‹ Le protestantisme comparé au catholicisme dans ses rapports avec la civilisation europénnne;Chapitre 29 sur 84 · DEUX SORTES DE DEMOCRATIE · texte numérisé non relu

DEUX SORTES DE DEMOCRATIE

Il y a dans l'histoire de l'Europe ou fait capital y insigné à chaque page et encore -visible de nos urs : c'est la marche parallèle de deux démocraties ai, parfois semblables en apparence, ont en réalité œ nature, une origine et un but fort différents, 'une est basée sur la connaissance de la dignité de homme et du droit qui lui appartient de jouir 'une certaine liberté conforme à la raison et à la istice. Ayec des idées plus ou moins claires, plus u moins uniformes sur la yéritable origine de la odété et du pouvoir, celle-ci en a du moins de fort ieltes, de fort précises touchant le yéritable objet et a fin de l'un et de l'autre : que le droit de commanleririenne directement, immédiatement de Dieu, yu qu'on le suppose communiqué primitivement ^ la société, puis transmis à ceux qui gouvernent , ^ constante opinion est que le pouvoir existe pour le bien commun, et que, s'il ne dirige pas ses actions '^eps ce bien, il dégénère en tyrannie.

les privilèges, les honneurs, les distinctions, sont approchées par elle de cette pierre de touche, le m. 14

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bien commun : ce qui est contraire à ce bien, est rejeté comme nuisible ; ce qui n'y sert pas, est élagué comme superflu. Les seules choses qui aient une yaleur réelle, digne d*étre prise en considération dans la distribution des fonctions sociales, sont à ses yeux le savoir et la vertu ; elle réclame qu'on les cherche pour les élever au faîte du pouvoir et de l'honneur ; elle les veut aller chercher jusqu'au sein de l'obscurité la plus profonde. Le noble qui, fier de ses titres et de son blason, vante les hauts faits de ses aïeux sans savoir les imiter, est à ses yeux ridicule ; c'est un honime qu'elle laissera jouir de ses richesses pour ne point blesser le droit sacré de propriété, mais à qui elle ôtera par tous les légitimes moyens l'influence qu'il pourrait tirer de la noblesse de son sang. Enfin, si la noblesse, la naissance, les richesses obtiennent de sa part quelque considération, ce n'est point à cause du mérite intrinsèque de ces avantages, mais parce que ce sont autant de signes qui font présumer une éducation plus accomplie, plus de savoir, plus de probité.

Cette démocratie, qui place au plus haut d^é la dignité de l'homme, qui rappelle les droits sans oublier les devoirs, s'indigne au seul nom de tyrannie; elle hait la tyrannie, la condanme, la repousse, s'occupe perpétuellement de trouver le moyen le plus propre à la prévenir. Sage et calme, comme il convient à la raison et au bon sens, elle s*arrange fort bien de la monarchie ; mais on peut assurer que son désir, en général, a été que les lois du pajs

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