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Pourqaoi donc tenter d'expliq[uer la considération dont jouissent les femmes européennes par la vénération superstitieuse que des peuples barbares offraient, au fond de leurs forêts, à Yelléda, à Aurinia, à Gauna? La raison, le simple bon sens disent que ce n'est pas là l'origine de l'admirable phénomène que nous étudions, qu'il faut chercher ailleurs l'ensemble des causes qui ont contribué à le produire. Or, l'histoire nous révèle ces causes, nous les rend palpables: elle nous montre clairement le principe d'où est émanée cette influence si puissante et si salutaire. Ayant le Christianisme, la femme, opprimée par la tyrannie de l'homme, s'élevait à peine au-dessus du rang de l'esclaye : sa faiblesse la condamnait à être la victime du fort. Survint la religion chrétienne qui, par ses doctrines de fraternité en Jésus- Christ et d'égalité devant Dieu, sans distinction de conditions ni de sexes, détruisitle mal dans sa racine en enseignant à l'homme que la femme ne devait point être son esclave , mais sa compagne. Dès cet instant, l'amélioration de l'état de la femme se fit sentir partout où se répandit le Christianisme, et la femme, autant que le permettait la dégradation des mœurs antiques, commença d'entrer dans une nouvelle existence. Yoilà une des premières causes de l'amélioration du sort de la femme; cause sensible, palpable, qu'il est facile de signaler sans supposition gratuite, sans fausse conjecture, et dont l'évidence saute aux yeux dès le premier regard jeté sur les faits les plus connus de l'histoire.
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