Or tandis que les mages étaient en chemin, l'étoile
Hérode qui a dû prendre des informations exactes englobe dans le massacre tous les enfants de deux ans. Aussi d'autres miss. d'accord avec plusieurs commentateurs du haut moyen âge placent-ils la venue des mages longtemps après la naissance du Sauveur (un an ou deux ans). Ce long intervalle permet de situer tout à l'aise les événements racontés par saint Luc entre la naissance de Jésus et son adolescence. Ilest vrai qu'on netient pas compte dans ce cas de la donnée de Luc, 11, 39, d’après laquelle les parents de Jésus, aussitót aprés la présentation, retournent à Nazareth. Mais nombreux sont les auteurs qui l'ont négligée dans les essais d'harmonisation entre saint Luc et saint Matthieu. — L'ensemble du récit est emprunté àsaint Matthieu, et les divergences assez considérables ne changent rien à l'économie générale du récit.
quasi quz ducatum præstaret ilis ita antecedebat eos, |
quousque perveniret ubi puer erat. Videntes autem stel-
lam magi gavisi sunt gaudio magno,et ingressi domum invenerunt infantem Jesum sedentem in sinu matris !, |
Tunc aperuerunt thesauros suos, et ingentibus muneribus muneraverunt Mariam et Joseph. Ipsi autem infanti obtulerunt singuli singulos aureos?. Post hæc unus obtulit aurum, alius thus, alius vero myrram. Qui cum ad Herodem regem reverti vellent, admoniti sunt in sommis ab angelo ne redirent ad Herodem. llli autem adoraverunt infantem cum omni gaudio et per viam aliam reversi sunt in regionem suam.
XVII. 1. Videns autem Herodes? rex quod 1illusus esset a magis, inflammatum est cor ejus, et misit per omnes vias volens capere eos et interficere. Quos cum penitus invenire non potuisset, misit in Bethleem, et occidit omnes infantes a bimatu et infra, secundum tempus quod exquisierat a magis.
2. Ànte unum vero diem quam hoc fieret, admonitus est Joseph in somnis ab angelo qui dixit illi : « Tolle Ma-
1 B : invenerunt puerum cum Maria matre ejus, et procidentes adoraeerunt eum.
? D: munera. — B remplace tout ce qui précède par : et apertis thesauris suis obtulerunt ei munera, Guaspar myrrham, Melchior thus, Balthasar aurum.
3 B, D : Anno sequenti Herodes rediens a Roma cum videret quia.
2. On remarquera seulement que le nombre des mages semble étre maintenant fixé à trois. B sait méme les noms des mages.
XVII. 4. Les commentateurs qui mettent l'adoration des mages très peu de temps aprés la nativité ont éprouvé le besoin de légitimer les mots de saint Matthieu : a bimatu in infra. Une opinion assez accréditée au moyen âge est que, au lendemain de l'arrivée des mages, Hérode
leur apparut, et comme si elle leur servait de guide, elle les précédait jusqu'à ce qu'ils parvinssent à l'endroit où était l'enfant. Or en voyantl'étoile, les mages eurent grande 7016, et entrant dans la maison ils trouvèrent l'enfant Jésus assis sur le giron de sa mère. Alors ils ouvrirent leurs trésors et comblérent Marie et Joseph de grands présents. Pour l'enfant lui-méme, ils lui offrirent chacun une pièce d’or. Après quoi le premier lui offrit de l'or, le second de l'encens, l'autre enfin dela myrrhe. Et comme ils voulaient retourner vers le roi Hérode, ils furent avertis en songe par un ange de ne point retourner vers Hérode. Eux donc adorérent l'enfant avec beaucoup de joie et par un autre chemin rentrérent dans leur pays.
XVII. 1. Or le roi Hérode voyant qu'il avait été joué par les mages, son cœur s'enflamma de colère, et il envoya par tous les chemins voulant les saisir et les tuer. Et comme il n'arrivait pas à les trouver, il envoya des gens à Bethléem et fit tuer tous les enfants de deux ans, et audessous, selon la date dont il s'était enquis auprés des mages.
2. Mais le Jour précédent Joseph fut averti en songe par un ange du Seigneur qui lui dit : « Prends Marie et l'en-
dut faire un voyage à Rome, soit pour s'y disculper d'un crime de lèsemajesté, soit au contraire pour accuser ses deux fils Alexandre et Aristobule. C'est seulement au retour de ce long voyage, qu'il put s’occuper dela question des mages et donner les ordres relatifs au massacre de Bethléem.C'est un écho de cette explication que l'on retrouve dans le ms. D; elle n'a pas chance d’être originale; c'est assez tard en eflet que cette explication s'est accréditée dans le moyen âge latin. Pierre Comestor (f 1178) semble avoir été le premier à la mettre en circulation dans son Histoire scolastique (P. L., t. cxcvrrr, col. 1543). Il nous semble done, tout bien considéré, que le texte original de Pseudo-Matthieu mettait l'adoration des mages deux ans après la nativité et le massacre des innocents peu après la visite des mages.
Le récit de Pseudo-Matthieu donne ensuite la narration de la fuite
PROTÉV, — 22
riam et infantem, et per viam eremi perge in Ægyptum. Joseph vero secundum angeli dictum ivit !,
1 B: Sed Deus omnipotens, qui scit omnia antequam fiant, admonuit per angelum suum Joseph in somnis dicens : Surge et tolle pue rum el matrem ejus et fuge in /Egyptum, et esto ibi usque quo dicam tibi; futurum est enim ut Herodes quaerat. puerum ad perdendum, Tum Joseph imposuit beatam eirginem cum puero super jumentum, et ipse super aliud ascendit, et arripuit iter per montana et per desertum ut in Ægyptum securus pereeniret; non enim per maritimam. propter insidias pergere voluerunt.
fant et par la route du désert, va en Égypte. » Et Joseph selon la parole de l'ange se mit en route.
dans le désert, de l'arrivée en Égypte, du séjour en ce pays, et du retour à Nazareth. Ces diverses légendes n’appartiennent plus au cycle que nous nous sommes proposé d'étudier; elles seront mieux à leur place dans un livre consacré aux « enfances de Jésus ».
De nativitate Mariæ.
Præfatro.
Petis a me petitiunculam opere quidem levem, sed cautela falsitatis admodum gravem. Postulas enim ut stilo digeram si quid alicubi forte de nativitate sanctæ ac beatissimæ virginis Mariæ usque ad incomparabilem ejus partum et prima Christi rudimenta inveni: res quidem actu non difficilis sed periculo, ut dixi, veritatis admodum præsumptuosa. Nam hoc quod a me nunc cano capite exposcis, adolescentulum me in quodam libello qui in manus meas incidit legisse noris et certe tanti temporis intercessu et alarum non levium rerum interventu facile aliqua memorie elabi potuerunt. Unde non juste argui possum aliqua me si tuæ petitioni obtemperavero aut praetermittere aut addere aut mutare, quod ut fieri
Nous publions cette préface au Libellus de nativitate Mariæ, d’après le ms. 762 de la bibliothèque de Chartres (x1? siècle). Ce ms., qui est en somme un lectionnaire, contient un certain nombre de piéces se rapportant aux diverses fêtes de la Vierge. Après différentes homélies relatives à la Nativité, on trouve aux ἴ 56 sq. le De nativitate Mariz, portant en marge une division en neuf lecons. Le texte, sensiblement analogue à celui que nous éditons, est précédé de deux lettres préfaces, celle que nous donnons ici, et la lettre publiée p. 278. Ces deux lettres font donc double emploi. Le copiste, qui a exécuté notre lectionnaire, n'aura rien voulu perdre des différentes piéces qu'il possédait, et ila écrit à la suite l'une de l'autre les deux préfaces qu'il trouvait en tête des divers exemplaires du De nativitate, en les reliant par la soudure fort maladroite qu'on lit au bas de la premiére lettre. On peut conjecturer que le texte primitif portait : memoratum libellum, si bene memini, quantum ad sensum pertinet, hujusmodi initium habuisse. — Initium est devenu præfationem, ce qui permet d'insérer la lettre aux évêques Chromatius et Héliodore : Petitis a me ut vobis rescribam... On arrive alors à ce résultat curieux que Jéróme, l'auteur supposé de cette lettre, aprés avoir annoncé qu'il va publier ses sou-