‹ Le protestantisme comparé au catholicisme dans ses rapports avec ..., Volume 2Chapitre 6 sur 78 · DB LA CHBVAIB&IB · texte numérisé non relu

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En outre, par la séyérité de sa morale, par la protection éminente qu'il accorda au sentiment delà pudeur, le Catholicisme corrigea et purifia les mœurs ; il donna ainsi une nouvelle grandeur à la femme, dont la dignité est incompatible aTcc la corruption et la licence. Enfin le Catholicisme, ou l'Église catholique (remarquez que je ne dis point le Christianisme), parla fermeté avec laquelle il établit et conserva la monogamie et l'indissolubilité du lien conjugal, mit un frein aux capricea de Thomme, en concentrant ses sentiments sur une épouse unique et inséparable. C'est ainsi que la femme passa de l'état d'esclave à celui de compagne de l'homme ; cette femme, autrefois instrument de plaisir, devint la mère de famille, environnée de la considération et du res- . pect des enfants et des domestiques. Ainsi fut créée dans la famille l'identité des intérêts ; ainsi fut garantie l'éducation des fils ; ainsi fut formée cette intimité qui unit si étroitement parmi nous le mari et la femme, le père et les enfants* Le droit atroce de vie et de mort disparut ; le père perdit même la faculté d'infliger des punitions trop sévères; et tout cet admirable système se trouva consolidé par des liena puissants mais doux, appuyé sur les principes de la saine morale, soutenu par les mœurs, garanti, surveillé par les lois, fortifié par la réciprocité des intérêts, consacré du sceau de la perpétuité, enfin rendu cher par l'amour. Voilà le mot de l'énigme, l'explication vraiment satisfaisante. De là nous est venue l'organisation de la famille, bien inestimable que les

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EuropéeDB possèdent sans l'apprécier , sans le connaître suffisamment, sans veiller à le conserver avec la sollicitude qui serait convenable.

En traitant cette importante matière J'ai distingué à dessein entre le Christianisme et le Catholicisme, afin d'éviter une confusion de mots qui nous aurait entraînés à une confusion de choses. En réalité, le véritable, l'unique Christianisme est le Catholicisme ; malheureusement nous ne pouvons aujourd'hui employer indistinctement ces mots, non -seulement à cause des protestants, mais à cause de cette monstrueuse nomenclature philosophico-chrétienue dans laquelle on n'oublie jamais de ranger le Ciiristianisme parmi les sectes philosophiques, ni plus ni moins que si cette religion divine était un simple systèmesorti delapensée de l'homme. Comme leprindpe de la diarité joue un grand rôle (les incrédules euxmêmes sont forcés d'en convenir) partout où se montre la religion de Jésus- Christ, certains philosophes , jaloux de persévérer dans l'incrédulité sans encourir l'épithète de voUairienSy se sont emparés des mots de fraternité et d'humanité pour en faire le thème de leur enseignement. Ils ont consenti à rapporter au Christianisme le prindpal honneur de ces idées et des sentiments qui en émanent. Ainsi, évitant en apparence de rompre avec l'histoire du passé, comme le faisait, dans ses dâires, la philosophie du dernier siècle, ils prétendent tout accommoder au temps présent et préparer les voies à un avenir plus brillant.

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Ne croyez pas que le Christianisme, pour ces philosophes, soit une religion divine. Le Christianisme, pour eux, est une idée grande, féconde, mais purement humaine; le Christianisme n'est qu'un résultat des longs et pénibles labeurs de Thumanité. Le poljthéisme,lejuda][sme,laphilosophiede l'Orient, celle de l'Egypte, celle de la Grèce, tout fut un travail préparatoire à la grande œuvre. Jésus-Christ, dans ce système, ne fit que formuler une pensée qui se remuait et s'agitait comme un embryon au sein de l'humanité. Il fixa l'idée, la développa, et l'amenant sur le terrain de la pratique, fit faire au genre humain un pas immense vers cette perfection à laquelle il tend. Mais, dans tous les cas, Jésus-Christ, aux yeux de ces philosophes, n'est qu'un philosophe de la Judée, comme Socrate un philosophe de la Grèce, ou Sénèque un philosophe de Borne. Encore doit*on estimer heureux qu'ils lui accordent cette existence d'homme, qu'il ne leur plaise pas de le transformer en un être mytholc^que, et de présenter la narration de l'Évan^e comme une pure allégorie.

Il est donc de la plus haute importance , à l'époque actudle, de distinguer entre le Christianisme et le Catholicisme, toutes les fois qu'il s'agit de présenter à la reconnaissance des peuples les ineffaJiles bienfaits dont ils sont redevables à la religion chrétienne. Il faut démontrer que le monde n*a point été régénéré par une idée jetée, pour ainsi dire, au hasard au inilieu de toutes celles qui se disputairat la prééminence : non, il le fut par un ensemble de

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vérités et de préceptes desoendos du ciel, transmis au genre humain par un Homme-Dieu, au moyen d'une société formée etautonsée par lui-même, laquelle de* yait continuer jusqu'à la consommation des siècles l'cBuvre que sa parole avait établie, que ses miracles avaient sanctionnée^ et qu'il avait scellée de son sang. Il faut montrer cette société, e'est-à-dire l'Église catholique réalisant dans ses lois, dans ses institutions, les inspirations et l'enseignement du IHvin Maître, et guidant les hommes vers la félicité étemelle, tout en améliorant et adoudssant leur condition ici^-bas. De cette manière on concrète^ pour ainsi dire, le Christianisme; nous dirons mieux, on le montre tel qu'il est, non plus tel que se le représente la vaine pensée de rh(»nme.

Et observez que nous ne devons jamais redouter, pour l'intérêt de la vérité, l'examen le plus approfondi, le plus détaillé des faits historiques. Que si, dana le vaste champ où nous conduisent ces investigations, noios nous trouvons parfois enveloppés d'obscurité, marchant pendantlongtemps sous des voûtes sombres, ne craignons rien, avançons avec plus de courage et d'audace : au détour de la sinuosité, nous découvrirons dans le Icnntain la lumière qui éclaire l'extrémité du chemin^ la vérité nous apparaîtra assise sur le seuil, et souriant paisiblement de nos terreurs.

Disons encore ceci à ces philosophes , aussi bien qu'aux protestants : Si le Christianisme n'était réalisé dans une société visible, toujours en ecmtact

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avec les hommes , pourvue de l'autorité nécessaire pour les eûseiguer et les diriger, il ne serait qu'une théorie semblable à toutes celles que l'on a vues et qui paraissent encore sur la terre ; il serait, par conséquent, stérile, ou du moins impuissant à produire aucune de ces œuvres qui traversent le cours des siècles» Or, l'une de ces œuvres est , sans aucun doute, le mariage chrétien, et l'orgaidsation de la famille, qui en a été la conséquence immédiate. C'est en vain qu'on aurait répandu des idées favorables à la dignité de la femme et tendant à améliorer son sort, si la sainteté du mariage ne s'était trouvée garantie par un pouvoir généralement reconnu et révéré. Ce pouvoir est forcé de soutenir contre les passions une lutte formidable, sans cesse renaissante : que serait*il arrivé si les passions n'avaient rencontré d'autre obstacle que celui d'une théorie philosophique , ou d'une idée religieuse non réalisée dans une société, sans force pour exiger la soumission et l'obéissance ?

Nous n'avons donc pas besoin de recourir à cette philosophie extravagante , qui va cherchant la lumière au milieu des ténèbres, et qui, voyant l'ordre sortir du chaos, imagine d'affirmer que l'ordre a été enfanté par le chaos. Si nous trouvons dans les doctrines, dans les lois de l'Église catholique l'origine de la sainteté du mariage et de la dignité de la femme, pourquoi la chercherions-nous dans les mœurs brutales de barbares qui n'avaient pas même un voile pour la pudeur, pour les secrets du Ut

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