‹ Le protestantisme comparé au catholicisme dans ses rapports avec la civilisation europénnne;Chapitre 36 sur 84 · CHAPITRE LXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXV

DES DOCTRINES POLmQUES AVANT L APPARmOHÎ DU

La science politique la plus mod^Tie se vante de ses progrès en matière de gouvernement représentatif ; nous l'entendons continuellement dire que Técole où les députés de l'Assemblée Constituante f avaient puisé leurs leçons, ne comprenait rien aux ' constitutions politiques. Or, si nous comparons les doctrines qui dominent aujourd'hui avec celles de l'école qui l'a précédée, quelle différence trouverons-nous entre elles? sur quels points sont-elles en dissidence? de quel progrès a-t-on le droit de se vanter ?

L'école du dix-huitième siècle avait dit : « Le roi est l'ennemi naturel du peuple, détruisons absolument son pouvoir, ou du [moins restreignons-le, limitons-le de telle façon qu'il n'apparaisse plus que les mains liées , au faîte de l'édifice social, uniquement investi de la faculté d'approuver ce qui sera décidé par les représentants du peuple. ,»

BTAT POLITIQUE AYANT Ut PBOTBSTANTISMB. t6T

Que dit Fécole modenie, qiii«e targne d'avoir mis à profit les leçons de rexpérience, d'avoir frappé joste au point marqué par la raison et le bon sens? « La monarchie, dit-elle, est une véritable nécessité pour les grandes nations européennes ; quoi qu'il en soit des essais tentés en Amérique, il faut à ces essais l'épreuve du temps ; d'ailleurs, ces tentatives ont été Mtes dans des circonstances fort différentes de celles où nous nous trouvons : elles ne sauraient être imitées par nous. Le roi ne doit point être regardé comme l'ennemi du peuple, mais comme le père du peuple ; au lieu de l'exposer aux regards les mains liées, il faut le présenter environné de pouvoir, de grandeur, de majesté ; sans quoi la royauté ne remplirait pas les hautes fonctions qui lui sont confiées. Le roi doit être inviolable, non d'une inviolabilité purement nominale, mais véritable, effective; sous aucun prétexte, il ne doit être permis de l'attaquer. Il faut que le monarque soit placé dans une sphère supérieure au tourbillon des passions et des partis ; tel qu'une divinité tutélaire, entièrement étranger à toute vue mesquine, à toute basse passion, il doit être comme le représentant de la raison et de la juslice. » — « Insensés, dit cette école à l'école adverse, mieux vaudrait n'avoir point de roi que d'en avoir on tel que vous le voulez. Chez vous, le monarque sera infailliblement l'ennemi-né de la constitution ; car, à chaque instant, cette constitution l'embarrassera , l'enchaînera, l'humiliera. »

Mettons maintenant en parallMe ces progrès de la

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