‹ Le protestantisme au pilori [microforme]Chapitre 17 sur 24 · ES · texte numérisé non relu

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mettant la réinstallation d'aucun d’eux qu'à Ja condi tion de prêter le serment d’obéissance à la suprémati spirituelle du roi. C’était un moyen indirect, maistrx efficace, de faire renoncer les évêques à leur serment d’obéissance au Pape. Le refus de prêter ee serment désigné sous le nom de ‘‘oath of supremaev,”” était re. gardé comme ‘‘erime.de haute trahison.” Quiconque était reconnu coupable de ce crime, soit dans le cleryt, soit parmi les laïques, était jeté en prison, conduit à l’échafaud ou soumis à la torture. Au nombre des vie. times de cette tyrannie se trouvèrent Thomas Morus «t l’évêque Fisher, appartenant tous deux à la plus hante noblesse d'Angleterre. Ils furent mis à mort pour avoir refusé de prêter le ‘serment de suprématie.” Il <crait impossible de donner le chiffre exact de tous ceux quil ont été éventrés ou écartelés pour le crime d’avoir vou demeurer fidèles À leur conscience, sous le règne de Henri et celui de sa digne fille Elizabeth.

Six cents quarante-cinq monastères furent supprinics et livrés au pillage. Les églises furent saccagées, et les ases sacrés enlevés. Quatre vingt-dix colléges, plus de deux cents chapelles, et cent dix hopitaux furent pillés et détruits.

Un écrivain protestant ne put s'empêcher d’avouer que la réforme de l Eglise d'Angleterre ‘a été commencée par la luxure, fortifiée par le pillage, et cimentée par le sang.”

Le principal moteur de la conduite du roi Henri VIII était la luxure. On voit cela, en toute évidence, dans son histoire domestique. Elle révèle un désir insatiable de changement dans l’objet de sa passion. Après avoir épousé Anne Boleyn, contrairement aux lois de l'Eglise,

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ne tarda pas à s’en dégouter, comme il avait fait de a première femme, IT tomba encore en amour avec ne autre femme d'honneur de la cour. Et la pauvre nfant, qui avait été l’occasion de la séparation de ‘Angleterre d'avec P Eglise, fut jetée en prison, traduite levant un tribunal et conduite à l’échafaud. ‘Anne, dit un écrivain protestant (1), peut avoir été coupable des fautes dont on Pa accusée. Mais il faut dire aussi que Henri lui-même lui avait appris à mettre de côté toute réserve féminine et tout sentiment de respect de soi-même, Le cœur léger et changeant du roi était passionné pour une autre femme, bien longtemps avant les révélations qui servirent de base au procès de la reine

Anne,”

Henri épousa le nouvel objet de sa passion, Jeanne Sevmour, le lendemain même de lPexécution d’Anne Bolevn, La nouvel'e reir.e mourut un an après en mettantau monde Edouard VI

Cromwell se chargea alors de trouver une nouvelle lemme à son maître. I fit ses recherches dans les cours protestantes de F'Allemagne, et finit par amener à la cour d'Angleterre Anne de Cleves. Mais le roi Henri ne tua pas à trouver, dans la nouvelle reine, moins de beauté et d'amabilités qu'on lui en avait fait attendre. Frépudia sa femme, sans cérémonie, envoya Cromwell à l'échafaud, et épousa une cinquième femme dans la personne de Catherine Howard, qui fut, peu de temps apres, accusée d'adultère, condamnée à mort et exécutte. Il épousa alors Catherine Par, veuve de Lord La-

timer, Elle se montra bonne et patiente, et put survivre

au monstre, grâce à la mort prématurée de ce dernier.

(1) Encyclopedia BritannicaXT. 665.

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A la luxure, Henri VIIT joignait une cruauté inbnr maine. [l semblait être assis sur le trône simplemui pour signer des sentences de mort. Même sur le lit de h mort, tant qu’il put manier la plume, il ne cessa de si. gner des arrêts d'exécution. Dans l’espace de 88 an, il envoya à l’échafaud, deux reines, deux cardinaux, deux archevêques, dix-huit évêques, trente abbés, cinq ent moines, trente-huit docteurs, douze ducs et comtes, cet soixante et quatre nobles, cent vingt-quatre citovens «t cent dix femmes, (1)

Un tel homme pouvait-1l jamais avoir été choisi dk Dieu pour fonder une nouvelle église, ou réformer lan. cienne?

Les Réformateurs n'ont pas réformé, mais plutot déforme l Eglise.

Le mot réformer peut se prendre en deux sens: lo donner une forme nouvelle; 26 rétablir une ancienne forme perdue,

Les Réformateurs du système chrétien n’ont pas dû, n’ont pas pu entendre leur réforme dans le premier sens, Ils ont toujours professé hautement, avec emphase, que leur dessein n’a pas été de fonder une nouvelle église, pour prendre la place de celle de Jésus-Christ. Ils ont done entendu réformer dans le second sens, e’est-à-dire ramener l’ Eglise de Jésus-Christ à sa forme primitive.

Leur point de départ montre, du reste, que e’était

(1) Alzog’'s History, 329.

bien Là leur plan. Hs s’en furent en guerre en portant pour enseigne: Ê Eglise est tombée dans la corruption. Elle nest plus celle que Jésus-Christ « établie!

Ov un objet peut sortir de sa forme primitive de deux manicres: soit en perdant quelques-uns de ses éléments constitutifs, soit en recerant des éléments nouveaux. Dans l'un où l'autre cas, il n'est plus le même, Par contre, une chose peut être rétablie dans sa forme primitive de deux manières: soit en lui restituant ce qu’elle à perdu, soit en lui enlevant ce qu'elle a reçu de surabondant.

Le premicor procédé donne; le second retranche.

En logique, le premier prend le nom d'affirmation; le second, celui de négation.

La Réforme protestante a suivi le second procédé, Elle n'a apporté aucune doctrine nouvelle, en fait de dogmes: elle n'a fait que nier des doctrines enseignées par l'Eglise, Dans tout ce qu’elle admet de positif elle suit h vicille Eglise. Elle n’est protestante que dans ce qu’elle rejote, L'essence même du Protestantisme est la négalon, Sa raison d'être ne consiste pas à affirmer, mais à nier, Son objet n'est pas d’'ériger mais de renverser,

Vient maintenant la question de savoir si les dogmes que le Protestanisme a rejetés, et les institutions qu'il a détruites, étaient des additions faites par l'homme à l'Eoise de Jésus-Christ, dans le cours des siècles, ou bien appartenaient à l'essence même du christianisme, tel qu'il était en sortant des mains de son divin Fondateur,

L'esprit le moins doué comprendra sans difficulté que cette question est de la plus haute importance.

Personne ne peut nier que l Eglise devait, à travers

tous les âges, demeurer toujours la même, telle que Jésus Christ l’a établie, L'addition ou la soustraction d'un seul dogme, d’une seule institution ne peut ou n’a pu êtr: lai. te sans altérer sa pureté, sans enlever au système chrétien son intégrité, et, avec son intégrité, sa valeur,

Les Catholiques tiennent à ce principe mordieus,

Les Protestants prétendent se battie pour le méme principe. Ils montent sur les toits pour erter au monde que leur plan est de ramener l Eglise à sa pureté primitive. Nous sommes tous d'accord sur ce point. Bien.

Donc, si de nouveaux dogmes et de nouvelles institutions ont été ajoutés, dans le cours des siècles, aux dogmes et aux institutions apostoliques, ce sont autant de scions d’origine humaine greffés sur Parbre divin. Tsne peuvent que déformer ce dernier, Et le Protestantisme, en les retranchant, à réellement accompli une réforme.

Si, au contraire, les dogmes que le Protestantisme à rejetés et les institutions qu’il a détruites, appartenaient au christianisme dès son origine, et ont toujours été regardés comme tels à travers tous les siècles en remontant jusqu’au temps des apôtres, 11 faut conclure que le Protestantisme, en les retranchant, a coupé, dans laxbre divin, non des excroissances d’origine humaine, mais des

branches vitales d’origine divine, et a, par conséquent, apr porté une difformité à l Eglise au lieu de la réformer. Ceci est tellement clair que personne ne peut le nicr sans renoncer au droit d’être classé parmi les gens senstes, Mais comment allons-nous réduire le dilemme? Coniment pouvons-nous trouver lequel des deux côtés est dans le vrai? —C’est une question de fait. Il faut donc en-

Ps,

ter dans le domaine des faits, et en appeler au témoiunage de Fhistoire,

Vouloir passer en revue toutes et chacune des diverses négations que lon trouve accentuées dans les différentes sectes protestantes serait une tâche impossible. Cest un dédale d’où l'on ne pourrait sortir. IL vaut mieux rester en dehors de tous ces détails multiples et complexes, et envisager le Protestantisme en bloc, dans ses négations principales, généralement admises par toutes les sectes, telles que celle de la Suprématie du Pape, de la présence réelle, du saint sacrifice de la messe, des cérémonies du culte, du sacrement de pénitence ct dlu pouvoir d’absoudre, de P'invocation des saints, du purgatoire, de Putilité des prières pour les morts, ete.’

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