‹ Le protestantisme comparé au catholicisme dans ses rapports avec la civilisation europénnne;Chapitre 62 sur 84 · U BOTES · texte numérisé non relu

U BOTES

IVOTK 5, PAGE IG3.

J'ai dit (|iielqui-s mois de ropiaion de D. Félix Âmilj archcvAqiiu de pHlnijro, par rapport à l'obéissance qid esl due aux gouveriiKments de fait. J'ai observé que W principes de cel écrivain , outre qu'ils sont fauï, soiA Éminemment contraires aux droits des peuples. L'arche* vi!<jiie de Puimyie se préoccupa probablement de décou* vrir une maxime à laquelle il fût possible de se confop' mer dans toutes les circonstances. Il redoutait l'obsciiril^ la conftision qui se mettent dans les écrits dès qu% •'agit di! définir la légilimîté en im cas donné ; il vouM remédier au mal j mais, selon moi, il l'a extraordioairO^ ment aggravé. Voici comment il expose sou opinion l'ouvroge intitulé Idée de l'Église militante, chap, ur^ •rt.»: *^

« Plus je n'IliVhis sur les diffJLTilti's que jn vipiisd'indiqiier, plus je vois qu'il est impossible de les résoudre, mciiie celles qui sont anciennes, avec quelque certitude; or, il est encore plus impossible d'en tirer quelque lumière pour résoudre celles qui se forment aujourd'hui par la lullc entre l'esprit dominant d'iu subordination vis-jt-vis de celui qui gouverne, et l'effort contraire qui se fitit pour borner de plus eu plus la liberté civile de celui qui obéit. Prenant pour jalons les iwints divers elles notions que je riens d'établir relativement à la suprême puissance de toute société l'érilablement civile, il me semble qu'au lieu de perdre notre temps dans des discussions spéculatives, il jjourra être utile de proposer une maxime pratique, juste et opportune, pour conserver la tranquillité publique, spécialement dans les royaumesou républiques chi-éliennes , pour faire en sorte de la réta-

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blir ou de la consolider après qu'elle a été troublée ou : anéantie.

c Maxime. On ne peut mettre en doute la légitinilté de : Fcbligation qu'ont tous les associés, d'obéir à un gouvernement qui se trouve établi de fait , avec certitude, en une société civile quelconque. On dit établi avec certiiade, parce qu'il ne s'agit point d'une invasion ou occupation passagère en temps de guerre. Cette maxime donne lieu à deux conséquences : i^ prendre part à des émeutes ou rassemblements de gens qui s'adressent aux autorités constituées pour les obliger à décréter ce que cellesci ne croient pas juste, est toujours une action contraire à la droite raison naturelle, toujours illégitime, réprouvée parla loi naturelle et par la loi de l'Évangile; 2^ les membres individuels de la société qui se réunissent et prennent les armes, en petit nombre ou en grand nombre, pour rassembler des forces matérielles et combattre le gouvernement établi, commettent toujours une véritable rébellion, la plus contraire à l'esprit de notre divine Beligion. »

Je ne répéterai point ici ce que j'ai déjà dit touchant la fausseté, les inconvénients et les dangers d'une semblable doctrine ; je me contenterai d'ajouter que , par cela seul qu'il s'agit d'un gouvernement simplement établi de fait, il est contradictoire de lui accorder le droit de commander et de se faire obéir. Si l'on disait qu'un gouvernement établi de fait est tenu, tant qu'il existe, de défendre la justice, d'éviter les crimes, d'empêcher la dissolution de la société, on n'avancerait que des vérités vulgaires, reconnues de tout le monde, que personne ne nie; mais ajouter qu'il est illicite, contraire à notre divine Religion de se réunir, de rassembler des forces afin de combattre le gouvernement de fait, voilà une doctrine

qaa les Ibéologiens catliuliquvs ti'opl j»m;«îs professfe, (|iii n'a }ftiii;iis Hé ii(l[ni.'<G (irtr la vrnie iihilosophîe «L i^VI tes peuples n'ont j»niiùi |iMlH|iive.

ISOTB 9, PAQE 183.

J'insSrc ici qiielriucx passngcs rcmaiïiiiableii Ams les; quelti siÛDt Thomfts, Suarez, Beltai-miri, expliquent [aiiiopiaions touchant l«s différends qui peuvent siinciûj enlTG \es gouTernanls et les gouvernés.

iv rappelle qu'il ne s'agit pas tant d'examiner ici ju»^ qu'à quel point telles ou telles doctrines peuvent èlt^ vraies, que de savoir quelles doctnnes ont été profe>!séa^ aux tcnqis dont nous parlons, quelle a été l'opininn dei docleurs les plus disUn^ués loudiant les diilioiles questions dont il s'agit.

(î. 2.Q. il. art, 2° iil Ifrlium. — Utniniscdilio sit scinpcr peccaluB morl:,lef)

3. Arg. LauJaiititr qui raullitudincm a potestate lyrannica lilierant, scU lioi; non de fucili potest ficrisiue aliqua dîssensionc multiludinis , duin una pars muUiiudinis nitilur relinere tjrannum , alia vero nititor emo abjicerc : ergo sedilio potest fieii sine peccato.

Ad tcrtiuin dicciidum, qnod rcgiincn lyrannicum non est justum, qui;i non ordinalur ad honum commune, sed adbomim privalnm regcntis, ut palet per Phîlosoplium ; et ideo iierluibalio liujus rcgiminis non tiabet rationem seditionis, nisi forte quando sic inordinate perturbatur lyranui regimen, quod multitudo subjecta majus detriracnlum palitur ex perturbulione consequenli quam ei

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