‹ Le protestantisme comparé au catholicisme dans ses rapports avec ..., Volume 2Chapitre 45 sur 78 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

DES INSTITUTIONS MONASTIQUES EN OCXaDENT DURANT LA SECONDE MOITIÉ DU MOYEN AGE. — DES ORDRES MILrrAIRES.

Le coup d'œil rapide que nous venons de jeter sur les institutions monastiques, depuis l'irruption des Barbares jusqu'au douzième siècle, nous a fait voir que ces institutions, durant ce période de temps, furent un puissant soutien pour les derniers débris de la société prêts à s'écrouler; un asile pour Finfortune, pour la vertu, pour le savoir; un dépôt des monuments précieux de Tantiquité; une pépinière où purent se former les hommes dont on avait besoin dans les postes élevés de l'Église et de l'État ; en un mot, un ensemble d'associations ciTilisatrices, qui travaillèrent en silence à neutraliser les principes dissolvants et à reconstruire les bases de l'édifice social. Au douzième siècle, et dans les siècles suivants, les institutions monastiques revêtent un caractère très-différent de celui que nous Tenons d'observer. Leur but reste le même ; mais les temps sont changés, et il a fallu se rappeler les paroles de

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l'Apôtre : Omnia omnibus. Examinons les causes et les résultats de ces nouveautés.

Avant d'aller plus loin , je dirai deux mots des Ordres militaires, dont le nom indique assez la réunion du double caractère du religieux et du soldat. Letat monastique allié avec la guerre ! s'écriera- t-on, quelle monstrueuse alliance! Malgré sa monstruosité prétendue, cette alliance fut conforme au cours naturel et régulier des choses ; ce fut un remède énergique appliqué à des maux très-graves , un rempart contre d'imminents dangers ; en un mot, une satis« faction donnée à une grande nécessité européenne.

Ce n est pas ici le lieu de dérouler les annales des Ordres militaires, annales qui, autant que la plus illustre histoire, présentent d'intéressants tableaux, avec ce mélange d'héroïsme et d'inspiration religieuse qui rapprochent l'histoire de la poésie. Il suffit de nommer les chevaliers du Temple, de Saint- Jean-de-Jérusalem, de l'Ordre Teutonique, de Calatrava, de Saint-Raymond, abbé de Fitero, pour rappeler au lecteur une suite d'événements merveilleux. Laissons de côté des récits qui ne nous regardent pas ; mais arrêtons-nous un instant à examiner l'origine et l'esprit de ces institutions fameuses.

L'étendard des chrétiens et le croissant étaient irréconciliables par nature. L'inimitié se trouvait poussée au dernier degré de la fureur par une lutte longue et acharnée. Des deux côtés, de vastes plans et une vaste puissance; des deux côtés, des peuples hardis, pleins d'enthousiasme, prompts à se précipiter

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