‹ Le Protestantisme dans le Hainaut au XVIIIe siècleChapitre 22 sur 28 · XLIII. — Dépêche du Conseiller fiscal Papin au Gouvernement · texte numérisé non relu

XLIII. — Dépêche du Conseiller fiscal Papin au Gouvernement

(26 octobre 1789).

L'ordre du Gouvernement relatif au pasteur Devisme a reçu son exécution.

« Sire,

» Pour satisfaire à la dépêche de Voire Majesté du 22 de ce mois, cotée 108, qui ne m'est parvenue que ce malin, relativement à l'emprisonnement du nommé Devisme, j'en ai communiqué le contenu à l'office du village Dour, en la seigneurie du sieur de Koyer, qui a d'abord fait remettre ledit Devisme en liberté sans lui faire payer aucun frais, en le prévenant qu'il ne pouvait exercer les fonctions de ministre protestant à Dour, ni ailleurs sous la domination de Votre Majesté tant et si longtemps qu'il n'y serait pas autorisé par son Gouvernement général; de quoi j'informe Votre Majesté conformément à ce qui m'est enjoint par la présente dépêche.

» Je suis avec un profond respect, elc.

» (S.) Papin. »

Mons, le 26 octobre 1789.

Original aux Archives du Royaume à Bruxelles. Conseil du Gouvernement général, cart. 111. — Minute aux Archives de l'Éiat à Mons. Office fiscal du Hainaut. Dossiers et avis, 1788-1789.

XLIV. " Remercîments adressés à l'Empereur par les calvinistes de Dour (4 novembre 1789).

A Sa Majesté CEmpercxir et Roi, en son Conseil royal du Gouvernement aux Pays-Bas.

« La société protestante calviniste du village de Dour en Hainaut, ayant appris qu'il avait plu à Votre Majesté de faire élargir sou Ministre Jean Devisme, qui, pour lui avoir prêté son ministère, était innocemment détenu prisonnier au château de Mous, vient se prosterner à vos pieds, Sire, pour Vous remercier d'un semblable bienfait.

» Et persistant de fonder son espérance sur Votre royale protection, elle a tout lieu de croire que, sensible à une société, qui, privée des secours spirituels (la base de la vraie félicité), serait d'autant plus digne de pitié, qu'elle ne se laisse uniquement guider que par la vertu, il plaira à Votre Auguste Majesté d'ajouter le comble à Ses bienfaits, en l'autorisant incessamment à l'exercice du culte privé de sa Religion.

» Sup|)liant au surplus Votre Majesté d'êire persuadée que cette société continuera à Vous démontrer sa tidélilé et son attachement, où elle fait consister son bonheur autant que sou devoir.

» C'est la grâce, etc.

>. (S.) P.-A. Thon.

M. De Frise.

PlEHRE-JoSEPH EsTIÉVENAllT. »

Le 4 novembre 1789.

Archives du Royaume à Bruxelles. Conseil du Gouvernement général, cart. m.

XLV. — Requête des protestants de Dour au Conseil royal du Gouvernement (4 août 1791).

Les Anciens du Consistoire de Dour exposent que depuis l'arrestation du pasteur Devisnie ils doivent faire un long voyage pour jouir des consolations religieuses. — Ils sollicitent le bénéfice de l'édit de Tolérance du 12 novembre 1781.

A Sa Majesté l'Empereur et Roi, en son Conseil royal du Gouvernement

de ses Pays-Bas à Bruxelles.

« Les familles du village de Dour en Hainaut, professant la religion calviniste, persuadées, Sire, que le bonheur de tous Vos peuples généralement forme la base principale de Votre propre félicilé, osent s'adresser à Vous, pour impélrer de Votre bonté habituelle la jouissance de ce bonheur.

» Elles prennent la respectueuse liberté d'observer à Votre Majesté qu'ayant eu la douleur de voir appréhender par la maréchaussée et conduire au chàlel à iMons le ministre qui leur prétait charitablement les secours spirituels, d'où, après avoir été détenu deux mois, il a plu au Conseil de Votre Gouvernement de le faire élargir, avec défense de continuer ses fonctions sur les terres de Votre .^lajnslé, ces familles, depuis ce temps, se voient dans la déplorable nécessité d'aller chercher ces secours spirituels, d'une façon non moins dispendieuse que pénible, dans un empire étranger ; et encore, plusieurs d'entre eux, soit par vieillesse ou par d'autres motifs, gémissent dans la cruelle privation de ces secours.

» Celte société s'était adressée, en 1788, audit Conseil de Voire Gouvernement, à la fin d'être autorisée de professer le culte de sa religion, selon la teneur de l'édit de Tolérance : elle avait satisfait à toutes ses demandes, et, au moment qu'on allait prononcer définitivement sur cet objet, arriva la révolution.

» Aujourd'hui que Votre Majesté a rendu le calme si désiré à ces provinces, et puisqu'il Lui a plu de continuer l'édit de Tolérance, dont son

auguste Frère avait gratifié ses sujets, ces personnes, pleines de confiance dans les hautes qualités qui Vous rendent le premier monarque de l'Univers, viennent se jeter aux pieds de Votre Majesté, en L'implorant de les (sicj octroyer de professer le culte de leur Religion, conformément à Son Editetsur le même pied des autres prolestants de Ses provinces. Sur cette conséquence, elles remarquent qu'elles sont au nombre de passé cinquante communiants, et qu'elles se proposent de faire apparaître à qui il sera ordonné par Votre Majesté, les qualités ministérielles et actes de probité du ministre qui viendra leur administrer les secours spirituels, avant qu'il commence à exercer parmi elles son ministère, tout quoi se permettant sous Votre bon plaisir. Et s'il arrivait que Votre Majesté voulût être ceriiorée sur ce, ou être éclaircie sur autre chose, on La supplie de vouloir bien S'adresser à Monsieur le Conseiller en son Conseil de Hainaut et Substitut fiscal Gobar, lequel étant à portée de connaître les suppliants, rendra un témoignage non prévenu sur ce qui les concerne.

» Dans ce cas, comme en tout temps, leur attachement au service de Votre Majesté, leur obéissance à Ses ordres et la continuation de leurs vœux pour la prospérité de Ses armes, la bénédiction de Ses jours et la durée de Son règne ne seront que l'esquisse de leur juste reconnaissance envers Voire Majesié pour une marque aussi éclatante de Sa protection.

» C'est la grâce, etc.

» Les quatre soussignés sont des Anciens, nommés par cette société, lesquels forment son Consistoire :

» (S.) PlERRE-CwARLKS HaRMIGINIES.

Pierre-Joseph Estiévenart.

P. -A. Thon.

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