‹ Le protestantisme et la règle de foi, tr (volume 2)Chapitre 15 sur 17 · IM · texte numérisé non relu

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cheurs et traditeurs; et ainsi des autres. Or, personne ne dira que l'Église catholique fût inférieure à ces sectes en probité et en moralité.

La seconde réflexion à faire, c'est le double témoignage d'action que rendent à la sainteté de l'élise catholique, d'un côté les protestants les plus recoramandables par leurs qualités morales, de l'autre les plus immoraux parmi les catholiques. C'est une vérité qui appartient à l'histoire, que les protestante qui se convertissent et rentrent les uns aprèsles autres dans le sein de l'Église sont ceux dont la conduite est la plus morale et la plus honnête, tandis que les catholiques qui apostasient sont livrés à tous les vices et esclaves des passions les plus honteuses : il n'y a pas d'exemple d'un catholique qui ait tourné le dos à l'Église en se faisant protestant pour devenir meilleur (1). Mais nous reparlerons de cela dans son lieu. Qu'il suflise pour le moment de l'avoir noté en passant, à cause de l'affinité du sujet.

11 est donc bien démontré que, quels que soient les abus dont on accuse les membres de la comnou-

(1) Voici un protestant qui en fait la déclaration ouvert<*: c*est le docteur Léo dont nous avons déjà parlé, et qui dans sa réponse à ime lettrc du i)asteur Krummacher écrit au sujd de nos apostats : « Et ne vous figurez pas que parmi ces renégats du catholicisme vous trouviez quelques bons chrétiens. » Nous présenterons dans notre troisième partie beaucoup d'autres documents de la même force.

nion catholique, ils ne peuvent préjudiciel' en rien à la règle de l'Église catholique, qui les condamne. Mais une objection de cette espèce a encore bien moins de force et de valeur, si ces abus qu'on nous reproche, ou n'existent pas du tout, ou du moins sont bien moindres que ne les donnent les communions séparées. Si, par suite de leur fragilité ou de leur perversité, il s'en trouve trop parmi les catholiques qui déshonorent leur croyance, c'est qu'ils agissent précisément à rebours de ce que leur règle leur prescrit. Mais si l'Église ne cesse de répandre des larmes amères sur ces hommes dont la conduite lui est reprochée comme un opprobre, et qui lui fontp^ucela seul une guerre beaucoup plus âpre qu'elle n'en a à redouter de ses ennemis extérieurs, elle trouve une compensation abondante dans ses autres enfants, qui l'honorent par les plus belles vertus, par la plus solide piété, par la perfection de leur vie et la sainteté la plus éclatante... Que si l'on ne doit pas juger d'un peuple par quelques lâches qui s'y trouvent, mais par les braves qu'il produit; si l'on ne doit pas juger d'un arbre par quelques fruits gâtés, mais par ceux de ses fruits qui sont sains ; si l'on ne doit pas juger de la beauté de la nature par ses avortons, mais par ses productions venues à terme, on ne doit pas juger non plus l'Église catholique par ses membres pervertis sur lesquels elle gémit, mais par tous ces grands hommes qui font sa gloire la plus belle, parce

que ce sont eux qui conforment leurs actions à U sainteté de ses enseignementsi. Or, sous ce point de vue, la gloire de FÉglise est unique : unique, parée cpi'elle n'a pas de rivale ; unique, parce qu'elle s*é" lève de beaucoup aiîMlessus du niveau des vertus hnmaines ; unique, parce qu'elle montre au monde qoe Dieu est avec elle, et que c'est lui qui lui donne cette fécondité qui met au désespoir quicc»ique voudrait traiter, même de loin, de Timiter ou de la emitreftore.

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