‹ Le Protévangile de Jacques et ses remaniements latins;Chapitre 49 sur 112 · Hæres., xxx, 2, P. G., t. xr1, col · texte numérisé non relu

Hæres., xxx, 2, P. G., t. xr1, col

chim dure quarante jours et quarante nuits à l'exemple de celui de Moise, d'Élie, ou du Christ; la tristesse d Joachim et d'Anne arrivés à la vieillesse sans avoir eu d'enfants rappelle la désolation d'Anne mère de Samuel; le trait de la lame d'or du grand-prétre, qui sert pour ainsi dire de miroir à l’âme, est également caractéristique, aussi

bien que les paroles adressées à Joseph pour l’engager à accepter la garde de Marie, et l'histoire des eaux améres,. Si quelques traits semblent déceler un gnostique, rien n'empéche de penser à un ébionite ayant des tendances. gnostiques; les cadres des hérésies du second siècle ne sont pas tellement rigides qu'il faille toujours et partout les appliquer à la rigueur. L'histoire de Marie élevée dans le temple, nourrie par un ange, éloignée de tout commerce masculin, finalement mettant au monde en dehors de toutes les règles naturelles, cette histoire cadre bien avec le souci de la virginité qu'Épiphane | atteste chez les premiers ébionites. Le róle de la colombe est en rapport avec le symbolisme que les Juifs attribuaient à cet oiseau. La remarque finale de l'auteur, ses remerciements à Dieu, qui lui a permis de transmettre cette histoire (on sous-entend aux spirituels), ne dénotent pas nécessairement un gnostique düment catalogué.

Sil'on réfléchit d'autre part que l'idée essentielle du livre est d'enseigner, d'une manière explicite, l'origine surnaturelle du Christ, sa conception et sa naissance virginales, on arrive à cette conclusion que l'auteur voulait mettre en évidence, devant ses compatriotes et peut-étre ses coreligionnaires, cette vérité qui lui tenait à cœur. On sait en effet par Épiphane, Eusébe et Justin, qu'il y avait, sur cette importante question de l'origine du Christ, des divergences considérables parmi les ébionites. L'auteur qui appartenait à la fraction la plus rapprochée de la grande Église, qui admettait dés lors la conception surnaturelle de Jésus, s'est fait par son livre l’apôtre de cette

vérité. On a parlé du docétisme de l’auteur, et on en a pris prétexte pour le rapprocher des gnostiques, très favorables comme on sait à la doctrine du corps apparent de Jésus. Ce docétisme n'est pas démontrable, il y a même des expressions qui l’excluent formellement. Au dernier chapitre on annonce que Zacharie fut remplacé par Siméon. Celui-ci, ajoute l’auteur, avait reçu du Saint-Esprit la promesse qu'il ne mourrait pas avant de voir le Christ dans la chair: Χριστὸν ἐν σαρχὶ ἐληλυθότα, Ce sont les expressions employées par Ignace pour combattre le docétisme. Ainsi la vénération des ébionites pour Jacques frère du Seigneur, le grand nombre d'idées juives qui se rencontrent dans le livre, l'absence d'idées gnostiques nettement caractérisées, l'insistance de l'auteur sur certaines idées admises seulement par une partie de ses coreligionnaires et qu'il veut faire pénétrer chez les autres, autant de raisons, selon Tischendorf, pour lesquelles i1 faut chercher dans les cercles ébionites à tendances nettement catholiques l’origine du Protévangile.

Quant à sa date, elle peut être déterminée de la maniére suivante : ll n'est pas certain que Justin ! (Dial., 78) dépende directement du Protéeangile, 11 est pourtant vraisemblable qu'il a trouvé dans un écrit la tradition rela tive à la grotte de la nativité. Le témoignage de Clément d'Alexandrie est plus certain ? ;la manière dont il parle de la constatation de la virginité de Marie aprés

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