‹ Le Protévangile de Jacques et ses remaniements latins;Chapitre 48 sur 112 · Pour ces divers auteurs voir la Bibliographie, p. 173 sq · texte numérisé non relu

Pour ces divers auteurs voir la Bibliographie, p. 173 sq

3. Hazres., xxx, 23, P. G., t. x11, col. 444 : τῶν δὲ ἀποστόλων τὰ 0vóματα εἰς τὴν τῶν ἠπατημένων ὑπ᾽ αὐτῶν πειθὼ προσποιητῶς δέχονται, BíGAouc τε ἐξ ὀνόματος αὐτῶν πλασάμενοι ἀνεγράψαντο, δῆθεν ἀπὸ προσώπου ᾿Ιακώδον, χαὶ Ματθαίου χαὶ ἄλλων μαθητῶν, ἐν οἷς ὀνόμασι χαὶ τὸ ὄνομα ᾿Ιωάννου τοῦ

. de Marie, et le Protévangile est d'un tout autre sentiment. Cela est vrai, mais il convient également de remarquer qu'au témoignage d'Épiphane lui-même, les ébionites n'ont pas persévéré dans leurs idées primitives, et que de bonne heure ils se sont ralliés à la doctrine d'Helxai qui est loin de faire du Christ un homme ordinaire. Eusébe nous apprend d'autre part! que, parmi les ébionites, plusieurs ne niaient point que le Christ füt né de la Vierge et du Saint-Esprit. Enfin la remarque de Beausobre que la virginité, si estimée par l'auteur du Protéeangile, n'était point chez eux en honneur, nesaurait tenir devant le renseignement formel d' Épiphane : « jadis ils exaltaient la virginité, sans doute à cause de Jacques, frére du Seigneur, et ils dédient (encore?) leurs livres aux anciens et aux vierges ?. »

— Il est vrai que l'ignorance des choses juives qui se manifeste à plusieurs endroits dans le Protévangile semblerait témoigner contre l'origine ébionite de l'auteur, éomme l'ont fait observer Arens et Borberg. L'exclusion de Joachim du temple à cause de la stérilité de son épouse, l'éducation de Marie dans le sanctuaire sont des traits qu'un Juif averti n'aurait pas insérés dans son œuvre.

L'objection est pourtant moins forte qu'il ne paraît. Le texte grec ne parle pas de l'exclusion de Joachim par les autorités officielles, 1] s’agit simplement d'une question de préséance entre deux particuliers au moment de l'offrande. Quant à la légende de Marie élevée dans le temple, elle témoigne seulement qu'aprés un siècle, les chrétiens d'origine juive avaient perdu le souvenir des conditions exactes de la vie dans le sanctuaire, — Nombre de traits, au contraire, semblent témoigner de l'origine judéo-chrétienne du Protévangile: le jeûne de Joa-

1. Hist. eccl., uix, 27, P. G., t. xx, col. 273. Eusébe y distingue nettement deux catégories d'ébionites.

Page 1