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comme voulue et prescrite par Dieu lui-même, il en résulte pour tous ceux qui. l'admettent une stricte obligation de la suivre et de se laisser entièrement diriger par elle dans I0 détail de leur croyance. Le présent ouvrage a done tout entier pour objet la rer flhercbe et la détermination de la véritable règle de foi que Dieu doit avoir étab]ip pour servir de guide au genre humain dans la grande affaire du salut. Diri-r geona done vers cet objet toute notre attention comme toute notre étude.
§ III. •^ PROPRUStÉS et conditions de la REGIS DE FOI.
Le^ propriété^ çt le? conditipns dç l^ rèçlp çle fui dQive|^Vn^|tre de la nature de la foi et la règle elle-même. — La première propriété, comme la première condition, est qu'elle soit certaine ei »ûr€} la seconde, qu'elle suffise pour lever ^ont doute ^ C8^ de controverse; \^ troimèm^i qu'elle mi t^nl» versçlle, c'est-à-dire 4 Ia portée de tQM\ la q^itrièinfi, qu'il ne lui manque rien pour être perpétuelle et indéfectible.
Pour savoir en quoi consiste la règle de fol que Dieu a donxiée à Thomme, il est fort à propos de dé*terminer, avant tout, quelles sont les propriétés et le$ conditions que doit avoir une véritable règle de foi, pour remplir l'étendue de son nom et servir à \% fin pour laquelle elle a été donnée. Dans Tindication de ees ocaiditions et de ce&iMK)priétés, je veux me bomef à eeiles que doit admettre même toui protestant sMsâ,
et qu'admettent effectivement en général tout les protestants. Je pourrais, à bon droit, exiger davantage ; mais je ne veux pas, dès mon entrée en matière, jeter des semences de discorde qui tro\ibleraient notre marche et nous arrêteraient en chemin , tandis que je n'ai pas ici d'autre intention que d'établir de^ principes communs à la fois aux catholiques et aux protestants, afin de nous en servir comme d'un point de départ et d'un fondement convenu pour la grave discussion que nous allons entreprendre. Or, les propriétés et les conditions que je vais tout à l'heure assigner découlent spontanément et logiquement de l'idée et de l'oflice d'une règle en général, et de la nature de la foi pour laquelle doit servir la règle en particulier que nous avons h chercher.
Et, premièrement, cette règle doit avoir pour propriété essentielle et pour condition indispensable d'être certaine et sûre, c'est-à-dire de nous faire connaître, avec certitude et sans danger d'erreur, quelles sont les vérités révélées, objet nécessaire de notre foi. Si cette condition vient à manquer, une règle n'est plus règl^, et la foi elle-même ne peut plus se concevoir. En effet, comment pouvoir concilier un assentiment ferme, certain, immuable, d'une force supérieure à tout autre assentiment, comme l'est un acte de foi di-^ vine qui a pour principe une opération surnaturelle, avec l'incertitude et le doute, soit positif, soit négatif, parrappartàce qui f«it Tobjet de cetacte? Onnepour-^
^ n — rait donc considérer comme une règle de foi qui vînt de Dieu celle qui ne produirait pas en nous l'assurance de ne croire que les vérités mêmes que Dieu nous aurait proposées à croire.
Une autre propriété de la règle de foi, c'est qu'elle puisse lever tous les doutes et dissiper toutes les difficultés qui viendraient à s'élever sur le sens de ce qu'il a plu à Dieu de nous manifester pour en faire l'objet de notre croyance. Cette propriété ou cette condition n'est, à proprement parler, qu'un développement ou un corollaire de la première. Car, tant que cet objet n'est pas défini avec une entière certitude, il est impossible qu'on l'admette avec cette fermeté de l'assentiment que requiert la notion d'acte de foi. Or, supposons qu'il s'élève une difficulté ou un doute sur un point quelconque de la révélation divine et sur le sens à y donner : il est clair de soi-même que, jusqu'à ce que ce doute soit levé , on ne pourra jamais faire , avec assurance, un acte de foi sur le point en question, qu'il sera libre à chacun d'interpréter à sa manière. Et puisqu'un semblable dissentiment pourrait avoir lieu, comme il a eu lieu, en effet, sur presque tous les articles même les plus fondamentaux de la croyance chrétienne, il suit de là que si la règle établie pour détenniner les vérités révélées, n'était pas apte à dirimer ces sortes de controverses, le symbole chrétien flotterait tout entier au hasard, ou cessei'ait même toutà-fait d'être un objet de foi. Donc il faut que la règle
de foi que nous cherchons ait pour deuxième propropriété de suffire au besoin pour dirimer tes controverses.
De ces deux propriétés ou de ces deux conditions résulte une troisième, qui est que la règle de foi soit à la portée ou puisse être consultée de tous. La foi est le patrimoine commun de tous les hommes, savants ou ignorants, riches ou pauvres. Tous doivent marcher par la voie de la foi pour parvenir à F éternelle béatitude, s'ils veulent en jouir un jour. Donc aussi la règle de foi , venant de Dieu , doit être accessible à tous, fidèles ou infidèles. Elle doit être comme un oracle universel, qui donne ses réponses avec netteté et précion à tous ceux qui l'interrogent. Elle doit, pour satisfaireàson office, maintenir toujours cette foi dans son intégrité, résoudre les difficultés qui s'élèvent, éloigner tout danger d'altération ou de changement, non-seulement par rapport aux vérités qui en font l'objet, mais encore par rapport au sujet, c'est-à-dire aux fidèles. Or, c'est ce qui ne pourrait pas s'obtenir, si la règle de la foi n'était pas proportionnée à la capacité du genre humain. Mais , pour qu'elle y soit proportionnée , il faut qu'elle ait ces deux conditions : la première, qu'elle soit claire et évidente, en sorte que tous puissent la reconnaître, pourvu qu'ils cherchent sérieusement et sincèrement la vérité, comme la règle établie de Dieu pour le salut du genre humain ; la seconde, que tous ceux qui la consultent avec droiture et sin-
cérité puissent s'assurer par elle, sans danger dMllusion ou d'erreur, de la vérité que Dieu impose à notre croyance. S'il manque une seule de ces deux conditions, IsL règle cesse d'être universefle , et, dès lors, elle ne sera plus cette règle de foi que Dieu a établie pour le salut de tous les hommes,
J,a quatrième propriété ou condition de la règle de foi, savoir, qu'elle soit perpétuelle et indéfecii^h, n'est pas moins évidente que les trois premières ; car, par cela même qu'elle doit s'étondre à tous, elle doit s'étendre à tous les temps, à tous les âges, La règle de la foi doit durer autant que la foi elle-même ; or, la destinée de la foi , c'est qu'elle dure jusqu'à la conson^mation des siècles ; donc, la règle de la foi doit aussi durer jusqu'à la fin. Il serait vraiment absurde de penser qu'elle pût avoir pour limite un temps déterminé, puisqu'il s'ensuivrait que ceui^ à qui il serait donné oe vivre pendant ce temps privilégié ou Ifi règle existerait seraient exempts de tout danger d'erreur dans la foi, par le seul fait de l'époque de leur naissance, tandis que les autres, pour avoir eu le malheur de naître en d'antres temps, se trouvant privés de cette règle , flotteraient dans l'incertitude par rapport à l'objet légitime de leur croyance, et se laisseraient emporter çà et là à tout vent de doctrine. Il répugne donc à la sagesse et à la bonté de Dieu da supposer que cette règle , qu'il a donnée aussi bien pour la sûreté de la croyance des fidèles que pour la
maintien de la doctrine qui en fait Tobjet, ait une dur rée limitée et soit sujette à défaillir, au lieu d'être perpétuelle et indéfectible jusqu'à la fin des siècles.
Je pourrais justifier ce que je dis ici des propriétés et des conditions de la règle de foi en citant à l'appui l'Écriture sainte et les Pères; mais comme je serai obligé de faire valoir ces autorités dçins la suite de cet ouvrage, je croîs pouvoir m' abstenir de le faire pour le moment. D'ailleurs, tout ce que je viens d'établir se déduit si nécessairement et si logiquement de la nature de la règle dont il s'agit, qu'aucun protestant même, doué de sens commun, n'élèvera là-dessus la moindre difficulté. Concluons ainsi que la vraie règle de foi qui nous a été donnée de Dieu doit nécessairement avoir ces propriétés et ces caractères : 1* d'être certaine et sûre ; 2" d'être apte à terminer les controverses qui peuvent s'éleyer sur la foi ; 3^ d'être universelle ou à la portée de tout le monde ; ft** d'être perpétuelle et indéfectible. A ces caractères, il sera facile de reconnaître quelle est cette règle que Dieu a établie dans sa bonté, pour donner à tous ceux qui le veulent sérieusenjent et de bonne foi le moyen de discerner et de suivre la véritable révélation chrétienne, ou la véritable religion du Christ.
Il ne reste plus, pour compléter cette introduction, qu^à exposer historiquement les différentes règles de foi adoptées par les diverses communions qui se disent chrétiennes ; et conformément à notee dessein, qui est
de les comparer les unes avec les autres nous allons discuter à part les règles de foi protestantes , et la règle de foi catholique.