‹ Le protestantisme et la règle de foi, tr (volume 2)Chapitre 14 sur 17 · DÉLITS COMMIS · texte numérisé non relu

DÉLITS COMMIS

A Landres êeuUtnmt, Dont toute l'frlanit

Meurti*es et tentatives d'homicide

avec poignard ou armes à feu ou

poison 91 61

Crimes contre nature et attentats à

la pudeur 36 0!

Bigamie 27 11

Suicides , , 207 01

Abus de confiance avec larcin . . 238 89

A reporter . . 699 151

Ajoutes à tout cela , pour cinquième et dernière raison, qu'une présomption très forte contre les pro*

 XondrM MulmrMiil. Vwa» twUe l'JrUmde.

Report . . 890 151

Fraudes concertées 387 12&

Débit de fausse monnaie . . . • . 6J9 241

Immodestie publique 67 10

Aetes de eantrebande 303 0!

Roueries de prostituées 2399 353

Tbàui» 4071 868

Et telle a été la réponse, fondée sur les faits, donnée aux calomnieff du Times âFégarddiescatiioliqaes irlandais, par le journal The Lampy du 31 fdvriet ÎSfià; qui, après av<Hr rapporté ee con^piteHmidu officiel^ «gouie : « Voilà, messieurs de TEglise protestante, voilà pom* vous et votre beau panégyriste un sujet de réflexions profondes. Etudiez ce tableau, et vous y trouverez là différence de l'éducation catholique d'avec Téducation protestante. £n pccnant pow base de ounpanûson la difiérenœ de population, noua trouvons la seule ville de Londres sept foU plus avide de sang humain que llrlande entière; cent quarante-quatre fois plus adonnée aux crimes contre nature ; dix fois plus sujette à la bigamie ; quatre cent vinigt-h/uU fois phis coupable de laceia et d*alM» de confiance ; douM iom plus entendue à commettre des fraudes; onze fois plus habile à débiter de la fausse monnaie; vingt-trois fois plus ébontée à se permettre des impudicités publiquecr; douze cent huit fois plus haiKt«ée à bi contrebande; trenêe ftiisplas féoonde en œueries de psostituées. Que pensez- vou» de. cetta stalistiqu* comparée, doctes suppôts de la sainte ligue protestante! N'avez- vous pas sujet d'être fiers des résultats de votre glorieuse réforme! Ehl esnraent en doatevt Fartout où cette plante si précieuse a pris raeine, grâce pant^étre aux efforts et quelque mmne par-

testants et en faveur des catholiques sous le rapport de la moralité, c'est la sympathie qu^éprouvent les mauvais sujets de tous pays pour le protestantisme, sans doute parce qu'ils y trouvent mieux leur compte pour vivre en toute liberté, sans tous ces freins ou ces obstacles que leur présente le catholicisme. C'est ce qui met le sceau à toutes nos preuves et achève de dissiper tous les doutes, s'il peut en rester encore sur ce sujet.

D'après ces considérations et d'autres que je pourrais multiplier, si je ne craignais d'être prolixe dans un article déjà trop long, je suis fermement convaincu qu'il n'y a rien de vrai dans ta prétendue supériorité morale attribuée aux protestants sur les catholiques. J'ai voulu néanmoins répondre à cette objection populaire, non que j'y attache une importance qu'elle n'a pas, mais purement par amour pour la vérité. Au surplus, je le répète, c'est un pur paralogisme et qui n'est fondé sur rien de réel , comme je l'ai fait voir en mettant à même de juger de la bonté mp^ rieure , soit absolue, soit relative, de la religion catholique. La bonté ou la probité, la moralité enfin, est, coname la science, une chose toute personnelle, individuelle et subjective dans sa réalisation. Il peut y avoir de fort honnêtes gens tant parmi les protes-

juro et apostat, partout elle a produit des firuits Ainsi en a-t-il toujours été ; ainsi toujours il en sera. •

tants que parmi les catholiques , et par le fait, il y en a même un bon nombre, je le dis à Thonneur do rhumanité ; comme, d'un autre côté, il y a parmi le** uns comme parmi les autres des hommes pervers et méchants ; et ces derniers, vu la faiblesse et la corniption humaines, sont toujours en plus grand nombre que les bons, tant parmi les protestants que parmi les catholiques. Us déconsidèrent la dignité humaine, et sont Fopprobre de Thumanité, de quelque côté qu'ils se trouvent. Peu importe après cela la proportion arithmétique des uns et des autres.

Puisqu'il n'a été question jusqu'ici que de probité et d'honnêteté morales, il est bon de parler maintenant des vertus chrétiennes strictement dites, c'est-à-dire des vertus fondées sur des principes surnaturels , et qui rendent le chrétien agréable à Dieu. Ici cesse tout moyen de comparaison ou de parallèle à établir, puisque la véritable sainteté, la perfection spirituelle, la vie dévote de l'honune intérieur, l'héroïsme, l'esthétique ou l'idéal de la vertu, sont l'apanage exclusif de l'Église catholique. Le protestantisme non-seulement n'a rien à lui opposer de semblable, mais ne saurait même rien faire valoir qui en approche tant soit peu. L'agiographie catholique n'a pas de rivale. Ici elle peut marcher la tête haute, en élevant son front majestueux, et défier toute communion autre que la sienne de montrer rien qui ressemble même de loin à ses saints canonisés. Pour me borner à ceux que

— 5i« — rÊglifie catiiolique a {M^duits depuis Torigine de la Réforme, quel est le saint personnage que telle qu'on voudra de tant de sectes protestantes puisse mettre en parallèle avec une sainte Thérèse, avec un saÎBt François Xavier, avec un saint Philippe de Méri , avec on saint Vincent de Paul , avec un saint Charles Borromée, avec \m saint François de Sales, avec un saint Alphonse deLiguori, avec c^t autres semblaUes : avecceshommes dont on ne peut lire la vie sans se sentir pénétré d'admiration et d'amour pour la vertu et la sainteté? Plus vous les considérez de près, en faisant, pour ainsi parler, Tanatomie de chacune de leurs vertus, plus vous voyez s'élever à vos yeux et gramfir, comme des géants à côté d*un peuple de pygmées, ces hommes, dont les écrits respirent une candeur, une simplicité, une profondeur de connaissance des choses de Dieu, qui vous ravissent On y sent une onction mystérieuse qui remplit et dilate le cceur. Qu'on fasse la crauparaison de ces écrits avec la sécheresse, le froid glaçantdes ouvrages des protestants, même de ceux qui passent parmi eux pour les plus avancés dans la spiritualité, et qu*on dise ensuite ob les saints ont pu prendre cet esprit qui leur donne des lumières sup^ieures à toute science humaine, ailleurs que dans l'habitude de leur commerce avec Dieu, dans leur union intime et familière avec hii.

A quelle école la sainte carmélite d'Avîla, surnom* mée à juste titre par Leîbnitz le Platon chrétien, a-t-

— SM — elle appris ces vues profondes sur Dieu, ces sublimes étans vers les mystères les plus ëlevés de Tascétisme dirétien, cette coonaissance parfaite du cœur humain, bien qu'elle ne fût qu'une pauvre fille sans rien de réclatde la science humaine, sinon à Técole et dans les entretiens fanâliers de wa céleste époux? Où saint FrançcHs de Sales a*t-il puisé ces trésors de douceurs qu'il semble ver^r sur toutes les pages de sa vie cofluae de ses écrits, afaM)n dans les divines inspirarations de Celui qui nous a tous invités à apprendre de lui à être doux et humbles de ccsur ? Cest de même ce que nous aurions à dire de tous les autres saints ; car le même e^rit les anime, les dirige tous, quelle que soit la différ^ice ou la variété de leurs caractères. Ah i vraiment, les saints vivent dans une autre atmosphère que le reste des hoounes; ils sont aussi élevés aa*des80s des autres mortels que le ciel Test au-dessus de la terre. Or, les hommes de cette hauteur ne sauraient se trouver que dans TÉgUse catholique.

Je vois bien que tous ne goûteront pas plus qu'ils ne comprendront ce que je dis ; mais c'est qu'il leur mapque le sens nécessaire pour cela : car, comme dit TApôtre, Tbomme animal ne conçoit point les choses de Dieu (1). Quelle est celle de tant de communions séparées de la communion catholique qui puisse se vanter d'avoir produit tant d'œuvres de zèle et de

(1] I Cor. II, 14.

charité, tant d'institutions admirables pour le bien de rhumanité, tant d'émulation, de sacrifices et de vertus y dans un sexe comme dans Tautre , qu'en offre tous les jours, et aujourd'hui encore comme parle passé, l'Église catholique ? Je parle en particulier de ces institutions qui, semblables à des sources abondantes et toujours vives, arrosent et inondent de leurs bienfaits les membres les plus délaissés de la société, et font pénétrer la joie dans les classes souffrantes. Quelle est la communion non catholique qui puiss3 compter dans son sein ce nombre prodigieux de fidèles de tout âge, de tout sexe, de toute condition , faisant le généreux sacrifice de tous les honneurs, de toutes les espérances, de toutes les perspectives les plus riantes, de toute leur personne même, et embrassant avec ardeur les mépris, les souffirances, l'obscurité, la pauvreté, l'ignominie de la croix et, disons le franchement , l'ingratitude et les persécutions du monde pour lequel ils se sacrifient ? Ma^, quoi ! ces sectes n'ont pas même à nous en offrir un seul exemple ; tellement que, désespérés de leur propre impuissance, les protestants ont plus d'une fois appelé eux-mêmes à leur secours ces personnes d'une i-eligion différente de la leur pour jouir, eux, aussi, des effets précieux de leur bienfaisante charité (1). Où

|1) Cest une chose connue que, dans plusieurs contrées du i-oyaume de Prusse et d^autres Etats protestants, on a appdé les

est le protestant qui fasse profession de perfection ou de suivre les conseils évangéliques , si ces conseils, quoiqu'ils se trouvent clairement marqués dans la Bible, constituent pour eux un langage barbare, dont ils ne comprennent en rien Ja signification, sinon autant qu'il le faut pour en faire l'objet de leurs sarcasmes, de leur dérision et de leur moquerie (1) ?

fiiloâ (le la Charité pour soigner les infiiTnes dans les hôpitaux : sans parler des États-Unis d'Amérique et de tant d'autres pays, y compris même celui des Turcs.

il) Rapportons ici pour le plaisir de nos lecteurs l'extrait suivant d'une lettre du D' Pusey à l'évêque protestant d'Oxford : •* Je vous avoue que je ne puis lire ces passages : Il y a des eunuques qui se sont faits tels pour le royaume des deux; que celid qui peut le comprendre le comprenne; Je vous dis en vente que celui qui aura quitté son père, ou sa mércy ou son épouse y ou ses enfants ^ pour l'amour de mon nom^ ttc^; Celui quif n'étant engagé par aucune nécessité y et se trouvant dans un plein potwoir de faire ce qu'il voudra y prend une ferme résolution dans son cœur y et juge en lui-même qu'il doit conserver sa fille vierge y fait une bonne csuvre; ie ne puis, dis-je, lire ces passages et d'autres sans reconnaître que, quoique le mariage soit non-seulement pei*mis, mais honorable, et que Notre Soigneur Tait même sanctiCé par sa présence, en l'élevant à la dignité d'un mystère , de manière à en faire une image de son union avec FÊglise, néanmoins une voie plus excellente est indiquée à ceux à qui Dieu en fait la grâce. C'est le caractère même de la foi qui , en même temps qu'elle ennoblit l'usage du bienfait i^ermis de Dieu , fait entrer ceux qui en ont la force dans une voie plus sublime en allant elle-même devant eux. C'est ainsi qu'elle déclare que toute ci'éature est bonne, et qu'elle les consacre ^ notre usage par la parole de Dieu et par la prière , et que ce- T. II, 34

Qu'on vante après cela la supériorité du protestantisme sur le catholicisme. Il est vrai que j'ai déjà parlé plusieurs fois de ces mêmes choses ; mais j'y reviens volontiers toujours, tant à cause du plaisir que j'y

pendant il montre tme voie plus excellente dans le jeûne. Cehd qui voit en secret vous récompensera en public. La foi enseigne que nos biens sont en notre pouvoir ^ et cependuit elle promet le centuple à ceux qui abandonnent leurs maisons et leurs champs pour C amour de son nom et de l^Évangile. . . Mais pourquoi les hommes, par une témérité étrange, passeraient-ils à Textréme opposé et exerceraient-ils en sens contraire leur tyrannie sur les consciences? Pourquoi blâmer et déprécier comme papistique ce qui n'est que la vérité primitive t Pourquoi ne se voueraient pas au célibat ceux à qui il a été dotmé de le foire pour attacher plus fortement leurs affections à Notre Seigneur bien plus véritablement qu'à Rome môme? L'Écriture dit: « Celui qui n* est pas marié pense aux choses de Dieu; pourquoi donc étouffer les aspirations de ces âmes plus ardentes que les autres, qui veulent ainsi s'appliquer sans distraction à plaire à leur divin maître? Pourquoi ne pas nous contenter d'être reconnaissants des biens dont il nous plaît de jouir , sans disputer à ceux qui les ont quittés pour l'amour de Dieu la bénédiction promise à ceux qui y renoncent pour prendre la meilleure part, en se donnant tout entiers au service de Dieu?... Pourquoi ne remplacerions-nous pas nos compagnies de visiteurs par des soewn de la Charitéy à qui leur pureté sans tache, soutenue par les sentiments religieux, servirait de passeport pour pénétrer dans les repaires de la misère et du vice, eu s'attirant le respect que le crime même ne peut s'empêcher de rendre à la vertu , et en éveillant par leur seule présence le remords dans les consciences?... « Letter to the righl Rev. lord Bishop of Oxford w the tendency toRomanlsm, etc., sec. édit., Oxford, 1339, p.SO§ et suiv.

goûte que parce que cela peut servir à corriger une erreur assez générale, en noéme temps qu'à relever une des plus belles gloires de TÉglise catholique.

Je termine cet article par deux réflexions auxquelles il n'y a rien à répliquer. La premi^e, c'est que le défaut qu'ont les sectes de se préférer ellesmêmes à rÉglise catholique pour la moralité et la régularité de vie a été de tous les temps. Les impudiques et immondes gnostiques, qui se livraient journellement à toutes les infamies, s'appelaient euxmêmes du nom de spirituels ou de parfaits^ sans s'occuper de bonnes œuvres, contents d'avoir pour se sauver la connaissance du Bythos et du Pleroma (i), de même que les protestants enseignent qu'il suffit de la foi sans bonnes œuvres pour obtenir le salut ; et en même temps, ils appelaient psychiques^ c'est-à-dire livrés à la vie animale, les catholiques par mépris (2). Les montanistes donnaient aux catholiques ce même sobriquet, et Tertullien, depuis sa chute, ne les désignait pas non plus d'une autre manière. Les novatiens se disaient eux-mêmes cathares, c'est-à-dire purs, pour se distinguer des catholiques, impurs et immondes à leurs yeux. Les donatistes s'appelaient eux-mêmes justes j et appelaient les catholiques pé-

(1) s. iBÉNéE» 1. i, Cantr, hœrei., c. 6.

Page 1