‹ Le protestantisme et la r`egle de foi (volume 2)Chapitre 6 sur 25 · T. IL · texte numérisé non relu

T. IL

seul peut donner, et c'est toujours as ec un nouveau plaisir, avec d'ineffables délices, qu'ils en entendent répéter les oracles. Les infidèles eux-mêmes, préparés et disposés par les instructions des pieux ministres accourus pour les évangéliser, reçoivent de leurs mains ces saints livres avec le plus grand respect, les traitent avec la vénération due à un objet si auguste, et en retirent , eux aussi , de très grands avantages pour le bien de leurs âmes.

Le protestantisme, au contraire, par là même qu'il récuse avec entêtement le témoignage auguste de l'Église, dépouille l'Écriture sainte de toute garantie, et lui enlève cette auréole de respect dont elle devrait être entourée. Il en fait un objet de doute comme de disputes interminables (1). Le criticisme de ses sa-

(1) Hœninghaus, dans son célèbre ouvrage de La Réforme contre la Réforme, traduit de l'allemand par MM. W. et S., Paris, 1845, t. 1, en. 5, p. 169-180, démontre, en citant les auteurs l'un après l'autre, leurs ouvrages et les pages mêmes avec une exacte précision, que les docteurs protestants ont exclu du nombre des livres, je ne dis pas inspirés, mais simplement authentiques, le Pentateuque, comme Wette et Veter, le livre de Josué, celui des Juges, les livres de Samuel, ou le 1er et le 2e des Rois, le 3e et le 4e des Rois, ceux des Paralipomènes, comme Gesenius et Gramberg. Même chose à dire des livres d'Esdras ; même chose du livre des Cantiques, de celui de Job, des Psaumes, des Prophètes, mis sur le compte des moines du moyen-âge ! même chose des livres du Nouveau Testament, à commencer par les Évangiles , en passant par les épîtres de saint Paul, où apparaissent toujours les idées judaï-

vants n'en épargne ni les livres qui la composent, ni les chapitres, ni même les syllabes. Avec une audace incroyable, et sous prétexte de ne pas donner la parole de l'homme pour celle de Dieu, ils rejettent une grande partie de la parole de Dieu en la réduisant , contre toute raison , à la condition de la parole de l'homme. Leurs sociétés bibliques ne daignent plus ajouter, même comme simple appendice à la Bible, les livres deutero-canoniques de l'Ancien Testament, tenus pour divinement inspirés par toute l'antiquité ecclésiastique. Leurs rationalistes amoindrissent tellement la notion de l'inspiration divine, que l'idée même en disparaît tout-à-fait. Le parti même du protestantisme appelé piétiste ou orthodoxe , s' enlevant à lui-même tout moyen de preuves par le refus qu'il fait d'admettre l'autorité de l'Église, ne saurait jamais procurer à ses adhérents la certitude exempte de doute que les livres qu'il leur met en main soient le résultat de l'inspiration divine. Par la même raison, les Bibles que le protestantisme distribue aux infidèles perdent à leurs yeux toute leur valeur, et

ques , aux épîtres de saint Pierre et de saint Jacques, conçues dans le même esprit que celles de saint Paul ; aux épîtres de saint Jean, ouvrage, disent-ils, de quelque Juif. Quant à l'Apocalypse, elle est aujourd'hui rejetée par la plupart des exégètes protestants. On peut voir à l'endroit cité du livre d'Hœninghaus les passages analogues. Je le demande maintenant, que restet-il aux protestants des livres saints, qu'ils puissent alléguer comme authentiques, comme sacrés et faisant règle de foi.

sont exposées au danger évident d'être pour eux l'objet des plus honteuses profanations, comme cela arrive en effet tous les jours, ainsi que nous l'avons démontré ailleurs. Triste condition des novateurs qui, dans le temps même où ils accusent l'Église d'avoir horreur de la Bible, la morcellent, la mutilent, la déchirent, la mettent en pièces, et sont réduits à l'impuissance de dire si elle est inspirée ou non, si elle contient la parole de Dieu ou la parole de l'homme, la dépouillent enfin de son divin caractère, de sa sainteté et de sa dignité!

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