III
implantant des mœurs solides et homogènes, pour ainsi parler» dans le sein du peuple artisan.
€ Une autre chose à Barcelone contribua d'une manière encore plus particulière à faire honorer les arts mécaniques, non-seul^nent à les faire honorer plus que dans la généralité de l'Espagne, mais plus que dans aucune république ancienne ou moderne; ce fut l'admission des corps de métiers dans la matricule des charges municipales de cette cité comblée de régales et de prérogatiyes d'indépendance. Aussi vit-on la noblesse, cette noblesse gothique, pourvue de hauts domaines, aspirer à être in* corporée avec les ouvriers dans YAyuntamiento^ pour y partager les emplois et les suprêmes honneurs du gouvernement politique, lequel, pendant plus de cinq cents ans, se continua à Barcelone sous une forme et avec un esprit réellement démocratiques f ).
c Tous les offices mécaniques sans distinction ni exclusion odieuse, méritèrent d'être déclarés habiles à composer le conseil consistorial des magistrats : tous eurent voix et vote parmi les Pères Conscrits qui représentaient cette ville, la plus privilégiée peut-être qu'il y eût dans le monde, une des plus renommées par ses lois , son pouvoir et son opulence, une des plus respectées qui existât an moyen âge parmi les différentes républiques et monarchies de l'Europe, dé l'Asie, de l'Afrique (**).
(*) Consultez TÀppendice des Notes, numéros 28 et 30} tous y Terres de quelle cousidération , de quel pouToir jouissait en un autre temps la ville de Barcelone, par le moyen des magistrats municipaux qui la r«présenUient sous le nom vulgaire de Conseillers.
(**) Ou trouTO, dans le Recueil diplomatique de ces Mémoires, une moltitode de lettres et autres documents prouTant les rapports directs et mutuels qui existaient entre la cité de Barcelone et les empereurs d'Orient, d'Allemagne, les soudans d'Egypte, les rois de Tunis,