CHAPITRE II
La question religieuse à Dour, depuis TÉdit de Tolérance de 1781 jusqu'à la fin de TAncien Régime.
De longues années se passèrent sans que les protestants de Dour, dont le nombre était (Tailleurs fort réduit, donnassent de sérieuses préoccupations aux autorités. Du moins n'en trouve-l-on pas de traces dans les archives du Conseil de llainaut ni dans celles du gouvernement central.
Vint le règne de Joseph II.
Le 12 novembre 1781 fut décrété le célèbre Edit de Tolérance (-). L'Kmpereur annonce « sa ferme intention de soutenir invariablement » la religion catholique, tout en jugeant « qu'il est de sa charité d'étendre à l'égard des personnes com|)rises sous la dénomination de protestants les elIV'ts de la tolérance civile, qui, sans examiner la croyance, ne considère dans l'homme que la qualité do citoyen » (^).
En conséquence, la religion catholique garde sa primauté et peut seule
(1) 11 y avait cependant eu des troubles au mois de juillet précédent. Dans une lettre du 22 de ce mois, Bernier, coadjuteur de la paroisse de Dour, porta plainte au Conseil de Hainaut contre le charbonnier Bourguinon : « Il est sorti de sa maison avec le visage si enllamiiié de colère qu'il paraissait comme un furieux... il a prononcé à voix élevée des blasphèmes par les mois Sacré Dieu! Mordieu! je vais chercher mon pistolet, ce quia troublé la procession ». (Archives de l'État à iMons. Conseil de Hainaut. Liasses de 1750.)
(2) Voir Éude sur la condition des Protestants en Belgique depuis Charles-Quint jusqu'à Joseph 11, pp. 107-161.
(3j Le texte de I Édit dti Tolérance est reproduit dans le Recueil des Ordonnances des Pays-Bas autrichiens, 3" série, t. XII (édit. Vehhaegen), pp. 89-90.