‹ Le protestantisme au pilori [microforme]Chapitre 18 sur 24 · La Suprématie du Pape · texte numérisé non relu

La Suprématie du Pape

La première négation faite par les Réformateurs a été cel de Et suprématie du Pape. Pour cheval de bataille sont pris l'usurpation. Ils dirent: “L'autorité que l’évéque de Rome exerce sur l Eglise universelle ne date pas des temps apostoliques. Elle a été usurpée durant le cours des siècles, ”?

Quand cette usurpation a-t-elle été accomplie?—IIs ne le disent pas.

Dans quel siècle l’évêque de Rome a-t- il, pour la preiicre fois, assumé sur ses collègues une juridiction universcile dont ses prédécesseurs n'avaient pas prétendu avoir le droit?—Tls ne le disent pas.

Quel a été le premier évêque de Rome qui a agi comme pape?—Ts ne le disent pas.

as

Ils ne disent rien de tout cela. Et cependant voi des faits d’une haute importance, que la plus shnple prudence aurait dû leur suggérer de mettre au jour.

Ni, durant le’‘cours des siècles, l'évêque de Rome avait osé prendre sur lui une juridiction universelle sur VE glise, que ses prédécesseurs n'avaient Jaunais eXerece. tie pareille prétention aurait assurément provoqué une pro testation générale de Ta part des autres évñques du mon de chrétien. [n'est pas raisonnable de supposer que tous seratent venus, en méme temps et d'un conan accord, S'ineliner respectueusement devant une usure tion aussi gigantesque sans faire Ta moindre opposition, sans dire le moindre mot, sans écrire une seule Hese.

Un pareil envahissement de leurs domaines respee tif aurait tout naturellement donné naissance à tit de disputes, de dissensions et de divisions, que quelques vestiges, au moins, en seraient restés quelque part ds les archives de Fhistoire.

Pourquoi ies Réformateurs n'ont-ilk pas fait appel on

témoignage de Thistoire? Pourquoi n'ont-ils pas fit parler les archives du passé? Ah! parce qu'ils savaient: très bien que cette voix n'avait rien de bon à dire en leur faveur, [ls savaient très-bien que le témoignage de histoire ne pouvait que faire pencher 1 balance du mauvais Côté. Ts se contentèrent de crier #1 usUrpat on de toutes les forces de leurs poumons. Mais quant à dire à quelle époque,” et ‘par qui? Pusurpation a tt faite, ils ferment la bouche bien serrée, His sont muets conmnie uncC carpe.

[ls ont bien raison!

Mais nous avons, nous aussi, bien raison de faire pur ler l'histoire,

Allons entendre sa voix, aussi loin, dans les temps passés, QU'A cinquième siècle.

Nous trouvons, à cette époque reculée, le pape de Rome en pleine possession de Pautorité suprême sur l’E- “lise universelle, et usant librement de cette autorité aussi souvent que son devoir de chef de l’ Eglise le lui commande,

Nous entendons le pape St. Innocent T déclarer que “toute autorité épiscopale dérive du Siége Apostolique de Rome.”

Nous voyons son successeur, le pape St. Zozime agir avec toute l'autorité de Chef suprême de l’Eglise dans li cause de Pélage et celle de Célestin,

F'en est de même du pape St. Célestin, dans la cause de Nestortus et ses disciples.

l'en est de même du pape St. Léon E'dans la cause de Dioscore, patriarche de Jérusalem.

Le pape St, Gélase LE, et après lui le pape St. Symmaque déclarent solennellement à lPempereur Anastase, qu'ilest obligé de se soumettre, en matières spirituelles, à l'autorité du chef des apôtres. (1)

Le monde catholique d'alors s'étonna-t-il de voir les papes exercer une autorité aussi vaste?

Point du tout,

Au contraire, la suprématie du pape était, non-seulement reconnue, mais hautement proclamée d’un bout à l'autre du monde chrétien; non-seulement à Rome et en Îtalie, mais à Jérusalem, en Afrique, dans les déserts de la Sybérie, en Espagne, dans la Gaule, et partout ailleurs; non-seulement par des esprits

(D Patroil Latina, Migne 56, col 42; Rhorbarchr VII, 555.

vulgaires, mais par les hommes les plus célèbres, et le plus belles intelligences; par les Patriarches aussi bien que par le bas clergé; par les empereurs aussi bien que par le peuple; par les évêques séparément aussi bic que réunis en concile, Tous n'avaient qu'une voix pour proclamer le Siége de Rome la chaire de Pierre, le roc ur lequel Jésus-Christ a bâti son Eglise; et le Pape de Rome, le Chef Suprême de l'Eglise universelle. Ton étaient unanimes à déclarer rejeté du sem de PEslix quiconque refuserait obéissance à l'autorité du successeur de St. Pierre, qu'il fût prétre. évêque, patriarche, cn possédât tout autre titre.

Passons aux preuves,

St. Cvrille, patriarche d'Alexandrie, éerivait aux Xes toriens: ‘,.. J'en appelle au témoignage du trés-sun Célestin, l'archevéque du monde entier, qui vous à ex: horté trois fois à abandonner vos erreurs. Vous avez fit la sourde oreille à ses avis. Vous avez refusé de ln obéir, Vous savez, cependant, que tous doivent obcis sance, par le droit divin, à celui qui oceupe la place de Pierre. Nous obéissons nous-même au Siége Apostoit que, comme à notre Chef Suprême." (1)

Un patriarche en possession d’un siége aussi hnportant que celui d'Alexandrie aurait-il proclamé ausi hautement la Suprématie du Pape sur toute P Eglise. « par conséquent sur lui-même, si l’évêque de Rome avait usurpé une autorité qui ne lui appartenait pas de droit divin?

Juvénal, patriarche de Jérusalem, parlant au concile d’Ephèse contre l’hérésie de Nestorius, disait: C'était le devoir de Jean, l’évêque d’Antioche, de prendre en

() In encom. in Mariam. pp. T. V. pa sv, SII.

considération ce grand coneile général, de se rendre ici sans délai, et de faire sa défense, en présence du Siége Apostolique de Rome maintenant au milieu de nous, «ur les accusations portées contre lui. C’était son devoir de montrer son obéissance à la Sainte Eglise de Rome, par laquelle celle d’Antioche doit être guidée et jugée, comme le veulent la t adition et les coutumes depuis les temps Apostoliques. (1)

St. Augustin, cette grande lumière de l Eglise au cinquième siècle, déclare solennellement que toute décision doctrinale venant de Rome doit mettre fin à toute controverse. Parlant en particulier des décisions portées par les deux conciles de Milevi et de Carthage, contre l'hérésie pélagienne, et que Pon avait envoyées à Rome pour être approuvées et confirmées par le Pape, il dit: “Maintenant que ces décisions sont revenues de Rome, approuvées par le souverain Pontife, la cause est finie. Plaise à Dieu que ce soit aussi la fin de Perreur.”? (2)

Les soixante-et-un évêques réunis au concile de Milevine voulurent pas mettre leurs décisions en force avant de les faire approuver par le Pape. ITen fut de même du Concile de Carthage, comme nous venons de le voir. Pouvait-on reconnaître plus directement la Suprématie du Souverain Pontife?

I v eut deux conciles écuméniques durant le cinquième siècle; celui d’'Ephèse sous le pape Célestin FE, et celi de Chaleédoine sous le pape Léon-le-Grand.

Ces deux conciles étaient réunis dans l'extrême Orient. Cependant ils étaient présidés par les légats du pape, venus de Rome,

(i) Actio IV.

%) Serino ITT. No. 10.

Res

Au concile d’Ephèse, Juvénal, patriarche de Jr: lem proclama la suprématie papale en présence de plis de deux cents évêques, et de l'empereur Théodose Je Jeune, qui avait été invité à assister aux délibérations Tous adhérèrent à cette proclamation. Et Nestorius fut déposé du siége de Constantinople, en vertu de l'autorité du Siége Apostolique.

Les six cent trente évêques réunis au concile de Chat cédoine étaient tous de l'Orient, à l'exception des lou du pape, Paschasius et Boniface.

Les légats de Rome insistèrent, dès le début, à ce que Dioscore, patriarche d'Alexandrie, fut exclu des ddl. bérations du concile, “parce qu'ilavait eu Paudace de célébrer un synode général sans Passentiment du Niye Apostolique, ce que n'avait jamais été permis et n'ait jamais été fait. (1) Et tous les évêques réunis donnèrent leur adhésion à cette déclaration.

A la seizième session de ce concile, Paschasius ut | sixième canon du premier concile général de Nice avc l'introduction suivante: Le SiCge de Rome a toujours crerrt la Suprématie. (2) Aucun des évêques présents ne fitole jection. |

Plus que cela, les pères de ce concile déposèrent Dics core ‘‘en obéissance à l’ordre du pape Léon 1,7 qu'ik appelèrent ‘‘le très-saint apôtre Pierre, le fondement de la foi Catholique.” Et la raison qu'ils apportèrent pour motiver cette déposition était que ‘Dioscore avait osé ri unir un concile sans l'autorité du Siége Apostolique.”

(1) Conc. Ach. I (2) Cabassatius, Notitia Eccl. p. 108.

me

Enfin dans leur lettre synodale, les Pères du concile Cadressept au pape comme à la voix autorisée de St. Pierre, et lui demandent de confirmer leurs décrets par son autorité suprême,

[n'en faut pas davantage pour montrer que le pape ctait en pleine possession de la Suprématie au cinquième idee, et que cette Suprématie était reconnue par tout le monde chrétien, depuis l'Occident jusqu’à l'extrême Orent.

Done, si la Suprématie a été usurpée, ce ne fut pas dunant le cinquième siècle. Ce ne fut pas non plus dans les iteles suivants, puisque les papes ne pouvaient usurper une autorité dont ils étaient dejà antérieurement en pos- SESSION

L'usurpation a-t-elle été accomplie durant le quatrième siècle? |

lei encore nous trouvons le Pontife romain en pleine pssession de l'autorité suprûmne. Il agit comme Chef de l'Eglise universelle. Les évêques de toutes les parties du monde traitent avec lui comme étant leur général en chef. Tous S'adressent à Tui dans leurs difficultés. Tous reçoivent ses décisions comme les décrets du etel,

St. Pierre d'Alexandrie à recours au pape Damase St. Athanase, chassé de son siége par les Ariens, en appelle au Pontife Romain Jule 1 Le pape écrit aux évêques qui avaient condamné Athanase: ‘Comment avez-vous pu ignorer que, selon toutes les coutumes et les traditions dans l Eglise, votre devoir était de vous adresser à nous, d'abord, afin d'obtenir notre jugement.”? Et l'historien grec, Sozomène, dit, à propos de cette lettres Ty avait, dans l Eglise, une loi déclarant nul tout ce qui était fait contre ou sans la sanction de l’évêque ue Rome.” ES

(1) Hist, Ecel, Sib. €. x.

Rd

St. Jean Chrysostome en appelle au Siége de Ronk comme au tribunal suprême.

St. Optat, discutant avec les Donatistes d'Afrique di. sait: ‘Vous ne pouvez nier que St. Pierre, le chef des apôtres, établit une chaire épiscopale à Rome. Cette chaire était une, afin que toutes les autres conservassent leur unité par leur union avec elle. Et quiconque refuse d'obéir à cette chaire, est coupable de schisme. Kt Pierre s’assit le premier sur cette chaire; après Jui, Mt Lin; après ce dernier, plusieurs autres à venir Jusqu'à Damase aujourd’hui régnant, par lequel toutes les éylises du monde se trouvent unies à nous dans une méme communion. (1)

St. Jérome écrivait au Pape Damuase, des déserts 4 la Sibérie: ‘Je ne veux suivre personne autre que Jésus Christ, que je trouve dans la communion avec votre Sainteté, C'est-à-dire avee la chaire de Pierre, Je sais que l'Eglise est fondée sur ce roc. Quiconque vent manger l’Agneau en dehors de cette Eglise commet une profanation. Quiconque n’est pas dans cette arche pr rira dans les flots. . .. Celui qui ne récolte pas avec vous, disperse.?? (2)

Deux conciles écuméniques s’assemblèrent dans le cours du quatrième siècle: celui de Nice, sous le pape Sylvestre [, et celui de Constantinople, sous le pape Damase [L

Nous avons déjà entendu citer par le légat du Pone au concile de Chalcédoine, le sixième canon du Concile de Nice, commençant par ces mots: Le siége de Rome

(1) De Schismate Donatist. Lib. II.

(2) Epist. XIV ad Damasum. Cp. Tom. IV.

DR | |, Pen

a toujours exercé la Suprématie.”” L'empereur Valenti-

nien, dans un rescrit contre St. Hilaire d’Arles fait allusion à cette clause comme étant une loi constante dans l'Eglise universelle, (1)

Les Pères du concile de Constantinople sont tous d'accord à reconnaître que “Pierre avait parlé par la bouche de Léon? Ts ajoutent: Nous savons tous que la Suprématie doit être reconnue avant toute autre chose, et (que, selon les canons, nous devons obéissance à l'évêque de Rome. (2)

Le concile de Sardica écrivait au Pape Jule 1, que ‘le devoir des évêques du Seigneur était de prêter obéissance au chef de l'Eglise, c’est-à-dire au Siége de l’Apôtre Pierre.”

est done bien clair que le Pape était en pleine possession de la Suprématie au quatrième siècle, aussi bien que dans les âges suivants.

Quand done la prétendue usurpation imaginée par les Rélormateurs a-t-elle été accomplie? —Durant les trois premiers siècles de lEglise?—Mais les Réformateurs euxmémes portent un respect souverain à la foi et aux pratiques de Eglise, durant les trois premiers siècles de son existence. Ts s'accordent tous À proclamer ces trois cents premières années de Eglise “Pâge d’or du Christanismie.? Ts ont prétendu ramener l’ Eglise du seizième siècle à la pureté primitive qu’elle avait durant lP6poque des persécutions alors qu’elle versait son sang par tous ses pores pour conserver intactes les doctrines

(ll Cabassatius, Notitia Eccles. p: 111.

(2} Sessio vel Actio XVI.

reeues des Apôtres. Peuvent-ils attribuer Pusurpation de la Suprématie papale à cet âge d'or? Ne serait-ce jus forcer la note un peu trop fort? Cela n’équivaudrait:il pas à dire que l Eglise a eu besoin de réforme dès le dé. but de son existence; qu’elle est sortie des mains de son divin Fondateur avec une difformité; et que di. sus-Christ, se vovant incapable d'établir une Eglise par: faite dès le coinmencement, à dû percer de son reuarn prophétique les voiles de quinze siècles pour. découvrir la horde des Réformateurs du Protestantisme vert à son aide pour donner une dernière touche à son œuvre laissée par lui inachevée?

Les Réformateurs vont-ils pousser leurs prétention aussi loin que cela?

Eussent-ils cette audace, qu'ils trouveratent encore une barrière dans le témoignage unanime du nionde chrétien, aux trois premiers siècles de PEglise, recon: naissant la Suprématie du successeur de St Pierre sur le Siége de Rome.

St. Irénée et Eusèbe éerivirent à deux époques dif rentes, et à des distances éloignées Fun de Pautre. Ce pendant ils s'accordent à donner la liste des Pontites Romains qui s'étaient assis sur la chaire de Pierre, depuis St. Pierre à venir jusqu’au temps où îls écrivirent.

St. Denis d'Alexandrie, qui mourut peu apres hi moitié du troisième siècle, se voyant accusé d’'hérésie, sir dresse au Pape Dionvsius EL, et le supplie de juger ses enseignements en sa qualité de Chef Suprême de P Eglise

St. Cyprien vecut au commencement du troisieme siècle, Il nous apprend que Cornélius avait été 6 évêque de Rome aussitôt que ‘‘le Siége de Fabien, cest à-dire le Siége de Pierre, fut laissé vacant.” (1)

(1) Epistola LV, ad Antonianum.

Een, En

Dans son traité sur “Unité de l Eglise,” le même Auteur pose comme un principe certain et généralement admis de son temps, que la Suprématie a été instituée par Jésus-Christ lui-même, comme garantie nécessaire de F'unité de son Eglise.??

L'on porta devant le tribunal de l’évêque de Rome la œuse de Paul de Samosate, pour être jugée finalement.

Fortunatus et Félix, déposés par St. Cyprien, ont recours à Rome pour faire révoquer la sentence portée con- {re CUX.

Pasilides, déposé de son siége en Espagne, en appelle a tribunal du pape St. Etienne.

St. Polvearpe de Smymne, qui vécut à la fin du premier cle, S'adressa à Rome pour obtenir une décision lnale sur une question douteuse relative à la Pâques.

St Isuace d’'Antioche, un disciple de St. Jean PEvangéliste, s'adresse à P Eglise de Rome comme étant la premicre de toutes les Eglises.

St. Jrénce déclare expressément que ‘toutes les égliset tous les fidèles de Jésus-Christ doivent obéissance 4 l'Eglise de Rome, à cause de la juridiction universelle qu'elle possède sur tout le monde chrétien.” (1)

Les Corinthiens, ne pouvant s'entendre entre eux sur taie question relative à un de leurs pasteurs, s adressèrent, jour fure trancher la difficulté, non à aucun des apôtes encore vivants, non à St. Jean alors évêque d’Ephése, nuls à St, Clément, troisième successeur de St. Pierre, sur le Siége de Rome.

St. Jean aurait-il permis que l’on regardât Clément comme possédant une autorité suprême sur tous les autres évêques, conséquemment sur lui-même, évêque d’E-

(1) Against Heresies, Book, 3, c, 7.

phèse, mais à St. Clément, troisième successeur de $t Pierre, sur le Siége de Rome.

St. Jean aurait-il permis que l’on regardât Chen comme possédant une autorité suprême sur tous les an tres évêques, et conséquement sur lui-même, évêque d’Ephèse, sil ne fût convaineu que le successeur de Kt Pierre sur le Siége de Rome avait reçu en héritage h juridiction universelle que St. Pierre avait exerece lui. même sur tous les apôtres à partir du jour de la Pete côte?

Les preuves de la pre-éminence de St. Pierre pleuvet dans le Nouveau Testament.

Les douze premiers chapitres des Actes des Apôtres montrent St. Pierre exerçant la Suprématie,

Il ne fut pas le premier appelé, puisque Jésus appek avant lui, son frère André. Cependant il est toujours nommé le premier dans la liste des noims des apôtres, Il est expressément nommé le “Premier” par St. Mathieu.

Il prend toujours la parole au nom de tous les autres apôtres.

Le premier d’entre tous les apôtres, il vit Jésus après sa résurrection.

L'ange du sépulere lui envova un message nommtment: ‘‘Allez dire aux disciples et à Pierre”?

En sortant du cénale, après la descente du Saint-Esprit, 1l agit en tout et partout comme Chef des Apôtres.

Lorsqu'il s’agit de trouver un remplaçant au traitre Judas, Pierre se lève au milieu de ses frères, décide conment l’on doit procéder, et expose les qualités qui devront caractériser le nouvel élu.

Le premier, il annonça l’Evangile aux Juifs.

Le premier, il opéra un miracle pour convaincre ceux qui ne croyaient pas.

Le premier, il reeut l’ordre, dans une vision, de précher l'Evangile non-seulement aux Juifs, mais AUX gentils,

Les autres apôtres limitaient leurs travaux à certaines bcalités déterminées, Pierre visitait l'Eglise partout— perteansiril ITU ETSOS,

[approuva les écrits de St. Paul qui s'était rendu auprès de fui précisément pour obtenir son approbation, comme il le déclare lui-même dans son Epitre aux Galite.

Lorsque Pierre est jeté en prison, toute l'Eglise est en deuil parce qu'elle est privée de son Chef visible,

Dans un concile des Apôtres À Jérusalem, il s'élève un point de controverse, Pierre parle avec autorité, Wide li question, et tous s’inelinent devant sa décision.

Dans ses Epitres, St. Pierre prend le ton de Chef suéme, et s'adresse À tous les dégrés de la hiérarchie dans un langage semblable à celui dont se servent Îles nverains Pontifes de nos jours. (T)

St. Pierre est done le premier pape, la tête de cette lngue succession de Souverains Pontifes qui aboutit à Léon XTTT glorieusement régnant.

St. Pierre exerça, le premier, eette juridiction universelle sur P Eglise de Jésus-Christ, que tous ses successers ont exercée, après lui et en son nom, à travers tous les ges,

Si done la Suprématie a été usurpée, lusurpation a été faite par St. Pierre, dès le début du Christianisme, et non dans le cours des siècles.

Or St, Pierre a-t-il été un usurpateur?

Faisons un appel aux paroles de Jésus-Christ, la

[1] 1. St. Pierre, V, ?, 3

source de toute autorité. Nous entendons le divin Fondateur de Eglise donner une autorité suprême à Pierre, en trois circonstances bien remarquables.

Dans la première, Jésus compare son Eglise à 1 édifice. I] fait de Pierre la fondation de cet édifice. “Tu es Pierre, et sur eette pierre je bâtirai mon Eglise, et le portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle.” (1)

Pierre n’était pas le nom primitif du chef des apôtres, Il s'appelait Simon. C’est Jésus-Christ lui-même qui lui donna le nom de Pierre, pour indiquer la position qu'il devait occuper dans l'édifice spirituel de l Eglise. La ton: dation d’une bâtisse supporte l'édifice tout entier. Elle lui donne sa solidité. Elle le tient debout, et l’empiche de s’écrouler. Aïnsi en est-il de Pierre dans P Eglise que Jésus-Christ a bâtie. Il est le roc qui lui sert de base, C’est lui qui tient l'édifice debout. C’est lui qui l'emprche de tomber sur lui-même et se diviser en fragments tpars. Il en est la fondation.

Jésus-Christ confirme plus tard ce premier décret lorsqu’il dit à Pierre, après avoir annoncé aux Apôtres que Satan avait formé ses plans pour les cribler eomme on crible le froment: Mais j'ai prié pour toi, Pierre, afin que ta foi ne défaille pas. Une fois fortifié dans ta foi confirme tes frères.?? (2)

Le sens de ces paroles est tellement clair, qu'il est pas nécessaire de les commenter,

Dans une deuxième ciréonstance, Notre Seigneur conrpare son Eglise à une Ville, à un Royaume, dont il

(1) Mathieu XVI, 18.

(2) Voir le texte en St. Luc, XXII, 3?

, De,

met les clefs entre les mains de Pierre, en disant: ‘‘Je te donnerai les clefs du royaume des cieux. (1)

Longtemps auparavant, le prophète Isaie avait dit, en parlant du Messie futur: ‘Je placerai les clefs de la maison de David sur ses épaules. Il ouvrira et personne ne fermera après lui. Il fermera, et personne n’ouvrira après lui.””— [Voyez le texte, au chapitre XXII, 22.]

IL est done évident que la suprême autorité que le Père Eternel à donné à son Fils, sur la terre, se trouve transmise, par le Fils lui-même, à Pierre, choisi par lui pour le représenter au sein de son Eglise.

En troisième lieu Jésus compare son Eglise à un berœil, dont il fait de Pierre le premier berger. ‘‘Pais mes agneaux; pais mes brebis.?? (2)

Les agneaux sont les fidèles. Les brebis sont les pasteurs, c’est-à-dire les prêtres et les évêques. Pierre est done chargé de conduire dans les paturages de la vérité le peuple chrétien tout entier, non-seulement les fidèles, mais les pasteurs. Il est donc le pasteur de tous, des évêques aussi bien que des autres serviteurs de Jésus- Christ,

[est donc le pasteur des pasteurs.

Il est done le Chef Suprème de toute l Eglise.

Rien de plus évident,

Done St. Pierre, dont l'autorité a été exercée, à travers tous Jes âges, par ses successeurs sur le siége de Rome, n’était pas un usurpateur. Il avait reçu le droit de juridiction universelle de Jésus-Christ lui-même.

(1) Mathieu XVI, 19.

(2| St. Jean, XXI, 15, 17.

Donc la Suprématie du Pape est d'origine divine.

Donc elle appartient à l'essence même du Christin nisme.

Donc elle n’est pas un scion d'origine humaine ref sur l’arbre divin planté par Jésus-Christ, mais elle ct plutôt le trone même de cet arbre.

Done les Réformateurs en renonçant à Folie due au Souverain Pontife, ont tenté de renverser une institution essentielle au système chrétien.

Donc ils ont déformé Y Eglise au lieu de la réfornes

Page 1