COL LE G IL M T R^ECO-PITHOEAXUM
Et au-dessous :
Toi; veact? IIsiÔGU.
Ce collège, transformé en Lycée, il y a dix ans, vient j être transféré dans un plus bel emplacement. Le vieux
collège ainsi abandonné; doit, dit-on, céder la place à on marché couvert.
Antoine.
Nous n'avons que fort peu de chose à dire sur le seigneur de Luyères. Nous savons seulement qu'il fut commissaire, des guerres, puis maire de Troyes en 1610, ce qui donne lieu de croire que, sans être parvenu au degré d'illustration que ses frères ont atteint, il était lui aussi l'objet du respect et de la considération de ses concitoyens. Il avait épousé Jeanne de Hault. Nous ignorons si elle descendait de l'ancien maire de ce nom, dont il sera parlé sur la fin de cet ouvrage. Il mourut le 4 de mai 1619.
Jeanne.
Elle fut l'épouse de Jean Nivelet, seigneur de Dosches.
Perrette.
Elle fut mariée à Christophe de Vassan, négociant de Troyes. Elle fut une héroïne du parti religieux dans lequel son père lavait élevée. Dès qu'il ne fut plus permis en France d'adorer Dieu et de le servir d'après l'Évangile et selon sa conscience, elle se retira à Genève, où l'illustre Théodore de Bèze exerçait son ministère. Elle mérita l'estime et les éloges des personnes les plus distinguées. Casaubon, dans ses lettres à Nicolas et Jean de Vassan ses fils, ne l'appelait que dilectissimam fœminam. Dans une lettre à Nicolas, écrite en 1605, il fait ainsi l'éloge de sa
mère dont on lui avait annoncé la mort comme prochaine : « Si votre respectable mère est encore sur la terre ou si elle est déjà arrivée au ciel, son sort est également heureux. Rien ne lui a manqué de tout ce qui peut assurer le bonheur dans cette vie et dans l'autre. Sans parler de toutes les qualités dont Dieu l'avait ornée, ne considérons que sa piété qui était la base de l'inébranlable fermeté qui l'a fai! résister aux attraits d'une patrie qu'elle chérissait. Elle a tout sacrifié au bonheur de jouir de la parole de Dieu, soutenue dans ce parti par les exemples mêmes de faiblesse qu'elle avait sous les yeux, de la part de grands personnages qui n'avaient pas eu assez de force pour préférer les biens à venir aux biens présents (1). Que dirai-je des peines, des travaux, des soins auxquels elle s'était consacrée pour l'éducation de ses enfants? Occupez-vous, mon cher de Vassan, du bonbeur d'avoir eu une telle mère. Ce n'est point en la pleurant , c'est en l'imitant que vous l'honorerez d'une manière digne d'elle. »
Nicolas de Vassan resserra les nœuds qui l'unissaient à la famille Pithou, en épousant Perrette Nevelet, fille de Jeanne sa tante. Pour fortifier encore cette alliance, Pierre Nevelet avait épousé dans le même temps Marie de Vassan, sœur de Nicolas. Celui-ci était le dernier des enfants de Perrette Pithou. Lui et Jean de Vassan, aîné de la famille, élevés par leur respectable et sainte mère dans la piété selon l'Évangile, y demeurèrent fermement attachés toute leur vie. Ayant quitté Genève, où Casaubon leur écrivait
(1) Cette phrase nous parait être une évidente allusion a la défection de ses frères Pierre et François. C'est d'après elle que nous nous sommes cru autorisé a formuler notre jugement sur le vrai motif de leur abjuration, dans la courte Notice qui leur est consacrée.
encore en 1605, ils avaient passé en Hollande où ils se lièrent d'une étroite amitié avec Joseph Scaliger.
Amhroisc.
Celle-ci, qui était la plus jeune, épousa Claude de Marisy, seigneur de Valentigny.
On ne peut retenir ses larmes au récit de tout ce qu'elle eut à souffrir pour sa foi. Elle nous paraît digne à tous égards des éloges donnés par Casaubon à sa sœur de Vassan. Son humilité, son zèle, sa fermeté doivent servir • le modèle à toutes les femmes chrétiennes. Nous aimerions savoir ce qu'elle devint après avoir surmonté les premiers périls de son évasion. Il nous paraît assez probable qu'elle alla à Genève rejoindre son mari et ses deux sœurs, pour jouir en commun des douceurs de la paix et des consolations du culte en esprit et en vérité.
Le souvenir de la famille Pithou vivra dans le cœur de tous les vrais enfants de la Réforme. Elle est un exemple frappant des fruits admirables que produit une éducation franchement chrétienne. Puisse la piété profonde dont plusieurs de ses membres furent animés, revivre au sein de nos propres familles et remplacer chez un trop grand nombre cette religion de forme et d'apparat qui ne saurait changer le cœur et qui le laisse dans son état de mort, et de péché.
Troyes, le l" août 18C2.
Ch. RECORDON, pasteur.
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