‹ Le Protévangile de Jacques et ses remaniements latins;Chapitre 106 sur 112 · Domum, à Nazareth · texte numérisé non relu

Domum, à Nazareth

et juxta mandatum angelicum parentes vocabant nomen | ejus Mariam.

VI. 1. Cumque trium annorum circulus volveretur, et ablactationis tempus completum esset, ad templum Domini virginem cum oblationibus adduxerunt. Erant autem circa templum juxta quindecim graduum psalmos quindecim ascensionis gradus; nam quia templum erat in monte constitutum, altare holocausti quod forinsecus erat adiri nisi gradibus non valebat. 2. In horum itaque uno beatam virginem Mariam parvulam parentes constituerunt. Cumque ipsi vestimenta quz in itinere habuerant exuerent, et cultioribus ex more vestibus se et munditioribus induerent, virgo Domini cunctos sigillatim gradus sine ducentis et levantis manu ita ascendit ut perfectae stati in hac duntaxat causa nihil deesse putares. Jam quippe Dominus in virginis sue infantia magnum quid operabatur, et quanta futura esset hujus miraculi indicio præmonstrabat. 3. Igitur sacrificio secundum consuetudinem legis celebrato et voto suo perfecto virginem inter septa templi cum alis virginibus ibidem educandam dimiserunt, ipsi vero domum regressi sunt.

VI. 4. Erant autem circa templum, l'auteur imagine le temple à peu près comme une église chrétienne, avec cette différence seulement que l'autel des holocaustes est situé à l'extérieur; il s'imagine donc les degrés faisant tout le tour de l'édifice. — C'est une idée ancienne dans l'exégése que le nombre des psaumes graduels était en rapport avec le nombre des degrés du temple,

2. Cumque ipsi. vestimenta, c'est une manière ingénieuse de laisser

de confiance et de joie, ils attendaient (la réalisation) de la divine promesse. Anne concut donc et mit au monde une fille, et, suivant l'ordre de l'ange,ses parents l'appelérent Marie.

VI. 1. Et quand un cycle de trois ans se fut écoulé et que le temps de l'allaitement fut terminé, ils amenérent la Vierge avec des offrandes au temple du Seigneur. Or il y avait autour du temple, selon le nombre des quinze psaumes graduels, quinze degrés à monter. Car le temple étant situé sur une hauteur, on ne pouvait accéder que par des degrés à l'autel des holocaustes qui était à l'extérieur. 2. C’est sur le premier de ces degrés que les parents placérent la bienheureuse vierge Marie, encore toute petite. Et tandis qu'ils ôtaient leurs vêtements de voyage et revétaient, suivant la coutume, des habits plus beaux et plus propres, la Vierge du Seigneur monta un par un tous les degrés sans aucune main pour la conduire et la soulever, en telle sorte qu'on eût pensé qu'il ne lui manquait rien, au moins dans cette circonstance, de la perfection de l’âge. C'est que le Seigneur opérait déjà dans l'enfance de la Vierge quelque chose de grand,et montrait par ce miracle ce qu'elle serait un jour. 3. Donc,après avoir suivant la coutume de la loi célébré un sacrifice, et aprés avoir accompli leur vœu, ils laissérent là la Vierge pour y étre élevée dans la clóture du temple, avec les autres vierges ; pour eux, ils s'en retournérent à la maison.

la Vierge toute seule au bas des degrés pendant quelques instants, — In hac duntaxat causa, avec le sens vague du mot francais chose; dunlaxat, parce que à d'autres points de vue Marie était encore une petite enfant. Serait-ce une manière discrète de protester contre les pieuses exagérations de Pseudo-Matthieu, vr, 1 ?

3. Sacrificio celebrato, cf. I Sam., 1, 25. — Cum aliis virginibus, l'auteur ne doute pas qu'il n'existe auprés du temple un couvent de vierges. Nous avons déjà indiqué ce que nous pensions de cette idée,

PROTÉV, —23

VIL. 4. Virgo autem Domini cum ztatis processu et virtutibus proficiebat, et juxta psalmistam pater et mater. dereliquerant eam, Dominus autem assumpsit eam. Quotidie namque ab angelis frequentabatur, quotidie divina

decimum annum usque pervenit, ut non solum nihildeea . mali reprehensione dignum confingere possent, sed et boni

denuntiabat ut virgines, quæ in templo publice consti- « tuebantur et hoc etatis tempus explessent, domum rever- | terentur et nuptiis secundum morem gentis et ætatis ma- turitatem operam darent. Cui mandato cum cetera pronæ paruissent, sola virgo Domini Maria hoc se facere non posse respondit, dicens se quidem et parentes suos Domini « servitio mancipasse, et insuper se ipsam Domino virginitatem vovisse, quam nunquam viro aliquo. commixtionis more cognito violáre vellet. Pontifex vero in angustia constitutus animi, cum neque contra Scripturam quae dicit : « Vovete et reddite,» votum infringendum putaret, neque morem genti insuetum introducere auderet, præcepit ut ad festivitatem qua imminebat omnes ex Hieroso- — lymis et vicinis locis primores adessent, quorum consilio

VII.4. Cum etatis processu, cf. Luc., 11, 52, et Jesus proficiebat sapientie et ætate et gratia apud Deum et homines, et I Sam., i, 26. — Juxta Psalmistam, Ps. xxvr, 10 (Vulg.): Quoniam pater meus et mater mea dereliquerunt me, Dominus autem assumpsit me. Le souci de montrer sa science scripturaire rend notre auteur un peu dur pour les vieux parents de Marie qui n'avaient dà se séparer qu'à regret de leur enfant. — Ab angelis frequentabatur, il n'est pas parlé de la nourriture apportée — par les anges : l'auteur peut bien admettre la visite des anges, mais il E recule devant le réalisme de l'apport de la nourriture quotidienne. Il 1 est tout naturel qu'une sainte religieuse soit réjouie tous les jours «

par la visite des anges; il l'est moins qu'elle soit nourrie par eux. j 2: Épisode correspondant à celui de la demande en mariage par le 1

VIL. 1. Or la Vierge du Seigneur en méme temps qu'en âge croissait également en vertu, et selon le (mot du) psalmiste : « Son pére et sa mére l'avaient abandonnée, mais le Seigneur la recueillit. » Chaque jour, en effet, elle était visitée par les anges, chaque jour elle jouissait de la vision divine, qui la gardait de tout mal et la faisait abonder en toutes sortes de biens. Elle parvint ainsi jusqu'à sa qua- - torziéme année, de telle sorte que non :seulement les méchants ne pouvaient imaginer sur son compte rien de rép réhensible, mais que tous les bons qui la connaissaient jugeaient sa vie et sa conduite dignes d’admiration. 2. Alorsle grand-prêtreannonçaiten public queles vierges qui étaient élevées aux frais publics dans le temple et qui avaient cet âge, devaient rentrer à la maison, et se marier suivant la coutume de leur nation et la maturité de leur âge. A cet ordre toutes les vierges obéirent avec empressement ; seule Marie,la Vierge du Seigneur, déclara qu'ellene pouvait le faire. Ses parents d'abord l'avaient consacrée au service de Dieu,de plus elle avait voué elle-même sa virginité au Seigneur ; jamais elle ne voudrait la violer en s'unissant avec quelque homme que ce fût. Le grand-prétre était dans une grande anxiété d'áme.Il ne pensait pas qu'on püt enfreindre un vœu, contre (l'avis de) l'Écriture qui dit: « Faites des vœux et accomplissez-les;» et d'autre part il ne voulait pas introduire une coutume, étrangère à la nation. Il ordonna done qu'à la fête prochaine se rassemblassent les notables de Jérusalem et des lieux avoisinants; par leur conseil il

prêtre Abiathar, Pseudo-Math., vir; mais l'idée méme de cette proposition apparait indécente à l'auteur ; il lui substitue une autre scéne. — Nuptiis operam dare, expression cieéronienue que l’auteur est heureux d'étaler. — Dicens se quidem,le premier se est complément de mancipasse; c'est à un double titre que la Vierge est consacrée perpétuellement au Seigneur, par le vœu deses parents et parsa propre volonté. — Virginitatem vovisse, c'est l'idée, que, de bonne heure, les exégétes ont vue sous les mots ἄνδρα οὐ γινώσχω, Luc., 1, 94. — Contra scripturam, Ps, zxxv, 12 (Vulg.): Vovete et reddite Domino Deo vestro, omnes qui in circuitu ejus affertis munera. — Morem genti insuetum, cette cou-

scire posset quid de tam dubia re faciendum esset. 3. Quod

cum fieret, omnibus in commune placuit Dominum super hac re esse consulendum. Et cunctis quidem orationi incumbentibus pontifex ad consulendum Deum ex more accessit : nec mora, cunctis audientibus de oraculo et de. propitiatori loco vox facta est, secundum Esaïæ vatici- | nium requirendum esse cui virgo illa commendari et desponsari deberet. Liquet enim Esaiam dicere :« Egredietur | virga de radice Jesse, et flos de radice ejus ascendet, et requiescet super eum spiritus Domini, spiritus sapientis « et intellectus, spiritus consilii et fortudinis, spiritus scienüæ et pletatis, et replebit eum spiritus timoris Domini.» — 4. Secundum hanc ergo prophetiam cunctos de domo et familia David nuptui habiles non conjugatos virgas suas allaturosad altare prædixit, et cujuscumque postallationem virgula florem germinasset, et in ejus cacumine spiritus Domini in specie columbæ consedisset, ipsum esse cui virgo commendari et desponsari deberet.

VIII. 1. Erat autem inter ceteros Joseph homo de domo et familia David grandævus ; cunctis vero virgas suas juxta ordinem deferentibus solus ipse suam subtraxit. Unde cum nihil divini voci consonum apparuisset, pontifex iterato Deum consulendum putavit : qui respondit so-

tume ce n'est pas la profession de virginité ; ce qui préoccupe le prêtre, c'est de conserver dans le temple une vierge âgée de plus de quatorze ans. On remarquera que les raisons réalistes données dans le Protévangile, et suffisamment indiquées dans Ps.-Matth., sont soigneusement passées sous silence. — L'idée de réunir les notables pour prendre leur avis était déjà dans Pseudo-Matthieu.

3. Nec mora, expression virgilienne, particulièrement chère aux premiers poètes chrétiens (surtout Juvencus). — De oraculo et propitiatorii loco, il n'y a pas de différence entre l'oracle et le propitiatoire, c'est-àdire le couvercle de l'arche portant les deux chérubins, Exod., xxv,

iot eco copo i ctf c om ME DO δ ΠΟ

Page 1