SUAREZ
(Disp. 13. De Bello. Sect. 8. — Utrum seditio sit intrinsece mala?)
Seditio dicitur bellum commune iutra eamdem Rempublicam , quod geri potest , vel inter duas partes ejus , vd inter Principem et Rempublicam. Dico primo : Seditio inter duas partes Reipublicse semper est mala ex parte aggressoris ; ex parte vero defendentis se, justa est. Hoc secundum per se est notum. Primum ostenditur : quia nulla cernitur ibi légitima auctoritas ad indicendum bellum; haec enim residet in supremo Principe, ut vidimus sect. 2. Dices : Interdum poterit Princepseam auctoritatem concedere, si magna nécessitas publica urgeat. At tune jam non censetur aggredi pars Reipublicse, sed Priaceps ipse ; sicque nulla erit seditio de qua loquimur. Sed» quid si illa Reipublicae pars sit vere offensa ab alia, neque possit per Principem jus suum obtinere ? Respondeo, non posse plus efficere , quam possit persona privata, ut ex superioribus constare facile potest.
Dico secundo : Rellum Reipublicae contra Principem , etiamsi aggressivum , non est intrinsece malum ; habere tamen débet conditiones justi alias belli , ut honestetur. Conclusio solum habet locum, quando Princeps est tyrannus; quod duobus modis contingit, ut Gajet. not. 2. 2. q. 64 articulo primo ad tertium : primo, si tyrannus sit quoad dominium et potestatem : secundo, solum quoad regimen. Quando priori modo accidit tyrannis, tota Res* publica, et quodlibet ejus membrum, jus habet contra iUum ; unde quilibet potest se ac Rempublicam a tyrannide vindicare. Ratio est : quia tyrannus ille aggressor est, et inique bellum movet contra Rempublicam, et sin-
BELARMINUS.
Le Romano Pont, (Lib. V, cap. vu.)
TeBTIA BiXIO.
Non licet Ghristianis tolerare Begem infidelem, aut hsereticum, si ille conetur pertrahere subditos ad suam hœresim vel infidelitatem ; at judicare, an Bex pertrahat ad haeresim, fîecne, perlinet ad Ponlificem cui est commissa cura Religionis : ergo Pontificis est judicare , Begem esse deponendum vel non deponendum.
Probatur hujus argumenti propositio ex capite %1 Deuter., ubi prohibetur populus eligere Begem qui non sit de fratribus suis,id est, non Judseum, ni videlicet pertrahat Judseos ad idolatriam ; ergo etiam Christiani prohi^ bentur eligere non Ghristianum. Nam illud praeceptum moraleest^etnaturali sequitate niiitur. Bursum ejusdem periculi et damni est eligere non Ghristianum, et non deponere non Ghristianum ut notum est : ergo tenentur Christiani non pati super se Begem non Ghristianum ^ si ille conetur avertere populum a iide. Adde autem istam conditionalemi propter eos Principes infidèles, qui babuerunt donûnium supra populum suum, antequam po-« pulus converteretur ad fidem. Si enim taies Principes non conentur fidèles a fide avertere , non existimo posse eos privari suo dominio; quanquam contrarium sentit B, Thomas in 2, 2, qusBSt. 10, art. 10. At si iidem Principes conentur populum a fide avertere, omnium conseosu possunt et debent privari suo dominio.
Quod si Christiani olim non deposuerunt Neronem et Diocletianum, et Julianum Apostatam^ et Yalentem Arianum^ et similes, id fuit quia deerant vires temporales
a jndioe Oirilli pens- '*^aBitKin]iiAoaiooiwtîtmpoliianiBt,ilig( 11^^ et Re^iniptsr eamdem CHnam, a nm
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^priiatk. Ules d. la ^^:He^ adesËiHiilniDtaloiOMnpoiiitiir oiti(.B ^f^tia idem docet, imi qmi HienÀoam Bcde idak- ^j^, uunmaetiaiiingiâiNneoiAiuio îdpb eelai
ll^tonlino, Qoitbat flda Q «t Ariadi mit Eilinicismiis, et in AngUa nostris laaporibiis iDleHenriai.ot |'05leaEduardo,totumregi]uma&i]e modo aposLiUvit, régnante Bfaria itenim (otom a ail Ecctesiam rediit, régnante Elisab^ , itemm e cc^it Calvinismus, et vera exnlare Rdifio. f At non leneiiUir Christiani, imo nec debent cnm eri' Kti periculo Beligioni8,lolaareRegeininfidelan.Kiia kndo jus divinum tt jos humanmn pu^nant, debA serra Jus divimuu, otiii^so humano ; de jnre autem divino IserrareTeram GdcmetRelîgïonem, quae una tantuin UMoa multa^, de jure autem humano est quodliuncant ■ habeamus Regera.
nique, ciir non potest Uberari pqMilus fîdelis a jugo iJIÎDfidelis et perti'ihentis ad infidelit^em , si conjux ~ "ber est ab obligatione manendi cum conjuge infiuido ille non vult manere corn coajuge Chiîstiana
KIOTBS. 441
sine injuria fîdei?ut aperle deduxit ex Paulo 1, ad Cor. 7, Innocentius Ilï, cap. GaudemuSy exlr. de divortiis. Non enim minor est poteslas conjugis in conjugem , quam Régis in subditos, sed aliquando etiam major*
Écoutez maintenant le langage du P. Marquez, en Espagne, aux temps dits du despotisme. L'ouvrage du P. Marquez intitulé, El Gobernador cfistiano (le Prince ou le Magistrat chrétien) y n'a point été un de ces livres obscurs qui circulent loin de la lumière ; il eut un tel succès, qu'on en fit plusieurs éditions , tant en Espagne qu'à l'étranger. J'en donnerai ici le titre complet; j'ajouterai une note des éditions qui en ont été faites à différentes époques , en divers pays, en différentes langues, note placée dans l'édition de Madrid de 1773 :
« Le Magistrat chrétien ( El Gobernador cristiana 9) d'après la vie de Moïse , chef du peuple de Dieu ; par le R. P. M. J. R. Jean Marquez, de l'ordre de Saint-Augustin , prédicateur de S. M. le Roi D. Philippe III, qualificateur du Saint-Office de l'Inquisition , et professeur de théologie du soir de l'Université de Salamanque. Nouvelle et sixième édition, avec permission. Madrid, 1773.
« Le Magistrat chrétien , composé sur les instances et en l'honneur de S. Exe. M. le duc de Feria , a vu la pre* mière fois le jour à Salamanque, dans l'année 1612 ; la seconde fois dans la même ville l'an 1619; la troisième fois à Alcala, l'an 1634 ; enfin la quatrième fois à Madrid , l'an 1640. Il a été imprimé la cinquième fois hors d'Espagne» à Bruxelles, l'an 1664. Parmi toutes les œuvres écrites chez nous en ce genre, celle-ci est l'œuvre maîtresse.
a Le P. Martin de Saint-Bernard, de l'ordre de Qteaux, traduisit cet ouvrage en italien , et le fit imprimer à Na-
catholiques. Ce fait est rapporté par les historiens du temps. Il est vrai que saint Grégoire de Tours condamne cette action de notre roi martyr, non point parce qu'il avait résisté à son souverain, mais parce que celui-ci était à la fois son roi et son père ; il prétend que, malgré que celui-ci fût hérétique, le fils ne devait point lui résister.
< Mais cette réplique, comme le fait observer Baronius» est sans fondement. D'ailleurs, l'autorité de ce Grégoire est combattue par celle d'un autre Grégoire plus grand que lui, saint Grégoire le Grand, qui, dans la préface de son livre des Morales, approuve l'ambassade de saint Léandre, envoyé à Gonstantinople, par saint Herménégilde, afin d'y solliciter l'aide de l'empereur Tibère contre Léovigilde son père. Il n'est pas douteux que, quelque étroite que soit l'obligation de la piété filiale, celle de la Religion Test davantage. Celle-ci exige qu'on sacrifie tout, s'il est besoin; c'est pour les cas pareils qu'il est écrit de la tribu de Lévi : Qui dixeruni pairi suo etmaÈri suœ, Nescio vos, etfratribussuis, Ignorovos, nescienmt filios suos. Telle fut la conduite des Lévites lorsqu'ils prirent les armes, par l'ordre de Moïse, pour punir leurs parents du péché d'idolâtrie.
« Quoi! si le prince en venait jusqu'à att^ter perso»* nellement à la vie du sujet, et que celui-ci n'eût d'autre moyen de se défendre que de le tuer > eomme lorsque Néron, parcourant de nuit les rues de Rome, attaquait, suivi d'une troupe de gens armés, les passants tranquillat et sans défiance, je dis qu'en pareil cas il serait permis de le tuer; car s'il est vrai, ainsi que le dit Fr. Dominique de Soto, que le sujet en celte extrémité doive se laisser tuer, et préférer la vie du prince à la sienne, c'est unioi quement dans le cas où la mort du prince devrait donner lieu à de grands troubles, à des guerres civiles dam