‹ Le protestantisme comparé au catholicisme dans ses rapports avec la civilisation europénnne;Chapitre 33 sur 84 · DU RÔLE DU CLERGÉ DANS LA LUTTE ENTRE LES TROIS ÉLÉMENTS SOCIAUX · texte numérisé non relu

DU RÔLE DU CLERGÉ DANS LA LUTTE ENTRE LES TROIS ÉLÉMENTS SOCIAUX

Dans un moment où les trois éléments de gouve^ nement dont nous avons parlé, la monarchie, l'aristocratie, la démocratie, se trouvaient en présence, tels que des rivaux dans la lice , le moyen le plus assuré de faire prévaloir le premier de ces éléments à l'exclusion des autres, était de précipiter l'un (te

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ceux-ci dans la voie des excès : on rendait ainsi nécessaire la création d'un centre d'action unique, puissant, libre de toute entrave , capable de mettre un frein aux dérèglements.

Précisément l'élément populaire se trouvait alors en une situation pleine d'espérances , mais environ née de dangers ; afin de conserver l'influence acquise et d'accroître son ascendant , il lui fallait observer des égards et une circonspection extrêmes. A cette époque, le pouvoir royal était déjà très-fort ; comme il avait obtenu une partie de sa force en prenant le parti du peuple dans les luttes contre les seigneurs, ce pouvoir se présentait comme le protecteur-né des intérêts populaires. Assurément ce titre lui appartenait à divers égards; il n'en était pas moins vrai que les rois pouvaient mettre largement à profit une pardUe circonstance pour étendre leur autorité aux dépens des droits et des libertés des peuples.

Un germe de division existait entre l'aristocratie et les communes : cette division fadlitait les entre-

prises de la royauté contre les droits des seigneurs, la multitude applaudissant à toute tentative de ce gem^. Mais, en revanche, la royauté pouvait compter sur l'appui des seigneurs toutes les fois qu'il serait question de faire courber au peuple sa tête, déjà si fière ; et, dans ce cas , si le peuple s'emportait, s'il adoptait des maximes subversives de l'ordre public , rien ne pouvait empêcher le monarque de lui imposer un frein. Les seigneurs, assez puissants pour cela, n'auraient pas manqué de rdiiser au peuple

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leur appui. Le peuple était pour ea\ un adversaire qui ks avait souvent bumiiiës, qui leur disputait leur» dernières prérogatives. Les seigneurs, en diib pareille conjoncture, devaient naturellement soutenir les rois ; ils devaient mettre à profit la fausse direction imprimée au mouvement populaire, pour venger leurs propres griefs sous le voile de l'intérâ publie.

Le peuple comptait plusieurs moyens de défeose; mais, s'il venait a s'isoler, à se mettre en opposition avec le trône , aucun de ces moyens ne se trouvait assez puissant pour qu'il s'en pût promettre la victoire. Les lumières n'étaient plus le patrimoine exclasif d'aucune classe; néanmoins les connaissances u'aToient pas eu encore le temps de se répandre an point de former une opinion publique uapablc d'exercer une inllueiicc directe sur les affaires de l'État. Ij'imprimerie avait coiiimencé à donner ses fruits, mais elle ne s'était point développée de façon à communiquer aux idées ce degré de mobilité et de rapidité qu'elles ont acquis par la suite. Eu dépit des efforts qui se faisaient pour favoriser la diffusion des lumières, il suffit d'avoir une idée du caractère des connaissances à cette époque pour demeurer convaincu qu'elles n'étaient propres ni par le fond ni par la forme à devenir, d'une manière tant soit pen générale, le partage des classes populaires.

Grâce au développement des arls et du commerce, il se formait, il est vrai, uu nouveau genre de richesse qui, ualurellement, devait litrc le patrimoine du peu-

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