‹ Le protestantisme et la r`egle de foi (volume 3)Chapitre 31 sur 52 · UI. — RAPPORT DU COMMUNISME ET DU SOCIALISME AVEC LE PROTESTANTISME · texte numérisé non relu

UI. — RAPPORT DU COMMUNISME ET DU SOCIALISME AVEC LE PROTESTANTISME

L'indépendance à l'égard de l'autorité proclamée par Luther. — A l'autorité légitime a succédé de fait une autorité tyrannique en matières religieuses. — Les souverains chefs spirituels des Eglises d'Etat. — Réaction des anabaptistes contre l'autorité spirituelle et temporelle des princes. — Par conséquent, le communisme et le socialisme sont nés du protestantisme dès le XVIe siècle. — L'idée a survécu à l'anabaptisme étouffé. — Elle s'est conservée et développée dans le protestantisme , et de là sont sortis le communisme et le socialisme actuels. — Application naturelle du principe protestant. — Même chez les catholiques, le socialisme prend sa source dans le protestantisme. — Ce qui le prouve, c'est la haine que les socialistes ont pour le catholicisme, ■ — et leur sympathie marquée pour le protestantisme. — On en fournit aussi des preuves intrinsèques et des preuves de fait. — Pourquoi les démagogues cherchent à protestantiser l'Italie ! — C'est pour aboutir au socialisme. — Cette vérité confirmée par les paroles et par les actes de Mazzini.

Les documents que nous venons de présenter suffisent pour faire voir que le socialisme porte sur le front la preuve de sa vicieuse origine, qu'il n'est pas animé d'un autre esprit que de celui d'hétérodoxie et d'irréligion, que c'est en niant l'autorité de l'Église qu'il en est venu à nier toute religion positive, comme toute autorité divine et humaine, et qu'il s'est précipité d'abîme en abîme dans l'anarchie religieuse, intellectuelle et politique.

Mais remontons aux premiers temps de la Réforme pour tracer historiquement le lien qui unit le communisme et le socialisme avec le protestantisme. Luther affranchit le chrétien de toute autorité, en faisant un prêtre, un évêque et même un pape de chaque fidèle.

et en abandonnant au libre examen de chaque individu l'intelligence de l'Écriture. Mais, dans ces commencements, le peuple n'était pas encore mûr pour une si haute prérogative, h laquelle il n'aspirait pas même en songe. C'est pourquoi les princes réunirent dans leurs seules personnes les deux pouvoirs, le temporel et le spirituel, et se trouvèrent, comme par enchantement, rois et papes tout à la fois. Et, non contents d'un titre vain et sans réalité, ils prirent de fait possession de leur dignité nouvelle, et l'exercèrent avec bien plus de rigueur que ne l'avaient jamais fait les pontifes romains. Chacun de ces princes se déclara chef de l'Église ou des Églises qui vinrent à se former dans leurs États respectifs. Ils s'en établirent les arbitres souverains, et en firent autant d'Églises territoriales ou locales, qui n'avaient rien de commun avec celles des autres États sujets à d'autres princes, à part toutefois leur côté négatif ou l'esprit d'insurrection et de révolte commun à elles toutes, à pari aussi l'alliance extérieure qu'elles pouvaient contracter. semblable à celle que peuvent former entre eux des gouvernements politiques, et qu'on a coutume d'appeler du nom de ligue ou de confédération oifensive et défensive. Et comme chaque prince est indépendant dans ses propres États, ainsi chaque Église territoriale resta indépendante et prit le nom d'Église de l'État, de même qu'un laquais prend la livrée de son maître, en même temps que la religion devint une branche d'administration civile (1). De là ces dénominations d'Église de

(1) VrxET a dit dans son ouvrage déjà cité : « En Angleterre el en Diinemarck, Henri VIII et Christiern, deux tyrans, deux bourreaux; eri Suisse, lii république de Berne, pesamment despotique,

Genève, d'Église réformée de France, d'Église anglicane, et ainsi des autres. Ces princes eux-mêmes, en vertu de leur papauté, déterminèrent quelle devait être la foi que professeraient leurs sujets respectifs, quel était le culte ou la forme de culte qu'ils devaient pratiquer, comme nous en avons vu un exemple dans le feu roi de Prusse Guillaume III et dans Y agenda ou le rituel qu'il prescrivit à ses évangéliques, comme en avaient aussi donné des exemples célèbres, et le nouveau pape Henri VIII, et la nouvelle papesse Elisabeth, qui ré-

se font plus qu'évêques en introduisant d'autorité le nouveau culte |p. 525). A Genève, Calvin fonde une Sparte théocratique, c'est-à-dire la tyrannie sous la forme de la liberté •• [p 526 . Et Gasparfn, dans son ouvrage cité aussi : Des intérêts généraux du protestantisme en France, p. 301, ajoute : « L'influence grossière de la politique... se fait partout sentir. On souffre en voyant la révolution préparée par Wicleff... s'accomplir en se desséchant sous la main sanguinaire de Henri VIII ; on souffre en voyant Farel s'appuyer sur une autre puissance que celle de l'Evangile, en voyant l'ambition d'un sénat de Berne hâter et discréditer en même temps la conversion de la Suisse romande. On souffre en voyant en France ces braves soldats, ces nobles gentilshommes protestants, mêler aussi quelques passions, quelques haines, quelques projets mondains, aux saintes pensées de la foi. Ils nous oui gâté notre réforme. »

Au reste, cela n'est pas nouveau, puisque nous trouvons les mêmes manœuvres pratiquées par les ariens. Les eusébiens ne faisaient aucune difficulté de reconnaître l'empereur Constance en qualité de chef de l'Eglise, tandis que les catholiques défendaient l'indépendance de celle-ci. De là a tiré son origine la transformation du christianisme en Eglises d'Etat, introduite par la nature et l'esprit des sectes. Voir Mœhler, Jthanase le Grand, t. Dr, p. 4-6. Luther s'aperçut lui-même que la Réforme avait besoin d'un bras de fer pour s'introduire et se soutenir. Voici en quels termes il se recommandait au landgrave de Hesse : « Paupercula '• et misera Ecclesia est, exigua et derelicta, indigens probis do- - minis regentibus. » Consult. Luther.. § 3.

glaient à leur caprice la discipline ecclésiastique d'Angleterre et faisaient marcher à leur pas les ministres du nouveau culte.

Toutefois, dès le principe de la nouvelle réforme, on vit paraître des hommes plus logiques que Luther, qui, après avoir adopté le principe constitutif et fondamental du protestantisme, ou la pleine indépendance de la raison individuelle dans l'interprétation de l'Écriture sainte, surent en déduire les conséquences qui y étaient renfermées. Luther avait inféré de son principe que chaque fidèle, en vertu de son baptême, était devenu prêtre, évêque et pape, et que tous, par conséquent, devaient se liguer d'un commun accord pour chasser ces usurpateurs qui avaient accaparé pour eux seuls ces dignités communes à tous. A cet effet, il exhorta vivement les peuples, les seigneurs et les princes, à se donner la main pour chasser de leurs terres ces prétendus prêtres et évêques, et précipiter du trône, qui leur appartenait à eux-mêmes, le pape qui s'attribuait injustement, et contre ce qu'enseigne l'Écriture, l'autorité suprême sur l'Église. De ce même principe, Storch et Munzer inférèrent, six ans après, que tous les fidèles, en vertu de leur baptême, étaient entre eux parfaitement égaux, ei que par conséquent chacun était roi, prince, noble, seigneur ; et ils mirent la même chaleur à exhorter leurs adeptes à se ruer tous ensemble comme un seul homme contre ces usurpateurs du pouvoir, des richesses, des principautés, patrimoine commun de tous ; que la terre avait été donnée également à tous en héritage, et que c'était pour l'avantage commun de tous que le soleil se levait sur l'horizon. Telle est l'origine du communisme

et du socialisme au xvie siècle, tels qu'ils furent enseignés et pratiqués par les anabaptistes, enfants premiersnés de la réforme luthérienne. Ces sectaires n'eurent pas besoin de se donner beaucoup de peine pour communiquer le mouvement. Les paysans de la Thuringe, de la Saxe, de la Franconie, de la Souabe, de la Bavière , du Tyrol , de la Carinthie , de la Stirie , de l'Alsace, de la Lorraine, d'une partie de la Suisse, comprirent fort bien leur leçon, et en moins de deux années tous ces nouveaux papes de la création de Luther se transformèrent en autant de rois, ils se donnèrent la main pour agir de concert, et les dévastations, les incendies, les pillages envahirent, comme un fleuve débordé, et submergèrent toutes ces provinces. Les seigneurs dépouillés furent réduits à prendre la fuite pour sauver leur vie, et les princes tremblèrent sur leurs trônes (1).

Heureusement le nouvel Évangile n'avait pas encore jeté d'assez profondes racines pour rendre le mal irrémédiable. Une ligue puissante de catholiques et de protestants vint arrêter à temps les progrès de ces fanatiques. Le fléau cessa, au prix toutefois de la destruction de Munster et de l'immolation de cent mille victimes.

(1) Voir l'ouvrage qui a pour titre : Histoire du communisme ou réfutation historique des utopies du socialisme, par M. Alfred Sudre, Bruxelles, 1850, c. vu, vm, ix, x, où l'auteur parle au long des hérésies qui ont donné naissance au communisme moderne, et s'étend particulièrement sur les anabaptistes, qu'il partage entre trois époques distinctes ; et de là passe au communisme et au socialisme contemporains. Il y a dans cet ouvrage une richesse de connaissances fort précieuses sur tout cet intéressant sujet.

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Mais, si l'anabaptisme fut réprimé, il ne fut pas vaincu de manière à ne pouvoir se lever de nouveau : il se releva, en effet, dans les mennonites , bion que l'expérience du passé rendît ces derniers plus prudents et plus cauteleux. D'ailleurs leur esprit, ou, comme on dit aujourd'hui, Vidée anabaptiste, survivait toujours, et tous les jours elle gagnait du terrain, particulièrement dans le champ de la Réforme ; et, insensiblement, les protestants en vinrent à se persuader que le temps était venu de faire disparaître cette anomalie d'un protestantisme dirigé et gouverné par l'autorité, d'en finir avec ces princes-pontifes, avec ces magistrats civils, avec ces ministres de police , qui tenaient l'Église dans l'esclavage ou dans la dépendance de l'État, et se réservaient à eux-mêmes ou à leurs bayonnettes le droit exclusif d'imposer à des fidèles, à qui leur protestantisme assurait leur liberté, une foi, un culte, une discipline de commande.

De là ce cri général qui, dans ces derniers temps, s'est fait entendre dans les rangs du protestantisme, que l'Église devait être émancipée de l'État, et chaque individu rendu à l'indépendance pleine et absolue qu'avait consacrée la Réforme. Mais les individus une fois affranchis de l'autorité civile, qui seule donnait une espèce d'unité extérieure à ces Églises locales, il devaii nécessairement arriver que, chacun rentrant en pleine possession de ses droits, de ces droits dont ils avaient été injustement et contre toute raison dépouillés, chacun aussi pourrait entendre l'Écriture à sa manière. Or, la plupart de ces interprètes individuels et indépendants n'y trouvèrent plus aucun dogme surnaturel : ni péché

originel, ni Trinité, ni divinité de Jésus-Christ, ni rédemption, ni surnaturalisme ; on n'y trouva plus que naturalisme et rationalisme pur. En revanche, on y trouva le communisme et le socialisme, avec l'égalité la plus absolue des personnes et des choses.

Qu'on ne vienne pas nous objecter que le communisme et le socialisme ont aussi trouvé accès chez les catholiques, qu'ils y ont formé, étendu leurs rangs, et, par une suite naturelle, y ont amoncelé les ruines. A ceux qui nous feraient cette objection nous répondrions qu'autre chose est de se laisser infecter d'une erreur étrangère à la croyance qu'on professe, et même combattue, condamnée par cette croyance, autre chose est de donner naissance à cette erreur par la doctrine même ou par les principes qu'on professe, et dont elle est l'effet naturel et comme le fruit spontané. Les flammes qui s'échappent avec furie des cratères du volcan qui les vomit sont l'effet naturel de ce volcan même. Que ces flammes prennent ensuite à une forêt voisine et y portent la désolation et l'épouvante, ce seront bien là les eifets du volcan, et la forêt en aura bien été victime; mais ce n'est pas elle-même qui aura apporté le feu destructeur. Il n'est que trop vrai que la doctrine fatale du communisme et du socialisme a trouvé son aliment dans le champ catholique, et qu'elle y produit ses funestes effets; mais c'est qu'elle a son foyer originaire dans le protestantisme. C'est de là qu'elle s'est répandue, qu'elle a porté partout ses affreux ravages. La preuve irréfragable en est fournie par les socialistes eux-mêmes, qui déclarent formellement que le catholicisme est leur ennemi, que le chef du catholicisme est l'adversaire-né de

leurs doctrines comme de tous leurs projets ; et c'est pour cela qu'ils font une guerre à outrance à tout ce qu'il y a de jésuites, c'est-à-dire, dans leur langage, à tout ce qu'il y a de catholiques. Pouvons-nous désirer des aveux plus explicites que ceux-là ? Et, en effet, partout où les communistes et les socialistes peuvent avoir le dessus, leur première pensée, leur premier soin, c'est de faire la guerre au clergé, de le persécuter et de l'exterminer même avec une fureur qui ne connaît plus de frein.

Au surplus, l'anarchie religieuse est toujours inséparable de l'anarchie des idées et de l'anarchie politique. Une longue expérience a démontré qu'une de ces sortes d'anarchie donne la main à l'autre, et que la révolte contre l'Église ne manque jamais de conduire à la révolte contre l'État. Or, qui osera nier que le protestantisme renferme en soi l'anarchie religieuse par le principe même qui le constitue et qui en fait l'essence? Et cette indépendance absolue de toute autorité qu'il proclame en matière de religion, qu' est-elle autre chose que l'autonomie de la raison individuelle ou l'anarchie religieuse? N'est-ce pas là ce que nous avons si souvent entendu répéter par les plus célèbres protestants, surtout de nos jours, et n'en avons-nous pas produit, il u\ a qu'un instant, des témoignages aussi nombreux que solennels ? Telle est la principale, ou plutôt l'unique raison qu'ils apportent pour repousser toute symbolique, toute profession de foi commune, soit à une, soit à plusieurs communions protestantes, et qui en même tempe soit obligatoire, pour rejeter comme une anomalie toute décision de svnodes en matière de crovances. C'est cette

même raison qui, comme nous l'avons vu, a porté le concile soi-disant œcuménique de Berlin à déclarer luimême que sa décision n'aurait pas force obligatoire pour la conscience, mais que tout se réduisait à une formule de profession extérieure pour l'union extérieure des Églises protestantes, en laissant à chaque ministre et à chaque individu la liberté de suivre sa conviction personnelle. De là aussi ce reproche adressé par les protestants de nos jours à leurs devanciers, d'avoir, pendant près de trois siècles, mal compris et à peine connu la nature du protestantisme, et de s'être mis continuellement en contradiction flagrante avec le principe même qui les constituait protestants, en soutenant avec tant de chaleur des formules ou confessions de foi depuis longtemps surannées. Et, sous ce rapport, tout homme sensé et qui raisonne devra leur donner raison (1).

Or, si les premiers protestants ont trouvé ou cru trouver dans la Bible l'indépendance de la raison à l'égard de toute autorité en matière de foi, devra-t-on condamner les protestants modernes qui trouvent ou croient

(1) Quoique nous ayons déjà dans le cours de cet ouvrage produit des témoignages décisifs et irrécusables de cette vérité, nous trouvons à propos d'y ajouter encore l'aveu du célèbre protestant Sjsmondi. Voici ses paroles : » Les protestants n'ont pas toujours bien compris leur propre système ; ils n'ont pas toujours senti que l'indépendance des opinions individuelles était l'essence de leurs Eglises; ils n'ont pas toujours renoncé à l'uniformité de croyance, et ils ont paru quelquefois embarrassés de ce qu'on leur reprochait leurs variations et les nombreuses dissidences qu'on trouvait entre eux. Encore aujourd'hui une moitié des protestants persiste dans la même erreur pour l'unité des doctrines, quoique avec peu de chance de l'obtenir, parce que chacun cherche cette unité dans un système différent. - Rente encyclopédique, Paris. 1826, art. Opinions religieuses.

trouver dans cette même Bible l'égalité pleine et absolue de tous les hommes entre eux , qui y trouvent ou y croient trouver la communauté des biens, l'émancipation de tout pouvoir et de toute autorité ? Si tous les individus baptisés sont rois et prêtres, quel droit un de leurs égaux pourra-t-il avoir de se les assujétir? La bonne logique, une logique inflexible comme la géométrie ne le souffre pas, ne le permet pas, ne l'admet pas. Et cela avec d'autant plus de raison, que les anabaptistes, plus rapprochés du berceau de la Réforme, l'avaient connu, proclamé et mis en pratique (1). La violence physique et brutale peut seule alors faire avorter leurs efforts, comme encore aujourd'hui il n'y a que la force matérielle des gouvernements qui empêche les socialistes et les communistes de mettre en pratique leurs théories.

Par là on comprend sans peine pourquoi, malgré l'indifférentisme religieux qui domine cette espèce de gens, ils se montrent néanmoins si ardents à propager par tous leurs moyens le protestantisme, dont ils se rient dans leur cœur. Ce n'est pas la propagation du protestantisme qu'ils ont à cœur dans la réalité, mais tout

11) Les mormons de nos jours permettent à chaque individu de prendre au moins sept femmes à la fois, appuyés, eux aussi, sur la Bible et sur l'oracle de leur prophète. Ils ont douze apôtres et un prophète ou pontife suprême. Les apôtres sont dissémines sur toute la terre; Jean Taylor, l'un d'eux, après avoir fait quelque séjour à Boulogne-sur-Mer et y avoir fondé un journal, paraît avoir renoncé à son prosélytisme, puisqu'il a quitté la France. Mais un autre de ces apôtres. Laurent Snow, est venu à Turin. où il s'est établi librement, et d'où i! fait vibrer les rayons de lumière de sa Buo»fi Novella, de son pur Evangile protestant Voir un bel avticlp sur ces mormons dans l'Univers, 17 février I

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simplement la destruction du catholicisme, qu'ils voient et savent bien être Tunique barrière insurmontable à leurs projets (1). Il leur importe bien peu que l'Italie soit protestante, ou s'habille de ces vieux haillons dont se débarrassent peu à peu les nations du Nord ellesmêmes mieux avisées ; mais ce qui leur importe au plus haut degré, c'est que l'Italie ne soit plus catholique, pour qu'ils puissent y faire pénétrer et prévaloir le socialisme, objet de tous leurs vœux : mais ce qu'ils n'obtiendront jamais, tant que le catholicisme y tiendra les rênes. Si Mazzini, Garibaldi, Avezzana et les autres démagogues et aventuriers de cette trempe avaient pu maintenir à Rome la domination qu'ils y avaient usurpée, au bout de quelques cinq ou six années la religion catholique aurait cessé d'être dominante sur les sept collines, et on aurait vu le protestantisme fonctionner sur la tombe des saints apôtres. La preuve en est dans la déclaration si nette qu'en fit publiquement Mazzini lui-même (2), et dans les autres documents authentiques qu'on a recueillis et publiés (3) ; la preuve en est

(1) Doxoso Cortes, marquis de Valdegamas, a traité ce sujet et l'a développé avec des vues profondes dans son ouvrage intitule : Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme. Paris,

(2) Voir sa lettre du 6 août 1849, publiée dans le journal anglais le Globe le 30 du même mois, et rapportée dans l'ouvrage : La Rivoluz-ione romana al giudizio degl 'imparziali, Florence, 1850, p. 14-15. Mazzini y déclarait que le but principal de la révolution romaine était de déposséder le pape non-seulement de son domaine temporel, mais encore de son avtorité spirituelle ■ que cette dernière devait être bannie non-seulement de Rome. mais du monde entier; et qu'il fallait y substituer le principe vital de la réforme religieuse, savoir la liberté de conscience.

On les trouvera dans les Annales des sciences religieuses.

dans la haine qu'ils avaient su inspirer contre le pape et les cardinaux, et contre le clergé tant séculier que régulier ; la preuve en est dans les victimes tombées sous le poignard assassin, et dans la nécessité où se sont vus les autres , tant prêtres séculiers que religieux , de se cacher, de prendre la fuite, de se déguiser sous des vêtements d'emprunt pour se soustraire à la plus atroce persécution ; la preuve en est dans les prédicants appelés en Italie pour y répandre l'erreur ; la preuve en est dans le projet qu'on avait conçu de donner aux protestants, au premier jour, l'église du Panthéon, au cœur même de Rome, pour y exercer leur culte ; la preuve en est, enfin, dans l'édition à tant de milliers d'exemplaires qu'on publia dans ces jours de ténèbres de la Bible altérée et mutilée de Diodati (1) .

Mais si dans l'Italie ou même dans toute l'Europe le socialisme pouvait enfin prévaloir, que deviendrait la société ? Tous les avantages civils et sociaux disparaîtraient dans un commun naufrage. L'Europe ne serait plus qu'un monceau de ruines ; l'homme réduit à une condition presque semblable à celle des brutes, et même inférieure sous quelques rapports, tomberait dans L'état sauvage. Tels sont les fruits que le protestantisme esl venu apporter au monde, et qu'il menace d'y faire mûrir.

1850, a08 l et 2, et dans l'ouvrage intitulé : Sforzipcr introdurre il protestantisme in Roma, avec 59 pièces justificatives, Ruine, 1850. Voir encore l'ouvrage plus récent intitulé : Fatti atroci dello spirito demagogico negli Stati Romani, Florence, 1853, où l'on prouve de plus par des documents irrécusables la lubricité, le brigandange et l'impiété des démagogue (1) Voirie Tablet, 9 juillet 1849.

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