‹ Le protestantisme au pilori [microforme]Chapitre 21 sur 24 · Cérémonies du culte · texte numérisé non relu

Cérémonies du culte

La Réforme protestante a rejeté les cérémonies en usage dans l Eglise. Elle se moque surtout des cérémones observées par le prêtre durant le saint sacrifice de ki messe, Elle les appelle une pantomine.

Or les cérémonies religieuses sont non-seulement dictées par la raison, mais ont été commandées par Dieu, observées par Jésus-Christ et par les Apôtres et leurs successeurs à travers tous les âges.

La raison nous dit que, Dieu étant notre Maître absolt, nous lui devons le culte de notre être tout entier, de notre corps aussi bien que de notre âme.

Dieu est le créateur de toutes les choses visibles et invisibles, JT a donc droit de recevoir de tous les êtres à qui il a donné l’existence, une sorte d'hommage conforme à la nature de chacun.

Or il‘ y a trois espèces d'êtres dans la création: des êtres purement spirituels, des êtres purement matériels, et des êtres composés de corps et d’esprit.

Les Anges sont de purs esprits. [ls rendent à Dieu un culte purement spirituel. |

Le soleil, la lune, les ‘toiles, et tout ce qui appartient au monde inanimé, rena.nt à Dieu une sorte d’hommage purement extérieur. Car nous lisons en Daniel: “Soleil et lune, hénissez le Seigneur. Etoiles du firmament, bénissez le Seigneur, louez-le, et relevez sa souveraine grandeur dans tous les siècles”? Et les astres louent le Seigneur en obéissant à l'impulsion qu'il leur a imprimée dès le commencement, en accomplissant leurs révolutions régulières pour lP harmonie du monde visible,

L'homme participe à la nature des anges par son âme, et à la nature du monde matériel par son corps. [est donc juste qu’il rende à Dieu un double culte, intérieur et extérieur. S’il rend à Dieu un hommage purement intérieur ou spirituel, la partie matérielle de son être fera exception à la glorification universelle faite à Dieu par la création. Cela ne doit pas être.

L'expérience, d’ailleurs, nous apprend que le culte mtérieur et le culte extérieur, bien que distinets l'un de l’autre, ne peuvent être séparés dans la vie présente. La véritable piété ne peut, demeurer cachée dans le sanetuaire intérieur de l'âme. Elle demande à se manifester. Et elle se manifeste nécessairement par les pratiques extérieures de religion. De même que le feu ne peut brûler sans jeter la flamme et la chaleur, de même aussi le feu de la dévotion ne peut brûler dans l'âme sans rejaillir sur la physionomie extérieure. L'absence de ce reflet extérieur est une indication certaine du défaut de dévotion intérieure.

Sans doute, l’essence de la piété ne consiste pas dans ls formes et observances extérieures. Mais celles-ci en sont le préservatif nécessaire, Le fruit d’un arbre ne consite pas dans l’écorce et les feuilles. Cependant vous ne trouverez aucun fruit sur un arbre dépourvu d’écorce et defeuilles, Vous ne perdrez jamais votre temps à chercher des pommes sur un pommier sec. Il en est de même du fruit de la piété. IT ne consiste pas dans les observances extérieures; mais il n'existe pas sans elles. L'homme ctranger au culte extérieur est un figuier sec. Le fruit de k piété ne se trouve pas IÀ. Voilà l’enseignement de l'expérience, La raison et l'expérience s'accordent de plus avec Pordre de Dieu.

Dieu, qui certainement doit s y entendre, a jugé les observances extérieures de religion tellement nécessaires, qu'il à lui-même, sous Pancienne loi, règlé tous les déts du cérémonial que son peuple choisi devait suivre. le Lévitique n’est autre chose qu’un rituel minutieux.

Jésus-Christ, durant sa vie mortelle, n’a pas laissé de coté les formes extérieures, Il tomba la face contre terre au jardin des oliviers. IT fit une bénédiction sur le pain et sur le vin à la dernière cène. Lorsqu'il guérit un sourd ctnuet, 11 mit son doigt dans son oreille et toucha sa lingue de sa salive, et prononça ces paroles: ‘‘ouvrezvous. ”? La grande œuvre qu’il était venu accomplir en ce monde—la rédemption du genre humain— a été faite par l’action réunie de son corps et de son âme. Il ne s'est pas contenté de faire un acte intérieur de contrition, où de s’humilier dans l’intérieur de son âme devant Son Père Eternel, en lui demandant pardon pour les péchés, des hommes; mais il a permis que l’on portât la main sur son corps sacré, qu’on le trainât à travers toutes les

humiliations de la Passion, qu’on le flagellât cruellement et qu'on le clouât sur la croix.

L’ Apôtre St. Jacques ordonne, lorsqu'il y a un malade dans une maison, de faire venir le prêtre pour lui donner l’onction sainte.

Les successeurs des Apôtres, dans tous les siècles. ont observé un cérémonial dans l'administration des sacre. ments. Les sacramentaires des premiers siècles en donnent les détails.

L'homme qui se moque des cérémonies religieuses se moque done de ce qui est prescrit par la raison, suggéré par l'expérience, commandé par Dieu, sanetionné par conduite de Jésus-Christ, des Apôtres et de leurs succes seurs durant tous les siècles. Un pareil rieur 1e peut être qu’un sot.

Et pourquoi trouverait-on étranges les cérémonies de l'Eglise? Ne fait-on pas usage d’une grande variété de cérémonies, dans les relations sociales, chez toutes les nations civilisées? N’est-il pas tout-à-fait naturel pour l’homme d'exprimer par des signes extérieurs les sentiinents de son âme? Pourquoi deux amis en se rencontrant se donnent-ils la main? Pourquoi ôtez-vous votre ehapeau sur la rue, et faites-vous un salut, en rencontrant une dame de votre connaissance? N’est-ce pas pour t6moigner par ces cérémonies extérieures, des sentiments intérieurs de votre âme? Pourquoi alors trouver étrange qu’un chrétien s'incline devant Dieu, dont il est toujours en la sainte présence?

Pourquoi trouver étrange que le prêtre à l'autel, étant tout près de Jésus-Christ réellement présent dans la suinte Eucharistie, s’incline à différentes reprises, et pose souvent le genou en terre, en reconnaissance de Sa

divine Majesté? Les Protestants gardent précieusement ls portraits de leurs parents on amis défunts. Ils les tiennent accrochés au mur, dans l’intérieur de leur maison, afin de pouvoir jeter souvent les yeux sur la ressemblance des personnes qui leur sont chères. Parfois même ils parlent à ces portraits, c’est-à-dire aux personnes qu’ ils représentent. Celarse voit tous les jours. Pourquoi alors trouver étrange que le Catholique aime à voir, soit dans l'Eglise, soit dans sa maison, l’image de Jésus, de la Sainte Vierge et des Saints, ses meilleurs amis?

Le Protestant rie en voyant le Catholique faire sur lui le signe de la croix. Il appartient peut-être à une ou plusieurs de ces sociétés secrètes, dont les membres font usage de certains signes plus où moins ridicules, pour se reconnaître entre eux. Pourquoi ne pas rire de ces signes? Le signe de la croix est la marque qui distingue le chrétien des paiens. A coup sûr, il ne perl rien À être comparé aux signes des franc-maçons, ou autres sociétés se- CTCtes,

Dans les réunions de gens bien élevés, soit à une «oirée, soit à un diner, combien de cérémonies n’emploiet-on pas sans cesse, en arrivant, en partant, en demandant où présentant quelque chose, au salon ou à table; en mvitant à chanter ou à jouer sur le piano, en faisant un compliment aux dames; en un mot, dans ces milles petits offices qui font le charme de la bonne société? Ce que l'on appelle P étiquette n'est-il pas un véritable rituel, que toute personne de bon ton se fait fort de bien connaître?

Qu'un homme vienne se moquer des règles de Pétiquette suivies par les gens de bonne éducation et il sera de suite mis de côté. On ne voudra avoir avec lui aucune relation sociale. On se gardera bien de mettre son nom sur la liste des invités. Et on fera bien.

Eh! bien, l’homme qui se moque de l'étiquette chi. tienne, c’est-à-dire des cérémonies observées par l'Eglise de Jésus-Christ, mérite d’être rejeté comme non avenu, Il n'est pas un chrétien. |

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