‹ Le Protévangile de Jacques et ses remaniements latins;Chapitre 103 sur 112 · Livre de la Nativité de Marie · texte numérisé non relu

Livre de la Nativité de Marie

Préface,

La petite requête que vous m'adressez réclame de moi un travail relativement facile, mais fort pénible par les soins qu'il faut prendre contre l'erreur. Vous me demandez, en effet, de mettre par écrit ce que j'aurais pu trouver à divers endroits sur la Nativité de la bienheureuse vierge Marie (et sur sa vie) jusqu'à son incomparable enfantement et aux premiers moments du Christ, entreprise facile à exécuter, mais singulièrement présomptueuse, comme je le disais, par les périls auxquels elle expose la vérité. Car, ce que vous me demandez (d'écrire), à présent que ma tête a blanchi, je l'ai lu, sachez-le, alors que j'étais jeune homme, dans certain petit livre qui me tomba sous la main. Certes, après ce laps de temps, rempli d'ailleurs par d'autres préoccupations peu banales, il peut bien se faire que plusieurs traits soient sortis de ma mémoire. Dés lors, s1 j'accéde à votre demande, c'est bien injustement qu'on m'accusera d'avoir (voulu) supprimer, ajouter ou changer quelque chose (à l'histoire). Que cela puisse arriver, Je ne le nie pas, ce sera du moins indépendant

venirs sur le livre qu'il a lu dans sa jeunesse, rappelle la préface écrite par lui-même pour la traduction du même livre. I] semble bien que Vincent de Beauvais et la Légende dorée n'aient lu que cette préface en tête du De nativitäte. — Si elle est originale, comme nous le pensons, elle indique fort bien ce qu'il faut chercher dans l'opuscule qu'elle précède. Ce libellus n'est point une traduction des apocryphes antérieurs, mais un récit fait de mémoire des principaux traits relatifs à la Vie dela Vierge. L'auteur ne se fait nul serupule de supprimer, ajouter ou changer bien des choses, et il arrête son récit à l'incomparable enfantement de Marie. Le style, on le remarquera sans peine, est le méme qui se retrouve dans les réf'exions personnelles des chapitres IXwet x.

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posse non nego, sic me ex voluntate facere non concedo. Itaque tam tuis votis satisfaciens quam legentium curiositati consulens tam te quam quemlibet lectorem moneo memoratum libellum, 51 bene memini, quantum ad sensum pertinet hujusmodi praefationem habuisse.

I. 1. Igitur beataet gloriosa semper virgo Maria de stirpe regia et familia David oriunda, in civitate Nazareth nata, Hierosolymis in templo Domini nutrita fuit. Pater ejus Joachim, mater vero Anna dicebatur. Domus paterna ex Galilea et civitate Nazareth, maternum autem genus ex Bethleem erat. 2. Vita eorum simplex et recta apud Dominum, apud homines irreprehensibilis erat et pia. Nam omnem substantiam suam trifariam diviserunt; unam partem templo et templi servitoribus impendebant, aliam peregrinis et pauperibus erogabant, tertiam sus familiæ | usibus et sibi reservabant, 3.Ita isti Deo cari, hominibus pii, per annos circiter viginti castum domi conjugium sine liberorum procreatione exercebant. Voverunt tamen, si forte Deus donaret eis sobolem, eam se Domini servitio | mancipaturos : cujus rei gratia et templum Domini per annum festis frequentare solebant.

I, 4. On peut regarder la première phrase comme l'argument de l'opuscule. La conjonction igitur rattache le récit aux lettres qui le précédent dans plusieurs mss. On remarquera dès le début une précision . qui contraste avec le vague du Protévangile et de Pseudo-Matthieu. L'auteur fixe dès la première ligne le lieu des diverses scènes. Mais jusqu'à quel point cette précision géographiquea-t-elle un fondement dans la tradition ?

2. Le portrait des deux époux est fait d'aprés les données de

de ma volonté. C'est dans ces conditions que je veux bien accéder à vos vœux et satisfaire la curiosité des lecteurs; je vous préviens done, vous, aussi bien qu'eux, que le susdit livre, si j'ai bonne mémoire, commencait par la préface suivante, que je rapporte au moins pour le sens.

I. 1. Donc la bienheureuse et glorieuse Marie toujours vierge, issue de la souche royale et de la famille de David, naquit dans la cité de Nazareth, et fut élevée à Jérusalem dans le temple du Seigneur. Son pére s'appelait Joachim et sa mère Anne. Sa famille paternelle était de Galilée, de la cité de Nazareth, sa famille maternelle était de Bethléem. 2. La vie de ces (deux époux) était simple et droite devant le Seigneur; devant les hommes irréprochable et pieuse. Tout leur bien en effet, ils l'avaient divisé en trois parts : la première ils la consacraient au temple et aux serviteurs du temple, la seconde ils la distribuaient aux pélerins et aux pauvres, la troisième ils se la réservaient à eux-mêmes et aux usages de leur famille. 3. De cette manière, chers à Dieu, bons pour les hommes, ils avaient vécu pendant vingt ans environ dans un chaste mariage, sans avoir d'enfant. Pourtant ils avaient fait vœu, si Dieu par hasard leur donnait un enfant, de le consacrer au service du Seigneur: aussi, chaque année, ils avaient coutume aux jours de féte de se rendre au temple du Seigneur.

Pseudo-Matthieu, mais les renseignements relatifs aux libéralités de Joachim ét d'Anne sont plus faciles à comprendre, Servitor est un barbarisme que l'on rencontre de bonne heure dans lelatin du moyen âge (Régle de saint Benoit); il est formé régulièrement comme d'autres mots classiques: auditor, hutritor, etc.

3. Castum conjugium, c'est-à-dire observaient scrupuleusement la chasteté conjugale. Le vœu dont il est question aussitôt aprés montre bien qu'il ne s’agit pas de la chasteté parfaite. Ce vœu se trouvait déjà dans Pseudo-Matthieu, 11, 2.

II. 1. Factum est autem ut encæniorum festivitas appropinquaret, unde cum nonnullis contribulibus suis Hierosolymam et Joachim ascendit. Ea vero tempestate Isachar ibi pontifex erat. Cumque inter ceteros concives suos etiam Joachim cum oblatione sua videret, despexit eum et munera ejus sprevit, interrogans cur inter fecundos infecundus ipse stare præsumeret; dicens munera nequaquam Deo digna posse videri, quoniam ipsum prole indignum judicasset, Scriptura dicente maledictum omnem esse qui non genuisset masculum in Israel. Dicebat ergo prius eum ab hac maledictione sobolis generatione solvendum et sic demum in conspectu Domini cum oblationibus esse venturum. 2. Cujus opprobrii objectu pudore magno suffusus Joachimad pastores qui cum pecudibus erantin pascuis suls secessit; neque enim domum repedare voluit, ne forte a contribulibus suis, qui simul aderant et hoc a sacerdote audierant eodem opprobrii elogio notaretur,

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