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fit dans le dessein de faire partager aux autres la paix et le contentement qu'elle goûtait dans son bonheur. Voici ce qu'elle en dit dans sa préface : « .le puis dire que j'étais une protestante de bonne foi, croyant sincèrement posséder la vérité de Dieu, ou du moins être dans cette Église où elle doit se trouver, l'ayant cherchée avec beaucoup de soin et beaucoup de larmes, et m'étant occupée de cette affaire a l'exclusion, pour ainsi dire, des autres, au moins pendant ces douze derftières années de ma vie. En persévérant ainsi avec le secours de la grâce à chercher la vérité, j'ai reconnu tout-à-coup qu'elle n'était pas là où je croyais qu'elle résidait, mais uniquement dans une Église que j'avais été habituée dès le berceau à regarder comme le puits de l'abîme, comme le centre de l'erreur et de l'iniquité ; et c'est danscette Église que j'ai découvert que se trouve la vérité infaillible de Dieu : cette vérité qui, lorsqu'on l'a cherchée avec zèle et persévérance, encore bien qu'on doute encore si c'est elle qu'on a trouvée, laisse l'âme à la fin tellement ravie de sa beauté et du repos d'esprit qu'elle procure, qu'on ne sait plus comment exprimer aux autres le sentiment qu'on éprouve, et qu'on pourrait bien alors être accusé, comme le furent les apôtres remplis de l' Esprit-Saint, d'être dans un état d'ivresse. Grâce à Dieu, j'ai embrassé cette vraie foi que j'avais cherchée si longtempsavec sollicitude ; et depuis que je l'ai embrassée, je jouis d'une paix qui m'était auparavant inconnue, d'une certitude à laquelle je me serais vainement flattée de parvenir en restant dans le protestantisme. » Cette dame termine son récit en exhortanl les autres à chercher de même la vérité parées
paroles: « Plaise à Dieu qu'il vous traite avec La même bonté et la même miséricorde qu'il m'a traitée moimême ! Plaise à Dieu qu'il vous accorde aussi une pari. au moins égale de joie et de paix, et votre àme sera plus que satisfaite et surabondamment récompensée, quoi qu'il puisse vous en coûter, comme cela est inévitable quand on quitte une croyance quelconque, pour embrasser le catholicisme. »
Or, cette pieuse dame, en exposant avec tant de candeur, d'humilité et de simplicité, ses sentiments de gratitude et de joie pour la grâce que Dieu lui a faite de connaître la vraie Église, ne fait qu'exprimer ce qu'éprouvent tous ceux qui imitent sa conversion. Ils sont comme ceux qui, étant en mer, après avoir lutté longtemps contre les vagues soulevées par des vents en furie, poussés çà et là avec un danger sans cesse imminent de faire naufrage, se trouvent à la fin amenés heureusement au port et sur la terre ferme, où ils goûtent à loisir le calme et la sécurité. Jamais ils n'auraient pu croire qu'ils trouveraient ce bonheur précisément là où les préjugés de leur enfance ne leur représentaient qu'un amas d'impiétés, de superstitions et de mensonges. Et pourtant, ils le voient bien maintenant que, après s'être laissé persuader d'examiner enfin, au lieu de condamner par un jugement précipité sur la foi à" autrui, sans s'être assurés par eux-mêmes quelle est au fond cette Eglise de Rome tant décriée, ils voient, avec une surprise mêlée d'admiration, les écailles leur tomber des yeux,' et se trouvent investis d'une lumière toutà-fait nouvelle pour eux. Ils aperçoivent enfin cette fontaine d'eau limpide autour de laquelle ils tournaient
tout le jour, et n'en mouraient pas moins de soif, faute de la découvrir, tant était profond leur aveuglement : il a fallu qu'un ange du ciel la leur fît remarquer pour qu'ils vinssent s'y désaltérer.
A l'aide de cette lumière, ils découvrent dans la Bible, en en reprenant la lecture, ces précieuses vérités qui avaient échappé à leur observation malgré plusieurs années de lecture suivie, et ils voient bien que les erreurs qu'ils s'imaginaient rencontrer à chaque propos dans la doctrine catholique n'existaient en effet que dans leur imagination. A l'aide de cette lumière, ils voient quel était leur aveuglement, lorsque, ayant tous les jours sous les yeux le culte, les édifices sacrés, les pratiques religieuses des catholiques, et particulièrement les vertus de leur clergé, prévenus néanmoins par les préjugés de leur éducation, par les contes de vieilles femmes dont on avait bercé leur enfance, ils ne trouvaient dans ces objets que matière de scandale et objet d'abomination. Ils goûtent aussi une douceur ineffable dans la pratique de la confession, qu'ils se représentaient n'être rien de moins qu'une torture intolérable pour la conscience (1). De même, en assis-
(1) Quoique la foule des protestants se plaisent à présenter la confession comme le bourreau des consciences, il s'est trouvé cependant parmi eux quelques bons esprits qui en ont apprécié toute l'importance, et l'ont regardée d'un œil d'envie. Je vais en offrir la preuve dans le passage suivant, extrait des thèses soutenues naguère à l'académie de Genève par un jeune protestant, nommé Jules-Ernest N a ville. « Il me semble d'ailleurs qu'il suffit de descendre en soi-même, pour comprendre combien l'Eglise romaine, avec les grâces dont elle dispose et sa divine autorité, trouve d'appui dans les besoins les plus profonds de notre
tant maintenant au sacrifice de la messe, ils éprouvent un recueillement, un goût de piété qu'ils étaient loin de pressentir, alors qu'ils se figuraient n'y voir qu'un outrage à la croix du Sauveur. Ils goûtent une consolation indicible en adressant leurs prières à la mère et à la reine de tous les chrétiens , en recourant avec confiance à son intercession, tandis que naguère ils étaient persuadés, convaincus qu'il n'y avait dans de ! elles pratiques qu'une horrible idolâtrie. Et ainsi du reste.
Ravis et comme émerveillés d'un changement si surprenant, faut-il s'étonner que ces nouveaux convertis soient d'ordinaire les hommes les plus édifiants par leur humilité, leur modestie et leur dévotion ? Pénétrés de reconnaissance pour une grâce supérieure, et dont ils ne font que commencer à apprécier toute la valeur,
âme. Qui n'a désiré quelquefois, au milieu des polémiques sèches et passionnées tout ensemble qui défigurent la religion du Sauveur, ballotté par les flots de l'incertitude et du doute, trouver un port tranquille dans une autorité qui pût lui dire : Ici est la vérité? Qui n'a tourné des regards d'envie sur le tribunal de la pénitence ? Qui n'a souhaité, dans l'amertume du remords, dans l'incertitude du pardon divin, entendre une bouche qui put lui dire avec la puissance du Christ : T'as en paix, tes péchés te sont pardonnes. Pour moi, je ne sais si je suis seul de mon avis; mais si je croyais trouver cette puissance surnaturelle que l'Église s'attribue , cette puissance, source précieuse et intarissable de réconciliations, de restitutions, de repentirs efficaces, de ce que Dieu aime le plus après l'innocence , debout à côté du berceau de l'homme qu'elle bénit , debout encore à côté de son lit de mort , et lui disant au milieu des exhortations les plus pathétiques et des plus tendres adieux : Partez- ; si je croyais trouver une pareille puissance sur la terre, il est bien des moments où j'irais déposer joyeusement à ses pieds cette liberté d'examen qui parfois se présente à l'esprit comme un fardeau, bien plus que comme un privilège. »
ils deviennent les plus actifs et les plus industrieux à faire partager aux autres le bonheur dont ils jouissent. et c'est ce que dans son langage le inonde protestant a coutume d'appeler une ardeur de prosélyte ou de néophyte. Quelqu'un sourira peut-être en parcourant ces lignes, ne pouvant dans son aveuglement actuel se former une idée d'un semblable effet : mais ici je n'ai pas d'autre réponse à donner que d'inviter chacun à se mettre dans des dispositions pareilles pour en faire l'expérience, et on reconnaîtra une réalité là où l'on ne voulait voir auparavant, qu'une fiction de l'esprit (1). Qu'on me permette, avant de mettre fin à ce paragraphe, de relever une merveilleuse analogie qui existe entre le catholicisme et le protestantisme des temps modernes, d'une part, et le christianisme opposé au paganisme des premiers siècles de l'Église, de l'autre. Le paganisme avait des idées si bizarres, si étroites, si absurdes, au sujet du christianisme, qu'on sourit de pitié en les retrouvant dans les anciens écrivains. Nous ne saurions concevoir comment les idolâtres pouvaient se former des notions si grossières d'une religion aussi pure, aussi bienfaisante, aussi pacifique que la religion chrétienne. Ils accusaient les disciples de cette religion d'athéisme, d'hostilité au bien-être général, de conspiration permanente (2). Ils s'étaient laissé pér-
il) Voir l'ouvrage intitulé : Quatre années d'expérience de la religion catholique, par Moore CAPES, anglican converti, ancien rédacteur de l'excellent écrit périodique The Rambler. Les sentiments dont nous parlons ici s'y trouvent admirablement exprimés.
21 Tl suffît de lire les anciens apologistes, Justin, Athénagon. Minutais Félix et les autres, pour s'en convaincre. Tout le BDin
suaderque leurs réunions et leurs cérémonies religieuses étaient le théâtre des désordres les plus abominables et des atrocités les plus révoltantes, qu'ils se repaissaient de la chair et du sang d'enfants barba renient immolés dans leurs affreux conventicules (1) ; en sorte que le nom de chrétien et celui d'impie étaient devenus synonymes. Cette opinion était tellement enracinée dans toutes les classes de la société, depuis les empereurs assis sur le trône jusqu'à la dernière lie du peuple, qu'on eût ténu pour suspect celui qui en aurait seulement douté. De là ces transports furieux où le peuple s'emportait à toute occasion contre les chrétiens, dont il demandait et poursuivait la mort (2) . Les lois ellesmêmes autorisaient, sinon ces tumultes, du moins l'opinion publique qui en était la cause. En vain les chrétiens auraient-ils voulu se justifier : on refusait de les entendre. Leur nom seul était contre eux une preuve
de ces apologistes était de prouver que les chrétiens n'étaient pas athées, ni coupables des crimes énormes qu'on leur imputait. Je pourrais rapporter les passages de Tacite et de Suétone qui prouvent la réalité et tout à la fois le ridicule de ces imputations, si ces témoignages n'étaient assez connus.
(■[) Voir les actes des martyrs de Lyon dans Ruixart, Acte Martijrn.m sincera, où se lisent les sages et prudentes réponses de sainte Blandine, qui, à l'accusation qu'on lui répétait contre les chrétiens, de manger dans leurs réunions la chair des petits enfants égorgés , répondait avec calme : •• Comment pourrions-nous manger les enfants , tandis que le sang des animaux mêmes nous est interdit? » faisant ainsi allusion au décret des apôtres. Jet. xv, alors en vigueur, et qui prescrivait l'abstinence du sang comme de la chair des animaux suffoqués.
(2) TertulEiex rapporte qu'à toute nouvelle calamité , le peuple furieux criait dans les amphithéâtres : Les chrétiens av.r lions! Jpoloçj. c. 4<».
irréfutable (1). Dans cet état de choses, les chrétiens, avec une patience et une résignation admirables, se nourrissaient d'espérance, recouraient à Dieu, employaient leur temps à des œuvres de religion et de charité, priaient pour leurs bourreaux et attendaient des jours meilleurs ; ce qui n'empêchait pas les apologistes de s'appliquer à dissiper ces épaisses ténèbres, en exposant aux païens crédules et trompés la sainteté et l'innocence de la vie des chrétiens. Leur principale tâche était de les engager à examiner, à juger enfin avec connaissance de cause, et à ne pas se contenter pour le faire de simples bruits et de calomnies accrédités parmi le peuple. Pour le plus grand nombre, il est vrai, ces apologies n'avaient aucun effet, et elles ne pou-
(1) De là vient que le même Tertulliex, Jpolog. c. 2 et 3, reprochait aux païens de haïr dans les chrétiens, de persécuter et de punir en eux leur nom tout seul. •< Nominis praelium est, écrivait-il; il n'est question que d'une dispute de mots... Lorsque dans vos arrêts vous accusez un homme d'être chrétien, pourquoi ne pas le proclamer homicide î... Il n'y a que nous dont vous rougissez ou craignez de désigner les crimes par leur nom, quand vous nous condamnez. Si le nom de chrétien n'est celui d'aucun crime; ce nom est hien fatal; si le crime consiste dans ce nom, ce crime est bien ridicule. Que dire de la plupart , dont la haine se jette tellement tête baissée contre les chrétiens, que lorsqu'ils font l'éloge de quelqu'un d'eux, ils y mêlent le reproche de sa croyance? Ce Seius est un honnête homme, dit l'un; seulement il est chrétien : Bonus vir C S., tcintùm quod christiarms. Cet autre : Je suis étonné que Lucius, jusque-là si sage, vienne d'embrasser subitement le christianisme : Miror Lucium sapientem vintm repente faction christianum » (Trad. de M. l'abbé J. -FÉLIX Allard). Tout comme à présent, si quelque personnage distingué parmi les hérétiques protestants ou anglicans vient à se faire catholique, ses anciens coreligionnaires s'écrient : C'était un honnête homme, un homme savant; comment s'cst-il fait catholique'
vaient même, à cause des préventions, pénétrer jusqu'à la multitude (1). Un petit nombre cependant d'esprits mieux disposés, parmi le peuple comme parmi les grands, parmi les ignorants comme parmi les personnes instruites, les uns en lisant ces écrits, les autres en conversant avec les chrétiens, déposaient peu à peu leurs préjugés traditionnels, jusqu'à ce que, connaissant enfin la vérité, ils l'embrassassent et devinssent eux-mêmes l'objet de l'aversion commune. On peut, affirmer avec raison que tous ceux qui examinaient par eux-mêmes, au lieu de s'en rapporter à l'opinion dominante, étaient d'avance une conquête gagnée au christianisme; et lorsqu'ils en étaient effectivement venus à l'embrasser, ils ne pouvaient revenir de leur étonnement de l'excès d'aveuglement où ils avaient été par le passé, ni se pardonner à eux-mêmes leurs stupides préventions contre une religion si pure, si raisonnable, si sainte, et de persécuteurs implacables de cette religion qu'ils avaient été peut-être, ils devenaient bientôt ses zélateurs les plus ardents.
Maintenant, à la place du nom de chrétien mettons celui de catholique (qui est le chrétien proprementdit), et à la place du nom de païen mettons celui de protestant ou d'anglican, et nous aurons dans ce qui s'est passé aux premiers siècles de l'ère chrétienne un fidèle tableau de la disposition actuelle des esprits. L'idée que les protestants et les anglicans ont en général de
(1) Comme tant de chefs-d'œuvre de science et de logique publiés en faveur de la religion catholique, et auxquels on n'a rien à opposer, restent presque sans effet , toujours pour une raison semblable.
l'Église catholique romaine n'est pas différente de celle que les anciens païens avaient du christianisme (1). La même préoccupation causée par les mêmes calomnies propagées et transmises comme par tradition de père en fils, et des fils aux petits-fils, depuis l'origine de la Réforme (2) ; la même aversion pour le fond, les mêmes préjugés avec leurs effets moraux, même dans les personnes de haut étage, d'instruction et de science non communes ; la même incurie dans les uns d'examiner la vérité par eux-mêmes au lieu de se laisser emporter par le torrent, la même obstination dans les autres
(1) L' Apologétique de Tertullien , cette production, l'une des plus belles de l'antiquité, si vous y changez le nom de païens en celui de protestants ou d'anglicans, pourrait encore servir aujourd'hui au catholicisme d'une excellente apologie contre les persécutions ou les calomnies dont il serait l'objet. Ce ne sont pas les superstitions païennes qui ont pénétré dans l'Eglise catholique, comme le veulent les protestants ; mais c'est l'esprit païen , avec la haine que les païens portaient au christianisme, qui est passé et se conserve toujours parmi les protestants et les anglicans, dans la haine qu'ils portent à l'Eglise catholique, à la véritable Eglise de Jésus-Christ.
(2) Voir l'ouvrage déjà cité de Newman intitulé : Lectui'es on /fie présent position o/'Catho/ics in Emjland ', où ce sujet se trouve traité au long dans la deuxième et la troisième conférence. Pour la faire mieux comprendre de ses auditeurs, l'illustre controversiste y rapporte la plaisante anecdote d'un prêtre ignorant, qui avait pour habitude de dire à la messe Mumpsimus pour Sumpsimus. Averti de son erreur, ce prêtre se prit à répliquer : » Oh! non, jamais je ne laisserai mon Mumpsimus pour votre Sumpsimus. » C'est ainsi qu'on a beau faire toucher du doigt aux anglicans l'absurdité des calomnies qu'ils maintiennent par tradition contre les catholiques, ils ne laisseront pas de les répéter et de les transmettre à leurs fils et à leurs neveux. Ah! le cœur de l'homme est vraiment un mystère impénétrable! Nous ne saunons trop le redire.
à grossir à leur tour ce torrent de l'opinion, se retrouvent en grande partie dans les pays protestants, et particulièrement en Angleterre. Et de plus, dans ce dernier pays, outre les préjugés qui lui sont communs avec les autres où domine le protestantisme, il y a beaucoup d'autres causes influentes tirées de la politique, comme, autrefois dans l'empire romain (1). On y tient pour assuré que la religion catholique préjudicierait aux raisons d'État, à la prospérité nationale, qu'elle ne saurait convenir au sol britannique ; et on oublie que la base et les éléments de la prospérité et de la grandeur actuelles de l'empire britannique ont été posés dans les siècles antérieurs au schisme par le catholicisme ; que c'est à ce dernier qu'est due la constitution même civile dont le pays se glorifie, avec tous les avantages qui en ont été la suite (2) ; que jamais la tyrannie et le despotisme le plus absolu n'ont mieux atteint leur apogée que sous Henri VIII et sous Elisabeth, c'est-à-dire sous les chefs de la réforme anglicane, qui tenaient les chambres dans un esclavage plus abject que celui où Tibère et Domitien tenaient le sénat de Rome (3). C'était aussi cette
(1) Raxke, dans son Histoire de la Papauté, t. i, c. 1, t'ait observer que chaque empereur romain se considérait comme le génie tutélaire de l'empire ; et de là vient qu'ils regardaient comme des ennemis publics les chrétiens, pour le refus que faisaient ceux-ci d'adorer les divinités de Rome.
(2) Voir WlSEMAN, Controverse catholique, confér. ix, où nous lisons ces paroles remplies de vérité : « A cette religion ( catholique ) à laquelle nous sommes redevables de tout ce qu'il y a de magnifique dans nos monuments, de gloire dans notre histoire, de beau et de saint dans nos institutions. »
(3) Nous avons déjà, dans cet ouvrage, dit quelque chose de l'avdissement et de la servilité des chambres sous les règnes de
raison que les politiques païens opposaient par-dessus toutes les autres au christianisme, qui était la cause, disaient-ils, de la décadence de leur empire (1). Il est vrai que depuis quelque temps ces ténèbres sont un peu dissipées, et que la lumière s'est fait passage dans presque toutes ces contrées où domine l'hétérodoxie ; mais malgré cela elles sont encore assez épaisses pour empêcher de voir clair dans une chose si simple pour quiconque veut y voir. Grâce à Dieu cependant, on voit tous les jours s'augmenter le nombre de ceux qui. supérieurs aux préjugés vulgaires, se rendent à l'invitation qu'on leur fait d'examiner la vérité, de peser la fausseté de tant d'accusations qu'ils entendent répéter sans cesse contre le catholicisme ; et tous ceux qui le font ne manquent pas de l'embrasser. Par cela seul ils recouvrent aussitôt cette sécurité et cette paix qu'ils cherchaient vainement parmi les agitations continuelles et les variations de jour en jour plus nombreuses du protestantisme. Et je ne ne crains pas d'affirmer que, si tous les hommes sérieux se portaient à cet examen, la Réforme s'évanouirait bientôt comme un nuage que pénètrent les rayons du soleil (2).
Henri VHI et d'Elisabeth ; mais pour s'en instruire plus à fond, il faut lire Lrs'GAED, Hist. d'Jngl., t. VI, c. 8, et t. vin, c. 5.
Il) C'tst à la réfutation de ce préjugé que S. Augustin a consacré en entier son admirable ouvrage De Civitatc Del.
(2) C'est pourtant cette Eglise que M. de Gaspartn se plaît à appeler l'école du doute, on appliquant, par une tactique nouvelle, •i l'Eglise de Dieu ce qui est une propriété exclusive du protestantisme. C'est un principe de droit, qu'à chacun doit revenir ce qui lui appartient : Jus suum unicuîque tribuendum; ainsi donc rendons au protestantisme ce qui est à lui. Qu'il garde pour lui-
Quand cela arrivera-t-îl ? c'est ce que Dieu seul connaît. Pour nous, en attendant, concluons de ce que nous venons de dire que, si la paix de la conscience résulte de la sécurité que donne la foi, cette paix ne peut se trouver que dans les vrais catholiques, parce qu'eux seuls s'appuient sur une règle infaillible, qu'on ne peut se procurer ailleurs que dans l'Église romaine.
même son doute , et gardons, nous, notre sécurité. Qu'il appelle l'autorité de l'Eglise une autorité du diable; qu'il dise que le catholicisme est le chef-d'œuvre du diable, et que le diable est le prince du monde ; nous continuerons à appeler l'autorité de l'Eglise une autorité divine, et nous lui reporterons les précieux diamants dont on voudrait la dépouiller. Ces déclamations furibondes de notre adversaire sont les soupapes par lesquelles un protestant forme] laisse échapper, la fureur dont il a le cœur rempli.