C.-A. Thon
Pierre-Joseph Thon.
Jacques-D. Noël.
Pierre-Joseph Estiévenart.
M. Défrise.
Mich. Vilain.
Jean-Baplisie Harniignies.
Pierre-Charles Harmignies.
François-J. Harmignies.
La marque -\- Antoine-L. Saussez.
J.-F. Rouis.
Jean Bourguignon.
Jean-Louis Cacheux.
A. .^lasy
Jean Delion.
Nicolas lAichez.
J.-B.-J. Piérart.
Jean-François-Joseph Stiévenart.
P.-J. Saussez.
D.-C. Art.
Noms des individus (sic).
P.-J. Saussez.
Pierre-Charles Harmignies.
.Marie-Eugène Harmignies.
M arie-Marguerile Harmignies.
J.-B. Harmignies.
Juvénal Harmia;nies.
Jean- Baptiste Rouis.
Jean-Baptiste- Pascal Harmignies.
J.-P. Rouis.
Jacques-Philippe Vilain.
N. iMasy.
Jean- Philippe Quévy.
Finis.
Jacques-Philippe Cavenaile.
Pierre Saules.
Jean-Charles Limelelte
La marque -\- Catherine Esliévenarl,
veuve.
Nicolas Caucheleux, habitant de JVIon-
chaux, mais membre de la paroisse
du village de Dour.
Jean-Bapliste Masy.
Nicolas iMoury, habitant du village de
VVihéries.
Jean-Bapliste Quévy.
Jean-Baptiste Bureau.
Du quinze novembre 1788.
« Nous soussignés, féodaux (*) dû Hainaul, de résidence à Dour, certifions et attestons que tous les avant-nommés parsignés, au nombre de vingl-huit, sont chefs de famille et habitants du village de Dour. De plus, il s'en trouve deux, tel que Nicolas Caucheleux, habitant de lAIoncheaux, et Nicolas Moury, habitant de Wihéries.
» Attestons de même que les soussignés individus, au nombre de quatorze, sont également habitants dudit village de Dour.
» (S.) A.-L. Niquet; P.-J. Thon. »
Archives de l'Etat à Mons. Office fiscal du Hainaut. Dossiers et avis, 1788-4789.
(1) Le Hainaut, resié plus longtemps « féodal » que d'autres provinces, n'a pas connu l'institution du noiariat, sauf, temporairement, au début du XVIII» siècle. Les « Fieffés du Comte » eurent de bonne heure le droit d'intervenir comme témoins à tous les actes autres que ceux dont la coutume ordonnait l'accomplissement devant les Échevinages et les Cours féodales (les baux, par exemple). A la fin du XVI° siècle, on substitua à ces vassaux des hommes (le lie f sur plume, sorte de témoins ofliciels, qui se faisaient recevoir par le grand bailli ilu Hainaut, en qualité de possesseur d'un fief supposé, et d'une valeur égale à celle d'un chapon, ou même moins (une plume de poule, par exemple).
Cettf institution se maintint jusqu'à l'application en Belgique de la loi française insiituant le notariat, c'est-à-dire jusqu'en 179(3. iWote de Jl. Ed. Poncelet.)
AU XVIIl" SIÈCLE. — NOTES ET DOCUMENTS. 127
XXIV. — Très humble requête pour les principaux chefs de famille de Dour en Hainaut, tendante à pouvoir y élever un temple consacré pour y exercer le culte privé de leur religion protestante (19 novembre 1788).
Les protestants de Unur adhèrent à la profession de foi de Calvin. — Ils complent vingt-huit familles, plus quatorze individus isolés. — Ils présentent comme ministre le pasteur J. Devisnie de Quiévy-en-Cambrésis. — Ils sollicitent l'allocation à leur culte d'une partie de la dîme. — Au besoin, ils entretiendront le pasteur ù leurs frais. — Proposition au sujet d'un terrain sur lequel le temple pourrait être érigé.
« A Sa Ma.iesté l'Empereur et Ro!,
» Les liahilanls du village de Dour en Hainaui, professant la Religion réforn)ée, ayant eu communicalion de Pappoinlement marge .«ur leur re(|uêle du 20 odobre dernier, ci-joinle, lendanle à pouvoir élever un temple consacré à l'exercice de leur culte et de s'y faire administrer les secours spirituels par un ministre de leur Religion, croiraient manquer essenliellement au respect dont ils sont pénétrés pour Voire .^lajesté à jamais Auguste, s'ils ne satisfaisaient pas pleinement aux points dont il Lui a plu de les charger.
» C'est dans ce dessein qu'ils prennent h respectueuse confiance d'observer :
» Que la Religion à laquelle ils seul attachés, est la dite réformée, conforme à la profession de foi de Calvin, telle qu'elle a été professée dans les Pays-Ras avant l'époque des révolutions qui les ont désolés et détruits.
» De la pièce ci-jointe sub n° i°, il consie que le nombre des familles qui professent celte religion se monte à vingt-huil à Dour, et celui des individus à (|ualorze, lesquels sont de familles différentes.
» C'est de cette pièce, combinée avec l'avis reservi par le Conseiller fiscal de Hainaut, que Votre Majesté pourra se convaincre de la loyauté des sentiments, autant que de la régularité des mœtirs des remontrants.
.) Quant à l'ordre social qui semble devoir former la base fondamentale du bonheur public, quelle que pui.sse être la diversité des cultes, dès qu'ils se concentrent au point de n'avoir pour but que l'hommage pur et sincère,
dû à l'Être suprênir, ce qu'il a plu à Voire Majesté de reconnailre par Tédil de Tolérance doni Elle a daigné gratifier ses fidèles sujets.
» La déclaration ci-joinle sub u° 2°, en prouvant que J. Devisme, Pasleur de l'Église réformée de Quiévy-en-Cambrésis est le Ministre qu'ils proposent, et qu'ils espèrent qu'il plaira à Votre Majesté de leur accorder, prouve aussi, en partie, la facilité des moyens qu'ils ont |)our le salarier. Mais qu'il soii permis aux remontrants d'observer à Votre Majesté, que contribuant comme leurs co-babitants à la dîme, qui se lève dans leur village par les fermiers de l'abbaye de Sainl-Gbislain, il semble, de ce cbef, qu'ils ont un droit acquis aux instructions spirituelles de leur Religion, surionl dès que, conmie la leur, ne se trouvant ni contraire aux intentions du Gouvernement, ni opposée aux lois de l'ordre social, elle n'a pour objet primitif que Tbommage dû au Créateur.
» Le village est |)euplé, spacieux et productif, conséquemment la dîme considérable est plus que sufïisante pour fournir à l'entretien du curé et des deux vicaires qui s'y trouvent; pourquoi les remontrants, qui concourent au paiement de celle dîme, seraient-ils privés des instructions spirituelles auxquelles elle est spécialement destinée?
» Il semble qu'ils devraient jouir d'une telle consolation, d'une telle grâce, surtout d'après les observations qui précèdent et qu'ils ne se sont permises que sous le bon plaisir de Votre Majesté.
» Si donc cette cbarge ne peut être que très légère et très médiocre, pour une dîme aussi forte, ils osent espérer de la bienfaisance babituelle et constante de Voire Majesté, qu'Elle daignera la décréter, offrant néanmoins, dans le cas contraire, d'y fournir par eux-mêmes.
» Il ne leur reste enfin qu'à déclarer dans quel endroit ils se proposent d'exercer le culte privé de leur Religion, et à cet égard, il |)araît que le centre de leurs foyers est le plus convenable; il est dans le village de Dour un endroit nommé La CroiscUe, détacbé du gros dudil village, qui appartient à l'abbaye de Saint-Gbislain, el qui paraît propre à cet établissement.
» Qu'il plaise à Votre Majesté de leur assigner à cet effet, en autorisant les Gens de Loi de leur (Communauté d'assigner el céder à ladite abbaye, si besoin est, une portion de terrain en équivalent à prendre sur leurs VVarecbaix ou communes.
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» Dans ce cas, comme en tout lemps, leur aitachemeni à son service, leur obéissance aveugle à ses ordres et la continuation de leurs vœux pour la prospérité de ses armes, la bénédiction de ses jours et la durée de son règne seront les plus faibles esquisses de leur juste reconnaissance envers Votre Majesté pour une marque aussi éclatante de sa proleclion. » C'est la Grâce, etc.
» {S.) F. Mahieu, agent. »
Le 19 novembre 1788.
Archives de l'État à Mons. Office fiscal du Ilainaui. Dossiers et avis, 1788-1789.
XXV. — Lettre du Curé de Dour au Conseiller fiscal Papin (1788).
Propagande à laquelle se livrent les protestants de Dour, contrairement aux stipulations de l'édit de Tolérance. — Il y a lieu de dénoncer cette conduite au Gouvernement. — Un ministre étranger est venu officier à Dour le dimanche précédent. — Soucis que cette situation cause au curé. — Trouble apporté à l'exercice du culte catholique par certains protestants.
Dour, le 24 novembre 1788.
« iMONSIEUR,
» Je crois qu'il est de mon devoir et du bien-être de la Religion de vous informer de quelques circonstances particulières relalivement à nos gens de Dour. Ils ne se contentent pas d'employer tous les ressorts pour parvenir à leur but, mais j'apprends de jour en jour qu'ils s'efforcent de séduire plusieurs familles pour se mettre de leur nombre : je crois que ces démarches sont tout à fait contraires à l'esprit de l'édif de Tolérance qui défend de faire des prosélytes, et je crois quil serait à propos de le faire observer au Gouvernement; de plus cette espèce de schisme cause le plus grand trouble dans une paroisse et met la division dans un grand nombre de familles, qui admirent (') avec raison, et qui ne peuvent soutïrir que leurs frères et sœurs ou leurs enfants vemllenl abandonner la Religion Catholique, (|u'ils ont toujours professée, ce qui doit être un nouveau genre d'observation.
(••) C'est à-dire sont surpris.