CHAPITRE XLI
Combien F Allemagne ne doit-elle point aux moines ! Ce Bont eux qui ont défriché ses terres incultes, qai ont fait fleurir son agriculture, l'ont ooa\erte de populations nombreuses. Combien la France, combien FEspagne et FAngleterre ne leur doiTentelles pas ! A coup sûr , ce dernier pays n'aurait jamais atteint le degré de civilisation dont il se glorifie, si les travaux des missionnaires qui y pénétrèrent au sixième siècle ne l'eussent tiré des téDèbres d*une idolâtrie grossière* Et quels forent ces missionnaires? Le principal d'entre eux, Augustin, n était-il pas un moine envoyé par un pape, qui loi aussi avait été moine, saint Grégoire le Grand? Oà sont les grands centres du savoir et de la yerlu, durant la confusion du moyen âge, si ce n'est dans ces demeures solitaires d'où sortent saint Isidore, archevêque de Séville ; le saint abbé Colomban ; Tévéque d'Arles, saint Aurélien ; l'apôtre de FAngleterre, saint Augustin ; celui de l'Allemagne, saint Boniface ; Bède, Guthbert, Auperth, Paul, moine dn Mont-Gassin ; Hincmar de Reims, élevé au monastère de Saint-Denis ; saint Pierre Damien, saint Yves, Lanfranc et tant d'autres qui forment une génération d'hommes privilégiés, entièrement différents des autres hommes de leur temps.
Outre le service que les moines rendirent à la société sous le rapport religieux et moral, ils en rendirent un inestimable aux sciences et aux lettres. On a fait observer bien des fois que les lettres se réfugièrent dans les cloîtres , que les moines, en con-