Tome L\. — Lettres, etc
Le duc d'Âerschot, grand bailli du Flainaul, coiisulié par le Roi, estima qu'il sérail prudent d'accueillir la requêle, afin d'éviler de nouvelles iiilerveiiiions de la diplomatie hollandaise (*). On pourrait même gracier le détenu d'olïice s'il se refusait à invoquer la clémence royale.
qu'il liiy plaise ordonner h tous ceux qu'il appartiendra, de faire relaxer ledit Abrassart de sa prison estroilte, et luy permetlre qu'il puisse vendre ce qui luy appartient, et se retirer dans la jurisdiction des dits Seigneurs Estats, en conformité du XLI" article du irailté de la paix conclu entre Sa Majesté et les Seigneurs Estats généraux en l'an 1648. » Fait à Bruxelles, le 1" de febvrier 1680. (S.) W. Sasbukch. »
(Archives générales du Royaume à Bruxelles. Conseil d'État, cart. 299 [ancien].)
(^) « Sire,
» J'ay veu le mémoire présenté de la part du Résident des Estats généraux des Provinces- Unies au sujet du nommé Georges Abrassart, demeurant au village de Uour, détenu prisonnier par l'otfice de Saint-Ghislain.
» J"ay (TU de ne pouvoir mieux informer Vostre Majesté du faict dont il s'agit, qu'en Luy envoyant l'abrégé ci-joint des procès criminels dudil Abrassart, et, sur ce que Vostre Miiji'slé m'ordonne de La reservir de mon advis, je Luy dirai que, pour ne pas donner lieu audit Résident de faire des plaintes ultérieures, et pour éviter les inconvéniens que pourroit amener un jugement qu'on porteroit contre ledit Abrassart, il semble qu'on pourroit le disposer à présenter requête pour avoir rémission des peines qu'il a encourues, et que, sous l'offre qu'il fait de vendre les biens qu'il a dans les Estats de Vostre Majesté et de s'en retirer, Elle pourroit trouver bon de luy accorder ou laisser accorder par son Grand Bailly ladite remission.
» Peut-être aussi qu'il ne voudra pas la demander, appuyé sur ce que c'est un faict de Religion.
)) En ce cas, on pourroit régler son eslargissement, avec ordre de se retirer dans le temps qui luy seroit marqué.
» Je n'ay pas jugé devoir communiquer à ceux du Conseil ordinaire la lettre de Vostre Majesté, parceque, n'estant pas informés du faict, ils auroient sans doute voulu veoir le procès entier, ce qui auroit emporté du temps et des frais, qui auroient rendu plus difficile la sortie du prisonnier.
» Me remettant à ce qu'il plaira à Vostre Majesté d'en ordonner, je prie Dieu de La conserver les années de mes vœux, et je suis
» Sire, » de Vostre Majesté, » le très humble, très obéissant et très fiilel serviteur.
» (S.) Le duc d'Aerschot.
» Mons, le 17" mars 1680. » •
(Archives du Royaume à Bruxelles. Conseil d'État, cart. 299 [ancien].)
AU XVIIl» SIÈCLE. — NOTES ET DOCUMENTS. 11
Telle fui aussi l'opinion du Conseil d'Élat. Toutefois ce collège (') ne dissimula point combien il était froissé de raititiide prise par les États généraux dans une affaire d'ordre purement intérieur. Du resie, il ne se rallia pas complètement à l'avis du duc d'Aerschot : il jugea qu'il fallait d'abord éclaircir le point de savoir si Abrassart était né dans la religion cailiolique et procéder ensuite à une enquête sur sa nationalité (^).
Finalement on opposa aux revendications du Résident la force d'inertie. En marge de la consulte on lit ces deux lignes, écrites de la main du Gouverneur général : « Il a esté résolu de surceoir à cette consulte jusques à ce que le Ré>ident d'Hollande ou autre fasse ultérieure plainte (^) ».
Nous n'avons pu retrouver les documents concernant la fin de cette affaire.
En 1700, l'esprit de la Réforme subsiste encore, car « plusieurs babilanls de Dour refusent de prêter le serment de maintenir les rites de lÉglise romaine » (*).
Parmi eux se trouvait une femme, nommée Marguerite Heiiaut, qui ne savait pas lire et ne connaissait la Rible que par les lectures que lui en faisait son mari. L'arcbevéqne de Cambrai, Fénelon, qui en ce moment faisait la visite pastorale de son diocèse, el se trouvait à Dour, voulut parler lui-même à cette femme. Elle répondit par des textes de l'Ecriture à toutes les questions que lui faisait le prélat et lui cita, entre autres, ces paroles de saint Paul : « Or maintenant, il n'y a nulle condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (j^). L'archevêque, touché de ces réponses, lui donna
(<) Séance du 29 mars 1680. Étaient seuls présents le Chef et Président et le Conseiller Ctirislyn. {Ibid.)
(2) « Et le tout par nous considéré, nous sommes aussy de mesme sentiment que ledit duc d'Aerschot, et qu'ainsy Vosire Excellence pourroit e^tre servie de s'y conformer, mais en cas que ledit Abrassart ait esté cy dt-vant de noslre Religion, et qu'il ait, comme sujet de Sa Majesté et originaire de ces pays toujours di meure soubs son obéissance, il nous semble que lendits Estais généraux n'ont aucun droit d'y prélendte. » (Ibid.)
(3j Voir, sur la même »ff;iire, les leitres du Résident aux Etats généraux en date des 14 et 18 février, :24 mars et 3 avril 1680. (Arcliives du Royaume à La Haye. Ordinaire brieven. Spaiije. Liasse 6789.)
(4) Union des Êçilises protestantes évanyéliqiies de Belgique. ( élébralion dn jubilé cinquantenaire (lu Synode, p. ï!36.
(3j Épître aux Romains, VIII, 1.
un écrif de sa main, pour la mettre à l'abri de nouvelles persécutions, et la renvoya en lui disant : « bonne femme, priez pour moi » (*).
En 1709, les Hollandais, ayant pris ()Ossession de la ville de Tournai, y ouvrirent plusieurs temples (^), installèrent un pa'^teur français, et lui commirent le soin de rechercber dans les environs les habitants qui étaient restés secrètement attachés à la foi évangélique (^).
A la suite de la visite de ce pasteur, nommé Harens, les protestants de Dour prirent l'habitude de se rendre de temps en temps à Tournai, pour entendre la prédication de l'Evangile; mais ils devaient recourir à un déguisement, car, lorsqu'ils étaient reconnus par la |)opulace, celle-ci leur prodiguait les insultes et les coups de pierres (*).
(1) Union des Églises prutestmites évançiéliques de Belgique. Célébration du jubilé cinquantenaire du Synode, p. 2.S6. L'auteur ne cite pas ses sources. Sans doute existe-t-il dans la communauté une ancienne tradition sur cet incident.
(2) Voir : Le Proteslantisntc à Tournai pendant le XVIII' siècle. Étude d'histoire politique et religieuse. (T. LXll des Mémoires couronnés et autres mémoires pul)liés par l'Académie royale de Belgique, coll. in-4", 1903, pp. 20 et suiv.)
(3) Le pasteur Harens, dans un mémoire qui est conservé aux archives de l'église évangélique de Saint-Amand (départ, du Nordi, rafiporte qu'il apprit l'existence, aux contins du Hainaut, de quelques pauvres bouilleurs, descendants des réformés du XVI* siècle. « Je voulus, écrit-il, les découvrir, et crus devoir user à cet effet du stratagème suivant :
» Me voilà travesti en oflliier tiollandais, faisant route, accompagné de mon tambour, chargé d'un grand havresac plein de merceries, avec des Bibles, des Nouveaux Testaments et des catéchismes.
» La scène que me donnèrent leur surprise, leurs questions, leur empressement et leurs doutes m'aurait fort diverti si la vue d'autres visages ne m'avait dit d'être sur mes gardes.
» Je me contentai donc de leur dire que nous avions besoin de recrues à Tournai ; que s'ils connaissaient des gens qui eussent envie de prendre parti, on leur ferait tous les avantages possibles; qu'ils n'avaient qu'à se rendre quel(|ues-uns à Tournai, et que pour ces livres dont ce drôle seiait chargé, et sur lesquels il me semblait qu'il voulait trop profiter, je tâcherais de leur en faire avoir à bon marché et peut-être même gratis; que ces bonnes gens n'y avaient pas manqué, et qu'ils n'avaient pas eu de peine à reconnaître, en arrivant à Tournai, le pasteur de cette ville dans leur prétendu officier, m (Union des Églises proleslanles évangéliques de Belgique. Célébration du jubilé cinquantenaire du Synode, pp. 240 241.)
(♦) La populace les traitait de « gueux », « noirs talons », eic. (Ibid., p. 241.)
AU XVIII^ SIÈCLE. - iNOTES ET DOCUMENTS. 13
Nos archives coiilieiim'iil un assez grand nombre de documents, desquels il résulle que deux fois au moins dans le cours du XVlll® siècle, le Gouvernement eut à s'occuper des protestants de Dour.
Nous avons cru qu'il ne serait pas sans intérêt de retracer avec quelque détail celte page de l'histoire religieuse de nos provinces (*).
Le premier acte qui, à notre connaissance, se rapporte aux protestants de Dour, dans le cours du XVIII'' siècle, est un ordre (-) du Conseil souverain du Hainaul, transmis, le 7 mars 1733, par le Conseiller-Avocat fiscal P. -F. Los>on à Cliri'«to|ihe Petit, lieutenant de la maréchaussée. 11 était enjoint à cet officier de |)rocéder, avec l'avocat Posteau, faisant fonctions de bailli de la commune de Dour, chez cinq habitants (^j de cetie localité, suspects d'hérésie, à une perquisition n)inulieuse, afin d'enlever les livres interdits, les Bibles el tous papiers suspects qui pourraient s'y trouver. L'ordre reçut' son exécution dès le lendemain, el la visite fut assez fructueuse (').
Parmi les livres saisis, nous remarquons Les consolations de rame fidèle contre les frayeurs de la thori, par Ch. DKELiNconnr; le Trésor des Prières et Oraisons; le Xouveau Trésor des Prières^ par Muuat; la Btble de l'Ancienne el la Nouvelle Alliance; le Nouveau Tcsiament traduit en français. L'un des suspects, Gilles Laurent, que nous retrouverons plus lard, avait fait disparaître les ouvrages compromettants; il le déclara naïvement lui-même; enfin, chez A. Sliévenart, dit Dau[)liiM, on trouva la mère et ses trois filles; elles déclarèrent ne posséder aucun volume el « se contenter de dire leur chapelet, pour ne scavoir ni lire ni écrire ». On ne s'arrêta pas à leur
(<) Nous avons parlé incidenimenl des protestants de Dour, en 1882, dans V Étude sur la condition des protestants en Belgique depuis Charles-Quint jusqu'à Josepli II, pp. 78-79. En 1899, M. F. Hachez, qui n'a pas connu notre livre de 188^, dans une éiude intitulée : Les l'roti'slants de Dour au XVIli' siècle (Annales du Cercle arcltéologique de Mons, t. XXlXi, a analysé un certain nomlire de ces documents. Il nous a paru (|u'il restait bien des détails à mettre en lumière, et plusieurs textes assez intéressants pour être publiés.
(2) Archives du Royaume à Bruxelles. Conseil privé, cart. 707.
(3; François Drousy, demeurant aux Plantis; Gaspard Landas, rue du Petit Henin; Jean Lejeune: Antoine .Sliévenart. dit Dauphin; Gilles Laurent, au Touquet.
[*l Voir le détail aux Annexes, n" L
affirmation, et Ton fouilla tous les coins et recoins de la demeure, sans découvrir aucun livre hérétique : « on n'a trouvé que des calécliismes du diocèse, les(|uels estoient lout remplis d'ordure et de poussière, qui témoignaient qu'on ne les lisoit nullement ». La perquisition avait duré cinq heures. Nous n'avons pu découvrir la suite qui y fui donnée.
De longues années se passent sans que rien dans nos archives apporte de nouvelles révélations au sujet du petit groupe dissident établi dans le Borinage.
En 1746, le 23 décembre, le « Conseiller-Avocat de Sa Majesté dénonce à la Cour souveraine du Hainaut six habitants (') de Doiir qui non seulement ne fréquentent pas les offices catholiques, mais donnent du scandale en s'efTorçant de propager l'hérésie ». L'un se vante de ce que ses parents et grands-parents sont moris fidèles au Calvinisme; un autre se permet des pro|)os outrageants pour lEglise : étant malade, il a reçu la visite du vicaire de la paroisse, et à ses exhortations il a répondu « qu'il était sorti du bourbier de l'Eglise et qu'il n'y retournerait plus ». Tous ont chez eux un grand nombre de livres « corrom[)us et très mauvais ». L'un d'eux tient une école fréquentée par cinquante élèves. Il y a donc là un grave danger sur lequel on attire l'aitention de l'autorité judiciaire.
Nous lisons dans la même requête que la commune de Dour compte, en dehors des réformés, un certain nombre de « libertins, qui, pendant l'auguste sacrifice, restent dehors de l'église, fumant leurs pipes ou tenans d'autres {sir) mauvais discours et postures » (-).
Le Conseil accueillit cette requête et donna ordre, le 30 décembre 1746, au bailli de Dour, de faire des recherches dans les maisons désignées
L'officier requis, Gaspard Hoimiaux, arcompagné de son greffier, de sergents et d'échevins de la coninume, accomplit, le 14 juin 1 747 seulement, les devoirs presciiis; on ne nous dit pas les raisons de ce retard.
Les perquisitions lurent l'ruciueuses : on trouva plusieurs Bibles, des
(1) Gillps Laureni, Êlitnne L< jeune, Victor Lejeune, Jacques Derveaux, Simon Laurent, Pierre Estévcnart, dit Calron.
(2) Voir aux Annexes, n" II.
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[)sauliers, des Irailés d'apologétique de Charles Drclincourt, de Wolfn;ang Dumoulin, de Saumery, de Du Ferrier el aiilres écrivains proleslaiits (*); enfin des recueils de chansons (-).
La même année, le 7 seplemhre, Parchevêque de Camb'ai (') avait dénoncé à PAvocal fiscal du [lainaut les assemblées de calvinistes (|ui se tenaient à Dour. Il faisait appel à son zèle et insistait pour que des mesures fussent prises au plus tôt, afin de parer aux conséquences dangereuses qui pouvaient en résulter |)0ur la foi (*).
Peu de temps après, les autorités ecclésiastiques apprennent que des habitants de Dour se sogl rendus sur le territoire hollandais el y ont contracté mariage devant des pasteurs réformés. D'autres ont recouru à un minisire de la garnison de Tournai.
Le doyen de Bavai, délégué de l'officialité de Cambrai, somma Pierre Stiévenart et Jeanne Laurent, de Dour, de comparaître devant lui, el leur fil connaître l'accusation de concubinage qui pesait sur eux, |)uisqu'un mariage célébré par un ministre hérétique était de nulle valeur.
L'inculpé ré[)ond qu'il considère Je-anne Laurent comme sa femme légitime, à la suite de la cérémonie acconiplie devant le pasteur de Tournai; il ajoute que, depuis plusieurs années, il a abandonné la religion catholique, sous l'influence d'Éiienne Lejeune. Celui-ci lui a donné des livres [)rotesiants el les lui a expliqués. Le même LpjVune préside les réunions (|ue tiennent, chaque dimanche, les réformés du village, tanlôl dans une maison, tantôt dans une autre, mais le plus souvent chez Gilles Laurent.
Jeanne Laurent, interpellée à son tour, déclare faire profession de la religion catholique, apostoliipie el romaine. Le doyen lui faisant observer que son mariage, |)our être valable, aurait dû être contracté devant son
(1) Voir aux Annexes, n" tll.
(2) De plus, les enquêteurs ont saisi des lettres écrites à Simon et à Gaspard Laurent parleur frère Jacques Philippe; il les engage à venir les rejoindre dans les Provinces- Unies, où ils pourraient gagner leur vie en faisant le méiier de boulanger.
(3) Charles de Saint-Albin, qui occupa le sièg^ du 17 octobre 1723 au 9 mai 176i.
(*) « Je vous prie de ne pas perdre nu instant pour arrêter ce désonlre, et de marquer quelles mesures vous aurez pli^es à cet etîet, el quel en aura éié le succès » (Archives de l'État 5 Mons. Conseil souverain du IJamaul. Liasses 1746 1747.)
curé, elle s'excuse en disiiiU que |>lusieurs de ses parents (*) lui ont affirmé que l'union célébrée par un pasteur était licite. Elle dit qu'elle n'a pas été ollicitée d'assister aux réunions du dimanche. Elle suit les oflîces de l'Église ca'.linliqcie, mais ne fréquente plus les sacrements de[)uis que le vicaire l'a menacée de lui refuser publiquement la communion, à cause de son mariage.
Dans la même enquèie comparaît Victor Lejeuiie, charbonnier, âgé de vingt-neuf ans. Il a passé au calvinisme depuis six ans. Après avoir lu un livre, que lui a vendu un soldat hollandais, il est entré au service militaire et a fréquenté les prêches, « où il a sucé les principes de la Religion prétendue réformée ». Il s'est rendu ensuite au Sas-de-Gand et y a épousé, devant un ministre de l'Église wallonne, i^Jarie Sau>sez, de Dour, âgée de \ingt-six ans, tireuse atix fosses, née comme lui dans la religion catholique; elle n'a d'ailleurs pas abjuré, mais elle n'a plus fréquenté l'église depuis son mariage (2).
A la suite de cette en(|uète, l'OITicialilé de Cambrai proclama la nullité des deux mariages, excommunia les conjoints, coupables de concubinage, leur ordonna de se séparer sur-le-champ et de faire amende honorable, le premier dimanche suivant, devant la porte principale de l'église, avant la grand'messe. S'ils refusaient de se soumettre, l'autorité ecclésiastique requerrait ras>istance du bras séculier.
Ce jugement, dont nous n'avons pu retrouver le texte, ni dans les Archives de Bruxelles, ni dans celles de Mons, est cité dans un rapport adressé au Gouvernement général, le 17 février 4 750. Ce rapport (^) fournil d'intéressantes indications sur l'éiat de la commune de Dour au point de vue religieux.
Le Conseil a reçu des renseignements par deux jésuites, qui ont organisé à l'église paroissiale une retraite de trois semaines. Ces missionnaires dépeignent la situation sous des couleurs très sombres : les trois quarts des
(1) Gilles Laurent, Etienne Lejeune, Viclor Lejeune, la femme de celui-ci, Jacques Derveaux, tous de Dour, et Macaire Dehon, de Warquignies. {-) Voir aux Annexes, n° IV.
(•^) Voir aux Annexes, n° V.
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habitants sont « infectés » des doctrines hérétiques; beaucoup ne se donnent pas la peine de dissimuler leurs erreurs; ils débitent publiquement des propositions hérétiques, schismatiques et blasphématoires : Jésus-Christ n'est point réellement présent dans l'Eucharistie; le purgatoire est une invention de l'homme; le culte des images est défendu par le premier commandement de Dieu; ils ne reconnaissent pas le pouvoir du Pape et de l'Église romaine. Leur livre préféré est le Trésor des prières et oraisons (*). Un jour un- des missionnaires, ayant, dans une de ses instructions, critiqué ce livre, l'auditoire accueillit ses paroles par des huées.
La situation est donc grave : si l'on n'ap|»li(|ue de prompts remèdes, on peut craindre que le mal s'étende, et que la « séduction » devienne générale.
Quant au fait des mariages incriminés, le Conseil estime qu'il y a lieu d'approuver la décision de rOfïicial et de lui accorder le concours du bras séculier, conformément au décret (-) rendu par le roi Charles II, le n octobre 1699.
Cependant l'expérience du passé peut faire craindre que des mesures de roprés;iilles soient décrétées contre les catholiques hollandais par le gouvernement de la Républii|ue des Provinces-Unies. Il faut donc se montrer fort prudent et solliciter, avant toute mesure répressive, des instructions du Gouverneur général.
La réponse du prince Charles de Lorraine (') fut prescpie immédiate : le rapport du Conseil a été libellé le 17 février; la dépêche du Prince est datée du 21. Le Gouverneur général désire être « instruit à fond » de cette affaire et charge le conseiller de Secus de prendre, d'accord avec l'Avocat fiscal, des « informations pertinentes « , notamment sur le point de savoir « si les personnes dont les mariages ont donné lieu aux sentences de rOlïîcial de Cambrai, et d'ailleurs tous ceux (|ui ont donné du scandale à l'époque de la mission, ont autrefois professé la Religion catholique, ou si
(1) Publié à Kouen, en 1709.
(2) Voir plus haut, page 6, en note, le texte de ce décret.
(3) Voir aux Annexes, n° VI.