‹ Le Protestantisme comparé au Catholicisme dans ses rapports avec la civilisation Européene (volume 2)Chapitre 37 sur 55 · ROT · texte numérisé non relu

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» L'estime qui environna lea métiers à Barcelone depuis (¡iir la police corporative 1rs en! constitués en corps uatiouaarx, agents de I économie publique, lit naître la louable el utile coutume de perpétuer ces métiers dans les mêmes familles. Lu effet, le peuple ayant appris que sans sortir de sa classe ¡1 pouvait conserver le respect el la considération dus aux citoyens utiles et honorables , ne désira plus d'en sortir et n'eut plus honte de sa situation. Lorsque les métiers* sonl honorés, ce qui est une conséquence de lastabilitéel de la propriété civile des corporations , ils deviennent naturellement héréditaires : or, l'avantage qui resulte pour les artisans el les arts de cette transmission des métiers est si notoire et si réel, qu'il . il inutile d'en spécifier ici ou d'en faire valoir les salutaires effets. Cette démarcation el cette classification des métiers eurent le résultai que plusieurs arts devinrent des propriétés sùrespoor eeux qui les embrassèrent'. De là vint la propension des peres a transmettre leur métier à leurs (ils; il se forma ainsi une masse indestructible d'industrie nationale qui couvrit d'honneur le travail, en implantant des mœurs solides et homogènes , pour ainsi parler , dans le sein du peuple artisan.

» Une chose a Barcelone contribua encore davantage à faire honorer les arts mécaniques , non-seulement à les l'aire honorer plus que dans la généralité de l'Espagne , mais même plus tpie dans aucune république ancienne ou moderne; ce lut l'admission des corps de métiers dans la matricule des charges municipales de cette Cité comblée de régales el d'extraordinaires prérogatives d'indépendance. Aussi vit-on la noblesse.

cette noblesse gothique, pourvue de hauts domaines, aspirer

a être incorporée avec les ouvriers dans Y Ayuntamiento, pour y remplir les emplois et les suprêmes honneurs du gouvernement politique , qui , pendant plus de cinq cents ans, se continua a Barcelone sous une forme et avec un esprit réellement démocratiques » Tous les offices mécaniques sans distinction ni exclusion

odieuse , méritèrent d'être declares habiles à Composer le conseil consistorial des magistrats : tous eurent \oix et rote parmi les [teres Conscrits qui représentaient celle ville, la plus privilégiée peut-être qu'il veut dans le monde, une des plus renommées par Ses lois , SOn pOUVOir et son opulence, une des

plus respectées qui existât au moyen âge parmi les düfiéren-

(<z) Consoliez l'Appendice dea Notes, numéros -2N <-t 50; vousy verrez de quelle considération et de quel pouvoir jouissait dans un autre temps U ville «if Barcelone, par le mojen des magistrats municipaux qui la

représentaient sous le nom vulgaire de Conseillers.

tes républiques et monarchies de l'Europe, de l'Asie , de l'Afrique (a).

» Ce système politique et cette forme municipale de gouvernement était semblable à ce qui régissait au moyen âge les principales villes d'Italie, d'où la Catalogne emprunta plusieurs usages et coutumes. Cènes, Pise , .Milan, Pavie, Florence , Sienne et d'autres villes avaient un gouvernement municipal composé des chefs du commerce et des arts, sous le nom de Consuls, Conseillers, etc. Priores artium , tel fut le nom d'une forme populaire de gouvernement électif, distribué dans les différentes classes de citoyens, sans en exclure les artisans qui au treizième et au quatorzième siècle se trouvaient dans L'état le plus florissant , formant la partie la plus considérable de la population , et par conséquent la plus riche, la plus puissante , la plus indépendante. Cette liberté démocratique, outre qu'elle fixa l'industrie dans les villes d'Italie, communiqua un singulier honneur aux professions mécaniques. Le grand conseil de ces villes ('lait convoqué à sonde cloche, et le peuple artisan se divisait sous les bannières ou les gonfalons de ses métiers respectifs. Telle fut aussi la constitution politique de Barcelone depuis le milieu du treizième siècle jusqu'au commencement du siècle présent.

» En présence de ces faits, y a-t-il donc lieu de s'étonner que les arts et les artisans à Barcelone conservent encore de nos jours une estime et une considération inaltérables; que l'amour pour les professions mécaniques y soif devenu comme héréditaire; que la dignité et la bonne opinion de soi-même aient fini par y être traditionnelles jusque dans les dernières générations, ou les coutumes des aïeux sont restées transmises par lit succession de l'exemple, après même l'extinction des motifs politiques d'où ces coutumes tin ¡'eut leur [tremiere impulsion ? Plusieurs corps de métiers conservent encore dans les salles de leurs juntes les portraits de leurs membres qui obtinrent jadis les premiers emplois de h; république. Cette louable pratique n'a-t-elle pas dû graver dans la mémoire des membres du corps toutes les idees d'honneur et de considération conciliables avec l'office d'artisan ? A coup sûr la forme populaire de l'ancien gouvernement des barcelonais devait

(a) On trouve dans le recueil diplomatique île ces Mémoires une multitude do lettres et autres documents prouvant les rapports directs et mutuels qui existaient éntrela cité de Barcelone et les empereurs d'Orient, d'Allemagne, les soudans d'Egypte, les rois de Tunis, de Maroc , divers monarques et diverses republiques ou autres grandes puissancesde l'Europe.

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