. Aueun papene peut aller contre l’ordre du Seigneur: # que Dieu a uni, l’homme ne doit point le séparer.
Henri se trouva done placé entre deux alternative: ou renoncer à l’objet de sa passion, ou briser avec l Eglise.
Il brisa avec l’Eglise. Il se déclara, lui et son rovaume, indépendant de l'autorité du pape. Il prit lui-nitme la place du pape. Il se proclama le chef de l’ Eglise en Angleterre, Dès ce moment ce ne n’était plus l’ Eglise en
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Angleterre, mais “l Eglise d'Angleterre”? Un schisme était accompli
Devenu pape, en Angleterre, le roi pouvait tourner les clefs de St Pierre à sa guise,
C'est ce qu'il fit.
I répudia sa femme légitime et épousa la petite Anne. I était temps. Car la pauvre enfant était déja dans une condition critique, Il fallait sauver, avec les apparences, l'honneur du rot.
Voilà comment l'Angleterre se sépara de l Eglise de Jésus-Christ, |
n'entre pas dans le cadre de cette petite brochure d'étudier l'histoire des procédés au moyen desquels Henri VITE à réussi à faire consentir le clergé et le peuple d'Angleterre au schisme, et à se soumettre à la suprématie spirituelle de sa royale majesté. Qu'il nous suffise de dire qu'une pareille prétention de la part d’un ro celle de prendre en mains les clefs de St. Pierre —pretention inouie jusqu'alors, ne pouvait recevoir l'approbation de tout un peuple, à moins d’être appuvée par de forts arguments. De fait, l'on a eu recours à des arguments très-puissants, tirés non des Saintes Ecritures ni de la raison, mais de la hache, de la corde ct du chevalet,
Fenri eut deux puissants instruments qui l’aidèrent
a arriver À ses fins, C’étaient Cranmer et Cromwell. Il
pliça le premier sur le siége de l’Archevêque de Cantorbers, bien que déjà marié secrètement à la nièce d’'Osiandre et disciple de la réforme de Luther, comme il lavoua lui-même plus tard. Il fit du second son vicaire néral, tout laique qu’il était.
Le premier coup a été la suspension en bloe de tous ls évêques d'Angleterre, suivie d’un ordre royal ne per-