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qu'elle ;i pour but de mettre, autanl que possible, les vérités révélées fi la portée dé nos facultés naturelles, pour les saisir et les examinerai elleparvienl aisérnenl ainsi à enlever à Pélémenl surnaturel et divin sa sublime signification. La première de ces tendances mène, comme à son terme, au fhnalisrne ou à l'hallucination religieuse, l'autre au rationalisme et à Yindifférentisme.
La règle catholique, qui concilie et harmonise, comme nous le disions tout a l'heure, tous les systèmes, qui donne la solution adéquate de tous les problèmes de l'anthropologie naturelle et surnaturelle} a su de tout temps accorder ensemble et Satisfaire à la fois, au mieux possible, ces deux tendances opposées. D'un côté, elle estime et recommande, au plus haut degré, le véritable et solide ascétisme, la théologie mystique. la science des saints, et elle enseigne que Dieu est admirable dans ses saints, qu'il se communique à eux de mille manières toutes ineffables et supérieures à toute compréhension humaine, et qu'il leur donne des lumières et uni' énergie au-dessus de toutes nos forces naturelles. Mais, d'un autre côté, l'Église enseigne et déclare que toutes ces communications divines, ces
faveurs céleste-, sont unisses et illusoires, si elles ne sont jointes inséparablement à la profession fidèle de sa règle, aune soumission sans bornes à son autorités isible. Bile est ainsi, cette âlitoHté ellr-niéiiie. en pGSf sionde soumettre à un ôévèra examen ces opérations*
ces vision- surhumaines, et de juger si elles viennent véritablement (lu Père des lumières, ou si elles ne seraient pas l'deuvre de l'esprit de ténèbres, et le fruit d'une imagination malade et égarée. De même, si la règle catholique prescrit la foi qui se fonde unique1-* ment sur le principe d'autorité, si elle condamne toute science, toute gnose rationnelle qui s'inscrit en règle de foi, comme incompatible avec la divine origine et la nature de cette foi même, elle approuve en même temps et protège cette science, cette ynose véritable, qui, présupposant et sauvegardant la foi, aspire à s'élever à l'intelligence rationnelle des dogmes divins, conformément à cet excellent mot de saint Augustin : (raie ut iitlctligas. Ainsi donc, ne nous lassons pas le répéter, sous l'égide de la règle catholique, la tendance mystique et la tendance rationnelle se trouvent respectivement garanties de leurs excès opposés, et peuvent, en se réconciliant, signer, l'une avec l'autre, une paix inaltérable.
Alais sorties dv^ barrières que leur pose avec s;i règle l'Église catholique, ces deux tendances, en secouant le frein qui les retenait dans la bonne voie , n'ont jamais manqué de se précipiter plus ou moins dans l'un ou l'autre de ces deux abîmes. L'histoire des hérésies nous en fournit la preuve non interrompue depuis les premiers siècles de l'Église jusqu'aux dernières phases du protestantisme. Dès le 11e siècle vous trouvez le montanisme qui, se repaissant de
révélations et de visions, rêvanl le divin Paraclel «Unis hi personne de son auteur, se montre vraiment le type de la tendance théosophique. Bientôt après vous voyez arriver les anciens unitaires, soit de la première classe, comme les alogiens et les noétiens, soit de la seconde, comme les disciples d'Artémon et ceux de Paul de Samosate, qui tous écartaient L'élément divin pour faire prévaloir l'humain à la place, et vous présentent ainsi le type de la tendance rationaliste. Ce qu'il y a de plus singulier, c'est que vous découvrirez sans peine, dans la grande hérésie des deux premiers siècles, dans le seul gnosticisme qui se divise en tant de ramifications ou de sectes , ces deux tendances réunies et portées en même temps à leur plus haut degré (1). Les gnostiques, identifiant la matière avec le principe du mal, répudiaient et anathématisaient tout élément humain : à leur dire . l'esprit de Dieu était l'unique moteur et l'agent universel ; ils n'attribuaient à Jésus-Christ que l'apparence et le fantôme de l'humanité. Ils partageaient le genre humain en trois classes, les liyliques ou l'homme matériel, les psychiques ou Thomme animal, les pneumatiques ou l'homme spirituel; et méprisant le- deux premières classes comme esclaves plus ou moins de la matière et de la nature, et comme incapables de s'élever à une plus haute con-