‹ Le protestantisme comparé au catholicisme dans ses rapports avec ..., Volume 2Chapitre 29 sur 78 · DU DROIT DE COEBGITION · texte numérisé non relu

DU DROIT DE COEBGITION

la trouverez exacte; c'est un abrégé de l'histoire des gouvernements dans leurs rapports avec lesi religions. Le gouvernement protestant anglais fut toujours intolérant envers les catholiques ; et il continuera de Tètre, plus on moins, selon les circonstances. Les gouvernements de la Prusse et de la Russie continueront d'agir comme ils ont agi jusqu à ce jour, sauf les modifications que pourra exiger la diversité des temps : de même , dans les pays où domine le principe catholique, on apportera toujours plus ou moins d'entraves à Texercice du culte protestant. On me citera, comme une preuve du contraire, Texemple de la France : dans ce pays, oil Timmense majorité professe la religion catholique, les autres cultes sont tolérés, sans qu'on entrevoie dans rÉtat la moindre propension à lès comprimer ou à les inquiéter. On attribuera cette tolérance à l'esprit public : elle provient, à mon sens, de ce qu'aucun principe fixe ne prévaut dans les régions du pouvoir en ce pays; toute la politique intérieure et extérieure de la France n'est qu'une continuelle transaction pour sortir d'embarras de la meilleure façon possible. Yoilà ce que disent les faits ; voilà ce qui ressort des opinions bien connues du petit nombre d'hommes qui, depuis quelques années, disposent des destinées de la France.

On a prétendu établir en principe la tolérance universelle, refuser aux gouvernements le droit de contraindre les consciences en matière religieuse ; cependant, jusqu'à ce jour, les philosophes n'ont pu

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exposer bien clairement leur principe; encore moins ont-ils pu le faire adopter généralement comme système dans le gouvernement des États. Afin de montrer que la chose n*est pas aussi simple qu'on suppose, je demande la permission d'adresser à ces philosophes quelques questions.

Si une religion dont le culte exige des sacrifices humains vient à s'établir dans votre pays, la tolèrerez-vous? — Non. — Et pourquoi? — Parce que nous ne pouvons tolérer un crime semblable. — Mais vous serez donc intolérants; vous violenterez la conscience d'autrui, en proscrivant comme crime ce qui, aux yeux d'autrui, est un hommage à la Divinité. Beaucoup de peuples antiques eurent cette croyance touchant les sacrifices humains ; quelques peuples de notre temps Tont encore. De quel droit voulez-vous faire prévaloir votre conscience sur la leur ? — Il n'importe ; nous serons intolérants ; mais notre intolérance sera pour le bien de l'humanité. — J'applaudis à votre conduite; mais vous ne pourrez nier que tel cas s'est présenté oti l'intolérance à l'égard d'une religion vous a paru un droit et un devoir.

Cependant, si vous proscrivez l'exercice de ce culte atroce, vous permettrez du moins d'enseigner la doctrine qui préconise comme sainte et salutaire la pratique des sacrifices humains? — Non, car autant vaudrait permettre d'enseigner l'assassinat. — A la bonne heure; mais reconnaissez en même temps qu'on vous a présenté telle doctrine à l'égard de la-

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