DEUX SORTES DE DBMOCBÀTIB
Missent une borne aux excès des rois. Elle a compris que recueil contre lequel la royauté courait fe risque de se briser, était l'excès des contributions imposées au peuple. Sa pensée favorite, qu'elle n'a jamais abandonnée, lors même que cette pensée ^t impraticable, a été de restreindre les facultés illimitées du pouvoir en matière de contributions. Une autre pensée Ta dominée : celle d'empêcher que la volonté de l'homme ne prévalût dans l'application des lois; elle a désiré constamment d'être assurée que la volonté n'usurperait pas la place de la raison. Cet universel désir s'est communiqué aux mœurs européennes ; les monarques les plus absolus n'ont pu refuser d'y donner satisfaction. Ainsi, on a toujours vu autour du trône des conseils dont l'existence se trouvait garantie par les lois ou par les coutumes nationales. Ces conseils, à la vérité, ne pouvaient conserver en toutes circonstances l'indépendance dont ils avaient besoin pour remplir complètement leur objet, mais ils ne laissaient pas de produire un grand bien : leur existence seule était ine protestation éloquente contre l'injustice et l'ar- )itraire; c'était une personnification de la raison et le l'équité. De là vient aussi que les souverains en Surope n'exercent point la faculté de juger par euxnêmes, différents en cela des princes asiatiques. Les ois et les mœurs de l'Europe repoussent énergiquenent cette faculté aussi funeste au peuple qu'au nonarque ; le seul récit d'un semblable attentat souèverait l'indignation publique.