CHAPITRE PREMIER
CARACTÈRE, moral de ceux qui om substitué la nouvelle RÈGLE DE FOI A LA RÈGLE DE FOI CATHOLIQUE.
Coryphées ou principaux auteurs de la prétendue réforme. — Méthode et ordre qu'on suivra en traitant de chacun d'eux.
Quelque multipliées et divisées que soient les communions protestantes , toutes cependant reconnaissent pour leurs coryphées ou pour auteurs de leur glorieuse Réforme Luther en Allemagne, Calvin en France, et Zwingle en Suisse; puis, pour l'anglicanisme, personne qui ne sache que Henri VIII en a été le fondateur et le premier architecte. C'est pourquoi nous ne tiendrons compte, à proprement parler, que de ces quatre ; car, quant à ceux qui sont venus ensuite réformer la réforme, et créer ainsi de nouvelles communions, nous ne nous occuperons pas beaucoup d'eux, puisqu'ils n'ont fait que développer avec plus de franchise, et sous des formes différentes, les germes renfermés dans la règle de foi introduite par les premiers, en y apportant les modifications qui leur plaisaient le mieux, mais toujours dans le même esprit et suivant les tendances de cette nouvelle règle prise pour base et fondement de leurs innovations. Les traits principaux sont les mêmes dans tous ces sectaires et dans toutes ces sectes, comme le tissu cellulaire subsiste toujours le même dans le corps humain; et de là vient aussi que les sectes subalternes ont conservé la dénomination commune de protestantisme.
Pour nous renfermer dans notre objet, qui est de montrer combien l'œuvre tout humaine de la Réforme est en opposition avec l'œuvre de Dieu, nous ne nous amuserons pas à écrire la biographie de ces chefs de la Réforme ; mais nous n'en prendrons que ce qui rentre dans notre dessein ou qui se rapporte à la nouvelle règle de foi. Et pour éviter la confusion des idées, je m'attacherai à suivre constamment le même ordre pour chacun de ces hommes dont j'ai à parler, sauf les légères exceptions que le sujet amènera naturellement. C'est-à-dire que je parlerai, pour chacun d'eux, d'abord des motifs qui les ont déterminés à abandonner l'ancienne règle de foi pour y substituer la leur propre ; puis, de l'esprit qui les animait, du procédé qu'ils ont suivi, de l'inconstance qu'ils ont montrée. Ensuite, je dirai quelque chose de leurs contradictions les plus palpables et des désordres de leur conduite morale. Enfin, et par forme d'appendice, je présenterai le tableau synoptique, en quelque sorte, des contradictions mutuelles des différentes communions et de la manière dont elles se jugent les unes les autres. De cette façon, nous pourrons justement apprécier, en nous les représentant sous leur véritable point de vue, ces hommes qui se sont donnés pour réformateurs de l'Église de Dieu. Et pour procéder avec plus de lucidité, nous parlerons de chacun d'eux dans autant de paragraphes à part.